VIII congrès (premier pour Québec!)

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J’étais à Gênes la semaine dernière pour participer au VIIIe congrès de l’Association internationales des villes éducatrices.

J’en aurai pour au moins deux semaines à reprendre le dessus dans la publication (notamment celle de l’ensemble de mes comptes-rendus de l’événement), sans compter de nombreux commentaires que j’aimerais formuler par rapport à ce que je lis ici et là, ce matin, dans la carnetosphère éducative québécoise. Bien des choses à dire aussi sur la série de textes au sujet de Québec qui ont été publiés dans Le Soleil la semaine dernière…

Ça été une semaine d’une exceptionnelle richesse. Je suis impatient de prendre le temps de mettre de l’ordre dans tout ça! Je commence dès ce soir!

Participez d’où vous serez!

Ce mercredi, 10 novembre, Jean-Sébastien, Mario et moi passeront la journée au Centre des Congrès de Québec pour la Journée informatique du Québec 2004.

Nous publierons continuellement sur ce carnet des comptes-rendus des différentes activités de la journée et invitons tous les carnetiers (et les autres) à prendre part à l’événement en posant des questions ou en formulant des commentaires au bas des différents textes qui seront publiés.

Économie du savoir? Vraiment?

En voulant commenter ce texte de Pierre Lachance, je réalise que le texte que j’ai écris l’hiver dernier pour Parole citoyenne, de l’ONF, n’est apparamment plus accessible. Je le reproduits donc ici, un peu plus bas, au moins temporairement. [NOTE: finalement il est ici… merci à Patricia Bergeron, de l’ONF, de m’avoir permis de le retracer.]

Cela dit, ce que je voulais signaler à Pierre, c’est que je préfère de beaucoup l’expression « économie de l’apprentissage » à « économie du savoir ». Pourquoi? Parce que la clé du nouvel environnement économique dans lequel nous évoluons est à mon avis la capacité d’adaptation et l’ouverture au changement et à l’innovation. Pas le savoir (et, d’ailleurs, de quel savoir parle-t-on?).

Or, c’est quand on apprend, quand on est « en apprentissage », qu’on est le plus ouvert à la nouveauté. C’est seulement quand on cesse d’apprendre que la nouveauté et la différence deviennent menaçantes… même quand on possède une incomparrable somme de savoirs. D’où « économie de l’apprentissage » au lieu « d’économie du savoir »…

Sans compter que c’est tellement plus inclusif comme conception des rôles que chacun peut jouer pour que nous relevions collectivement les défis que nous pose la « nouvelle économie ». Trouvez pas?

Qu’est-ce qu’un carnet Web?

Hubert Guillaud publie un texte très bien formulé sur la nature des carnets Web (ou blogs, puisque les copains français préfèrent l’appellation anglophone… que voulez-vous!):

« On a souvent tendance à penser qu’un blog n’est qu’un outil de publication […] qui permet de créer facilement un site dynamique et de l’alimenter comme bon nous semble, en quelques clics, sans avoir à se préoccuper de la technique. Et, c’est vrai […] Mais réduire les blogs à des systèmes de publication revient à passer à côté de leur potentiel. […[ Les blogs sont donc beaucoup plus qu’un simple site personnel, car non seulement ils me représentent sur le web, mais ils fonctionnent aussi comme un ³logiciel social² à part entière qui définit et circonscrit la communauté électronique dont je me revendique, à laquelle j’appartiens. »

Le texte emprunte quelques citations au récent livre de Cyril Fiévet: BlogStory (dont Mario Asselin devrait incessamment nous faire une critique!). Je retiens la plus brève et la plus juste à mon avis:

« Bien qu’on puisse y voir un paradoxe, le blog résulte d’une démarche individuelle qui n’a de sens que prise collectivement ».

Pour aller encore plus loin dans l’analyse de « c’est quoi un blog? » il y a au même endroit, un autre article (de Cyril Fiévet, justement) intitulé: Blogosphère, partage et sociabilité. Excellent lui aussi.

Je profite de l’occasion pour féliciter (et remercier) la FING pour avoir transformé la lettre d’information en carnet Web avec fil RSS… c’est tellement plus facile à suivre. Bravo!

Esprit critique. Toujours.

La notion de « contenus validés » fait beaucoup parler d’elle cette semaine… et la très interpellante Wikipédia n’y est pas étrangère!

