Par-delà Bombardier

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Le scandale se poursuit. L’indignation de la population ne diminue pas. Les motions se succèdent à l’Assemblée nationale. Le gouvernement ne semble pas comprendre la nature du problème et, pour une fois, les partis d’oppositions semblent déterminés à collaborer pour mettre le gouvernement face à ses contradictions.

On est peut-être en train de vivre un moment important pour le Québec. Je le souhaite. Mais il se pourrait bien qu’on l’échappe, ce moment, si on ne regarde que l’arbre qui cache la forêt.

Parce que le plus important dans cette affaire, ce n’est pas d’obtenir l’abandon ou un remboursement équivalent de la hausse de rémunération des dirigeants de Bombardier. Le Québec n’est quand même pas à 15 millions près.

Le plus important c’est de profiter de l’occasion que nous offre cette affaire pour initier un grand débat sur le rapport que nous entretenons avec les interventions de l’État pour soutenir l’économie. C’est un débat que nous aurions dû tenir depuis longtemps et qui finit aujourd’hui par nous rattraper (enfin, dirons certains!).

Pour cette raison, il m’apparaît essentiel que nous demandions aux quatre partis politiques qui sont présents à l’Assemblée nationale de nous expliquer, le plus concrètement possible, comment ils voient le rôle de l’État pour aider les entreprises.

Quelques questions pourraient les guider:

Êtes-vous plutôt interventionnistes ou pas? Dans quelles conditions?

Est-ce que vous privilégiez des aides sous forme de subventions? De prêts? De crédits d’impôt? Plutôt à de très grandes entreprises, comme Bombardier, ou à des PME? À des conditions équitables?

Quelle part du budget de l’État êtes-vous prêts à consacrer à ces aides directes dans l’économie?

Quelles conditions jugez-vous nécessaires d’exiger des entreprises en contrepartie d’une aide publique?

Quels sont, à votre avis, les moyens alternatifs aux aides financières directes l’État pourrait utiliser pour venir en aide aux entreprises?

De quelle façon cela s’exprime-t-il avec cohérence dans votre programme?

J’aimerais aussi que chaque parti nous explique sa vision des profondes transformations qui sont en cours dans le secteur industriel, et dans le monde de l’emploi en général.

Comment croyez-vous que l’automatisation et la robotisation vont affecter les industries québécoises? À quel rythme? Avec quelles conséquences?

Quelles mesures proposez vous pour faire face à ces changements?

De quelles façons prévoyez-vous revoir la loi sur les normes du travail, par exemple, afin de tenir compte de la métamorphose de plusieurs types d’emploi? Savez-vous qu’Uber n’était que la pointe de l’iceberg?

Comment envisagez-vous la transformation des parcours de formation pour tenir compte de ces bouleversements?

Il me semble que ce sont des sujets concrets qui seraient bien plus de nature à intéresser les gens à la politique que les tiraillages inutilement partisans qu’on voit encore trop souvent à l’Assemblée nationale et, ce, même si nous ne sommes plus qu’à dix-huit mois d’une élection qui sera particulièrement déterminante pour l’avenir du Québec.

***

On remerciera éventuellement la famille Beaudoin et les dirigeants de Bombardier si ce sujet peut devenir un des enjeux de la prochaine élection.

Leur cupidité n’aura pas été vaine.

 

5 commentaires

  1. Clément, tu viens de m’inspirer un parallèle à faire avec l’éducation dont on dit tant de choses ces jours-ci. Et je trouve bien que ce sujet, on en parle enfin… reste juste à en parler comme il faut ! Pour le bien de nos enfants, de notre avenir.

  2. Tu as raison, on pourrait faire la même chose pour l’éducation. Quelles seraient alors les questions essentielles à ton avis?

  3. Clément, Ça commence à ressembler à une proposition qui a été faite quelque part, n’est-ce pas? Il ne faut pas mouiller le pétard… même par temps de pluie…(sic… ;)

  4. Excellentes questions, espérons qu’elles seront acheminées aux différents partis et que des réponses suivront.

  5. Bonjour,
    Il est de tout temps inconcevable que l’on puisse dire que l’on veut aider les entreprises avec des subventions non contrôlées.
    Comment fait-on pour venir à financer une entreprise qui par le fait même est en difficulté avec les dirigeants qu’elle a présentement, ajouter des sous pour que ces mêmes «incompétents »mettre plus d’argent dans leurs poches?
    Quand nous ajoutons, une aide, il y a là une occasion minimale de mettre des conditions minimales en place pour justement que l’argent serve a autre chose que d’augmenter le salaire des dirigeants «incompétents ». Si eux n’ont pas pu redresser la compagnie, c’est peut-être justement, qu’ils n’ont pas les compétences pour le faire, non?
    La preuve que plus d’argent pour les dirigeants ne les rendront pas plus compétents!
    Alors pourquoi donc, les récompenser?

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