Quand une fin ramène à l’optimisme

La lecture de la dernière édition imprimée du Soleil, et les nombreux documents d’archives qu’elle nous fait découvrir m’ont donné envie de fouiller aussi dans les archives de mon blogue.

Et comme souvent, ça a donné lieu à un fascinant enchaînement de découvertes et de réflexions.

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J’ai commencé par relire ce texte publié sur mon blogue il y a vingt ans dans lequel, coïncidence, je me réjouissais justement d’un éditorial du Soleil !

Comme je n’en citais que quelques extraits, je me suis tourné vers BAnQ pour le lire en entier. C’est dans l’édition du 31 décembre 2003 (à la page 15).

Un peu plus bas dans la même page, on peut lire le texte d’une étudiante de 20 ans qui partageait son angoisse devant l’avenir.

Cette angoisse exprimée en 2003 m’a semblé devoir être mise en perspective avec l’éco-anxiété dont on parle aujourd’hui fréquemment, particulièrement chez les jeunes.

Je suis de ceux qui pensent qu’il n’est pas utile (pire: qu’il est nuisible) de nourrir l’anxiété devant l’avenir. Ça a un effet démobilisateur. Je crois qu’il est préférable de nourrir l’espoir, de montrer que nos actions sont efficaces, qu’il est possible de changer les choses et qu’on pourra atténuer les effets néfastes des changements climatiques, notamment.

Ça m’a fait penser que j’avais vu quelque part sur les médias sociaux, hier, un extrait d’une entrevue de fin d’année avec Steven Guilbeault, dans laquelle il abordait justement cette question. J’ai eu envie d’écouter l’entrevue en entier. Elle est ici.

Le ministre évoque dans cette entrevue les conclusions de la COP 28, qui réitèrent le besoin pour tous les pays d’atteindre la carboneutralité, d’ici 2050. On peut se demander s’il reste assez de temps pour trouver les façons d’y arriver?

À quel point c’est loin 2050?, me suis-je demandé. Calcul rapide: c’est dans 26 ans. De quoi avait l’air le monde il y a 26 ans?

Retour aux archives du Soleil, sur le site de BAnQ.

Comble de la coïncidence: à la une de l’édition du 3 janvier 1998, un article sur les femmes en politique a pour titre: « La parité des sexes: pas avant 2050 ». Il est signé par Julie Lemieux.

J’ai souri en pensant que le conseil municipal de Québec est actuellement composé de 12 femmes et 10 hommes.

Comme quoi certaines choses changent parfois plus rapidement que prévu.

Parmi les autres constats de mon survol de quelques éditions du Soleil publié en 1998? On parlait d’Internet, mais Google n’existait pas (vérification faite: la première référence est le 11 avril 1999, en page 5). Alors pas besoin de dire que tout ce qui a suivi: réseaux sociaux, téléphones intelligents, tablettes, etc. Niet.

Et comme tout est dans tout, c’est grâce à Google que j’ai pu savoir qu’en 1998, Steven Guilbeault, venait tout juste d’être nommé… responsable du dossier des changements climatiques pour Greenpeace. La boucle était bouclée.

Il y a autant de temps qui nous sépare de ce moment, qu’il nous en reste à vivre d’ici 2050. C’est dire…

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Cette déambulation dans les archives m’a rappelé à quel point le temps est une chose particulière.

On peut survoler le Soleil de 1998 sans grand dépaysement (quand on a 50 ans, du moins), parce que certaines choses ne changent pas, ou si peu, en 26 ans. D’autres choses changent profondément, à un niveau qu’on n’aurait même pas pu imaginer — le développement d’Internet, par exemple, qui aura même fini par faire disparaître l’édition imprimée du Soleil.

Il reste 26 ans d’ici 2050… De la même façon, certaines choses qui nous sont familières ne changeront probablement pas beaucoup d’ici là. D’autres sauront nous surprendrons complètement. Lesquelles? Probablement celles auxquelles nous aurons choisi, comme société, de consacrer notre attention et nos efforts.

Je suis convaincu que si nous faisons les bons choix, il y a tout lieu d’être optimiste. C’est toute l’importance de la politique, d’ailleurs.

