Les carnets et la « construction de sens »: affaire collective ou personnelle?

La conversation amorcée par Stéphane hier est reprise ce soir par Christine. Les commentaires ne se sont d’ailleurs pas faits attendre…

Ce que je retiens jusqu’à présent:

1. il est nécessaire de préciser l’intention visée lors de la mise en place d’un réseau de carnets: « formuler collectivement la compréhension d’un enjeu » (par exemple) ou « cheminer ensemble dans la compréhension de cet enjeu » (quitte à ce que ce soit « chacun de son côté », mais dans la coopération).

2. je réalise que sans l’avoir jamais formulé explicitement, j’ai toujours accordé priorité au fait que la démarche soit collective, quitte à ce que les résultats soient individuels.

Autrement dit, j’ai toujours privilégié des systèmes très simples qui permettent de réfléchir « en réseaux » (comme les carnets) à des systèmes qui, en visant l’émergence d’une réflexion consensuelle, complexifient souvent la démarche au point d’en restreindre la portée à des contextes d’apprentissage très particuliers. C’est un peu manichéen comme description, j’en conviens… mais c’est comme ça que ça se présente ce soir!

3. je reste ambivalent quant au potentiel des carnets collectifs (à l’excusion de ceux qui ne sont que le fruit d’une publication croisée de textes, style aggrégation).

Ce qui me charme toujours dans les carnets, après 18 mois… c’est le fait que je réfléchis dans un cadre qui m’appartient et pour lequel je n’ai aucun compromis à faire « dans le but de m’inscrire dans une réflexion un peu plus large ».

Je fais l’hypothèse que la « négociation de sens » se fait bien plus efficacement « entre les lignes », d’un carnet à l’autre, que dans un espace présumément conçu pour résoudre un problème ou mener une discussion particulière. Il y a sans doute des exceptions (certaines me viennent même déjà à l’esprit), mais de façon générale… il me semble que l’hypothèse est valable.

Université Laval: discours de la rentrée

Extrait du texte de Michel Pigeon, recteur:

« Dans une université « ouverte », la formation est imprégnée d’une vision multidisciplinaire et en contact avec le milieu. Une université « ouverte » est accueillante, tant pour les étudiantes et étudiants d’ici et d’ailleurs que pour la population environnante qui souhaite mieux profiter de sa présence et de son action. Elle est aussi plus sensible aux besoins exprimés par la société, qu’il s’agisse de formation continue, de partenariats avec divers groupes ou de valorisation de la recherche. Elle est enfin capable de changer ses façons de faire lorsque cela est nécessaire. »

Patrick Simard sur la Cité éducative

Le texte de la conférence offerte par le Président de la Chambre de Commerce de Québec, Patrick Simard, la semaine dernière est enfin en ligne. Le Soleil en publiait d’ailleurs de larges extraits ce matin.

N’en retenons qu’un, pour le moment, question d’illustrer que l’idée fait son chemin:

« Un cité éducative, c’est une ville qui mise sur la qualité [de vie] des citoyens pour rassembler des conditions favorables à l’innovation. L’éducation et la formation sont à la base du développement de la région de Québec. Non seulement parce qu’elles sont nécessaires pour que les entreprises bénéficient d’une main-d’¦uvre de qualité, mais aussi, et peut-être surtout, parce qu’elles sont nécessaires pour développer dans la population des attitudes positives face aux changements et à l’innovation. […] Vous conviendrez avec moi que Québec dispose de tout ce qu’il faut pour devenir une véritable cité éducative. »

Réunion de suivi prévu lundi prochain…

Le rôle de la critique dans le développement urbain

Texte intéressant d’Alain Dubuc dans Le Soleil de ce samedi, 13 septembre. Sous le titre « On ne bâtit pas une ville seulement avec des égouts », le président éditeur convie ses lecteurs une réflexion sur le rôle de la critique dans le développement urbain.

Selon lui, la population de la région de Québec aurait « une tendance à dire non, quitte à changer progressivement d’idée pour finir par dire oui » alors que « ce n’est pas le propre de toutes les villes de dire non aux rêves […] les Montréalais, par exemple, sont facilement séduits par les grands projets ». New York, Paris et Barcelone seraient aussi des villes séduites par les rêves et les grands projets.

La présence de Barcelone dans la liste de M. Dubuc ramène à mon esprit le fait que dans moins d’un an, cette ville accueillera le Forum universel des cultures, un événement nouveau genre, créé pour Barcelone, et que je rêve de voir tenu un jour à Québec. Un événement qui n’est par ailleurs pas sans rapports avec le modèle de la cité éducative. J’y reviendrai.

