On a pas tous la même conception de la porno!

Pour avoir une belle illustration de la très grande variabilité des zones de confort (et d’inconfort!) de chacun quand il est question de sexualité… il s’agit de lire le texte d’opinion de M. Jean G. Lengellé, qui fait suite à la série de textes du Devoir à laquelle nous faisions référence hier. Quelques extraits:

« Après avoir lu l’article d’aujourd’hui concernant les ados et la sexualité, je me suis senti suffisamment mal à l’aise pour consulter les programmes du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) afin de tenter de mieux comprendre la situation.

J’ai abouti à la version électronique de la brochure intitulée : L’éducation à la sexualité dans le contexte de la réforme de l’éducation pour être non plus mal à l’aise, mais horrifié de ce que j’y ai trouvé. […]

Véritables obsédés sexuels, les auteurs encouragent par exemple les enseignants du primaire à mettre le sexe à toutes les sauces et dans toutes les matières […]. Notons aussi pour couronner le tout que la brochure est illustrée de nombreuses images de jeunes en train de se caresser dans des poses plus ou moins lascives. »

Intrigué, je suis aussi allé chercher la brochure. Elle est ici. 58 pages. Il faut la télécharger pour voir les images décriées par l’auteur de la lettre. Poses lascives… quelles poses? quelles images? Ouf… s’il savait ce qui se trouve sur Internet!

Est-ce que cet homme regarde la télévision à votre avis? Probablement pas…

Dialogue sur les besoins de l’école (et les revendications syndicales)

Jean-Robert Sansfaçon dans un éditorial, vendredi, dans Le Devoir:

« …même si la réduction de deux élèves par classe dans toutes les écoles du Québec peut sembler raisonnable à première vue, une telle mesure, qui exigerait l’injection de centaines de millions par année, ne constitue certainement pas le meilleur moyen de soutenir les enseignants aux prises avec des élèves en difficulté. En cette matière, le mur-à-mur serait du pur gaspillage.

Si la CSQ est sérieuse dans sa recherche de solutions, elle abandonnera cette revendication pour concentrer ses énergies sur l’augmentation du nombre de professionnels, le respect du maximum d’élèves par classe, trop souvent dépassé contre compensation financière, et la reconnaissance de la présence de cas plus lourds dans le calcul de la tâche des enseignants. Toutes les classes de toutes les écoles du Québec ne présentent pas le même degré de difficulté; le nier sous prétexte d’équité dans le traitement de tous les enseignants équivaut à saupoudrer les ressources rares au lieu de s’attaquer au problème. » (Source: Que veut la CSQ?)

Johanne Fortier, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, dans une réplique à Jean-Robert Sansfaçon, aujourd’hui:

« Nous accordons à tous le droit à leur opinion, mais l’article fait l’étalage de différents faits erronés que nous sommes dans l’obligation de rectifier. […]

Considérant les disparités socio-économiques des écoles du Québec, nous voulons réduire de cinq le nombre d’élèves par classe dans les écoles situées en milieu défavorisé et de trois par classe dans les autres milieux. […] Il va de soi que le fait d’avoir moins d’élèves par classe permet d’avoir plus de temps à consacrer à chacun des enfants.

Je me permets d’inviter M. Sansfaçon à visiter les classes […] Je me permets de croire que cela le fera changer d’idée. » (source: Ce que veulent les enseignants)

Réponse de l’éditorialiste, publiée à la suite de la réplique:

« […] Quant à votre invitation, je vous en remercie, mais il me semble que les quinze années passées dans l’enseignement m’autorisent à commenter vos revendications et à lire entre les lignes d’un discours syndical qui m’est très familier. D’ailleurs, n’est-ce pas ce discours et surtout les pratiques qui l’accompagnent qui sont pour une bonne part à l’origine du drame qui frappe aujourd’hui nos écoles publiques au profit de l’école privée ? »

Ouch! D’un côté, heureusement que les syndicats sont là pour défendre le système scolaire et ses ressources… mais d’autre part, qui peut nier qu’il y a aussi un peu de vrai dans cette accusation?

