Se révolter, en commençant par soi-même

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Un peu plus tôt cette semaine, j’ai un peu mystérieusement cité ces quelques mots sur Facebook:

Si dans un cauchemar vous êtes poursuivi par un monstre féroce, vous avez deux solutions pour vous en tirer :

— courir vite ou se battre contre lui. Ça peut marcher;

— vous réveiller! Ça marche à coup sûr.

J’étais en train de lire discrètement le plus récent livre d’Alexandre Jardin, Révoltons-nous!, que j’avais eu en primeur, puisqu’il paraît aujourd’hui en France (me voilà donc libéré de l’embargo). La publication de ce livre marque une nouvelle étape dans la candidature de l’auteur à l’élection présidentielle française.

Le monstre, dans cet extrait, c’est la façon dont la politique se vit aujourd’hui — et notre rapport avec celle-ci, comme citoyen.

Alexandre Jardin nous invite dans ce livre à nous réveiller. À cesser d’entretenir l’illusion que la prochaine fois ça fonctionnera mieux et qu’en changeant simplement le parti au pouvoir ça changera les choses. Ce ne sera pas le cas, dit-il, parce que nous ne faisons pas face à un problème de personnes, mais à un problème de méthode.

Le message central du livre est le suivant:

«Il faut avoir assez de confiance dans la vie pour divorcer avec les candidats de l’ancien monde pour rebâtir. (…) On est alors prêt à donner du pouvoir à ceux et celles qui ont le courage véritable d’agir autrement : les Faizeux, pas les Diseux.»

«Ne vous demandez plus à qui vous allez donner du pouvoir mais qui souhaite vous en donner. (…) L’heure n’est plus au changement de «programme» mais bien au changement radical de méthode.»

Je crois aussi qu’il faut apprendre à privilégier les gens capables d’actions, les gens qui ont démontré leur capacité à mobiliser des gens, à canaliser des énergies, à faire arriver les choses — même s’ils ont moins le profil politico-médiatique. Tout en restant évidemment critique de ce discours qui peut, lui-aussi être faux — à preuve, Donald Trump s’en est même fait le champion.

La suite de la réflexion d’Alexandre Jardin m’apparaît encore plus essentielle:

«Mais la question clef est : avons-nous envie d’être traités en citoyens? Ou préférons-nous rester des sujets?»

La démocratie représentative, tel qu’elle s’exerce aujourd’hui, est effectivement assez confortable: parce qu’elle nous déresponsabilise. On fait des élections, on chiale pendant quatre ans, aussi souvent que nécessaire, et on recommence. Une démocratie qui engagerait vraiment les citoyens sera forcément beaucoup plus exigeante pour tout le monde. Est-ce que c’est ça qu’on veut? Moi oui.

Pour ça, une condition, dit Alexandre Jardin:

«… des citoyens qui, peu à peu, gagnent en confiance en eux et prennent conscience que le changement collectif réel passe par soi-même !»

Le candidat à la présidence aborde aussi de front la question de la colère populaire, qui pousse les électeurs vers les positions les plus extrêmes.

«Dans quasiment tous les domaines, la colère des gens est désormais fondée.»

«[elle est] d’autant plus justifiée qu’il existe des solutions opérationnelles qui, partout, réparent déjà le pays. Des solutions pertinentes, inventées par les gens et méprisées ou carrément freinées par notre système.»

«Les dures leçons de l’élection de Donald Trump et du Brexit ont fini par tomber. Nous devons désormais les entendre.

«S’il ne surgit pas une révolte puissante des Bienveillants pour dire stop aux oligarchies discréditées qui, dans toutes les démocraties, se croient propriétaires de l’État, les peuples voteront les uns derrière les autres pour d’authentiques populismes.»

Pour Alexandre Jardin, le changement politique commence donc en chacun de nous — en acceptant de reconsidérer la perception que nous avons de notre rôle dans la démocratie:

«L’enjeu politique de l’importance que chacun s’accorde est énorme. Si j’apprends à m’estimer, la démocratie citoyenne finira par s’imposer et par compléter notre démocratie représentative si défaillante; et nous sortirons du cycle politique finissant dans lequel nous stagnons (…)»

«[il faut être] des citoyens qui, peu à peu, gagnent en confiance en eux et prennent conscience que le changement collectif réel passe par soi-même !»

Cliché? Je ne crois pas. Je pense que c’est même plutôt tout le contraire.

***

Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, il ne fait aucun doute dans mon esprit que la présence d’Alexandre Jardin parmi les candidats aura un effet extrêmement positif sur la démocratie française.

En interpelant les faizeux et les optimistes à revendiquer plus de place dans l’espace public, il pose les bases nécessaire à des changements politiques qui sont de toute évidence indispensables — et urgents depuis… beaucoup trop longtemps!

Le Québec n’est certes pas aussi embourbé politiquement que la France peut l’être, mais il ne faudrait pas attendre d’être dans une situation semblable pour sonner le réveil.

Alors vivement que cette réflexion franchisse l’Atlantique pour se rendre jusqu’à nous!

Mise à jour: pour une présentation du livre par l’auteur, quelques instants avant le lancement, c’est ici…

Un commentaire

  1. Merci pour ce billet. J’avais lu récemment le livre précédent de Jardin. Très inspirant ! Je vais lire celui-ci. Merci encore de nous l’avoir signalé.

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