Le temps et le lieu

Magnifique temps ce matin. Petit café. Le calme dans la cour. Les oiseaux qui s’éveillent. Les chats qui se prélassent au soleil. Et les myosotis qui envahissent élégamment le terrain.

Le myosotis est aussi appelé « ne m’oubliez pas » — Larry Hodgson raconte dans ce texte deux légendes qui expliqueraient l’origine de cette appellation populaire.

Le myosotis dans La Flore Laurentienne (version numérisée par BAnQ)

***

À la suggestion d’un ami, j’ai aussi pris le temps de regarder ce matin Le temps et le lieu, un film de Bernard Emond, tourné en 1999, à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie (le film peut être regardé sur le site des Films du 3 Mars). Résumé:

En 1936, l’anthropologue américain Horace Miner passait un an dans le village de Saint-Denis de Kamouraska avec Agnès, sa jeune épouse, pour y observer la vie traditionnelle des cultivateurs canadiens-français. Plus tard, il publiait St.Denis, a French-Canadian Parish, un livre qui est devenu un classique de la sociologie au Québec.

Soixante ans après le séjour de Miner, un cinéaste marche sur les pas de l’anthropologue et cherche des traces de ce qu’il a vu.

Le Temps et le lieu, site de la Coop vidéo

On peut aussi consulter le livre de Miner sur le site des Classiques des sciences sociales.

Au sujet du chemin de la grève, où nous sommes allés à quelques reprises, Ana et moi (et où nous comptons bien retourner!), Miner écrit:

Cette « grève » jouit d’une certaine renommée dans la région et constitue un site de plein-air et de pique-nique apprécié. Une famille de Montréal et deux de Québec y ont leur chalet en permanence. Le sénateur de l’endroit y a son chalet d’été, un peu à l’écart des autres. À part lui, les paroissiens qui fréquentent la plage appartiennent en général à des familles de journaliers. Ils y vont pour se récréer, même si le curé désapprouve ouvertement cette conduite. Seuls les visiteurs de la ville vont se baigner et leurs maillots de bain indécents font scandale 1. La paroisse est contre la plage et méprise les paroissiens qui y fraternisent. Les commérages répandent des histoires de beuveries, d’arrestations et de visiteurs qui vivent avec les femmes des autres. Le curé s’élève en chaire contre les actes commis à la plage et menace d’employer la violence à l’endroit des magasins qui vendent de l’alcool en contrebande. La plage constitue pour le cultivateur son seul contact avec des modes de vie différents et les aspects indésirables que cela occasionne sont l’objet d’attaques continuelles.

Horace Minier, Saint-Denis un village québécois (1939), page 51 de l’édition pdf.

Mais pour revenir au film de Bernard Emond… je dois dire que j’ai particulièrement apprécié le témoignage de monsieur Martin, qu’on peut voir à 9:30. Je lui laisse d’ailleurs le mot de la fin:

Moi j’ai toujours aimé le beau (…) c’est effrayant ce que j’aimais le beau… les beaux champs, la belle musique, les belles fleurs (…) j’aimais le beau moi… Je ne sais pas ce que ça veut dire… je ne sais pas si c’est une mauvaise affaire d’aimer le beau. (rire)

Monsieur Martin, agriculteur à Saint-Denis
Monsieur Martin

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