Gilles Jobin, notamment, en parle avec beaucoup d’éloquence. Tuttle SVC en a aussi parlé…

…et la discussion sera sans doute relancée la semaine prochaine à la suite de la publication du texte que nous annonce l’Infobourg:

« …nous publierons une comparaison entre quelques encyclopédies accessibles en ligne, vous donnant les caractéristiques de chacune, ce qui vous permettra de faire un choix éclairé pour votre portail scolaire. Voici les encyclopédies francophones qui seront évaluées : Universalis, Encarta, Quid, Hachette Multimédia, WebEncyclo et Wikipédia. »

Je dois dire que j’ai bien hâte de voir cette comparaison parce que je trouve que c’est un projet bien ambitieux. Sans compter que la grille qui sera utilisée pour établir la comparaison révélera forcément beaucoup l’intention du comparateur… et sa conception de ce qu’est une encyclopédie!

Je souhaite par ailleurs que Gilles Jobin puisse éventuellement développer un peu plus sur la nature du rôle « d’éditeur » dans l’ère hypothétique du tout-collaboratif.

Société GRICS et logiciel libre

Étonné.
Ambivalent.
Confiant.
Vigilant.

Eh oui… tout cela à la lecture de d’un simple communiqué de la Société GRICS. Un simple petit communiqué… mais quel communiqué! Particulièrement quand on lit entre les lignes… et qu’on complète par la lecture de cette autre brochure (format pdf).

Étonné parce que, franchement, c’est tout un revirement! La société GRICS a toujours développé des produits à partir d’un modèle d’affaire où le « secret commercial » joue un rôle important. La très large adoption de ses produits dans le réseau scolaire lui confère une position de quasi-monopole dans plusieurs secteurs. Dans ce contexte, et comme bien d’autres entreprises dans une position semblable, la société GRICS a longtemps résisté à l’idée que les logiciels libres étaient de quelque intérêt pour le milieu scolaire. Les stratégies ont été variées: ignorance, médisance, intérêt distant… et voilà que la société semble vouloir sauter dans l’aventure. Certains y verront une capitulation de la part de la GRICS, la chute du dernier bastion de résistance, une simple stratégie de diversion ou de l’opportunisme politique… je préfère pour ma part y voir un humble coup de réalisme… et à ce moment-ci, cela m’étonne autant que cela me réjouit.

Ambivalent parce que je n’arrive pas à me faire une idée très claire de si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle qu’une entreprise qui a un tel catalogue de produits puisse se donner le rôle d’évaluation des logiciels libres et du potentiel d’économie qu’il peut représenter pour ses membres. Ça me semble placer bien des gens en situation d’être à la fois juges et partie. Cela m’embête d’autant plus quand les documents présentés précisent, d’entrée de jeu, « qu’il y a un potentiel d’économies important pour les commissions scolaires, surtout au niveau des postes clients […] qui sont surtout utilisés pour l’accès à Internet ou les logiciels de type « Outils » » (entendre ici, la suite Microsoft Office, etc.) en ajoutant « qu’en ce qui concerne les logiciels pour les postes de type serveurs, ils présentent à notre avis un potentiel d’économies nettement moindre. » (or, c’est essentiellement les types de produits qu’offre la Société GRICS). Je ne sais pas sur quelle analyse repose ces deux hypothèses, et je n’ai pas de raison d’en douter, mais il me semble qu’il faudrait les approfondir et les préciser, notamment à l’analyse de projets comme MILLE, qui représente sans aucun doute un des espaces d’expérimentation institutionnelle parmi les plus avancés en ce qui concerne le logiciel libre pour l’éducation primaire et secondaire (et auquel la Société GRICS est d’ailleurs associée).

Confiant parce que si la Société GRICS s’engage avec sincérité dans cette démarche (plutôt qu’avec résignation) c’est un énorme changement qui se prépare. Et je veux y croire. Si la Société GRICS s’engage dans une voie où elle aura éventuellement pour principal mandat d’assurer la cohérence des données administratives du réseau scolaire (par l’adoption de normes et et des standards ouverts, par exemple) et d’outiller les écoles dans le choix des logiciels (libres ou commerciaux) qui leur permettront de « manipuler » le plus efficacement ces données… nous ferons collectivement un pas de géant. Cela contribuera notamment à favoriser dans les commissions scolaires et les écoles de partout au Québec le développement d’une « culture de l’innovation », et d’une « culture de réseau » sur lesquelles nous pourrons compter dans bien d’autres domaines (et au plan pédagogique, en particulier). Je n’ai pas le goût d’entretenir des doutes sur les intentions de la GRICS lorsqu’elle publie un communiqué et un document comme ceux-ci. Mais je sais bien l’ampleur des changements culturels que la voie décrite implique dans l’organisation et l’effrayant travail de révision des modèles d’affaires qui l’accompagne. S’ils le mesurent aussi, s’ils y sont prêts, et s’ils sont aussi déterminés que je le souhaite, je suis confiant.

