Surprises dans le rétroviseur

Relecture ce soir de larges extraits du rapport commandé à Edgar Faure par l’UNESCO au début des années 70. Le document, intitulé Apprendre à être, est rapidement devenu « un classique ». Il s’agit vraiment d’un ouvrage exceptionnel.

La copie que je possède appartenait à mon père. Sa belle signature orne la page de garde. Il a probablement lu ça au moment de ma naissance ou pas longtemps après puisque l’ouvrage a été publié en 1972 et que je suis né en 1973. Faudra que je lui pose la question.

Je savais déjà qu’on trouvait dans ce rapport une section intitulée « Vers une cité éducative ». J’ai même utilisé à plusieurs reprises dans les derniers mois le très court extrait suivant pour faire valoir mon projet de faire de Québec, justement, une cité éducative:

« La ville, surtout lorsqu’elle sait rester à la taille de l’homme, contient, avec ses centres de production, ses structures sociales et administratives, ses réseaux culturels, un immense potentiel éducatif, non seulement par l’intensité des échanges de connaissances qui s’y opèrent, mais aussi par l’école de civisme et de solidarité qu’elle constitue. » (p. 185 de la version française)

Je dois dire que, malgré cela, je m’émerveille de ce que m’a fait découvrir ma lecture de ce soir! En particulier:

1. Des réflexions sur « le projet éducatif » vraiment contemporaines, qui peuvent pratiquement être transposées 30 ans plus tard. Un exemple. On peut vraiment dire que toutes les bases de la réforme de l’éducation en cours au Québec aujourd’hui sont dans cet ouvrage.

2. Des propositions sur l’innovation en éducation qui appellent presque inévitablement l’utilisation de technologies inexistantes à l’époque… mais dont nous disposons aujourd’hui! Un exemple. (Je sens qu’il faudra que je précise ma pensée là-dessus!)

3. Une vision du changement qui correspond bien à celle que j’ai appris à me forger dans les dernières années et m’inspire particulièrement au moment d’écrire le livre qui me trotte dans la tête depuis tant d’années. Un exemple.

4. Aussi, une très sage invitation à ne pas se battre pour la cité éducative, mais d’en faire « un combat politique […] un appel à l’effort, à l’imagination, à l’audace conceptuel et pratique». Un extrait.

Note: comme j’ai trouvé une version anglaise numérisée du document (format pdf: 2 Mo environ) sur le site de l’UNESCO, certains extraits pourront y avoir été copiés-collés pour une raison de rapidité évidente.

Il est par ailleurs intéressant de noter que l’expression « cité éducative », choisie en français (langue maternelle de l’auteur principal du rapport) a pris la forme « learning society » en anglais.

Je dois dire que ça fait quand même un peu étrange de retrouver les sources évidentes du projet auquel on travaille activement depuis des années dans un ouvrage que lisait nos parents au moment de notre naissance…

Faut croire que l’éducation que j’ai reçue au fil des ans était au diapason des propositions de l’équipe d’Edgar Faure et que si je me reconnais dans ce texte et que j’oeuvre indéniablement à en concrétiser la vision (en bonne partie sans le savoir, jusqu’à ce soir!) c’est que j’ai vraiment appris à être de cette façon.

Faudra que je remercie (encore une fois) mes parents pour avoir été de si efficaces passeurs. Il ne me reste plus qu’à jouer humblement mon propre rôle dans cette grande chaîne de l’innovation pédagogique.

En ce début d’année 2005, je suis plus convaincu que jamais que c’est en tissant les liens entre certaines « nouvelles technologies » et l’idée de « cité éducative » que j’y parviendrai.

Un « musée de sciences » à Québec d’ici trois à cinq ans?

J’ai accepté récemment de me joindre au conseil d’administration de la Boîte à science parce que je me suis toujours passionné pour les sciences, mais aussi parce que je pense que le projet de doter Québec d’un centre d’exploration scientifique et technologique est important dans la perspective d’une cité éducative.

Le site Web de l’organisme donne accès à un document de présentation (format pdf) qui présente les grandes lignes du projet.

