Vertiges

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Recevoir en cadeau de ses parents un dossier avec un ensemble de poèmes écrits autour de 18 ans. Le déposer sur la table de chevet pour le lire plus tard. Le laisser progressivement recouvrir par d’autres documents. Jusqu’à l’oublier.

Recevoir trois mois plus tard une convocation de la Commission parlementaire sur la Culture et l’Éducation, qui tiendra à la fin de l’été des auditions publiques en rapport avec une éventuelle réglementation du prix des livres.

Avoir envie de donner un peu de profondeur à la réflexion qui s’amorce pour la préparation d’un mémoire. Replonger un soir dans Passion et désenchantement du ministre Lapalme — qui raconte la naissance du Ministère des Affaires culturelles du Québec. Relire aussi quelques pages de L’Amour du livre, de Denis Vaugeois, qui raconte l’origine de la Loi sur le livre.

Quelques jours plus tard, en déplaçant les documents empilés sur la table de chevet, réaliser que le dossier dans lequel avaient été regroupés mes poèmes de jeunesse porte l’identification du ministère des Affaires culturelles. Étonnement. Le ministère des Affaires culturelles a changé de nom pour ministère de la Culture et des Communications en 1994. Comment mes poèmes ont-ils pu se retrouver dans ce dossier (une enveloppe repliée sur elle-même en fait)? Mystère.

Lapalme ministre des Affaires culturelles. Denis Vaugeois également. Gérald Godin, aussi — dont j’ai cité ans les derniers jours quelques textes qui lient politique et poésie.

Amusé par ces coïncidences, oser ouvrir le dossier.

Lire. Sourire.

* * *

Le texte écrit au retour de mon baptême de l’air attire particulièrement mon attention. Je m’en souviens évidemment très bien. C’était dans un tout petit avion au-dessus de Québec.

Clin d’oeil: je pense que ce poème pourrait aussi bien décrire l’impression que j’aurai, une vingtaine d’années plus tard, en entrant à l’Assemblée nationale pour présenter un mémoire en commission parlementaire.

* * *

Noctambule impénitent
les célestes diaprures
étaient mon unique horizon
jusqu’au crépuscule magique
où un fragile vaisseau
m’emporta sur le nocturne
océan

vertigineuse découverte
le miroitement diaphane
des espaces humains

la vermeille cryptographie de
la vie
s’offre à mon regard
comme seules des
constellations l’avaient fait

funambule, je découvre
l’orfèvre cité.

* * *

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