Chose certaine, c’est un échange qui me parle beaucoup étant donné que le conseil d’établissement dont je fais partie a récemment mis sur pied un comité spécial pour dénicher très rapidement des ressources supplémentaires pour aider les élèves et les enseignants. Parce que les ressources actuelles sont insuffisantes dans cette école, ça c’est indéniable, période de négos ou pas!

Le comité fonctionne très bien, avec l’excellente collaboration de parents, d’enseignants, d’une professionnelle et de la direction d’école et même avec l’appui des commissaires concernés… mais on se rend bien compte qu’il y a des variables systémiques dans l’équation. C’est un très gros chantier!

Hé, les jeunes! Vous avez gagné!

« Ce printemps, le mouvement étudiant a renversé la vapeur. Ce fut un véritable tour de force, une victoire immense sur l’indifférence, l’incrédulité, le cynisme, l’injustice et les préjugés. C’est déjà majeur. N’allez pas gaspiller cette formidable énergie. Ne nous décevez pas. […]

Vous n’avez pas le droit de laisser s’étioler dans la déception le mouvement que vous avez dirigé. […]

Peut-être maintenant faudrait-il porter un carré vert, signalant votre désir d’avancer, pour remplacer le rouge qui intimait au gouvernement l’ordre d’arrêter ses bêtises. […] »

Extraits (dans le désordre) d’une chronique de Michel Venne, dans Le Devoir d’aujourd’hui.

De la cyberporno à l’éducation sexuelle

Le Devoir de la fin de semaine a dû faire sursauter plus d’un parent avec sa série d’articles regroupés sous le titre Ados au pays de la porno.

Sujet encore trop tabou, langage cru, exemples frappants, tous les ingrédients étaient rassemblés pour susciter la polémique, ou à tout le moins un très grand malaise.

Bien sûr, il y a de la porno partout sur Internet pour qui en cherche! Le nier serait se cacher la tête dans le sable. Mais est-ce que les articles étaient de bon ton? Fleurtaient-ils trop avec le sensationnalisme? J’étais partagé jusqu’à la lecture de ce qui apparaît être la conclusion du dossier:

« Si la cyberpornographie vient de changer l’ensemble des données qu’on possédait sur la sexualité des jeunes, les sexologues croient que, au-delà des recommandations d’usage, la discussion avec les jeunes demeure un remède certain pour éviter la panique.

« Les jeunes ont besoin de savoir que, si tout est apparemment possible en sexualité, tout n’est pas normal pour autant et tout n’est pas permis », explique Francine Duquet, sexologue spécialisée en éducation sexuelle auprès des enfants et des adolescents. « Je reste confiante, malgré tout », explique la sexologue Jocelyne Robert, qui vient d’écrire Le Sexe en mal d’amour, un livre qui dénonce « le vacarme sexuel » dans lequel on baigne. « Quand on prend le temps, quand des personnes significatives leur parlent et leur proposent autre chose, les jeunes réagissent. Mais il faut agir. »» (Source: AdoSexo – Porno.com)

Alors là, ça va, je suis rassuré. Il fallait alerter d’abord, pour appeler à l’action ensuite. Ça pardonne le style surprenant de la série d’articles… qu’on se serait a priori attendu à trouver davantage dans Le Journal de Québec (ou de Montréal). Se laisser surprendre est heureusement un des plaisirs que j’associe à la lecture du Devoir…

Et si c’est l’incontournable présence de la porno sur le Web qui nous oblige finalement à aborder plus sérieusement l’éducation sexuelle (notamment à l’école) eh bien ce sera un peu parce que nous l’avons choisi… en omettant de le faire plus tôt, dans un contexte plus serein.

