Port-au-Prince

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Nous recevions hier soir les amis Michel et Marie-Josée, que nous n’avions pas vus depuis l’été. Après les échanges de nouvelles (santé, projets, travail — et un peu de politique, mais si peu!) nous nous sommes mis à table. Au menu: boeuf du Bengale. Une recette que j’adore.

Au moment du dessert, Michel a sorti de son sac une rare bouteille de Barbancourt, 15 ans d’âge — un rhum impossible à trouver au Québec à moins d’avoir de très bons amis haïtiens. C’est un liquide certainement aussi magique que le piment d’Alep quand c’est le temps de voyager… virtuellement!

Dès la première gorgée: traboulidon! Port-au-Prince comme si nous y étions. Ou presque: pour ce que nous en connaissons, du moins. C’est à dire si peu (et pourtant!): des amis, des histoires, quelques romans, la voix Dany Laferrière.

Et ces mots de l’immortel, que j’avais inséré in extremis au début d’une présentation que j’avais faite à la SODEC le 14 janvier 2010, deux jours après le séisme qui a dévasté Haïti:

«Quand tout tombe, il reste la culture.(…) Il ne faut pas se laisser submerger par l’événement.»

Me revient aussi à l’esprit ce texte de Stanley Péan (né à Port-au-Prince, grandi à Jonquière — et engagé comme peu d’autres artistes dans la défense et le développement de la culture québécoise) qui m’avait beaucoup marqué à la même période: Kenbe, pa lage (Tenez bon, n’abandonnez pas!)

Et cet autre texte, où il évoquait, en novembre 2010, la responsabilité de l’ONU dans l’épidémie de choléra qui a suivi le tremblement de terre — responsabilité pour laquelle l’ONU vient d’ailleurs tout juste de s’excuser.

Tout le travail de Rodney Saint-Éloi avec Mémoire d’encrier, aussi.

Il n’y aura pas de Barbancourt à la table ce soir, mais il y aura une amie de longue date (plus de 25 ans, déjà!) qui a vécu à Port-au-Prince quelques années et qui vit maintenant en Suisse.

Le monde est vraiment petit… à croire qu’on pourrait le faire entrer dans une bouteille (de Barbancourt, sans doute!).

NOTE: Ce texte est le cinquième de la série Le tour du monde (sans sortir de chez moi)

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