
J’ai beau être à peu près absent des médias sociaux, ce qui s’y passe m’intéresse beaucoup. Et comme j’ai lu dans les derniers jours que la plus récente tendance est de faire un flashback en 2016, je me suis demandé qu’est-ce qu’est-ce qui m’occupait l’esprit, moi, en 2016?
J’ai évidemment commencé par chercher simplement « Clément Laberge 2016 » sur Google.
Un des résultats m’a particulièrement fait sourire. Une chronique de Mario Asselin intitulée Mon ami Clément, dans le Journal de Québec du 10 mai 2016. On se tirait la pipe au sujet de la course à la chefferie au PQ, alors que la CAQ avait le vent dans les voiles. Dix ans plus tard, c’est au tour de mon ami Mario de prendre partie dans une course à la chefferie. Amusant clin d’oeil de l’histoire!
Je suis ensuite retourné dans les archives de mon blogue (où j’ai même trouvé une référence au troisième lien!) et dans mes notes personnelles quotidiennes — pour constater que, ouf! — ça avait été toute une année!
Une année de grande liberté, puisque j’avais choisi de devenir travailleur autonome (ce que je n’ai jamais regretté!), mais aussi une année de grande colère. J’entreprenais même une séquence de 52 vendredis à aller manger un sandwich devant l’Assemblée nationale, avec des amis, pour protester contre l’ambiance politique! Extraits de la conclusion de notre démarche:
« Le Québec souffre d’un burnout politique. Un épuisement qui laisse beaucoup de monde désemparé devant une impasse sociale de plus en plus évidente.
Que faire devant ce constat? S’indigner chacun notre tour sur les réseaux sociaux? Se réfugier dans une partisanerie pire que celle qui nous irrite? Décrocher complètement pour se replier dans un confortable chacun-pour-soi?
Nous avons cru nécessaire de nous engager dans une démarche exutoire.
Depuis un an, nous nous sommes réunis chaque vendredi devant l’Assemblée nationale, le temps de manger un sandwich en cherchant à résoudre ce dilemme. »
À l’évidence, je me questionnais très intensément sur les façons d’insuffler un peu d’optimisme dans la politique. J’avais trouvé de l’inspiration notamment dans le livre Demain, qui m’avait ensuite amené à m’intéresser au film Qu’est-ce qu’on attend?, dont le souvenir m’inspire encore régulièrement.
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J’ai eu le vertige en relisant la page que j’ai consacrée à l’année 2016 dans mon histoire personnelle de 1989 à 2019. Je retiens particulièrement ce paragraphe, que j’adapte pour le besoin de la réflexion d’aujourd’hui:
«On tourne la page sur une semaine année qui a été très dure pour le moral. J’espère qu’on pourra dire dans quelques années que c’est au cours de celle-ci qu’on a finalement touché le fond du baril. Parce que le moment est clairement venu de se donner un swing dans le fond pour enfin commencer à remonter. Naïf? Peut-être. J’espère que non.»
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Dix ans plus tard, je me dis que oui… on a entrepris cette année-là quelque chose comme une remontée — même si elle reste lente et sinueuse.
Certes, les turbulences géopolitiques mondiales actuelles sont vertigineuses, et la politique québécoise est plus incertaine que jamais, mais il me semble qu’on a plus de sources d’espoir à la portée de la main qu’on en avait il y a dix ans. Il me semble qu’on perçoit mieux les possibles. Ce qu’il nous reste à trouver, c’est le comment.
À moins que ce soit seulement mon regard qui a changé?
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, j’ai le goût de faire confiance à 2026.
Et ça me donne envie de conclure de la même façon que Josée Boileau, dans son dernier texte à titre de rédactrice en chef du Devoir, le 30 janvier 2016:
« Changer, c’est vivre. Alors vivons. »