Poésie, pédagogie et politique

IMG_9303

À la fin d’une réunion à la BAnQ, plus tôt cette semaine, j’ai pris le temps de m’arrêter au premier étage pour visiter l’exposition « Être ou ne poète », qui est consacrée à l’œuvre et à la vie de Gérald Godin.

L’exposition est très simple, mais très efficace. J’aurais aimé qu’elle soit accompagnée d’un document synthèse — ou d’un site Web complémentaire — mais, à défaut, je suis reparti de la bibliothèque avec un livre sous le bras:

Traces pour une autobiographie, Écrits et parlés II — Édition préparée par André Gervais, Éditions de l’Hexagone, 1994.

Page après page, j’y redécouvre un politicien-poète (et vice versa) absolument extraordinaire — et dont les motivations me rejoignent profondément.

« Ce qu’il faut faire, c’est de trouver la pédagogie pour montrer aux gens que c’est ça, la réalité, et comment la changer, cette réalité-là. La job, la tâche, le labeur de la gauche, actuellement, ou de toute personne qui veut que ça change, qu’elle se qualifie de gauche ou de quoi que ce soit, c’est un problème pédagogique: comment amener les gens à découvrir ou à se rendre compte de la façon dont les choses fonctionnent, premièrement, comment les convaincre qu’il faut que ça change, deuxièmement. »

Je pourrais en citer des dizaines d’extraits formidables. Je le ferai d’ailleurs sans doute au cours des prochains jours.

* * *

Je note également au passage ces deux extraits, que j’ai cités sur Facebook hier après-midi:

« La poésie peut-elle changer le monde? La politique peut-elle changer le monde? La poésie peut-elle changer la politique? La politique peut-elle changer la poésie?

On n’écrit pas ce que l’on veut. Ce que l’on écrit c’est ce qui, en nous, veut devenir de l’écrit. »

* * *

« Ce par quoi les deux se ressemblent [la poésie et la politique], en fait, c’est en ce que les mots sont les citoyens de la poésie. Innombrables, imprévisibles, vivants, dynamiques, changeants, intraitables et qui, au fond, dominent absolument ceux qui croient s’en servir. »

* * *

Et j’en ajoute une dernière pour ce soir:

« G. G.: [Le pouvoir] est un poste d’observation unique. La nature humaine nous apparaît sous son plus beau jour (sic)… On constate que le sort du monde ne se joue pas au Conseil des ministres, mais dans le cœur de l’homme. Et je crois que le poète, par son langage, peut s’adresser au cœur des individus. Il est peut-être le seul à pouvoir le faire!

V. G.: Le pouvoir de la poésie serait plus réel que celui du politique?

G. G.: Je le crois. Les gens m’appellent le député-poète, et la mythologie qui entoure ces mots jette une sorte d’auréole autour de ma personne. Ça me permet plus de liberté; je peux dire les choses différemment. Plus fortement.

— Extrait d’une entrevue de Véronique Gagnon avec Gérald Godin.

* * *

De la lecture très inspirante.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s