Pourquoi réglementer quand on peut subventionner?

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Plusieurs amis publient ce soir sur Facebook des commentaires très durs et très personnalisés après la lecture de ce texte du Devoir: Les libéraux s’opposent au prix réglementé du livre.

Au risque d’étonner, je confesse une certaine estime pour Christine Saint-Pierre dans ce dossier (n’exagérons rien, mais quand même). Parce que je pense qu’elle a défendu le dossier avec sincérité au sein de son parti — jusqu’à ce qui pourrait être qualifié « d’imprudence », en portant publiquement le macaron du mouvement Sauvons les livres. Je pense qu’il faut lui en être reconnaissante — et souhaiter qu’elle continue à défendre le dossier au sein de son caucus.

Il me semble que c’est plutôt vers son chef qu’il faut diriger notre mécontentement… pour n’avoir jamais donné l’heure juste, et avoir délibérément laissé croire que le Parti Libéral pourrait appuyer un projet de réglementation — alors qu’il tue maintenant le projet avant même qu’il ne soit formellement présenté. Il a choisi d’induire en erreur plutôt que de faire preuve de courage. C’est du très mauvais leadership.

* * *

Une autre des choses qui me sidèrent dans ce dossier c’est que ce sont les deux partis qui répètent sans cesse que l’État doit cesser d’avoir le réflexe de subventionner pour soutenir l’économie qui rejettent d’emblée une mesure qui suscitait un large consensus et qui ne coûtait rien à l’État… en disant au gouvernement qu’il devrait plutôt « délier les cordons de la bourse » et subventionner davantage les éditeurs et les libraires. C’est au moins paradoxal, voire carrément contradictoire.

Il faut le dire: dans ce dossier, ceux qui privilégient que l’État subventionne au lieu de favoriser une prise en charge de l’industrie par ses principaux acteurs — et à coût nul pour l’État (répétons-le) — c’est le PLQ et la CAQ.

Il faudrait que les chroniqueurs et les animateurs de radio qui nous ont fait la morale toute la semaine le réalisent aussi.

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Et bravo à Élodie Comtois pour l’argument retourné à Philippe Couillard en rapport avec l’industrie pharmaceutique. Ça me semble très bien vu.

2 commentaires

  1. Copie du commentaire écrit sur ton profil Facebook : « Vrai qu’en portant publiquement le macaron du mouvement Sauvons les livres, Mme Saint-Pierre avait créé beaucoup d’attentes. Cela dit, moi aussi j’entretiens « une certaine estime pour Christine Saint-Pierre », en général (rien à voir avec le dénouement de cette semaine). »

    Cela dit, à coût nul pour l’État le prix plancher pour les livres neuf – ou le rabais plafond… peut-être, mais à quel coût pour ceux qui achètent les livres ? Aussi, où as-tu lu pour la Coalition que nous étions prêts à « délier les cordons de la bourse et subventionner davantage les éditeurs et les libraires » ? On a toujours répété que c’est en réaménageant deux des quatre G$ en crédits d’impôts que nous choisirions d’intervenir.

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