Sous béton

Cela fait une très étrange impression de lire Sous béton, de Karoline Georges, le matin du 11 septembre.

C’est l’histoire d’un enfant qui vit depuis sa naissance enfermé dans un minuscule appartement au 5969e étage d’une immense tour de béton: l’Édifice. Toute sa vie est strictement régulée: de l’absorption quotidienne des nutriments aux périodes de sommeil en passant par les périodes où son cerveau est enserré au distributeur du Savoir. Toutes ses réflexions sont aussi contrôlées. Jusqu’à ce que.

C’est un roman dur. Un récit pessimiste. Une histoire qui force à s’interroger sur le monde dans lequel on vit et sur la liberté.  Un livre que je classe spontanément avec 1984 et Le meilleur des mondes.

Dès les premières pages, j’ai été happé par l’efficacité de l’écriture de Karoline Georges qui nous plonge instantanément dans une univers étouffant. J’ai beaucoup aimé Sous béton… à l’exception des quinze dernières pages qui m’ont donné l’impression de conclure cette oppressante allégorie par une homélie aussi absconse qu’inutile.

J’aurai nettement préféré que le livre termine à la fin de la sixième section, avec ce retentissant « Enfin, presque. » qui, à mon sens, marque de toute façon la véritable fin de l’histoire et qui aurait forcé le lecteur à forger lui-même un sens à cet extraordinaire récit.

À lire, vraiment.

2 commentaires

  1. Le récit serait effectivement pessimiste s’il se concluait à la fin de la 6e partie. Mais le roman ne se conclue pas là. Les 15 dernières pages révèlent l’ampleur de la transformation en cours, qui dépasse largement le destin du personnage et de l’Édifice. Occulter la dernière partie du roman, se serait faire fi du propos sur l’évolution, qui ouvre les perspectives plutôt que de les laisser en pan. Il faut avoir une sensibilité à l’écriture plus poétique pour apprécier la fin, je vous l’accorde. Mais de là à déclarer inutile un passage difficile à comprendre…la littérature n’est pas que divertissement. Sous béton pose un défi de lecture plutôt réjouissant à mon avis.

  2. @Mélanie Morin: je vous l’accorde, je suis peut-être allé un peu fort sur mon commentaire au sujet des quinze dernières pages. Je le réalise en me relisant. Cela dit, il ne s’agissait pas pour moi de condamner un passage difficile à comprendre, mais de souligner que j’avais trouvé qu’il m’imposait une interprétation de l’histoire qui ne me convenait pas. Et, certes, la littérature n’est pas que divertissement (heureusement!) et, certes, c’est tout à fait la liberté de l’auteure — mais c’est aussi la mienne de dire que j’aurais préféré que le récit s’arrête quelques pages avant la fin.

    Quoi qu’il en soit, je recommande Sous béton sans hésitation depuis que je l’ai lu — et je suis très heureux qu’il fasse partie de la sélection finale du Prix des libraires 2012.

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