La valeur du transport en commun

Réflexion très intéressante de François ce matin sur les transports en commun. Son texte est basé sur une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain intitulée Le transport en commun : un puissant moteur du développement économique de la région métropolitaine:

«… le rapport de plus de 30 pages révèle que  » Les dépenses relatives au transport en commun génèrent des retombées économiques deux fois plus importantes que les dépenses privées consacrées à l’automobile, en plus de produire 70 % plus d’emplois au Québec et deux fois et demie plus de valeur ajoutée pour chaque dollar dépensé.»

Les chiffres ne sont évidemment pas nécessairement transférables tels quels pour Québec, mais c’est néanmoins un rapport qui me plaît beaucoup, parce qu’il se consacre d’abord à décrire l’importance (et la valeur économique) des transports en commun au lieu de s’attarder simplement à des généralités sur le « comment », comme l’a fait plus tôt cette automne la Chambre de Commerce de Québec.

À la lecture de ce texte, on se demande une fois de plus pourquoi la région de Québec est aussi peureuse de faire preuve d’innovation pour suivre l’exemple de l’université de Sherbrooke qui offre le transport en commun gratuitement à ses étudiants. Et, pire encore, pourquoi on a refusé d’offrir le transport en commun gratuitement aux enfants des milieux défavorisés l’an dernier (note: je cherche toujours une référence sur le sujet).

Et François de conclure son texte ainsi:

« Il y a encore tant à faire pour que le transport en commun devienne un élément intégral d’une cité éducative. »

Comment ne pas lui donner raison?

Bureaux du temps…

François Cardinal publiait hier dans La Presse un éditorial intitulé « Je suis en r’tard » dans lequel il aborde le problème de l’organisation de la ville qui n’a pas suivi l’évolution du rythme de la vie des gens qui l’habitent.

« C’est ainsi qu’on ne peut visiter un concessionnaire automobile le samedi. Que les banques ferment à 15h. Que les horaires des trains de banlieue ne conviennent qu’aux travailleurs de 9 à 5. Et que les garderies ferment parfois leurs portes avant celles des bureaux. »

Au-delà des exemples, pas tous bien choisis à mon avis, c’est un problème réel que l’éditorialiste soulève. Un problème insidieux parce qu’on en vient trop souvent à l’accepter simplement parce que « ben coudon c’est comme ça que la vie est faite ». Pourtant, non. Il faut garder le réflexe de se demander pourquoi il en est ainsi… et de chercher des solutions ingénieuses (j’allais dire audacieuses) pour changer ce qui pourrit la vie de tellement de familles tous les jours.

Lire la suite de « Bureaux du temps… »

AIVE 2004: Visites: La Città dei bambini et de la Bibliothèque internationale pour les jeunes De Amicis

La visite s’est déroulée en groupe, guidé par un groupe d’élèves et d’enseignants d’un lycée linguistique de Gênes. À chaque endroit, le responsable du site nous présentait les lieux, nous en faisait faire la visite et répondait à nos questions. Les jeunes traduisaient les propos de notre guide en français et en anglais. Ils le faisaient très bien (bravo!) et cela rendait la chose particulièrement sympatiques.

Au sujet de la bibliothèque internationale pour les jeunes De Amicis:

La formule est intéressante. C’est en fait un centre culturel qui tourne autour d’une vaste collection de livres. Un espace consacré aux arts visuels (et au bricolage!) et à la reliure est accessible aux enfants. Des espaces multimédias (accès à Internet, écoute de musique et de films) aussi.

De l’animation est offerte aux famille tous les jours de l’année. Les lieux sont sans prétention, c’est presque dénudé, tout est dans l’animation et l’accessibilité.

Plusieurs jeunes s’y rendent régulièrement pour faire leur travaux scolaires.

Une didactèque est aussi accessible aux enseignants pour faciliter la consultation et le développement de documents pédagogiques. Cette formule multi-fonctions en éducation m’a semblé très intéressante.

photos à suivre

Au sujet de La Città dei bambini:

Il s’agit d’un petit musée scientifique consacré aux enfants. Il a été développé avec la collaboration de la Cité des enfants, une composante de la Cité des sciences de La Villette (Paris, France).

