Jours 17 et 18

Hier soir et ce matin j’ai lu L’Espèce fabulatrice, de Nancy Huston. 

Je me demande pourquoi je ne l’avais pas lu avant — tellement c’est une lecture essentielle!

Le livre explore le rôle fondamental du récit — et de la fiction — pour l’être humain. L’autrice explique comment notre identité est, en elle-même, un récit. Elle est le résultat de ce qu’on choisit de retenir de notre vie, de ce à quoi on a donné un sens.

C’est un livre sur l’importance du roman et de la lecture dans le développement de notre civilisation. L’importance de développer le plaisir de la lecture chez les enfants aussi, forcément.

Nancy Huston survole les raisons qui nous amènent à s’associer à des récits plus qu’à d’autres (histoire, religions, politiques, etc.), et comment les récits auxquels nous sommes confrontés influencent nos identités individuelle et collective.

C’est un livre très agréable à lire et qui jette un éclairage fascinant sur notre époque — et en particulier sur ces derniers mois/années, qui peuvent apparaître de plus en plus surréalistes. Il me semble plus pertinent encore qu’à sa publication, en 2008.

J’ai trouvé que l’Espèce fabulatrice amenait un éclairage fascinant sur:

  • Sur ce qui a pu aider Trump à accéder au pouvoir;
  • Sur la nature les mouvement conspirationnistes — aux États-Unis, mais au Québec aussi;
  • Et même sur les étranges convictions des flat earthers — par exemple.

C’est un livre qui aide à comprendre aussi pourquoi le discours scientifique, à lui seul, ne suffira pas pour susciter une mobilisation suffisante pour faire face aux changements climatiques — et pourquoi on aura absolument besoin des romanciers, et d’autres spécialistes du récit, pour y arriver.

C’est un livre profondément humaniste, que j’ai trouvé plein d’espoir.

Un livre important. Un livre qui fait du bien.

***

Évidents échos entre l’Espèce fabulatrice et les propos d’Andrian Rivierre auxquels je faisais échos il y a quelques jours

Aussi au Petit manuel de résistance contemporaire de Cyril Dion, lu il y a deux ans. La page Wikipédia consacrée à l’Espèce fabulatrice m’apprend d’ailleurs que le livre aurait fortement influencé la scénarisation du film Demain, qui m’a beaucoup marqué en 2015.

Ça m’a aussi ramené aux échanges auxquels avait donné lieu ma participation à une rencontre de Ciné-Psy, en rapport avec le film Qu’est-ce qu’on attend?, en 2018…

…et, plus largement au mouvement des villes en transition, initié par Rob Hopkins, qui a récemment publié l’excellent From What is to What if (en français: Et si…on libérait notre imagination pour créer le futur…).

Très inspirant tout ça! 

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