Petit manuel de résistance contemporaine

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J’ai lu hier, d’une traite, le Petit manuel de résistance contemporaine de Cyril Dion (aussi co-réalisateur du film Demain). 

J’en retiens quelques éléments: 

Devant l’ampleur des défis auxquels nous faisons face, le changement personnel est nécessaire, mais pas suffisant.

Le défi est donc de convaincre une majorité de personnes de prendre part à des changements collectifs.

La politique, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, n’arrive plus à susciter cette mobilisation.

Il est nécessaire de trouver de nouvelles façons de se projeter dans l’avenir, donner forme à de nouveaux récits communs, auxquels les gens vont pouvoir s’associer et qui vont permettre d’inscrire les actions individuelles dans un mouvement.

D’où le titre, brillant, de la section 3: Changer d’histoire pour changer l’histoire et le rappel que le changement de la dynamique politique est d’abord et avant tout une bataille culturelle:

«Nous avons besoin de rêver, d’imaginer quelques maisons nous pourrons habiter, dans quelles villes nous pourrions évolue (…) de quelle façon nous pourrions vivre ensemble (…) Petit à petit [des] récits d’un genre nouveau pourraient mâtiner nos représentations, contaminer positivement les esprits et, s’ils sont largement partagés, se traduire structurellement dans des entreprises, des lois, des paysages… (…) Ces récits peuvent évidemment être portés par des artistes (…) mais les récits ne se bornent pas aux artistes. Chaque entrepreneur qui invente une nouvelle façon de conduire son activité, chaque ingénieur qui (…), chaque économiste qui (…), chaque élu qui (…), chaque personne qui (…) raconte à sa manière une histoire qui peut inspirer son entourage, si tant est qu’elle ne cherche ni à convaincre ni à évangéliser.»

Je vois dans la fin de cet extrait un rappel, pertinent et nécessaire, que le dogmatisme et le prosélytisme nuisent au changement plus qu’il ne l’aide.  

«Choisir est épanouissant. Inventer est fichtrement excitant. Sortir du conformisme renforce l’estime de soi. Être bien dans ses baskets est contagieux. Résister, en ce début de XXIe siècle commence donc, selon moi, par refuser la colonisation des esprit, la standardisation de l’imaginaire.»

La conclusion du livre m’a par ailleurs ramené à l’esprit une conviction que j’avais un peu mise de côté depuis quelques années — et qui me revient en force aujourd’hui: c’est au niveau des villes que les changements sont le plus susceptibles de naître. Mais comment?

«Nous savons qu’agir individuellement en sera pas suffisant et que nous ne pouvons pas compter sur la bonne volonté des responsables politiques. Ils n’ont que peu de pouvoir sans nous et nous avons un impact limité sans eux. Notre seule issue est de construire des espaces de coopération entre élus, entrepreneurs et citoyens. Pour cela, les récits, les histoires, sont certainement le catalyseur le plus efficace.»

Et le plus important:

«Notre énergie ne peut venir que de notre enthousiasme, de notre aptitude à être la bonne personne au bon endroit, à exprimer nos talents, à faire ce qui nous passionne et nous donne envie de nous lever, chaque matin.»

One comment

  1. Tes paroles me rappèlent la campagne qui a livré ma génération pour changer les mentalités en rapport à la parentalitè. J’ai passé les neuf mois de ma première grossesse à lire la psychologue Mélanie Klein. Au sujet de la nécessaire autonomie et liberté d’opinion à développer chez nos enfants au cours de leur croissance. Leur apprendre à être libres, à se libérer surtout de notre influence, en tant que parents, à penser et créer leurs vies au delà des idées reçues. J’ai été élevée dépendante et « écrasée », quoi que le terme me paraît un peu fort… mais réaliste. J’ai bien réussi, par moments, j’ai l’impression d’avoir « trop bien » réussi, et vivre sous l’autorité de mes enfants comme je l’ai été sous celle de mes parents. Et même cela me paraît un signe de réussite de ma volonté de mettre de côté mon autorité parentale. Ça a été aussi un changement majeur dans le développement non seulement des critères d’éducation, mais aussi de celle de l’humanité, et l’attitude critique de nos jeunes, qui ne sont plua si jeunes, ils vivent ou finissent la quarantaine, à notre égard, est le résultat de notre renoncement volontaire à l’autoritarisme parental pour les élever LIBRES. Tout en rcconaissant à mes parents, au delà du sens de l’autorité, de nous avoir beaucoup aimés et fait de leur mieux.
    Voilà, je prends peut être des détours pour un necessaire établissements des faits. Cela aussi, fait partie de l’histoire, ce changement de la pensée et des relations humaines de cette époque là, où on était jeunes et on voulait changer le monde de l’intérieur, nous aussi.

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