On y trouve une zone destibé aux 3-5 ans, et une autre aux 6 à 14 ans. On y aborde surtout les thèmes suivants: les sens, la lumière, la vie (à travers les fourmis et les tortues), l’identité, les migrations (géographie, transatlantique).

La première partie a été réalisé avec la Cité des sciences, la seconde partie développée par l’Université de Gênes. La différence de maîtrise de la muséologie est évidente, mais c’est une remarquable initiative d’empowerment régional.

J’en rapporte plein d’idée pour le futur (souhaitons-le) Centre d’exploration, que la Boîte à science propose pour Québec.

photos à suivre

Notes: Ce compte rendu devrait éventuellement être complété avec quelques notes manuscrites prises au cours de la visite ainsi que des extraits de la documentation qui nous a été remise à cette occasion.

AIVE 2004: « Le futur maintenant – Formes d’éducation: entre la didactique traditionnelle et les nouvelles technologies »

Responsable:
Renza Cerri Université de Gênes
Professeur de technologie de l’instruction et de l’apprentissage

Introduction:

Présentation générale, bien faite, qui met en relief que la ville est un espace qui est surtout éducatif dans l’informelle ‹ bien plus que ce que peuvent faire les institutions formelles. Aussi sur le fait que la métaphore du réseau est celle qui montre le mieux l’intelligence collective.

Les TIC doivent donner accès à l’information, mais aussi à ses processus de création et à sa compréhension. Parle aussi de la mobilité croissante des contextes d’apprentissage.

À son avis, le rôle des pouvoir public en éducation est de plus en plus dans la coordination nationale et non dans « la distribution des connaissances ».

L’animatrice me fait une forte impression. Faudra voir ce qu’elle réalise comme projets de recherche.

Projets au coeur de l’atelier:

Sampola Netsquare (Tampere, Finlande), présenté par Anu Hakari (anu.hakari@tt.tampere.fi)

Projet réalisé par la bibliothèque municipale de Tampere. Fait suite à une expérience d’autobus-Internet. L’objectif est d’encourager les gens de tous âges à utiliser les technologies de l’information et de la communication.

il n’y a pas en Finlande la culture des cafés internet. C’est dans les bibliothèque que les gens se rendent pour disposer de points publics à internet.

Rien de révolutionnaire ou de spectaculaire pour moi puisqu’on a des équivalents dans les bibliothèques de Québec, mais plusieurs participants semblent apprécier beaucoup. Ça semble très bien organisé.

Tempi della scuola – azioni per migliorare i tempi scolastici (Bolzano, Italie), présenté par Diego Divenuto

La municipalité a beaucoup travaillé sur la question « des temps de la ville ». Ils ont notamment implanté un programme de garedrie disponible de 7h30 à 19h dont ils sont visiblement très fiers [à cet égard, notre programme de garderie à 7$ serait exemplaire!].

Ils ont aussi mis sur pied une « banque de temps », gérées par les enfants, pour favoriser les échanges de connaissance informelles. Il faut que ce soit gérés par les jeunes. Les parents et les enseignants devraient s’ajouter dans la banque de temps au cours des prochains mois. C’est un projet très intéressant, proche de l’idée des réseaux d’échange réciproque de savoirs et des Arbres de connaissances.

Information Skills – Challenge for the Information Society (Tampere, Finland), présenté par Anne Suoniemi

Les enfants auront toujours besoin d’un guide pour tirer profit d’Internet.

Sinon, essentiellement une listes de projets ponctuels… dont sur le B-A-BA d’internet (savoir chercher, reconnaître la bonne information, etc.).

Il se fait visiblement beaucoup de chose à Tampere dans le domaine des technologies de l’information en éducation (lien avec la cité éducative, pas toujours évident toutefois).

The Dreams Shop (Évora, Portugal), présenté par Fernanda Ramos

Le projet est d’abord présenté par l’entremise d’un vidéo.

