Faire confiance aux images?

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La manipulation de l’information est un enjeu de plus en plus important pour la démocratie. Ce n’est pas banal quand on se met à parler fréquemment d’ère post-factuelle et de l’apparition des démocratures. On n’est pas sorti du bois: c’est le moins que l’on puisse dire!

Comment réagirons-nous quand nous ne pourrons plus croire aucune photo ni aucune vidéo? Parce que la fin de la prétendue objectivité de l’image est sur le point de sonner — elle qui ne tenait, au fond, qu’à la difficulté de modifier des images sans que cela soit évident.

Dans le texte L’avenir de la désinformation, Hubert Guillaud illustre très bien à quel point il est devenu facile de créer l’illusion du vrai. Ce n’est pas encore parfait, mais ce n’est qu’une question de temps… de très peu de temps.

Prenez Smile Vector, un robot qui transforme automatiquement des photos pour rendre les gens souriants (et pourquoi pas d’autres changements?).

Et Face2Face, qui permet de modifier l’expression faciale de quelqu’un dans une vidéo, en temps réel — pour lui faire dire autre chose, par exemple.

Tout ça pose des défis inédits pour l’esprit critique. Cela soulève évidemment aussi des enjeux éducatifs essentiels — auxquels l’école n’est vraisemblablement pas adéquatement préparée.

Et il faut réaliser à quel point ce sont des bouleversements rapides!

Ces technologies de modifications d’image, qui s’appuient sur le développement de l’intelligence artificielle, ont déjà commencé à faire discrètement leur apparition dans les iPod, iPad et iPhone que les enfants utilisent.

C’est comme ça qu’il faut voir les filtres que SnapChat a popularisés, qui permettent d’ajouter automatiquement des chapeaux fantaisistes ou d’autres masques à des selfies: ce sont de puissants outils de modification d’images et de vidéos en temps réel. Dans ce cas, ils n’ont pas pour objectif de tromper, mais ce n’est pas parce qu’ils ne seraient pas en mesure de le faire.

Je pense que ce serait d’ailleurs un très bon point de départ pour sensibiliser les enfants (et les adultes!) à l’importance de l’esprit critique, et à ses nouvelles exigences, notamment à l’égard des images (même de celles que des amis nous envoient… voire celles que nous prenons nous-mêmes!).

Une réflexion à mettre en parallèle avec celle de Bruno Devauchelle, que j’évoquais hier: Quand la photo arrête le temps…

Je pense que je devrais proposer à l’École branchée un texte un peu plus concret sur tout ça…

Mise à jour: pour plonger encore plus loin dans l’inconfort / la perplexité, il faut poursuivre la lecture avec cet autre texte d’Hubert Guillaud: L’ère des images invisibles.

« Nous ne regardons plus les images : les images nous regardent. Elles ne représentent plus simplement des choses, mais interviennent activement dans la vie quotidienne. »

6 commentaires

  1. C’est tellement vrai et si dangereux en même temps. Tout se trafique et se diffuse si rapidement! Un terreau fertile pour la désinformation. (Et certains l’on déjà bien compris…) Épeurant!

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