Vigilant, finalement, parce que ma confiance m’y oblige. Une ouverture comme celle que fait la GRICS dans ce dossier c’est une chose précieuse, très précieuse. Et j’estime que la communauté que nous formons a sa part de responsabilité dans le « guidage » des efforts de la GRICS dans cette période de changement. Il faudra être exigeant avec elle. Exigeant, mais aussi aidant. Il faudra suggérer plutôt que juger. Proposer plutôt que dénoncer. Le logiciel libre, en éducation encore plus qu’ailleurs, c’est bien sûr une question d’économies, mais aussi (surtout?) une question d’ouverture, de transparence et… de liberté! C’est là qu’il faudra être particulièrement vigilant parce que ce ne sont pas particulièrement des qualités dont a su faire spontanément preuve la Société GRICS par le passé.

Je serai donc vigilant parce que je veux y croire et que, malgré une certaine ambivalence, l’étonnement que m’a procuré la lecture de ce communiqué de presse m’enchante. Tout simplement.

Audace et leadership à l’Université Laval

Crime que je suis fier d’être associé à l’Université Laval quand je lis des affaires de même…

« …nageant à contre-courant, elle signe un protocole d’entente avec une vingtaine de collèges pour mieux arrimer leurs cours préuniversitaires à sa formation offerte aux baccalauréats. Le contrat, signé il y a deux semaines avec 23 cégeps géographiquement liés à l’université, prévoit une meilleure continuité dans l’enseignement prodigué au collège d’abord et à l’université ensuite. L’élimination des dédoublements d’un ordre d’enseignement à l’autre, les rapprochements entre corps professoraux et la mise en place d’activités communes sont au menu. »

Aussi: le communiqué émis par l’Université Laval.

Avenir, prospective… et les sciences et technologies

Une brillante idée du Conseil de la science et de la technologie:

« …104 personnalités québécoises de tous les horizons se sont réunies à Bromont, les 28 et 29 octobre dernier, pour énoncer une quarantaine de défis
socioéconomiques majeurs pour notre société d’ici vingt ans. Il s’agit d’une
première au Québec, notamment parce que la communauté scientifique sera
bientôt invitée à sélectionner, parmi ces défis, ceux auxquels elle pourra
apporter une contribution significative. […] « L’exercice est ambitieux, mais se révèle nécessaire pour appréhender la diversité et la complexité de notre futur ». » (communiqué complet)

Pour tout connaître de cet exercice… il faut cliquer ici.

Voilà qui devrait être répété de temps à autres… et à plusieurs échelles: quartier, ville, province, etc.

Questions: TIC et nouveau programme de français

J’ai reçu dans les derniers jours quelques questions d’une collaboratrice qui travaille avec l’équipe qui élabore le nouveau programme de français pour le secondaire.

Après quelques éléments de réponses (ci-bas) je lui ai proposé de soumettre ses questions à la carnetosphère pour poursuivre la réflexion de façon élargie. Elle a accepté… À vous!

Comment les élèves peuvent-ils être amenés, donc motivés, à utiliser les ressources propres à la révision de textes en contexte web?

Je pense qu’il n’y a que des « lectorats authentiques » qui peuvent amener cette motivation. Notre créativité pédagogique et notre ingéniosité médiatique doit être toute consacrée à la genèse d’espaces d’écriture qui rendent possibles pareils lectorats. Les moyens traditionnels n’y parviennent pas… il y a des pistes avec des outils comme les carnets Web… c’est là la source de mon intérêt pour cet univers (les fils xml-rss sont la clé de l’affaire si tu veux mon avis… il est *indispensable* de comprendre ça dès que possible pour *tous* les pédagogues… et je ne mets aucune nuance là-dessus).

Quels sont les contenus propres à la discipline français que les enseignants peuvent penser insérer dans leur enseignement pour aider les élèves à réviser, peaufiner leurs textes, les rendre plus efficaces avant de les mettre en ligne ou les envoyer par courriel?

grammaire du texte: notion de destinataires (lecteur patient ou impatient), structure (volume indéfinissable pour le lecteur), titres et intertitres, caractères, longueur des paragraphes, notion de page-écran, priorités de présentation des aspects, etc.