Le projet s’appelle « le magasin des rêves ». Il ressemble à première vue à un autobus aménagé dans le genre du bus-exposition que le Musée de la civilisation avait fait à l’intention des ados il y a quelques années). On y trouve: un écran géant au fond du bus, une dizaine d’ordis qui donnent accès à Internet, une petite bibliothèque, on y fait des animations théâtrales pour les enfants, etc. Actuellement tout est sur le thème de l’eau.

Le bus sert aussi pour d’autres clientèles, en particulier les personnes âgées. Par exemple pour donner des séances d’information sur la nutrition, le soir, et même pour tenir, par la même occasion des « cliniques médicales mobiles ».

C’est un projet très bien pensé, particulièrement pour sa grande polyvalence.

Période de questions

Quelques autres projets sont présentés brièvement:

– Ciudadanía (Barcelone, Espagne), par Joana Prats Montmany
– Learning environment in general education of the city (Tampere, Finlande), par Lauri Mäkelä
– Future Center – an engine for educating city (Be’er Sheva, Israël) par Ron Dvir
– Computer Fitness Center (Francfort, Allemagne), par Renate – Anny Böning
– TROPONET – Internet based study course selection system (Tampere, Finlande), par Katja Forss

Le projet israélien m’a particulièrement impressionné. Il s’agit d’une sorte de centre communautaire axé sur le développement de la culture d’innovation dans une communauté. Quelque chose de très pratico-pratique, tourné sur l’accompagnement des cellules innovantes de la communauté. Une formule qui m’a semblé très intéressante, qui pourrait aussi contribuer au développement de la culture entreprenariale. Faudra documenter davantage.

Ma connaissance du projet de Francfort devrait aussi être approfondie. Il était d’ailleurs présenté par une personne issue d’une entreprise privée, ce qui est particulièrement remarquable dans le cadre de ce congrès.

Conclusion de l’animatrice:

« La meilleure manière d’apprendre à utiliser les TIC n’est pas d’apprendre à utiliser les TIC, mais d’apprendre en faisant appel aux TIC. »

« Today, learning outside a network is negative ». Pas besoin de dire que je suis d’accord!

Observations générales:

On aurait été absolument « extraterrestres » avec l’expérience des cyberportfolios décrite dans la perspective de cité éductive (un discours à développer). Pourtant, ça serait accessible à plusieurs des villes présentes, au moins celles qui formeront le réseau thématiques sur les nouvelles technologies. Même juste les carnets pour les « conseils d’établissement » seraient nettement d’avant-garde. Faut prévoir en parler lors de la première rencontre du réseau thématique (et avant cela: donc sur le Web, et ne pas oublier d’ajouter des résumés en anglais, etc.).

C’est quand même renversant qu’on parle de tout ça sans avoir véritablement de moyens de poursuivre les discussions en ligne. Québec devrait proposer cela… un espace spécial sur les TIC et l’éducation dans un contexte de cité éducative. Un carnet pour le réseau thématique?

La ville de Québec est, je pense, TRÈS en avance au niveau des technologies de l’information et de la communication par rapport à l’ensemble des villes membres de l’association.

AIVE 2004: « Imaginant un monde différent – Projet sur l’éducation participée »

Responsable:
Vittorio Ferla
Sous-directeur des relations externes de l’organisation Cittadinanzattiva Italie

En introduction:

L’animateur signale le besoin de faire naître une politique « de la vie quotidienne ». Et souhaite l’avènement d’une « démocratie de la réalisation » de préférence à la « démocratie de la consultation » qu’on présente souvent de façon abusive comme une « démocratie participative ». Pour cela, dit-il, il faut apprendre « à nous concentrer sur les capacité plutôt que sur les carences ».

Projets au coeur de l’atelier:

Valutazione partecipata e Theory Based Evaluation : l’esperienza del Comune di Belluno (Belluno, Italia), présenté par Roberto Orlich

La ville de Belluno a adopté il y a quelques années un cadre d’évaluation des projets éducatifs appelé « Theory Base Evaluation. Cette méthode permettrait d’identifier plus effiacement les raisons pour lesquelles un projet peut fonctionner.

