Confiance, innovation, pragmatisme

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ll n’est certainement pas pertinent de ramener toutes les réflexions sur l’évolution de la société québécoise au débat sur son statut politique. 

Je ne peux toutefois pas m’empêcher d’explorer ce que signifie la réflexion que je partage ici depuis quelques jours pour le mouvement politique dans lequel je me suis engagé au cours des dernières années. 

L’écriture des textes Sincérité (moi aussi) et Révolution tranquille, saison 2 m’a aidé à mieux comprendre ma lassitude devant une grande partie du discours indépendantiste. Une lassitude que je ressens encore plus fortement dans le contexte actuel.

Je pense qu’il faut se rendre à l’évidence: le discours indépendantiste est aussi à bout de souffle que la Révolution tranquille qui l’a vu naître — parce qu’il s’appuie encore largement sur une lecture de la société québécoise qui n’a pas beaucoup changé.

Ce n’est certainement pas en défendant des institutions fatiguées et en réclamant plus d’autonomie pour les maintenir à flot, ou pour les améliorer marginalement,  qu’on va redonner du sens à l’idée de faire du Québec un pays. Pas plus qu’en défendant des champs de compétences, la péréquation ou l’attitude historique du gouvernement fédéral. Tout cela est nécessaire, mais cela prend trop souvent des allures de défense du statu quo alors que c’est seulement dans l’action que peut naître l’envie de prendre son avenir en main.

Ça me semble de plus en plus évident que c’est en proposant une nouvelle phase de profondes transformations de l’État québécois — ce qui est tout à fait possible même dans le cadre fédéral actuel — qu’on pourra progressivement redonner du sens à cette idée.

C’est en utilisant le gouvernement du Québec pour innover et inspirer confiance à la population que l’ambition de faire du Québec un pays a pris forme dans les années 60. Je pense qu’il va falloir repasser par là pour que le discours indépendantiste retrouve de la pertinence et de la légitimité au yeux de la population.

Ce qui devrait distinguer le discours de tous les indépendantistes aujourd’hui, c’est la confiance en nous, une confiance dans l’avenir, un désir d’innover, et l’audace d’aborder nos défis collectifs autrement et de bâtir, concrètement, un État moderne — ce que nous n’avons plus actuellement.

Je suis plus convaincu que jamais que le discours indépendantiste devrait être marqué par un état d’esprit positif, un préjugé favorable à l’innovation (et les risques qui vont avec) et, par-dessus tout, une attitude constructive qui donne le goût au monde de se retrousser les manches pour faire une nouvelle révolution tranquille.  

Un commentaire

  1. Bon texte Clément.
    L’indépendance a du sens lorsque nous réalisons qu’elle nous permet d’innover, d’évoluer, de nous transformer en accord avec nos valeurs et nos forces.
    Longtemps, trop longtemps, l’indépendance a été associé à défendre, protéger.
    Tels les mouvements qui regroupent des gens qui croient surtout qu’ensemble on est plus fort, qu’ensemble on peut mieux se protéger contre l’ennemi. La loi du nombre. Tous ces concepts, tirés du syndicalisme doivent être repensés voir remplacés.
    C’est la réunion de conditions permettant de capitaliser sur notre grande capacité de créativité et d’innovation qui doit devenir l’agenda du jour.
    Nous pouvons bâtir une société meilleure, nous avons le talent pour et nous ne devons pas diminuer notre progressisme parce que des voisins prônent le conservatisme ou le libertarisme.

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