Nous allons arriver à trouver des façons pour que la Terre reste un endroit où il fait bon vivre pour les êtres humains — et qui sait, peut-être même encore mieux qu’aujourd’hui, parce qu’il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas facile pour tout le monde actuellement…

Aujourd’hui, c’est la fin de l’édition imprimée du Soleil, mais ce n’est pas la fin du monde.

2023 en une image

Depuis quelques jours j’explore BlueSky, une application qui ambitionne de renouer avec la magie du Twitter original — avant que l’influence accordée aux algorithmes dans la circulation de l’information (et l’arrivée de Elon Musk) ne fasse tout déraper. Pour le moment, j’aime bien — à suivre…

Question de pouvoir bien expérimenter, il faut évidemment partager. J’ai donc dans les derniers jours fait quelques tests. Parmi ces tests, quelques partages de lectures. Facilité — j’ai étiré le bras sur la table à côté du divan où je m’installe généralement pour écrire et j’ai tiré un livre de la pile. Photo de la couverture, court extrait, référence. Tiens, Éloge de la parole, par exemple.

En voulant faire la même chose hier, j’ai mis la main sur D’images et d’eau fraîche, de Mona Chollet, où j’ai trouvé en page 3, d’une écriture manuscrite: reçu de Ana, Noël 2022.

— Tiens, il me semble eu j’avais écrit un texte sur mon blogue au sujet de ce livre l’an dernier.

Eh bien oui, le voici.

Ça m’a rappelé que ce texte avait même donné lieu à une série de textes complémentaire au sujet des images qui étaient restées dans mon iPhone au cours des mois précédents.

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Ça m’a donné le goût de faire un tour des photos qui se sont ajoutées à la collection en 2023 — pour voir l’impression qu’elles me laissent, avec le recul que m’offre le 29 décembre.

De 5556 photos de toutes sortes, j’ai retenu 25 photos dont j’ai fait une mosaïque qui constitue quelque chose comme un résumé de l’année de mes 50 ans.

De ces 25 photos, je n’en publierai qu’une ici — parce qu’elle résume bien l’état d’esprit avec lequel je termine cette année… qui aura été mémorable de tellement de façons.

Collages

Je réalise que je n’ai jamais regroupé mes collages ici pour en garder la trace. Ils ont été mis sur Instagram il y a quelques années, mais ce n’est pas la meilleure façon de les archiver de façon pérenne.

Alors en complément de celui de ce matin, voici les photos que j’ai pu rapidement retracer (cliquer pour agrandir).

Ils sont loin d’être tous aussi réussis, mais qu’importe!

Mise à jour du 10 janvier 2025 — une création de 2020 qui remonte à la surface… toujours d’actualité:

Mise à jour du 18 janvier 2025 — quelques créations plus récentes:

Bricolage

Un des grands plaisirs du temps des Fêtes c’est l’existence de moments libres, absolument pas planifiés. Les journées où il n’y pas d’heure.

Ce matin, j’ai survolé les notes quotidiennes que j’ai prises au cours de l’année — dans le but de faire un premier bilan personnel de 2023. J’ai aussi survolé les notes prises à la même période au cours des années précédentes.

Ça m’a rappelé le plaisir que j’ai à faire des collages. Mon activité des dernières années: prendre un exemplaire de magazine (le plus souvent le New Yorker) et faire un collage à partir des images que je trouve à l’intérieur. Et seulement ces images. Un exemplaire, un collage.

Et comme y’a pas d’heure aujourd’hui, je me suis dit pourquoi pas?

Alors hop! Colle, ciseaux, le New Yorker du 4 octobre 2021 trouvé au bas de la bibliothèque… et 45 minutes de méditation créative plus tard, voilà!

Quel titre donner à cette petite œuvre?

Après un instant de réflexion, ça s’est imposé à moi…

La conscience de l’occasion.

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Un complément tout indiqué à mon texte d’hier, évidemment.

De quoi ce moment est-il l’occasion?

À la recherche d’un fil conducteur pour mon année 2024 (au lieu d’une simple résolution — merci Ana pour la suggestion!), j’ai lu aujourd’hui Avoir le temps, essai de chronosophie, de Pascal Chabot (présentation vidéo ici).