La ville travaille beaucoup sur la nécessité de créer dans la ville des lieux de rassemblement pour les jeunes dans le but de contrer « la dispersion scolaire ».

Ils misent également sur la mise en place de cours d’écriture créative (le contexte n’a pas été précisé). Ça m’a donnée l’idée de mettre sur pied des cours d’écriture politique. Pourquoi pas?

El modelo teórico-práctico de diagnóstico sociocomunitario en la base del modelo global de desarrollo comunitario (Barcelona, España), présenté par Mireia Civís Zaragoza

La présentation était très technique et avait essentiellement pour objectif de présenter une méthode d’identification des besoins qui ne m’a pas semblé particulièrement pertinente pour notre situation.

Preparation and promotion (Beirut, Lebanon), présenté par Moussa Charafeddine

Présentation d’un ensemble de projets destinés aux enfants handicapés et à leurs parents. les projets sont réalisés dans un bâtiment qui a été construit sur mesure. C’est un cas très particulier.

La gestión democrática en la ciudad, la gestión democrática en la escuela (Porto Alegre, Brasil) , présenté par Marsia Maria Sulzbacher

Intéressant, mais rien de vraiment transférable à notre situation… dans ce qui a été présenté, du moins.

Medellín También Educa (Medellin, Colombia), présenté par Sergio Fajardo Valderrama, Maire

Le maire de Medellin se présente d’entrée de jeu comme: « maire, mathématicien et citoyen du monde ». Il rappelle que sa ville a longtemps été la plus violente du monde. Les statistiques étaient effarantes. Aujourd’hui, elle est la plus grande ville de l’association. Il fait un survol très rapide de plusieurs projets éducatifs qui sont coiffés du nom « Medellin, ville d’opportunités »

Périodes de questions

Porto Allegre est en train de mettre en place une structure d’intégration pour les projets éducatif réalisés dans la ville avec notamment pour objectifs d’assurer une meilleure cohérence entre les approches et le développement d’une méthodologie commune.

La ville de Rosario est à la recherche de moyens pour favoriser la collaboration entre les universités et les administrations publiques dans le contexte du modèle de la cité éducative.

Observations:

Les présentations ne sont pas assez concrètes. On ne trace que des portraits très impressionnistes. Il me semble qu’il manque de documentation préalable aux ateliers? Il y a quelques choses à améliorer dans la formule. Il faudrait aussi mettre dans le programme les adresses courriels des participants qui en ont une afin de favoriser la prise de contact ultérieure et le réseautage (c’est visiblement ce que les gens souhaitent!).

AIVE 2004: Samedi 20 novembre

Journée mondiale de l’enfance
15e anniversaire de la Convention des droits des enfants

Au programme aujourd’hui:

Séance plénière (info à venir)

Cérémonie de clôture (info à venir)

Fatigué, fatigué, fatigué… beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à écouter, lire, comprendre, interpréter. C’est très intense comme expérience et j’aimerais tellement « ne rien laisser passer ».

AIVE 2004: Vendredi 19 novembre

Au programme aujourd’hui:

Troisième laboratoire thématique: (info à venir)
« Amie des enfants, amie de tous – Child friendly cities: enfants et jeunes comme acteurs et protagonistes de la ville »

Rencontre du réseau thématique « Transition école-travail » (info à venir)

Session plénière: (info à venir)
« La ville et le désir. De la philosophie politique à l’exercice d’un développement local auto soutenable et participé »

Quatrième laboratoire thématique (info à venir)
« Vers un territoire copartagé –L’environnement comme instrument
pour la construction de la culture de la citoyenneté »

Je n’ai malheureusement pas pu participer à ce laboratoire. Nous avons plutôt tenu à rencontrer, en délégation, la présidente déléguée, la secrétaire générale et la secrétaire générale adjointe de l’association pour présenter Québec, préciser le type d’engagement que nous souhaitions démontrer au sein du réseau, etc. Ça aura été une très belle rencontre, habilement dirigée par Jean-Paul L’Allier et Pierre Moreau.

