Deux poids deux mesures

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Photo: site de Radio-Canada

Dans une autre vie j’ai eu à composer avec les conditions d’un prêt accordé à une PME… et je peux vous assurer que parmi ces conditions il y avait, bien sûr, un droit de veto du prêteur sur les hausses de salaires des principaux dirigeants de l’entreprise. Et il est inutile de dire que ce n’était pas pour un prêt de 1,3 milliard de dollars!

Si on avait augmenté nos salaires de 50%, le prêteur ne se serait pas contenté de nous demander poliment de revoir notre politique de rémunération. Il aurait rappelé son prêt. Carlos Leitão, le banquier, le sait très bien.

On trouvait ça ben plate comme condition, mais on trouvait ça normal. Et curieusement l’argument selon lequel c’est le «libre marché» qui fixe les salaires ne tenait pas dans notre cas.

Si le gouvernement n’exerce pas ce genre de clause aujourd’hui avec Bombardier, c’est vraisemblablement parce que ça n’a pas été prévu dans leur contrat. Comme entrepreneur, je trouve ça très insultant.

C’est deux poids deux mesures.

Je pense qu’il va falloir rappeler au gouvernement que l’économie québécoise fonctionne d’abord et avant tout grâce aux PME et que ce sont elles qui devraient bénéficier de conditions avantageuses… pas des mastodontes à la gouvernance archaïque comme Bombardier.

5 commentaires

  1. Comment l’État peut maintenant sévir après avoir donné un chèque en blanc à Bombardier sans aucune condition préalable? On peut juste constater qu’on a encore affaire ici à du « népotisme libéral »! Ce genre d’arnaque volontaire est profondément encrée dans l’ADN de la famille libérale et on s’étonne encore!
    Maintenant, Laurent Beaudouin peut bien faire le « smatt » en renonçant à sa prime car, après tous, quand tu es multimillionnaire, qu’est-ce que ça peut bien changer dans ta vie quotidienne quand ton vase de fric déborde déjà et que tu manques d’imagination pour dépenser ce trop plein?…quelques paiements en moins sur son (ou ses!) bateau dans les Caraïbes?…quelques millions en moins dans son paradis fiscal?…si non sauver un peu son honneur?
    Misère qu’on a le dos large de revoir sans cesse ce film d’horreur à se faire voler en plein jour et en pleine face et de supporter ces insultes et ce mépris envers tous les québécois!

  2. Je crois qu’avec tout ce que nous avons vu et entendu depuis une dizaine de jours, nous avons droit d’être indignés. Personnellement, je ne crois pas du tout ce que la direction de Bombardier ou son comité de rémunération nous dira. Je pense même qu’ils pourraient aller jusqu’à dire qu’ils effacent tout et qu’ils remettent le compteur à zéro. Mais il ne faudrait pas être naïfs pour penser que l’ardoise sera effacée. Les traces pourront facilement revenir visibles dans le chèque plantureux qui accompagnera leur pactole lorsque ces généreux administrateurs quitteront le navire. Il y aura alors un peu plus d’or sur le pont d’or. Et personne n’en saura rien. Le remboursement des « claques » d’une valeur de quelques dizaines de millions sera quelque part dissimulé parmi l’or étendu sur le pont… C’est vrai, pour eux c’est davantage une piste d’atterrissage qu’un pont…

    Un gouvernement qui a du cran peut-il prévoir cela et agir en conséquence ?…

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