L’auteur fait dans ce livre un survol de quatre grands rapports au temps: le Destin, le Progrès, l’Hypertemps et le Délai — avant d’en proposer une cinquième, qu’il propose comme une forme de synthèse: l’Occasion.

Le Destin nous place dans un rapport de fatalité essentiellement déterminé par le passé.
Le Progrès nous place dans un rapport ouvert avec le futur en faisant une plus grande place à liberté.
L’Hypertemps se manifeste comme une présentification de l’histoire marquée par l’omniprésence du temps à travers les écrans, les horaires et le phénomène du crédit (en mobilisant aujourd’hui les ressources du futur).
Et le Délai, dont l’essence est d’analyser sous l’angle « du temps qui reste », à la manière d’un un compte à rebours qui nous approche d’une fatalité.

Ce quatrième rapport au temps, de plus en plus présent dans l’inconscient collectif, notamment dans le contexte des changements climatiques, pose particulièrement problème à Pascal Chabot:

« La récente prise de conscience du Délai fait naître des sentiments inédits. (…) J’aimerais par exemple nommer afuturalgie la douleur de se sentir privé de futur. Le Délai (…) a un retentissement émotionnel et affectif profond, qui peut s’accompagner d’angoisse ou de découragement. (…)

« Quel retournement curieux, que de voir des adolescents qui n’ont même pas eu le temps d’éprouver quelque nostalgie, faire déjà profession de foi afuturalgique! Avoir le sentiment de n’avoir pas de futur quand on n’a pourtant que cela, voilà la grande perversité de l’époque, qui doit nous rendre très prudents et même sceptiques dans la manière d’user de cette catégorie.

« Le plus élémentaire des devoirs envers la jeunesse est de ne pas lui livrer un manque d’avenir, ni concrètement – ce qui signifie qu’il faut agir –, ni intellectuellement, ce qui nous oblige à déboucher l’horizon, à investiguer pour savoir si d’autres schèmes temporels peuvent naître, car le Délai ne peut être le dernier mot.

« La responsabilité morale des intellectuels est ici engagée. Il y a comme un crime contre la jeunesse que de lui répéter qu’elle est la génération des tard-venus, des héritiers du monde de l’abondance qui n’en profiteront pas, ou encore des avant-derniers. »

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Pascal Chabot rappelle d’ailleurs tout au long du livre, de diverses façons que « des rapports divers à la liberté, à l’égalité et à la qualité sont en jeu derrière [ces différents rapports au temps], et [qu’il] est important de savoir choisir et favoriser. »

Dans le dernier chapitre, il porte notre attention sur le fait que le Destin, l’Hypertemps et le Délai sont en fait trois images de la fatalité, à la différence du Progrès, qui n’y participe pas. Et tout en reconnaissant que le Progrès n’est pas non plus une panacée, « ayant été la matrice d’une lecture triomphale de l’Histoire dont on a souligné la violence », il plaide « qu’il est essentiel de souligner que les qualités humanistes qu’il porte sont précieuses et doivent être cultivées. »

La question, « cruciale pour qui n’accepte pas la fatalité », devient alors de trouver « Comment réactiver le Progrès en le réorientant ? Comment sauver le Progrès de ses errements sans le sacrifier sur l’autel des culpabilités passées ? ». Ou, dit autrement « comment faire progresser notre conception du progrès ? »

Et c’est là qu’intervient à son avis le rôle de la philosophie — de la chronosophie — dont le mode de pensée doit être l’Occasion:

« L’Occasion est le moment opportun, que les Grecs appelaient kaïros. Ils avaient compris que si l’Occasion est un schème temporel, car rien ne concerne autant la chronosophie que de savoir comment agir et à quel moment, elle n’est en rien comparable au passé, au présent ou au futur. L’Occasion est comme une sortie du temps. C’est pour cela qu’elle est le temps philosophique par excellence : elle suppose le surplomb que la philosophie peut lui donner. (…)

« L’Occasion, c’est le temps philosophique de la résolution. La prise de conscience d’une fenêtre d’opportunité, qui signifie qu’il faut agir. »

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La lecture de Avoir le temps m’a donné envie de prendre un engagement envers moi-même.