C’est la partie « facile » au sens où je pense que tout cela pourra être vu assez « techniquement » (comme on le fait aujourd’hui pour les concepts équivalents dans l’univers imprimé) à partir du moment où nous aurons des lecteurs significatifs à offrir aux élèves.

grammaire de la phrase: notion d’hyperlien, longueur des phrases, etc

Là il me faudrait des détails… je ne suis pas certain que les distinctions entre « l’écriture Web » et « l’écriture traditionnelle » sont si essentielles. Je serais porté à maintenir la distinction strictement en terme de destinataire et de contexte de lecture. Mais ça reste largement à réfléchir pour moi.

Attention de ne pas tomber dans le piège de faire un « melting pot » de toutes les formes d’écriture dans un univers numérique. Les règles d’une écriture efficace dans un courriel, dans les pages d’un média électronique, dans un carnet personnel, dans un forum de discussion, etc. me semblent bien différentes. Parfois plus différentes d’un de ces environnements à l’autre que du numérique à d’autres formes plus familières, dans le monde de l’imprimé. J’en fais l’hypothèse du moins. Dolores Tam serait ton ultime référence sur le sujet…

-lexique
-autres.

Ici aussi… une bonne discussion avec Dolores Tam s’impose (http://www.francopee.com/carnet/). Je pense que tu adoreras.

Aussi, le logiciel dont je te parlais. Particulièrement intéressant pour le changement de paradigme qu’il propose au regard du concept même de traitement de texte: http://carnets.ixmedia.com/osmoze/archives/002113.html

(Tu peux cliquer sur chacune des images pour avoir de courtes démonstrations des principales fonctions du logiciel. Et c’est « 100% made in Québec »)

Caisses scolaires et cité éducative

Un article de Claude Turcotte au sujet des caisses populaires scolaires me fait réaliser que cette institution est un bel exemple d’engagement corporatif dans la logique de la cité éducative. L’article, publié dans Le Devoir d’hier, est malheureusement réservé aux abonnés, néanmoins, en voici un extrait:

« D’une année à l’autre, de 130 000 à 140 000 jeunes âgés de six à douze ans font l’apprentissage de l’épargne dans des caisses scolaires. […] Au niveau secondaire, il y a une autre structure qui vise en plus un objectif de formation économique plus large, mais qui ne compte que 85 caisses étudiantes dont sont membres 7000 jeunes de 12 à 17 ans. […] Les caisses scolaires ne sont pas une idée récente puisqu’en 1789 il y en eu en Angleterre une caisse d’épartge pour les femmes et les enfants. […] Au Québec, Alphonse Desjardins fut le premier à parler en 1900 « d’un service spécial destiné à l’enfance ».

Georges Leroux et le rôle des intellectuels dans la société

Entrevue intéressante à Indicatif présent cette semaine avec Georges Leroux, professeur de philosophie à l’UQAM.

Le segment le plus intéressant, il me semble, est celui où M. Leroux aborde, à l’invitation de Marie-France Bazzo, le rôle et la place des intellectuels (des philosophes en particulier) dans la société québécoise. Intéressant, sauf que je n’ai pas été convaincu par le fait que l’affirmation selon laquelle « la question n’est pas celle du rôle des intellectuels, mais celui du rétrécissement de l’espace public ». On ne peut certes pas nier ce rétrécissement, mais on doit assurément le nuancer quand on constate que bien des artistes (pour ne nommer que ceux-là) réussissent à s’engager dans les débats publics bien plus efficacement que les intellectuels.

L’écoute de l’entrevue, stimulante, me ramène l’idée que je développais dans ce texte il y a quelques mois: le rôle des intellectuels est celui d’experts, bien sûr (comme le mentionne d’ailleurs Georges Leroux) mais aussi (surtout?) celui de PROPOSER. Et c’est là que leur absence de l’espace public est le plus condamnable à mon avis.

Sans compter que dénoncer le rétrécissement de l’espace public sans s’engager activement dans l’exploration de ce que les nouvelles technologies peuvent offrir comme moyens pour contrer cette tendance (en particulier les carnets web) me semble pour le moins étonnant comme attitude. Facilité?

S’ils vivaient aujourd’hui, Sarte, Nietzsche, Habermas et Platon n’auraient-ils pas occupé le nouvel espace ouvert par les carnets Web? Je le pense.

Exit la malbouffe… ici on apprend!

Voilà qui devrait intéresser François Guité… ainsi que plusieurs autres éducateurs québécois:

Des choix alimentaires sains dans les écoles pour des élèves en santé

« Le gouvernement McGuinty fait des écoles des endroits plus sains et propices à l’apprentissage pour les élèves, en demandant aux conseils scolaires de retirer la malbouffe des distributeurs automatiques installés dans les écoles élémentaires, a affirmé aujourd’hui Gerard Kennedy, ministre de l’Éducation. »