Il y a aussi de prévu des discussions avec quelques villes lors du souper « 10e anniversaire de l’AIVE », qui se tiendra au Palais Ducale. [précision ultérieure: c’est là que nous aurons pu nous entretenir avec les gens de Laval, ainsi qu’avec des gens de Munich, et Tampere, surtout… qui formaient une délégation de vingt personnes au congrès!]

AIVE 2004: Jeudi 18 novembre

Au programme aujourd’hui:

Assemblée plénière
« La ville éducatrice: Parcours et valeurs pour une éthique de la responsabilité »

Je n’ai malheureusement pas pu participer à cette plénière, au cours de laquelle une partie de la délégation a plutôt consacré du temps à des discussions avec les représentants de la ville de Lyon, et particulièrement M. Fournel, qui était venu à Québec en février à l’occasion du Forum économique de la Chambre de commerce de Québec.

Premier laboratoire thématique
« Imaginant un monde différent – Projet sur l’éducation participée »

Deuxième laboratoire thématique
« Le futur maintenant – Formes d’éducation: entre la didactique traditionnelle et les nouvelles technologies »

Visite guidée
La Città dei bambini et de la Bibliothèque internationale pour les jeunes De Amicis

…et des efforts particuliers de relations publiques pour signaler à quelques villes l’arrivée de Québec dans l’association: en particulier Lyon (évidemment), Rennes, Rosario, Barcelone, Tampere, etc. Aussi, une première rencontre avec Pilar Figueras, secrétaire générale de l’association

AIVE 2004: Gênes pour vous: les adolescents racontent les musées de la ville

Ouverture extraordinaire de quelques-uns des principaux musées de Gênes. Visite soutenue par les étudiants des lycées de Gênes. Réalisation par les écoles liées au projet «Janua – Gênes porte des mers.

Lieux: Polo Museale «Musei di Strada Nuova» – Palazzo Tursi, Palazzo Bianco et Palazzo Rosso

Quelques notes:

L’Assemblée générale s’étant éternisée, je n’ai pas pu participer. C’est dommage et cela m’a beaucoup déçu. On m’a néanmoins dit que c’était une visite des deux musées, avec pour guides des élèves des écoles de Gênes, qui avaient été préparées en conséquences et qui pouvaient témoigner d’activités réalisées avec les musées dans un cadre d’apprentissage. Une très belle idée. Je m’informerai davantage demain (et aurai sans doute l’occasion de constater la même dynamique de collaboration avec les ados de Gênes lors de la visite de la Citaa dei Bambini, jeudi).

Par ailleurs, signalons que la cocarde remise aux participants du congrès AIVE donne accès à tous les musées de la ville gratuitement toute la semaine. Une initiative à reprendre à Québec.

AIVE 2004: Assemblée générale

Quelques notes:

Beaucoup de procédures. Rien de spécial… sinon que (hourra!) Québec est officiellement reçue membre de l’Association. La ville est d’ailleurs spécialement mentionnée dans le plan d’action pour les prochaines années, dans le but de contribuer au développement de l’Association en Amérique du Nord. Ce que nous ferons évidemment

Beaucoup d’autres nouvelles adhésions. Quelques radiations. La plus étonnante étant sans doute Mexico. À investiguer.

Changement dans les réglements. Adoption de la nouvelle charte, etc.

La présentation de Lyon en prévision du IX congrès de l’AIVE est annulée par manque de temps. Elle sera reprise samedi.

On fait une présentation du site de l’association: beaucoup de blabla, mais très bien techniquement parlant. Faudrait ajouter des fils RSS. On invite les villes à créer leur page Web dans la « ville éducatrice virtuelle ».

Création de deux nouveaux réseaux thématiques. Le premier, parrainé par Lyon, sera consacré à la petites enfances. Le second, parrainé par Tampere et Adélaïde, rassemblera les villes intéressé par l’éducation et technologies.

Les villes intéressées à se joindre à ses réseaux sont invités à communiquer avec les promoteurs pour manifester leur intérêt.