Celui de me demander, aussi souvent que possible, de quoi le moment présent pourrait être l’occasion? — comme une façon d’éviter que le rythme du quotidien détermine à lui seul mon emploi du temps.

Conclusion de tout ça: le fil conducteur de mon année 2024 sera le désir de cultiver une conscience de l’Occasion.

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Photo: un ex-libris fabriqué pour moi par Capucine Baz-Laberge

D’une chose à l’autre

Bon, ben… je n’aurai pas complété mon défi d’écriture sous forme de calendrier de l’Avent. Force est de constater qu’il me manquait de disponibilité d’esprit. Partie remise…

J’ai reçu pour Noël un livre qui est le fruit d’un autre beau défi d’écriture qui ne se prend pas trop au sérieux: Ma vie en t-shirts, de Haruki Murakami.

Au fil des pages, l’auteur décrit sous forme de chroniques les t-shirts qui composent sa collection: leur histoire, d’où ils viennent, pourquoi il les a achetés, s’il les porte ou non (et pourquoi), etc.

Un passage a particulièrement piqué ma curiosité:

« Lequel de mes T-shirts a le plus de prix pour moi ? Je crois que c’est le jaune, celui qui porte l’inscription « Tony Takitani ». Je l’ai déniché sur l’île Maui, dans une boutique de vêtements d’occasion, et je l’ai payé un dollar. Après quoi j’ai laissé vagabonder mon imagination: quel genre d’homme peut bien être ce Tony Takitani ? J’ai écrit une nouvelle dont il était le protagoniste, nouvelle qui a ensuite été adaptée en film. Tout cela pour un dollar ! »

Je suis donc parti à la recherche de cette nouvelle, que j’ai trouvée sur le site du New Yorker. Elle a été publiée en 2002 et a simplement pour titre Tony Takitani.

C’est l’histoire d’un homme qui tombe en amour avec une jeune femme qui affectionne les vêtements de luxe de façon obsessive. Jusqu’à ce que… non, je ne vous le dirai pas… surtout qu’au moment où on pense que c’est la fin, eh bien non… un grand malaise vient s’ajouter.

C’est une histoire intrigante… que je trouve encore plus fascinante en sachant qu’elle trouve son origine dans un simple t-shirt jaune dont l’inscription avait particulièrement piqué la curiosité de Murakami.

« …plus tard, j’ai entendu dire qu’il s’agissait d’un T-shirt en rapport avec des élections. House désignait la Chambre des représentants (House of Representatives), et le « D» indiquait qu’il s’agissait des démocrates. Tony Takitani était l’un des candidats du Parti démocrate. Un jour, après la publication de ma nouvelle et sa traduction en anglais, j’ai reçu une lettre d’un homme qui me disait qu’il était Tony Takitani. Il ajoutait qu’il n’avait pas été élu mais qu’entre-temps, il était devenu avocat; il connaissait de beaux succès. »

Je me demande quel genre d’histoire un auteur pourrait inventer s’il trouvait un t-shirt avec mon nom écrit dessus.

Fables

En me levant ce matin, j’ai trouvé le lutin couché entre les pages du recueil des Fables de Lafontaine.

Il était installé à la page 246, où j’ai découvert une fable que je ne connaissais pas: Le chat, la belette et le petit lapin. C’est une histoire dans laquelle un chat est choisi pour résoudre un différend entre une belette et un lapin… et qui en profite pour les croquer l’un et l’autre!

Je pense que c’est ma fille qui m’a joué un tour pour s’inviter comme co-autrice dans la série de textes de mon calendrier de l’Avent.

Pourquoi elle l’aurait placé dans les Fables de Lafontaine? Je pense que c’est parce qu’en chiffonnant des feuilles de journal pour allumer le foyer hier soir, avec elle, j’ai mis de côté une page du Devoir qui présentait un texte invitant à relire l’œuvre du fabuliste.

Après m’être coulé un café, j’ai donc repris la page du journal pour lire l’article. Un passage a piqué ma curiosité:

« Les fables apparaissent à plusieurs comme de véritables boussoles sociales (…) En 2015, [un étudiant] en sciences politiques de l’UQAM a signé un mémoire de maîtrise intitulé État de nature et avènement de l’état civil dans l’œuvre de Jean de La Fontaine. »

Ça m’a donné envie de parcourir ce mémoire, que j’ai pu trouver facilement sur le site de l’UQAM. Une belle lecture de dimanche matin.

