De la discrétion partisane

Cet espace est essentiellement personnel, mais il se trouve qu’on y réfère parfois dans un contexte professionnel. Et d’ailleurs, est-ce qu’il ne faut pas tenir pour acquis que tout ce qui est exprimé sur le Web sera forcément amené à être interprété dans un contexte un peu flou? Je le crois.

C’est la raison pour laquelle j’évite, en temps normal, de faire inutilement étalage de mes convictions politiques sur mon blogue. Je n’ai pas voulu en faire un espace trop partisan parce que je pense qu’il est important de ne pas tout confondre; d’autant que j’ai dans le cadre de mon travail à collaborer tous les jours avec des gens de toutes les allégeances partisanes — avec du personnel politique et des cabinets ministériels. Aussi parce que mes opinions n’engagent évidemment que moi et que je ne souhaite pas qu’elles se trouvent à engager, même indirectement, mes collègues de travail — ou à compliquer des dossiers déjà complexes par leur nature.

Je crois qu’il est préférable d’éviter d’exprimer trop publiquement sa partisanerie politique hors des périodes électorales, afin de favoriser un travail efficace avec ceux et celles qui ont été élus et avec ceux qu’ils ont nommés à différents postes. C’est ainsi que fonctionne la démocratie, c’est ce sur quoi reposent nos institutions — et cela me semble absolument fondamental. Il ne s’agit pas d’ignorer ses valeurs ou de faire abstraction de ses convictions, mais d’accepter de faire avec le contexte — par respect des personnes et des institutions.

Mais en période électorale, ce peut être différent. Ce doit être différent.

L’élection, c’est le moment où nous sommes spécialement invités à défendre nos convictions, dans un contexte partisan, à titre de citoyen. C’est un moment très particulier. C’est un moment privilégié pour débattre.

Et nous sommes presque en élection — nous le serons vraisemblablement dans quelques jours.

Je serai donc moins discret, plus partisan, au cours des prochaines semaines — en faveur du Parti Québécois, dont je préside l’exécutif de la circonscription de Louis-Hébert.  La transparence m’invite à le dire.

Je serai moins discret afin de pouvoir participer pleinement à cet indispensable moment de notre vie collective — et parce que je pense que ce sera une élection particulièrement importante pour l’avenir de la société québécoise.

Je reprendrai mes habitudes de discrétion, de non-partisanerie, après l’élection — pour les mêmes raisons qui m’ont amené à l’être jusqu’à présent.

6 commentaires

  1. @Stéphane: voilà une motivation de plus pour sortir de la réserve, parce que, franchement, annuler son vote dans le contexte de cette élection, c’est faire précisément le jeu du PLQ — c’est même au coeur de leur stratégie électorale.

  2. Pour moi, à l’heure actuelle, malgré tous les coups des Libéraux, ma réflexion se situe davantage au niveau du système lui-même que des partis. Or, j’entends encore peu de choses des autres partis qui me laissent croire que leur élection permettrait de mettre à jour le système. Mais peut-être que cela viendra pendant la campagne… Je suis préoccupé par l’effet «d’aspiration» du système (au sens d’aspirer quelque chose, par exemple de l’air) et ses conséquences.

    Évidemment, on pourrait me dire que tant qu’à rester dans le même système, aussi bien y être avec le moins pire des partis. Mais je trouve que c’est un peu se mettre la tête dans le sable et contribuer à alimenter le système, justement. En même temps, je suis raisonnable et je sais bien que si, d’un point de vue théorique, une annulation massive de votes pourrait être un moyen efficace d’envoyer un message aux politiciens, il y a très peu de chances qu’elle se produise en réalité. C’est un peu comme les pubs qui nous invitent à faire le plein d’essence au même endroit pour espérer faire baisser le prix: trop peu de gens le font pour que ça puisse avoir un effet de levier.

    Cela dit, je demeure ouvert, et je dirais plus ouvert que jamais car, jusqu’à présent, j’avais essentiellement voté pour l’idée d’un pays. Mais avec ce qui se passe chez nous – au-delà des partis – pour le moment, on gagnerait presque à se ridiculiser si on passait dans la ligue des «vraies» nations. Ce qui m’attriste, c’est qu’avec ce qui se passe sur la scène fédérale, nous avons une occasion en or de nous resserrer les coudes et d’avancer tous ensemble au Québec. Mais tout le monde continue de s’attaquer à l’interne.

    Il y a la CPLC à propos de laquelle je veux lire davantage. Mais sa présence est tellement incommensurable que… Et je veux me remettre le nez dans le programme des partis.

    Bref, tout ça pour dire que je continue de rêver à l’utopie politique dont je parlais récemment sur mon blogue (http://stephaneallaire.ca/?p=38). On a besoin de politiciens qui proviennent de partis différents, qui vont s’asseoir ensemble, au moment même où ils sont dans des partis différents (et pas 5-10 ans plus tard dans un parti reconstitué comme la CAQ), et qui vont se mettre à travailler ensemble, sur des questions qui vont au-delà des orientations et des schèmes de leur propre parti. Parce que seul, aucun ne peut y arriver à mon avis. C’est de la négociation d’un nouveau consensus social dont il est fondamentalement question ici.

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