Quel avenir pour le PQ?

Il faut éviter les gestes précipités. Laisser retomber la poussière. Mais à la lecture des journaux ce matin, je me fais quelques réflexions, très spontanées.

C’est vrai qu’il y a quelque chose qui dépasse le seul contexte québécois dans les mouvements de l’électorat — chez les jeunes, notamment. On a constaté des choses semblables ailleurs en occident. Mais ce n’est pas comme si on le découvrait aujourd’hui…

Les résultats obtenus par le Parti Québécois ne sont pas plus la faute de Québec Solidaire que les déboires du Parti démocrates aux États-Unis étaient la faute de Bernie Sanders. Il va falloir admettre qu’on n’a pas su apprendre des erreurs de nos voisins.

C’est très tentant pour le PQ de consacrer ses prochaines énergies à un rapprochement avec QS. C’est un raccourci évident pour retrouver un peu d’importance à l’Assemblée nationale. Je pense que ce serait une grave erreur de suivre cette voie.

Il ne faut pas essayer d’éviter la profonde réflexion qui s’impose à nous. Et, surtout, ne pas se tromper de question de départ. Il ne s’agit pas de savoir comment sauver le Parti Québécois, mais bien de comprendre à quoi sert le Parti Québécois aujourd’hui. Je suis personnellement convaincu qu’il peut encore servir à quelque chose.

Je pense finalement que c’est seulement une fois qu’on aura répondu à cette question — dans un an, deux ans, voire un peu plus — qu’il sera pertinent d’identifier le ou la meilleure personne pour être chef de ce nouveau Parti Québécois.

C’est là où j’en suis ce matin.

4 comments

  1. Mon feeling? Qu’on nous épargne une campagne à la chefferie. La co-chef a tout ce qu’il faut pour diriger le parti et rassembler les indépendantistes autour d’une seule question pour la prochaine élection : l’indépendance du Québec. On a essayé d’être juste un parti comme les autres, on voit ce que ça donne aujourd’hui… Et tant qu’à moi, la convergence reste essentielle si on veut espérer voir le pays un jour. Un message clair, une seule idée et 4 ans pour dire aux électeurs pourquoi c’est le meilleur projet pour le Québec.

  2. À ma connaissance, M. Sanders ne s’est pas présenté contre Mme Clinton aux élections présidentielles. Le fait que que la somme des votes QS-PQ n’a pas augmenté depuis 2014. Et le résultat est que la partis de gauche n’ont jamais eu une si faible représentation parlementaire depuis 1973.

    Pour M. Audet : une élection basée uniquement sur l’indépendance ne donnera pas de meilleurs résultats. QS affirme être indépendantiste, et les partis fédéralistes vont tabler sur la proverbiale peur des Québécois envers la «hicane».

  3. Le parti libéral est aujourd’hui presque qu’ignoré des francophones. Ses électeurs vont commencer à vivre un certain inconfort, car cela fait longtemps qu’ils n’ont pas étés dans l’opposition.
    Le Québec se retrouve donc avec des anglophones et des allophones (qui parlent majoritairement anglais) prisonniers d’un parti fédéraliste mais dans l’opposition. Pendant ce temps, la CAQ va devenir aussi nationaliste que les libéraux l’étaient du temps de M. Bourassa.
    Après deux jours, Legault parle déjà d’utiliser la clause nonobstant et Trudeau lui répond dans l’heure, malgré avoir passé par-dessus les mêmes propos de Ford dans le dossier du nombre de sièges à la marie de Toronto.
    Le Québec redevient donc revendicateur de droits et privilèges envers Ottawa, ce qui ne pourra que rapprocher les francophones des 3 partis. Et si Trudeau suit les pas de son père, comptez sur Legault pour lui offrir un combat de boxe de plusieurs rondes.
    On reviendra peut-être à 1995, où Mario Dumont s’était allié au OUI. La base d’électeurs de la CAQ étant francophone, il est possible que dans 18 mois on se retrouve avec 3 partis nationalistes.
    À suivre !

  4. Je suis encore en déni. C’est pas qui a perdu qui me déçoit autant que qui a gagné (je n’avais pas idée avant à quel point les gens ont peur — souvent peur d’avoir peur, même). Gang de pissous, va. (Je vais finir ermite, je le sens, je le sens donc!)

    Pour le PQ, je crois que ta question est la bonne, mais celle contre laquelle tu mets en garde risque d’être celle qui fait réellement l’objet du débat (eh que chu pessimiste…). Et je suis d’accord avec M. Audet, ci-dessus: par pitié, évitez-nous la course à la chefferie. Et encore d’accord pour l’«essayé d’être juste un parti comme les autres». J’ai l’impression que les attaques de M. Lisée contre QS lui ont d’ailleurs beaucoup nui (je les ai trouvées viles — en tout cas, une mauvaise idée côté relations publiques, de jouer ce jeu-là).

    Hâte de lire où tu en seras dans tes réflexions la prochaine fois. Moi je retourne dans mon déni. Quoique là, j’y ajoute une petite fenêtre: je trouverais bien satisfaisant que se concrétise le scénario que décrit M. Dancause. (Malgré ce qu’on a pu comprendre de ce que j’en ai dit, en 1995, de l’espoir, j’en avais. Tant!)

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