J’ai évidemment trouvé dans le mémoire des références à une fable très importante dans mon éducation familiale, Le Loup et le chien, mais j’ai aussi pu y trouver une analyse de Le chat, la belette et le petit lapin.

« [cette fable démontre] que le recours aux tribunaux peut être très coûteux et que, même, les plaideurs se mettent en danger à vouloir laisser un tiers trancher leurs litiges : le juge peut trancher en défaveur des deux parties. »

La magie de Noël m’a donné envie d’inventer une histoire dans laquelle cet étudiant est devenu conseiller politique pour le Premier ministre et qu’il s’occupe de dossiers qui pourraient nous amener à nous rencontrer… mais j’ai trouvé que ça aurait l’air beaucoup trop improbable.

N’est-ce pas?

À moins que…

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Ce texte fait partie de mon Calendrier de l’Avent 2023

On y est presque

J’ai reçu un nouveau message de l’ami anonyme jeudi. Un message plein de bienveillance.

Ça m’a fait réfléchir. Pas encore assez dans l’esprit de Noël… ok, ok… Alors j’ai décidé de prendre les grands moyens, et j’ai fait appel à Vince Guaraldi et Charlie Brown. Play. Ça ne peut pas nuire.

Je me suis pris un café, j’y ai ajouté un peu de Sortilège, et j’ai pris le temps de lire le nouveau Astérix, l’Iris blanc, avec les textes de Fabcaro. J’ai adoré. Ironique à souhait, plein de sourires.

C’est en relevant les yeux après avoir tourné la dernière page que j’ai vu le lutin agrippé au télescope… alors qu’on n’a pas encore sorti les décorations de Noël! Comment a-t-il pu?

Je me suis penché pour voir ce qu’il m’invitait à regarder.

Les premières glaces sur le fleuve. Quelques oiseaux pas frileux. Et un porte-conteneur dont la coque rouge tranche avec le beau blanc de la rive de Charlevoix.

Tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas pris le temps de chercher un peu d’information sur les bateaux qui passent.

Hop, petit tour sur MarineTraffic, quelques mouvement de doigts, et… surprise!

Je n’en croyais pas mes yeux.

C’était Christmas II, parti d’un port inconnu, en direction de Québec, où il doit arriver aujourd’hui.

Comme quoi, tout vient à point à qui sait attendre…

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Ce texte fait partie de mon Calendrier de l’Avent 2023

La mitaine

En arrivant à l’Hôtel de Ville ce matin, j’ai vu une mitaine (perdue par un enfant?) qui avait été placée sur une tige de signalisation.

Et comme la scène me rappelait une autre photo prise il y a quelques années, j’ai sorti mon iPhone pour en faire une nouvelle photo.

Je me suis ensuite mis à la recherche d’une photo pour servir de support au texte d’aujourd’hui… en gardant toujours un lien avec celle qui accompagnait le texte d’hier

Mais malgré tous mes efforts, je n’ai vraiment rien trouvé de très inspirant…

Je me trouvais bon à rien ce soir… aucune d’inspiration… probablement sous l’effet de la fatigue.

C’est à ce moment que je me suis dit:

Franchement… plutôt que d’aller à l’Hôtel de Ville demain, je devrais peut-être aller au chalet…

Après un instant, je me suis entendu dire:

Hôtel de Ville… Chalet…

Et c’est alors que:

Chalet…

Ma foi… ça sonne comme…

Mais oui… voilà ce que je cherchais!

Et c’est à ce moment que, plutôt que de continuer à chercher une véritable photo… j’ai décidé d’en composer une nouvelle, à la manière d’un collage numérique pour lui donner une allure de rébus. Sans oublier d’y intégrer une pinte de lait semblable à celle qui était présente dans la photo de ce matin.

Et voilà:

(De) main, (j’irai au) chat lait.

Bon, Ok, Ok… je vous le concède: il est clairement temps que j’aille me coucher.

Panne de magie de Noël ce soir…

À demain!