AIVE 2004: Les maires des Villes éducatrices en comparaison

Les maires des Villes éducatrices en comparaison

Modératrice:
Marina Subirats i Martori
Adjoint à l’Education et à la Culture de la Municipalité de Barcelone
Président Délégué de l’Association Internationale des Villes Educatrices

Intervenants:

Hermes Binner
Ex-Le Maire de la ville de Rosario, Argentine ‹ délégué par le maire

Joan Clos
Le Maire de la ville de Barcellona, Espagne

Paz Fernández Felgueroso
Le Maire de la ville de Gijón, Espagne ‹ remplacé par M. Paganis (?)

Giuseppe Pericu
Le Maire de la ville de Gênes, Italie

Juan Horacio Santana Alvárez
Le Maire de la ville de Vallenar, Chili

Quelques notes:

Au sujet de Vallenar

La ville est membre de l’AIVE depuis huit ans.

Le maire présente un projet qui est en cours depuis 10 ans: l’intégration d’un fleuve qui traverse la ville vers le pacifique. Les berges autrefois dangereuses et polluées se sont progressivement transformées en un énorme parc.

Gijón ‹ fondatrice de l’Association, a signé la charte en 1990

La cité éducative est pour eux un axe transversal dans le plan de développement de la ville. Il existe à Gijón des conseils de participation et des conseils de quartiers qui regroupent les « riverains » de ces quartiers. Il faut avoir à l’esprit l’éducation dans tous les domaines.

Le maire participe à une émission télévision tous les quinze jours où il répond à des questions que les citoyens peuvent lui poser par téléphone. Une bonne idée.

Au sujet de Rosario, Argentine

Il rappelle qu’il y a 25 ou 30 ans un grand nombre de peuples d’Amérique latine vivaient sous la dictature avec ce que ça implique de non respect des droits humains. Cela a été une expérience difficile qui a laissé, en plus de morts, près de 30 000 disparus. C’est une époque qui a laissé de profondes blessures dans les communautés.

Concernant l’éducation formelle: l’école doit accepter de voir la ville comme un espace éducatif et se laisser interpeller par elle. L’école doit reconnaître qu’elle est une institution en crise.

À Rosario, on croit que l’engagement dans l’idée de cité éducative est d’abord une décision politique. Il faut vouloir être une cité éducative. C’est seulement ensuite qu’il devient possible de développer un cadre théorique pour faire en sorte que toutes les actions de la ville soient éducatives. Il faut aussi du temps. C’est seulement le temps qui permet au projet aux projets d’atteindre leur maturité. Inutile de vouloir se presser.

L’intervenant fait notamment mention d’un projet qui amènent les « enfants pauvres » dans les musées, où ils ont l’occasion de développer, au contact des oeuvres, de nouveaux rapports avec leurs ville. Il parle aussi de « l’île des inventions» (à documenter).

Au sujet de Gênes:

Giuseppe Pericu mentionne d’entrée de jeu, que ce sont les valeurs qui sont au coeur du projet de cité éducative, notamment celles de cohésion, de connaissance et d’inclusion sociale.

Il raconte qu’il y a à Gênes une tradition importante: les bateaux qui sont à quai le jour de Noël doivent faire sonner leur sirène. Il faut savoir que Gênes est une des principales villes portuaire de la Méditérannée. Or, il s’est trouvé une année (il y a 17 ans?) où n’y avait à Noël aucun bateau à quai. Aucune sirène ne s’est fait entendre. Ça été un terrible choc. Une puissante illustration de l’ampleur d’un déclin de la ville qu’il étaient dorénavant impossible de nier.

L’administration municipale s’est alors demandé quoi faire pour répondre au malaise. C’est seulement il y a six ou sept ans que les réponses ont finalement pu prendre forme, grâce à l’élaboration d’un plan stratégique. Ce plan a débuté par l’identification de l’ensemble des associations présentes dans la ville (près de 3000), puis par une prise de contact individuelle avec chacune, en fonction des différents secteurs. L’objectif était (et est encore!) de développer une identité pour « l’agrégat social » qui constitue la ville. Il fallait que la population se réapproprie une forme de sentiment d’appartenance. Pas seulement à l’endroit d’un espace physique, mais surtout par rapport à la communauté même du territoire.

