Livre numérique: le moment iTunes?

Le plus récent numéro du magazine The Economist, nous offre un article intitulé Electronic books and newspapers: An iTunes moment? L’intro est très punchy:

THINGS are suddenly hotting up in the rather obscure field of electronic books and their associated reading devices, the best known of which is Amazon’s Kindle. A new, sleeker version of the Kindle was unveiled on February 9th. Just days earlier, Google said it was making 1.5m free e-books available in a format suitable for smart-phones, such as Apple’s iPhone and handsets powered by Google’s Android software. Amazon said it was working to make e-books available on smart-phones as well as the Kindle. Plastic Logic, the maker of a forthcoming e-reader device, said it had struck distribution deals with several magazines and newspapers. The iPhone, meanwhile, has quietly become the most widely used e-book reader: more people have downloaded e-book software (such as Stanza, eReader and Classics) for iPhones than have bought Kindles. Might e-books be approaching the moment of take-off, akin to Apple’s launch of the iTunes store in 2003, which created a new market for legal music downloads?

Et je réponds volontiers « oui! » à la question posée par le journaliste. Oui, le monde du livre se prépare à son iTunes moment — rapidement. Ce qui reste à voir, c’est la forme que prendra ce moment. J’en parlais encore lundi soir, avec deux éditeurs de la région de Québec, en marge de Québec Horizon Culture: l’un pensait que cela prendrait plus de 15 ans avant que plus de la moitié des « achats d’oeuvres » se fasse sous forme numérique; l’autre croyait que cela prendrait plutôt cinq ans. Je pense pour ma part que ce sera certainement plus près de cinq ans que de 15 ans, mais je pense surtout qu’on ne peut pas analyser cela simplement comme une conversion de « ventes d’exemplaires imprimés » en « ventes en formats numériques ». L’exemple récent d’Indigo/Chapters qui a décidé d’offrir la vente de romans, chapitre par chapitre, sur le iPhone, est éloquent à cet égard: ça s’appelle Shortcovers.

Sans compter que ce que l’article de The Economist ne dit pas c’est que ça grouille de projets innovants sur le Web — des projets qui sont en train de déblayer le terrain avec de nouvelles approches — techniques dans certains cas, commerciales dans d’autres — voire éditoriales, carrément. Il faudrait avoir le temps de les décrire sommairement, ensemble, dans les prochaines semaines te les prochains mois, mais en attendant, si vous avez une heure aujourd’hui pour vous laisser bousculer un peu, je vous suggère quinze minutes sur publie.net, quinze autres sur Feedbooks, et encore 15 minutes sur LibraryThings. Et puis tiens, gardez donc le dernier quinze minutes pour témoigner de vos observations dans les commentaires, ci-dessous…

L’article de The Economist vient par ailleurs couronner une semaine très riche en information sur l’évolution du monde du livre numérique, notamment dans le contexte de la conférence TOC, qui se tenait il y a quelques jours à New York — des informations que je tenterai de faire percoler jusque dans ma veille sur le sujet au cours des prochains jours, parce que j’ai vraiment manqué de temps pour l’alimenter rigoureusement dans les derniers temps… trop occupé auprès des éditeurs québécois justement… (on reparlera de cela la semaine prochaine d’ailleurs: première présentation officielle de ce que nous sommes en train de faire ensemble le 25 février).

Mise à jour: Au sujet de TOC — Tools of Change, pour revoir les présentations en vidéos, c’est ici: wow! quelle richesse!

Je m’interroge en terminant: si on est de plus en plus près du iTunes moment pour le livre… est-ce qu’il n’aurait pas été pertinent que les éditeurs québécois, et canadien, se fassent entendre par le CRTC, avec une approche plus prospective, plus constructive, que celles des producteurs de musique et de cinéma/télévision — en amont des « problèmes », plutôt qu’à la suite? Peut-être est-ce que cela a bien été le cas et que Le Devoir ne le mentionne pas? Dans le cas contraire, peut-être est-il encore temps?

3 commentaires

  1. Je trouve qu’on parle beaucoup du support et peu – ou pas – de son contenu.
    Ne serait-il pas opportun de créer des livres spécifiques pour ces lecteurs électroniques? Réfléchir au format et profiter de ces contraintes technologiques pour écrire autre chose, différemment?

  2. @André Marois: je suis bien d’accord! Il y a effectivement pour moi deux fronts:

    – celui qui doit nous permettre de « faire passer dans le numérique » ce que j’appelerai « la production actuelle »
    et
    – celui — autrement plus passionnant — qui permettra de faire naître de nouveaux genres, une nouvelle écriture.

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