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Ce texte fait partie de mon Calendrier de l’Avent 2023

L’esprit des lutins

Ce devrait être le texte du 5 décembre… mais je l’écris le matin du 6 décembre. Je suis en mode rattrapage.

J’ai bien essayé de rédiger mon texte hier soir — mais malgré tous mes efforts… l’inspiration manquait. Ou est-ce l’énergie?

Quoi qu’il en soit, j’ai opté pour me coucher sans m’obstiner.

Et ce matin, flash… je pense que c’est l’énergie des lutins de Noël qui s’est emparé de moi.

Au moment de disposer de la boîte de céréales vide… ses dimensions ont attiré mon attention: celles d’un paquet de cartes. J’avais mon idée

J’ai sorti les ciseaux pendant que le café coulait.

J’ai bricolé un peu avant de mettre le lait dans le bol.

Et hop: l’As des Mini Wheat!

Il ne reste qu’à confectionner les 51 autres cartes.

Mais je me donne le temps d’y repenser…

Cela dit… pour que je prenne le temps de bricoler au déjeuner… c’est clairement l’effet de la magie de Noël qui se fait sentir!

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Ce texte fait partie de mon Calendrier de l’Avent 2023

Maladresse

Ouf — quelle journée. Rien ne s’est déroulé comme prévu… et ça n’a généralement pas été pour le mieux!

Alors pas besoin de dire que je suis arrivé à la maison crevé, et avec évidemment encore une foule de choses à faire: suivis, courriels, téléphones… sans compter le texte de mon calendrier de l’Avent.

Je savais qu’il y aurait des jours où ce serait plus difficile, fatigué, sans trop d’inspiration. Comme ce soir.

Et pour ça non plus, ça ne s’est pas déroulé comme prévu!

Après avoir mangé une petite bouchée, je me suis assis devant la photo qui accompagnait le texte d’hier dans le but d’y trouver ce qui pourrait me servir de trait d’union vers une nouvelle image.

L’image de Léonard de Vinci? La tasse de café? Les crayons? Rien ne m’inspirait. Et j’avais beau me promener dans les photos qui se trouvent dans mon iPad et dans mon iPhone à la recherche d’une image à réutiliser… rien n’y faisait.

Toujours à la recherche de l’inspiration, mon attention s’est portée sur les enveloppes au bas de la photo.

Ça m’a fait penser que je devais sortir des timbres pour pouvoir mettre les cartes de souhaits que j’ai préparées hier après-midi à la poste.

Je me suis donc dirigé vers la pièce où j’ai travaillé, de la maison, jusqu’en novembre 2021. J’ai pris dans la bibliothèque la boîte où sont rangés les timbres… et au moment d’ouvrir la boîte… elle m’a glissé des mains et le contenu s’est répandu sur le sol.

Et là — surprise! Pas de timbres… mais plutôt un vrai fouillis! Et dans ce fouillis, une lettre inscrite sur une carte m’a sauté aux yeux! Le A sur l’As de pique! Comme celui sur la petite linogravure sur la photo d’hier!

L’image que je cherchais pour le texte d’aujourd’hui venait de se composer à mes pieds.

Je suis resté un moment à contempler le désordre.

Le fond d’un tube de crème pour les pieds;
Un petit cœur en verre rouge;
Le schtroumpf noctambule;
Une licorne;
Un écrou;
Un bout de ficelle;
Quelques pièces de monnaie;
Un paquet d’allumettes d’expo67;
Un stylo aux couleurs des Nordiques…
Des Jacks, des Queens…. mais, non… aucun Kings!

Et plus incroyable encore… la maniboule refaisait surface à nouveau!

La maniboule, c’est un objet fabriqué par ma mère (il y a une quarantaine d’années), qui a le mystérieux pouvoir de réapparaître de temps à autre, sans trop qu’on sache comment ni pourquoi. Je suis certain que même si on voulait la perdre, on n’y arriverait pas.

Mais comment donc ces objets ont pu se retrouver dans cette boîte, où il devait pourtant n’y avoir que des timbres?

Quelles sont les chances qu’un paquet d’allumettes d’expo67 se trouve à partager l’espace avec un vieux tube de crème pour les pieds (qui devrait être à la poubelle depuis longtemps!), un paquet de cartes aux couleurs de Mondrian… et la maniboule?

