En finir avec le mur-à-mur

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Mon texte d’hier a suscité des commentaires étonnamment variés. Assez pour m’amener à poursuivre ma réflexion dans le but de la préciser un peu.

Le coeur de mon propos portait sur la montréalisation du discours politique québécois, dans son ensemble, et au sein du mouvement indépendantiste en particulier. J’y ajoute une piste de solution, concrète: une position claire en faveur de la régionalisation des modes d’intervention de l’État.

Je crois en effet que la dynamique politico-médiatique actuelle a pour effet de donner une importance démesurée aux enjeux montréalais dans l’actualité comme dans les priorités des partis politiques. Je pense que c’est une des raisons qui amènent beaucoup de monde à décrocher de la politique — qui la perçoivent de plus en plus comme étant détachée de leur réalité.

Pour espérer retrouver la confiance de la population (et regagner éventuellement les élections), il va falloir qu’on trouve des façons de lutter plus efficacement contre cette tendance qui est en train de devenir un piège pour de nombreux partis, dont le Parti Québécois. Hélène Alarie l’avait bien compris, c’est pourquoi je pense qu’il faut prendre le temps de relire son rapport de 2007.

Je crois personnellement qu’une des façons de répondre à ce défi consiste à abandonner les solutions mur-à-mur pour enfin reconnaître que ce n’est pas en imposant les mêmes mesures, à l’identique, partout au Québec que l’État pourra arriver à atteindre ses objectifs.

Il faut plaider la nécessité d’adapter l’intervention de l’État, quand elle est nécessaire, à la réalité de chaque région et prévoir de la souplesse dans la mise en oeuvre des politiques et dans l’application des lois et des règlements.

Je suis de plus en plus convaincu que l’approche de l’État centralisée et uniforme qui nous guide trop souvent est devenue contradictoire avec l’adhésion de la majorité des Québécois au projet d’indépendance. C’est en redonnant du pouvoir aux régions et en faisant confiance à chacune d’elle pour mettre en oeuvre les politiques décidées par l’État qu’on pourrait convaincre plus facilement.

L’État auquel je crois doit être ferme sur les objectifs de ses interventions, mais souple sur les moyens pour les atteindre.

Pour reprendre l’exemple de l’application de la loi 101 dans les cégeps, peut-être que c’est une bonne idée dans la région de Montréal (je demande à être convaincu, mais j’accepte cette possibilité), mais je suis convaincu que ce n’est pas une bonne idée dans la Capitale-nationale.

Je suis convaincu que la présence du Cégep St-Lawrence est une richesse pour la région de Québec et je ne vois pas quel impact positif ça aurait pour la région d’empêcher les étudiants francophones de s’y inscrire.

Qu’on limite la croissance du nombre de places disponibles, peut-être. Qu’on valorise davantage les programmes des cégeps francophones de la région, assurément. Qu’on leur procure plus de ressources pour offrir de meilleurs programmes d’enseignement de l’anglais (et d’autres langues), il le faudrait. Mais il faut travailler de façon plus positive, plus proactive plutôt que par une simple interdiction.

Parce que ça me semble tout à fait légitime pour certains jeunes, en fonction de leurs rêves et de leurs aspirations, de vouloir acquérir à 18 ans une maîtrise accrue de l’anglais. Et dans notre Capitale-nationale particulièrement francophone, deux ans à St-Lawrence, c’est probablement le meilleur moyen pour le faire.

Est-ce que j’appliquerais le même raisonnement tel quel ailleurs au Québec? Bien sûr que non. C’est précisément le sens de mon propos.

Et pas que pour ce sujet, qui n’est qu’un exemple. Le même raisonnement devrait s’appliquer pour de très nombreux sujets.

 

Un commentaire

  1. Je suis en total accord avec l’idée de la souplesse. Prenons l’exemple du nouveau « fonds d’investissements régionaux » (FIR) de 5 milliards de dollars de la « Proposition principale » (p. 29, parag. 0352) qu’il faudra moduler en fonction des paramètres socio-économiques spécifiques à chaque région, dont une s’avère en très bonne santé versus une autre en grande difficulté. Ne perdons pas de vue que la Capitale nationale et Montréal sont aussi deux régions. D’ailleurs, je pense au « Colloque de Rimouski » du 18 mars dernier et j’ai hâte de voir ce qui en est ressorti. Tantôt, je suis persuadé qu’on va débattre d’un palier de gouvernement à l’échelle régionale…

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