La génération X et la politique

À la suggestion d’un ami, je viens de relire le texte qu’Alec Castonguay signait dans l’Actualité de novembre 2017: La revanche de la génération X.

Je fais partie de cette génération qui serait à la fois cynique et en colère (drôle de mélange!) si on en croit le sondage sur lequel s’appuie le journaliste. Je m’interroge toutefois: est-ce que ce sentiment s’explique surtout par une situation économique récente, ou par une perspective historique et sociologique un peu plus large?

Citations et extraits:

«83% des X pensent que les choses sont pareilles ou pires qu’il y a dix ans au Québec.»

« 74% pensent que la situation va se stagner ou continuer à se détériorer dans les dix prochaines années.»

«La même proportion affirme que les systèmes économiques et politiques ne travaillent pas en leur faveur.»

«Ils en ont bavé pour se faire un chemin, et là, ils sont choqués de penser que leurs enfants vont aussi en baver. Ils se demande ce qui pourra les aider.»

«Plus on s’éloigne du centre de Montréal et de Québec, plus la volonté de changement est flagrante.»

«Je regarde la robotisation, l’automatisation du travail, et je me demande (…) comment le gouvernement va-t-il pouvoir aider mes enfants avec la nouvelle révolution industrielle?»

«On dirait que les politiciens ne font rien pour améliorer le sort des Québécois.»

«Ils veulent donner un grand coup de pied dans la “canisse” politique.»

L’article fait essentiellement référence à la situation personnelle et professionnelle des personnes qui composent la génération X pour expliquer leur colère actuelle. Je ne nierai certainement pas qu’il s’agit de facteurs importants.

Mais je pense que l’image que nous avons eue de la politique québécoise, et le fait qu’elle a donné vraiment très peu de résultats depuis notre entrée dans le monde adulte (il y a environ 25 ans) est probablement aussi un facteur important dans cette impression d’être, depuis toujours, dans une impasse.

Un problème qui irait bien au-delà de dynamique électorale actuelle donc.

Qu’en pensez-vous?

5 comments

  1. J’en pense que le petit jeu politique partisan pratiqué aujourd’hui par les politiciens nous conduit à un immense déficit d’appréciation des gains sociaux qui ont pu être réalisés; et masque par le fait même certaines fractures sociales complexes dont il faudrait bien s’occuper.

    À écouter les politiciens, on a l’impression de passer toujours d’une catastrophe à l’autre. Est-ce qu’on peut dire « le fait que la politique a donné vraiment très peu de résultats depuis 25 ans » comme 1re raison à ce cynisme ambiant (qui n’est pas une exclusivité des X, d’ailleurs)? Je crois qu’il y a surtout cette façon cynique de faire de la politique qui doit être mise en cause.

    Le discours politique doit réapprendre à apprécier le terrain parcouru (ou pas) et à mieux réfléchir sur les cibles à atteindre.

  2. Une bonne piste. On n’a pas été gâté en fait les politiciens depuis vingt ans. Quoiqu’on en pense, après Bourassa, Parizeau, Bouchard, Landry, Garon… Beaucoup trop de PPP, parlementaires politiciens professionnels, qui n’ont connu du travail que celui des cabinets politiques. Mais ça ne peut évidemment tout expliquer. Je pense que la jeunesse instruite, celle qui a donné bien des leaders autrefois pense moins en terme de collectivité et le sens de la collectivité est essentiel en politique; c’est ce qui nourrit le sens du compromis, tout aussi essentiel. Un des travers que l’on constate aujourd’hui est, curieusement, la phobie des débats. Qu’on arrête de ses scandaliser des éclats de voix au Parlement. C’est fait pour cela tant que ca reste dans les limites du respect des personnes. Y aurait-il un manque d’éducation politique? Un article du Soleil se désolait de voir diminuer le nombre de lois adoptées à l’unanimité: C’est quoi ça? (pour ne pas dire What the…). L’objectif du parlement n’est pas d’adopter de lois unanimes. Par ailleurs, les parlementaires n’ont pas encore atteint le degré d’humilité qui leur ferait comprendre qu’ils ont peu d’influence sur l’évolution de la société, qu’ils ne voient pas venir les crises, ni les grands changements de comportement social (internet, réseau sociaux, achats en ligne). Donc ils réagissent. ET, plus ça ira, moins ils auront les moyens de leurs désirs parce que l’assiette fiscale fuit et qu’ils n’ont pas le courage d’y voir.

  3. Bien sombre ce portrait de notre génération… Les X que je cotoient ne sont pas si déprimé que ça. En fait, dans ma circonscription, c’est plutôt l’inverse. Les portes sont grandes ouvertes pour notre génération car les vieux vieillissent et les jeunes ne sont pas encore à penser à ça. Si on veut s’impliquer, prenons notre place, démocratiquement, et ça va très bien se passer. Pas besoin de « donner un grand coup de pied dans la “canisse” politique. » pour ça, et si c’est ce qu’il faut, et bien le coup de pied, suffit de le prendre pour sortir de notre chez-soi pour faire avancer des choses!

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