Je me suis dit que l’Univers tentait forcément de m’envoyer un message. Une invitation à dormir plus? À rêver plus? À aimer plus? À écrire plus? À jouer plus?

Qui sait si ma maladresse n’a pas été provoquée (par qui? par quoi?) pour me plonger dans ces réflexions? Un acte manqué?

Certains lisent dans les feuilles de thé, d’autres dans le marc de café, ou dans les lignes de la main — pourquoi pas dans le contenu d’une boîte renversée?

Et c’est là que j’ai remarqué, dans l’ombre de la boîte, le jonc d’argent que je croyais perdu depuis longtemps.

Je l’ai glissé à mon doigt.

Il a retrouvé sa place, comme par magie.

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Ce texte fait partie de mon Calendrier de l’Avent 2023

Cartes de souhaits

Depuis quelques étés, je consacre un après-midi à récolter les différentes fleurs qui poussent sur le terrain. Je le fais généralement au début du mois de juillet, pour pouvoir comparer un peu, d’une année à l’autre, la variété et l’avancement de la floraison.

Je place les fleurs entre les pages d’une vieille encyclopédie Grolier pour les laisser sécher plusieurs mois. La conception de cet herbier annuel est aussi une activité qui me relie à l’œuvre du Frère Marie-Victorin, aux plans scientifique et politique.

Ce matin, je me suis assis à ma table de travail avec l’intention d’utiliser certaines de ces fleurs pour confectionner des cartes de Noël. J’ai pris dans la bibliothèque le tome de l’encyclopédie dans laquelle j’avais placé la récolte 2021 et j’ai tourné les pages: aster, fraisier, roses sauvages, marguerites, vergerettes, vesce jargeau — bien conservées, prêtes à être utilisées pour une correspondance. Je récolte évidemment toujours au moins deux exemplaires de chaque plante pour pouvoir en conserver au moins un exemplaire.

En sortant mon matériel, j’ai eu une première surprise: une belle petite linogravure avait été placée sur la boîte de crayon. Je ne la reconnaissais pas… au verso, une date était inscrite, qui correspond au passage de deux amies, dont les initiales sont présentes dans l’impression. Il n’était pas encore 8h et la magie était déjà présente dans la pièce.

Pendant le survol de la récolte, une page m’a particulièrement frappé. La disposition du trèfle des champs séché m’a rappelé la couverture de Les villes de papier, de Dominique Fortier. Un merveilleux petit livre en hommage à Emily Dickinson.

Mais la véritable surprise ne s’est manifestée que quelques instants plus tard… quand j’ai réalisé qu’au bas de cette page de l’encyclopédie, il y avait la définition du mot violette… qui me permettait de faire le lien avec la photo d’hier. Magie, magie!

C’est quasiment comme si le calendrier de l’Avent existait déjà et qu’il guidait mon attention pour que je puisse vous la raconter…

Ça ne fait que trois jours que c’est commencé et c’est déjà une étonnante aventure… ça promet!

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Ce texte fait partie de mon Calendrier de l’Avent 2023

De précieuses bouteilles

J’ai toujours été fasciné par les bouteilles. Surtout celles dans lesquelles on distille les projets et les rêves.

Il y en avait une sur la photo d’hier d’ailleurs. L’aviez-vous remarquée? Elle était sur la petite table derrière le divan. Une belle petite bouteille d’un vert moiré, avec un petit bouchon formé par une goutte de verre translucide.

Presque tous nos visiteurs soulèvent le bouchon pour savoir ce que contient la bouteille. La plupart la referment aussitôt, concluant qu’elle est vide et qu’elle ne sert à rien. Et pourtant! Ils ne se doutent pas qu’ils viennent même de la remplir un peu plus.

Parce que cette bouteille conserve le souvenir de toutes les personnes qui sont passées chez nous.

Il m’arrive parfois de la placer sur la table et de l’ouvrir quelques minutes pour laisser s’échapper quelques souvenirs. Le silence dans la pièce est alors plus riche, plus dense. La mémoire s’active, les émotions et les sensations refont surface.

J’ai déjà écrit au sujet d’une autre petite bouteille colorée qui me sert à remuer les idées qui ont du mal à prendre forme. Ça leur permet de prendre plus rapidement leur envol.

