Quand le café passe mal…

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Ça fait un petit moment que je me dis qu’il faudra que je prenne le temps de formuler, de long en large, les réflexions que mon aventure politique m’a inspirées. Des réflexions de tous ordres que je me contente pour le moment de consigner, en vrac, dans un petit carnet.

Ce ne sera pas aujourd’hui que je vais mettre de l’ordre dans tout ça — et il faudra plusieurs semaines pour le faire quand le jour sera venu, mais la lecture des journaux de ce matin m’amène quand même à réagir brièvement… parce que parfois le petit carnet déborde…

* * *

Je le dis en réaction aux questions de collègues et d’amis presque tous les jours depuis deux semaines: évidemment que l’actualité en ébullition autour d’Yves Bolduc ne me laisse pas indifférent. Je l’ai aussi répété hier soir à de nombreux papas-du-hockey — que je revoyais pour la première fois depuis le printemps — et qui me demandaient ce que je pensais de tout ce qui arrive à mon adversaire lors de la dernière élection.

J’essaie de demeurer discret… mais même si je me garde une petite gêne pour ne pas ajouter inutilement mes commentaires à tous les autres lus dans les journaux et entendus à la radio et la télévision — tout cela ne me fait pas moins réfléchir.

Alors, quand je lis un texte comme celui de François Bourque dans Le Soleil de ce matin, je ne peux pas m’empêcher de soupirer et de me dire qu’on est vraiment mal barré pour mener de grands débats sociaux. Pendant qu’on palabre sur les maladresses et les pirouettes du ministre de l’Éducation, on ne parle pas des questions de fond — sur les besoins des écoles et sur ce qui est essentiel et ce qui est accessoire dans les écoles.

Le Soleil | François Bourque | Dans mon livre à moi

François Bourque n’a évidemment pas tort: les commissions scolaires sont aussi responsables de défendre leurs choix — y compris pour ce qui concerne les achats de livres. Sauf que, pour que cela fasse l’objets de débats et que cela soit suivi d’effets, il faudrait aussi que les médias s’y intéressent en dehors des périodes de crise, et que les commissaires n’aient pas l’impression de pouvoir gérer en vase clos. Il faudrait que les médias s’intéressent vraiment à l’éducation en couvrant ce qui se passe dans les commissions scolaires et dans les écoles beaucoup plus attentivement — et pas seulement lorsqu’il s’agit de parler des taxes scolaires (la démocratie ne tourne pas seulement autour de nos portemonnaies).

Or, les médias ont généralement l’attention très sélective. Même au sujet de Monsieur Bolduc ils ont eu l’attention très sélective — même pendant l’élection. J’ai dénoncé tous les jours (tous les jours!) son double emploi de député-médecin sans que cela intéresse aucun journaliste (on m’a même demandé « mais qu’est-ce qui vous choque là-dedans, je ne comprends pas »!). Il a fallu qu’apparaisse l’histoire de la prime méconnue qui s’ajoutait à son double salaire pour qu’ils s’y intéressent… et que cela devienne un scandale — bien après l’élection.

Alors on peut bien reprocher au politicien ses choix, mais il faut reconnaître que les médias ont aussi un rôle à jouer dans la définition de ce qui est acceptable ou non dans la conduite des affaires publiques et sur les débats qui entourent cette définition. J’ai d’ailleurs déjà écrit à ce sujet depuis l’élection:

À partir de quel montant doit-on commencer à s’intéresser à la moralité des moeurs politiques?

Quand, au deuxième café, je poursuis ma lecture, et que je lis un texte comme celui de Boucar Diouf, je me dis qu’il pointe effectivement un travers important de ce système dans lequel on patauge— mais je trouve qu’il néglige une dimension importante de l’affaire: un ministre n’est pas omnipotent, il a un entourage. Tout n’est pas affaire de compétence personnelle. Un ministre devrait être avant tout le chef d’une équipe — ce qu’on ne valorise pas suffisamment par les temps qui courent. Évidemment, quand même ce travail en équipe — avec le cabinet, et les fonctionnaires — apparaît dysfonctionnel… il faut s’interroger: vite et profondément.

La Presse | Boucar Diouf | Le « becquer bobo d’ego »

Quand finalement s’ajoute un texte comme celui de Simon Boivin, au sujet du Domaine Woodfield, j’ai soudainement envie de tirer ma tasse et ce qu’il reste de café sur le mur de la cuisine… mais je me contente de pousser un très très très gros soupir.

Le Soleil | Simon Boivin | Boisé Woodfield: les condos déjà en prévente

Merde! on ne se sortira donc jamais de ce bourbier? Où est / Qui aura le leadership nécessaire pour aborder enfin le sort du site historique de Sillery avec le sérieux et la sérénité que cela exige? Un vrai leadership, je veux dire. Un leadership durable — pas un leadership valsant comme celui dont fait malheureusement preuve le maire de Québec dans ce cas. Mme Saint-Pierre, comme ministre de la Culture, n’a pas été bonne dans ce dossier, c’est le moins que l’on puisse dire. M Kotto, n’a pas été particulièrement brillant non plus quand est venu son tour de porter le dossier comme ministre — à ma grande déception, d’ailleurs.

Je souhaite sincèrement à Mme David de pouvoir arriver à résoudre le fouillis qui entoure ce site historique — une fois pour toutes. Et je serai ravi de pouvoir contribuer s’il s’avérait que ce puisse être utile, parce qu’il faut vraiment qu’on y arrive. La situation doit absolument cesser de se dégrader d’année en année. Il y aura forcément des compromis à faire pour toutes les parties directement ou indirectement impliquées, mais il faut y arriver. La situation actuelle est délétère. Ce sont des lieux qui méritent beaucoup plus d’égards qu’on leur en accorde depuis vingt ans (et plus).

De plus, il ne faut pas perdre de vue que Monsieur Bolduc porte également une partie de la responsabilité de ce dossier puisqu’il est député de Jean-Talon depuis 2008.

Un commentaire

  1. À propos de la première partie (Éducation dans les médias), Carole Beaulieu (rédactrice en chef de l’Actualité) et Pierre-Paul Noreau (du Soleil) avaient dit, avec leurs mots respectifs, que ce qui est vendeur dans les médias, à propos de l’éducation, ce sont les scandales et les ultra-bons coups… Une sorte de « gouvernance » dictée par les cotes d’écoute à la radio, et le lectorat pour les médias écrits. Point à la ligne.

    J’avais relaté le tout (ainsi que quelques unes de mes émotions du moment !) dans ce billet : http://www.sylvainberube.com/role-medias-education-ctreq-colloque-mon-intervention/

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