Les compétences à développer à l’école

Bruno Devauchelle est formateur et responsable de la liste de diffusion « Veille et analyse TICE » du Centre d’Études Pédagogiques pour l’Expérimentation et le Conseil (CEPEC) de Lyon. Il est également un collaborateur régulier du Café pédagogique.

J’avais déjà en réserve deux de ses réflexions afin d’éventuellement les commenter et voilà que j’en reçois une autre ce soir, intitulée « Peut-on développer des pratiques quotidiennes des TIC sans mettre en oeuvre des compétences techniques? ».

Elle me semble (encore une fois) particulièrement intéressante. En voici de larges extraits:

« L’observation des pratiques des TIC par les jeunes montre qu’elles se sont largement développées au cours des dernières années, accompagnant un équipement de plus en plus répandu dans toutes les couches de la société. Ces pratiques très diversifiées nécessitent une maîtrise technique dont les contours sont souvent difficiles à définir.

Le système scolaire, dans sa tendance naturelle à définir une forme scolaire de la maîtrise technique et des usages, prend-il en compte, dans la définition de ce qu’il convient de maîtriser, ces usages ordinaires et les compétences afférentes? […]

On peut simplifier les positions [à ce sujet] de la façon suivante :

d’une part les élèves ne maîtrisent rien, car leurs pratiques ne sont pas signifiantes, d’autre part les élèves maîtrisent tout, car ils n’ont aucun complexe devant la machine et construisent une maîtrise suffisante des machines qui les entourent contrairement aux adultes (et leurs enseignants donc!).

Si nous reprenons les faits tels qu’ils sont observés […] et si nous lisons les dernières statistiques [tout porte à supposer] que des compétences soient développées.

Pourquoi dans ces conditions certains enseignants et chercheurs déclarent que les compétences qu’ils considèrent comme devant être maîtrisées à l’école ne le sont pas par les jeunes à partir de ces pratiques ? Plusieurs hypothèses peuvent être évoquées […]

Si l’on considère le refus par l’école d’admettre que des compétences puissent être développées et maîtrisées en dehors du système scolaire on peut émettre là aussi plusieurs hypothèses :

– le système scolaire est « cloisonné » par rapport au monde extérieur,
– le système scolaire refuse la concurrence qui mettrait en cause sa place dans la société,
– le système scolaire est incapable de penser autrement que par rapport à son propre fonctionnement.

Si l’on propose au système scolaire de renverser le questionnement, cela pourrait prendre la forme suivante : essayons d’extraire des pratiques ordinaires des jeunes la liste des compétences qu’ils développent. A partir de cette liste essayons de comparer ces compétences à des situations professionnelles et sociales de pratique des TIC. Une fois ces deux tâches réalisées, essayons de définir la place que pourrait prendre le système scolaire dans cet entre deux. Il suffirait alors qu’à partir de l’évolution des pratiques des jeunes on mesure l’écart qui les sépare d’un usage professionnel et social pour déterminer ce que l’école peut faire, éventuellement.

Devant l’évidence d’un tel propos on serait tenté de dire que c’est déjà ce que l’on fait. […] Cependant les remarques faites par de nombreux enseignants et chercheurs semble aller à l’encontre de cette définition de la méthode d’élaboration des compétences et connaissances à développer à l’école. La scolarisation des compétences et des connaissances est surtout une définition très arbitraire de celles-ci. Elle est rarement mise en cause car l’on demande aux « meilleurs spécialistes » d’établir les éléments de base de la réflexion. Et pourtant l’observation amène à penser que ces spécialistes ne font pas le travail jusqu’au bout. Autrement dit, il leur faut affronter la définition des connaissances et compétences avec les usages professionnels et sociaux d’une part, et les pratiques existantes d’autre part. Réaliser cette démarche est difficile et couteux, c’est probablement pourquoi il est toujours plus facile de solliciter un petit groupe d’experts pour leur demander de construire un produit scolaire fini que d’engager un véritable travail de mesure d’écart fondé sur une méthodologie solide. »

C’est un point de vue français. On pourrait évidemment aussi s’interroger sur la manière québécoises de définir les compétences et connaissances à développer à l’école.

