Fenêtre d’angle

Il avait loué cet appartement pour une semaine. Il y avait investi une petite fortune. Sa fortune.

Un appartement sur trois étages, avec vue (partielle) sur le lac Michigan. Avec des tableaux de grands maîtres dans presque toutes les pièces. Et un piano à queue magnifique. Une pure merveille.

Il avait engagé une pianiste de concert, qu’il avait invitée pour la semaine. Un cuisinier renommé aussi. Ils seraient très bien logés — seule condition, garder le silence — ne pas parler.

Trois étages, vingt pièces. Et une salle à dîner pouvant accueillir vingt personnes — même s’il n’avait l’intention de recevoir personne.

Il allait se servir de l’immense table de bois laqué pour écrire. Parce que c’est ce qu’il allait faire, pendant sept jours et sept nuits, entouré de chefs-d’oeuvre, dans la fenêtre d’angle.

Il attendait ce moment depuis si longtemps. Tout était parfait.

Sauf ce bruit, subtil et persistant, qui allait le rendre fou.

6 commentaires

  1. Au début, c’était à peine perceptible. Puis il s’en rendit compte. Son esprit en devint rapidement incapable de se concentrer sur cette histoire invraisemblable qui tourmentait son esprit depuis tant de mois. Il était loin de se douter qu’en voulant se soulager de ce tourment, il allait en trouver un autre, tellement plus destructeur…

  2. ou un petit MacAir, Spotify, GoogleEarth, et un voyage en train ou une table de bistrot en terrasse !

    il y a du « Shining » dans ce billet étrange… (et « le terrier » de Kafka pour le bruit à la fin…)

  3. @FBon: j’ai retenu ton titre pour ce texte — changé! Merci.

  4. Lui seul l’entendait… Il s’agissait d’une mélodie qui lui était familière mais il n’arrivait pas à l’identifier. Il avait beau puiser dans ses souvenirs, rien n’y faisait. Et pourtant, elle suscitait chez lui des émotions bien réelles…

  5. Il essayait de ne pas y penser mais rien à faire. Le bruit alternait avec le souvenir d’une réflexion sentencieuse qu’un « psy » quelque chose lui avait délivrée un jour : « on ne peut pas lutter contre ses pensées, il suffit de se dire que je ne dois pas penser aux éléphants roses pour être hanté par l’idée des éléphants roses… »

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