À cette période de l’année, on peut même dire que les idées qui en ressortent sont teintées des couleurs de Noël.

Cette bouteille sera la vedette de la photo d’aujourd’hui:

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Si vous n’avez pas de bouteille qui ne sert à rien dans votre environnement, je vous suggère fortement d’ajouter ça à votre liste de suggestions.

C’est vraiment le plus beau des cadeaux!

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En tant qu’êtres humains vivant en société, on préfère croire que le temps est organisé et logique. Mais notre cerveau fonctionne d’abord par analogie. L’émotion et les sensations vont faire surgir un souvenir, sans que le temps soit précis. (…)

Si on doit absolument accoler une étiquette à mon travail, je préférerais les notions de slipstream [qui] renvoie à une forme de fiction spéculative qui s’éloigne des paramètres habituels de la narration et des genres, afin de mettre le lecteur dans une situation d’étrangisation par rapport au réel.

— Louis-Karl Picard-Sioui, dans XYZ, la revue de la nouvelle, numéro 156, Hiver 2024

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Ce texte fait partie de mon Calendrier de l’Avent 2023

La magie de Noël

Je triche un peu en publiant ce texte daté du 1er décembre… parce que je l’écris le matin du 2 décembre… mais puisque l’ami m’accordait un petit délai de grâce pour amorcer le défi, je le fais sans trop de gêne. Je tenais quand même à le dire, pour ne pas me faire reprocher de jouer avec les chiffres.

Pour moi, le plaisir d’un exercice d’écriture, c’est qu’il soit rédigé avec spontanéité, en se laissant guider par le récit qui s’invente à mesure qu’il s’écrit.

Pour que ça marche, il faut trouver un point de départ — une idée, une contrainte, qui va guider l’évolution de l’histoire. Il faut aussi que ça reste assez simple… surtout s’il faut écrire tous les jours, comme ici, sous la forme de calendrier de l’Avent. Parce que trouver du temps pour écrire de la fiction, dans des journées surchargées… ce n’est vraiment pas évident.

Le projet est encore plus amusant si la construction du récit devient l’occasion de porter un autre regard sur le quotidien, à la recherche de la magie qui reste autrement enfouie dans la routine.

Tout ça pour dire que la nuit de jeudi à vendredi a bel et bien porté conseil et j’ai trouvé ce qui sera le fil conducteur pour cette fois.

Les textes vont s’inspirer chaque jour d’une photo, avec comme contrainte qu’il y ait un élément commun pour passer d’une photo à l’autre.

Et comme il faut bien commencer quelque part, je m’impose comme première photo celle que je peux prendre devant moi à l’instant où j’écris.

Qu’est-ce qui sera le trait d’union vers la photo de demain? Le chat? Mes orteils? La photo accrochée au mur? La revue posée sur le divan? Le télescope? La vue du fleuve? Le mur de lambris?

Et comment ça pourra nous guider vers Noël?

Mystère.

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Ce texte fait partie de mon Calendrier de l’Avent 2023

Défi accepté!

Juste au moment où je me préparais à fermer les dossiers pour aller me coucher, j’ai reçu un courriel inattendu:

Cet ami anonyme (je finirai bien par découvrir de qui il s’agit!) fait référence à un exercice d’écriture que j’avais fait en 2020 (en pleine pandémie): Mon théâtre matinal.

Tous les jours j’allais prendre une marche d’une trentaine de minutes, et je rédigeais au retour de courts récits, qui ont fini par composer toute une histoire. J’avais eu vraiment beaucoup de plaisir à le faire… et je sais que plusieurs lecteurs en avaient eu aussi.

Alors comment refuser le défi qui m’est lancé? Bien sûr que j’accepte!

Je fais confiance à la nuit pour me suggérer un bon point de départ.

À demain donc!

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Mise à jour — au fil du mois de décembre

Les textes de la série:

1er décembre — La magie de Noël

2 décembre — De précieuses bouteilles

3 décembre — Cartes de souhaits

4 décembre — Maladresse

5 décembre — L’esprit des lutins

6 décembre — La mitaine

9 décembre — On y est presque

10 décembre — Fables