Forger les souvenirs

Dans un texte d’opinion publié dans le Washington Post le 22 septembre, le professeur de psychologie Daniel Willingham, nous rappelle que l’attitude et les choix des adultes ont une influence directe sur ce que les enfants retiendront de la pandémie. Notre attitude déterminera largement si 2020 sera pour eux un traumatisme ou simplement une période hors de l’ordinaire, dans laquelle il y avait aussi du bon.

« I hope for less frustration at being separated from friends and more pleasure at spending time with family. These emotions and attitudes not only lead to better mood today; they are also associated with happiness in the long term. » (…)

« A memory summarizing months or years, for example, “the pandemic” or “attending Wilson High School” is not the heading of a mental file containing details of that time. It’s an isolated fact. The rich detail resides in episodes: memories of events that last hours, not months. » (…)

« My children’s memories of the pandemic will be influenced by their beliefs about this time in their lives. Those beliefs, in turn, are shaped by repeated experiences. »

En d’autres mots: la réalité est un matériau et c’est à nous, comme adultes de la forger pour permettre aux enfants de s’en faire des souvenirs plus ou moins agréables et plus ou moins utiles pour l’avenir.

***

En lisant le texte de Daniel Willingham, je me disais que tout cela était aussi vrai pour les adultes. Pour soi-même, avec nos amis, avec nos collègues, etc. 

Et pour la société en général.

Mais alors, qu’est-ce qu’on retiendra, collectivement, de cette pandémie? Ou plutôt: qu’est-ce nous choisirons d’en retenir?

Il me semble que ça devrait faire partie de nos préoccupations dès maintenant. Ça devrait faire partie de nos réflexions et être présent dans le discours de nos leaders. 

On devrait commencer tout de suite à forger la réalité de cette pandémie pour s’en faire quelque chose de positif — à moyen et à long terme.  

On pourrait par exemple se demander tout de suite qu’est-ce qu’on aimerait qui accompagne le récit de la période 2020-2022 dans les livres d’histoire?

Qu’est-ce qu’on aura appris grâce à la pandémie? Qu’est-ce qui aura été mieux après? Comment ça aura affecté positivement le cours de notre histoire?

Clarifier cela nous aiderait probablement aussi à savoir quels gestes poser, quoi privilégier, maintenant, pour passer à travers la pandémie et ne pas en sortir seulement avec de mauvais souvenirs.

Un commentaire

  1. Tu as bien raison, Clément. Et du positif, il y en a dans cette pandémie. Ta réflexion me semble rejoindre également celle d’Aymeric Caron. Il vient de publier « La revanche de la nature : 27 leçons de vie pour le monde d’après » chez Albin Michel : titre tapageur et pompeux, mais propos intéressants, du moins ceux qu’il a tenus en entrevue avec Anne-Marie Dussault à 24/60 vendredi. Et c’est vrai qu’il faudra prendre le temps de travailler ce matériau, notre nouvelle réalité, et de planifier l’automne et l’hiver pour trouver une façon de composer avec celle-ci pour en tirer le meilleur. Le changement, le vrai, est bien souvent issu de profonds bouleversements, de ceux qui nous forcent à nous questionner.

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