« Les villes se bâtissent sur des rêves, des projets mobilisateurs et une vision d’avenir », nous rappelle M. Dubuc avant d’ajouter « qu’il est beaucoup plus facile d’avancer et de progresser avec une administration municipale qui a trop d’idées qu’avec une administration qui n’en a pas assez ». Je suis bien d’accord!

L’élément le plus essentiel du message d’Alain Dubuc est qu’il faut renouveler notre conception du rôle de la critique pour en faire quelque chose de moins négatif, « qui consiste à commencer par appuyer un projet qui a du potentiel quitte à discuter et à critiquer par la suite. Au lieu de tout démolir en commençant. »

Stimulant comme une bouffée d’air frais.

Conférence le 2 décembre

J’ai accepté l’invitation du RÉCIT de l’enseignement privé pour prononcer la conférence d’ouverture du deuxième colloque de la FEEP sur les TIC qui se tiendra le 2 décembre. Voici la proposition que j’ai formulée à cet effet:

Façonner sa vision du monde avec les TIC

Façonner sa vision du monde c’est bien sûr d’abord s’en faire une représentation. C’est ce qui permet d’entrer progressivement en communication avec son entourage, de se sentir partie prenante d’un univers qu’on souhaite hospitalier. Façonner sa vision du monde, c’est apprendre à être citoyen.

À partir d’exemples concrets, d’ici et d’ailleurs, récents et plus anciens, branchés et débranchés, Clément Laberge nous propose d’illustrer pour quelles raisons l’utilisation des technologies numériques est devenue indispensable à la formation d’un jeune citoyen et pourquoi, sans elles, l’école ne pourra bientôt plus remplir correctement sa mission.

Puisant aussi bien dans l’oeuvre du Frère Marie-Victorin que dans celle de Linus Torvald, cette conférence se présente comme une invitation au voyage ‹ de la salle de classe à la cité éducative.

De l’École d’architecture à la Place de France

Parmi les centaines de projets éducatifs décrits dans la banque de documents de l’Association internationale des villes éducatrices (AIVE), on en trouve quelques-uns, dont celui-ci, qui mettent en valeur la complicité des services municipaux d’urbanisme et des écoles d’architecture.

Il est particulièrement intéressant de noter, dans ce contexte, que Francis Vachon signalait récemment que le controversé (mais combien intéressant!) projet de la Place de France a possiblement trouvé sa forme dans une collaboration entre la Ville de Québec et les étudiants de l’École d’architecture de l’Université Laval…

Chambre de commerce, leadership régional… et cité éducative

Le 10 juin dernier, le président de la Chambre de Commerce de Québec prononçait une conférence dans laquelle il affirmait:

« Un autre projet auquel je souscris est celui de faire de Québec une véritable cité éducative. Ce projet permet à notre région de s’assurer d’un positionnement stratégique provincial, national et international en misant sur l’éducation comme axe de développement économique. La ville de Québec sera dite éducative lorsqu’elle reconnaîtra, exercera et développera, outre ses fonctions traditionnelles, soit celle économique, sociale, politique et de prestation de services, une fonction intentionnellement tournée vers la formation, la promotion et le développement de tous ses habitants. »

Jusque là ça pouvait n’être que des voeux pieux… mais le déjeuner-causerie de ce midi confirme que ce sera suivi d’actions concrètes. Le repas partagé quelques jours plus tôt avec Patrick Simard et quelques complices m’avait également réjouit.

Plus d’information demain… et un lien vers le texte de la conférence, qui se fait un peu attendre.

Je pense que cette fois ça y est! On passe en seconde vitesse.

La ville est une école de citoyenneté

« Le système municipal est, du fait de sa proximité des citoyens, le plus ouvert et le plus transparent. Ses décisions et son administration sont plus tangibles et, par conséquent, génèrent plus facilement une opinion publique. Il s’agit donc d’une école de citoyenneté.

La ville est donc un cadre et un agent éducateur qui, face à la tendance à la concentration du pouvoir, pratique l’opinion publique et la liberté face à la tendance au grégarisme, exprime le pluralisme, face à la tendance à une répartition inégale des possibilités, défend les citoyens, face à la tendance à l’individualisme, s’efforce de pratiquer l’individualité solidaire. Elle permet de créer un tissu d’habitudes citoyennes […] Elle permet de former des individus sensibles à leurs devoirs comme à leurs droits. »

Source: Isidre Molas, cité sur le site de l’Association internationale des villes éducatrices (AIVE)