Une réflexion à poursuivre.

Une autre discussion sur la réforme

Comme le signale Mario ce matin, la discussion a repris de plus belle dans la liste de discussion edu-ressources au sujet de la réforme et la place qu’elle réserve aux approches pédagogiques « plus centrées sur l’enseignement » ou « plus centrées sur l’apprentissage ». Cela fait évidemment suite à la publication d’un texte de Serge Pouts-Lajus dans Le Café pédagogique auquel je faisais référence hier.

Les personnes qui ne sont pas abonnées à la liste de discussion pourront suivre les échanges à partir des archives de la listes, qui sont régulièrement mises à jour. C’est ici…

Fausses preuves sur la supériorité de « l’enseignement explicite »

Serge Pouts-Lajus revient dans Le Café pédagogique sur l’étude de Clermont Gauthier et Al. qui a suscité bien des discussions au cours des derniers mois [voir notamment ici et ].

Il commente (très sévèrement) le document en revisitant l’étude qui lui sert de clé de voûte avant de conclure qu’il comporte, au sujet de Follow Through, « aux moins deux omissions et une erreur graves qui en faussent la compréhension. »

À lire…

L’écriture contribue à la gestation des idées

Une perle repérée par François dans un essai de Paul Graham:

« it’s far more important to write well than most people realize. Writing doesn’t just communicate ideas; it generates them. If you’re bad at writing and don’t like to do it, you’ll miss out on most of the ideas writing would have generated. »

Cela décrit bien ce qui est pour moi une des principales raisons d’écrire sur ce carnet.

De la réforme à la cité éducative

François Guité nous guide en quelques mots de la réforme à la cité éducative.

« Les courants pédagogiques modernes prônent l’actualisation des apprentissages afin de donner un sens aux savoirs. […] Mais les écoles, avec leurs environnements en vase clos, se prêtent mal à pareille application des savoirs dans leur contexte naturel. […] La solution n’est-elle pas de disséminer des aires d’apprentissage dans la communauté ? […]

[…] néanmoins, on peut instaurer un réseau de centres d’apprentissage affiliés aux écoles et situés dans des endroits pertinents (musées, fermes, laboratoires, industries, bases de plein air, etc.). Les centres pourraient être subventionnés par les trois paliers de gouvernement où à l’aide de crédits d’impôt pour les entreprises privées. Ces dernières gagneraient par ailleurs à mieux se faire connaître et à montrer leur esprit communautaire. »

Rien à ajouter. Merci François!

Forum économique 2005: Choisir pour grandir!

J’assiste présentement au Forum économique de la région de Québec, organisé par la Chambre de commerce de Québec et ses partenaires. Mario y assiste aussi.

Il y a trois ans, j’avais formulé ce commentaire un peu sévère sur le forum économique. L’an dernier, le thème m’était particulièrement sympathique puisqu’il était question de développer Québec comme une cité éducative. Les échos avaient été très bons, mais certaines personnes avaient évoqué le risque qu’il ne reste de la journée que de louables intentions. J’imagine que cela a contribué à motiver la chambre de commerce à expérimenter cette année quelque chose de beaucoup plus concret.

Le thème cette année était donc particulièrement audacieux: « choisir pour grandir ». Et, en fait, je dis thème, mais c’est en fait à une démarche que nous conviait la chambre de commerce. L’objectif: identifier collectivement les projets le plus « porteurs » pour le développement économique de la région ‹ ceux qui devraient recevoir de façon prioritaire l’appui de la communauté d’affaires afin qu’ils puissent voir le jour.

