Savoir tourner la page…

Je lis dans Le Devoir de ce matin que la bisbille a repris au Bloc Québécois. Encore.

Comme je l’ai dit spontanément sur Twitter, s’il n’en tenais qu’à moi, j’en profiterais pour tirer la plogue sur le Bloc Québécois et j’inviterais tous les indépendantistes à consacrer leurs énergies à réinventer le Parti Québécois et/ou à développer Québec Solidaire.

Tout cela me rappelle que les résultats de l’élection de lundi doivent nous amener à remettre en question nos façons de faire et (plus encore) nos réflexes politiques. Il faut enfin se donner le droit (le devoir!) d’aborder les choses autrement. De tout remettre en question, s’il le faut.

Le Bloc Québécois a été créé en 1991 — dans un contexte bien différent. Je pense que cela a marqué le début d’un cycle politique qui est finalement arrivé à sa fin lundi dernier (j’ai d’ailleurs exploré tout ça récemment dans mon Histoire personnelle du Québec de 1989 à 2019).

Il faut de toute évidence trouver le moyen d’entreprendre (enfin) un nouveau cycle. Et ce n’est pas en tenant pour acquis et en défendant tous notre attirail passé qu’on va y arriver. Le statu quo est un piège.

Je pense qu’il faut plutôt identifier les gestes forts qui devront être posés à moyen terme pour pouvoir reprendre la main — avec une perspective d’au moins quatre ans, mais plus probablement d’une dizaine d’années.

Je plaidais avanthier que la question qu’il faut maintenant se poser n’est pas «comment sauver le Parti Québécois?», mais bien «à quoi sert le Parti Québécois?» (et à plus forte raison, le Bloc Québécois!). Il ne faut toutefois pas perdre de vue qu’il y a quelques questions préalables auxquelles il faudra aussi répondre:

  • Qu’est-ce qui définit la situation politique du Québec aujourd’hui?
  • Quelles sont les forces qui influenceront le plus l’évolution de notre société au cours des prochaines années?
  • Quels sont les principaux défis auxquels nos sommes confrontés, comme nation?
  • Dans quel contexte se dérouleront les prochaines élections, en 2022?

Je soumets humblement que c’est peut-être parce que nous n’avons pas les idées claires sur ces questions que nous avons essuyé l’échec retentissant de lundi soir.

Plusieurs partis politiques semblent avoir découvert dans les dernières semaines à quel point l’environnement était devenu quelque chose d’essentiel dans la dynamique politique québécoise. Je suis sûr qu’il y a bien d’autres thèmes comme celui-là qui se cachent dans l’angle mort des programmes des partis politiques — et dans celui, beaucoup trop touffu, du Parti Québécois. Je pense à l’éducation (avec un angle beaucoup plus innovateur), à la culture (qui offrirait une perspective beaucoup plus stimulante sur les enjeux d’identité et de cohésion sociale), aux impacts du numériques…

C’est seulement en répondant d’abord à ce genre de questions que nous pourrons ensuite répondre à la question «à quoi sert le Parti Québécois aujourd’hui?» — et qu’on pourra ensuite se demander la forme qu’il devrait prendre, le fonctionnement qu’il devrait adopter, etc.

De mon point de vue, la réinvention du Parti Québécois est plus que jamais prioritaire sur la sauvegarde le Bloc Québécois.

D’autant que ça a bien plus de chance de réussir!

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