En complément des présentations initiales, qui se trouvaient dans le cahier des participants, huit ateliers ont été tenus afin de sélectionner dans un premier temps deux projets par secteur (dans mon cas, l’éducation). Les seize projets retenus dans chaque secteur font actuellement l’objet d’une présentation orale, en plénière. Au terme des présentations, les 250 (environ) participants devront voter pour en prioriser finalement quelques-uns. Les projets sont extrèmement variés, presque tous intéressants, ce qui rendra évidemment les choix très difficiles.

Je sais que la Chambre de commerce a été sous haute pression dans les dernières semaines et les derniers jours parce que la formule proposée était audacieuse et qu’elle insécurisait bien des gens. Vaut-il mieux se présenter et ne pas être retenu? Y aura-t-il du noyautage dans la salle? Comment les projets seront-ils comparés? etc.

La journée n’est pas terminée, mais d’or et déjà, j’ai le goût de dire chapeau au comité organisateur. Bravo d’avoir tenu votre bout. Bravo d’avoir gagné votre pari. La formule n’était sans doute pas parfaite, certains participants auront sans doute des récriminations à formuler, mais vous avez osé, vous avez pris le risque et ça plutôt bien marché! Restera à améliorer l’exercice dans le futur, mais il fallait oser commencer quelque part.

Dans le secteur de l’éducation, les cinq projets présentés étaient:

1. Centre d’exploration en science en technologie, proposé par la Boîte à science
2. IMAGINE! l’événement de l’innovation, proposé par le Parc technologique du Québec métropolitain
3. Québec, cité branchée sans fil!, proposé par Mario Asselin
4. Rétention de la jeunesse anglophone / phase II, proposé par Voice of English Québec
5. Centre collégial d’expertise et de transfert technologique en transport intermodal, proposé par le Collège François-Xavier-Garneau.

Les échanges se sont très bien déroulés avec une quarantaine de participants. Il a même été possible d’arriver à un consensus sur les projets retenus prioritaires. Nous avons retenu le Centre collégial d’expertise et de transfert technologique en transport intermodal et le Centre d’exploration en science en technologie. Nous avons aussi choisi de formuler une déclaration commune pour marquer l’importance de l’éducation dans la région de Québec. Elle est disponible ici, en pdf.

Je ne sais pas ce qui ressortira au bout de l’exercice (j’ai hâte de savoir), mais je déjà peux déjà dire que j’ai apprécié l’exercice, que je suis fier qu’on ait pu faire ça à Québec, et que je souhaiterais qu’on puisse répéter annuellement un exercice de ce type. C’est un processus déstabilisant pour bien des gens, mais dont ont ressort collectivement renforcé, il me semble.

Je ne peux pas terminer ce texte sans signaler tout le plaisir que j’ai, depuis ce matin, à constater que le concept de cité éducative fait son chemin dans le discours de plusieurs acteurs importants du développement économique. Lentement, mais sûrement…

Résultats du vote à venir…

Mondialisation, éducation, technologies

Lu sur le Blog de Martineau, dans une chronique sur la mondialisation:

« « Quand j’étais petit, dit Friedman, ma mère me disait de terminer mon repas car en Chine, il y avait des enfants affamés. Maintenant, je dis à mes enfants d’arrêter de jouer au Nintendo et d’étudier car en Inde, il y a des enfants qui veulent leur job. Le monde a bien changé… »

Bref, si les Américains (et, par le fait même, les Canadiens et les Québécois) ne mettent pas tout de suite l’accent sur L’ÉDUCATION et sur le VIRAGE TECHNOLOGIQUE, ils risquent de rater le bateau. »

Éducation et virage technologique… tiens donc…

Et, de l’article original de Thomas L. Friedman, auquel fait référence Richard Martineau, ajoutons ces quelques mots:

I repeat, this is not a test. This is the beginning of a crisis that won’t remain quiet for long. And as the Stanford economist Paul Romer so rightly says,  »A crisis is a terrible thing to waste. »