Pour M. Pericu, la première étape de ce passage devait être une décision politique. C’est un passage qui ne peut pas partir du bas. Il faut qu’un groupe de personnes décident qu’on doit travailler dans cette direction. C’est seulement dans un deuxième temps que les associations et organismes présents sur le territoire sont devenue des acteurs du plan de développement… Et évidemment, parler avec des individus est parfois très compliqué, c’est donc plus simple et plus productif de prévoir un dialogue avec des organismes. C’est seulement dans un troisième temps qu’il est devenu possible d’envisager la signature de pactes ou d’accords avec les associations, qui avaient préalablement regroupés sur une base sectorielles. On l’a notamment fait pour le programme culturel (avec 300 associations), c’est ce qui est devenu « le pacte d’Eugeni@ ».

Les modes de communication les plus efficaces sont évidemment associés à l’avénement de réalisation pratiques. Ce sont les travaux d’amélioration de la vieille ville a joué ce rôle dans le cas de Gênes.

Au sujet de Barcelone:

L’intervention du maire était moins puissance que dans la séance précédente. Cela manquait de matière concrète.

Néanmoins, j’en retiens que les villes se développent dans un contexte profondément marqué par la fin de l’industrialisation, l’avénement de l’économie de la connaissance et l’apparition du néo-conservatisme politique. Les défis de cohabitation sont partout.

La cohabitation est le mot clé.

Observations:

– Il semble que la vaste majorité des participants au congrès sont associés de près aux administrations municipales (élus et fonctionnaires municipaux).

– Sur les images de la ville de Vallenar on peut voir la main-logo de l’AIVE dans les parcs… pas bête!

AIVE 2004: Cérémonie d’ouverture

Animateur:

Raffaele Niri
Journaliste pour « la Repubblica »

Intervenants:

Luca Borzani
Adjoint à la Culture (Politiques Culturelles, Musées, Bibliothèques, Théâtres, Projet Ville Educatrice) de la Ville de Gênes

Marina Subirats i Martori
Adjoint à l’Education et à la Culture de la Municipalité de Barcelone
Président Délégué de l’Association Internationale des Villes Educatrices

Enrico Da Molo
Administrateur Délégué de la Société Gênes 2004

Lorenzo Caselli
Membre du Comité de Gestion de la Compagnia di San Paolo
Président de la Fondation pour l’Ecole de la Compagnia di San Paolo

Paola Pozzi
Adjoint au Système Educatif et des Politiques des Pareilles Opportunités de Turin
Réseau Italien des Villes Educatrices

Quelques notes:

Le maire de Gênes rappelle que des événements violents se sont déroulés dans sa ville à l’occasion du Sommet du G8 (à Québec, on connaît aussi!). Cette expérience a marqué l’administration municipale, qui a compris à cette occasion que les processus de mondialisation ne doivent pas avoir seulement pour effet de « donner plus de pouvoir à des organismes extérieurs à la ville », mais aussi être une invitation faite aux citoyens de « se réapproprier la personnalité de la communauté qu’ils forment ensemble ». C’est dans la suite de cette réflexion que Gênes a décidé de poser sa candidature pour le congrès qui s’ouvre aujourd’hui.

Le congrès sera l’occasion de présenter 150 projets, issus de 133 villes, d’une trentaine de pays. L’animateur souligne « qu’il n’y a pas de petites et de grandes expériences. il y a seulement des projets ».

L’angle culturel est celui qui ressort le plus fortement des présentations.

L’intervention du maire de Barcelone est la plus percutante. J’en retiens quelques éléments:

– Il fait remarquer que le congrès a lieu à un endroit où, historiquement, on échangeait des marchandises, mais qui, depuis quelques années, a été converti en espace d’échanges de connaissances. Cela lui semble une puissante image des changements qui affectent actuellement le développement des villes.

– Il souligne que l’augmentation du phénomène de la migration pose de façon aiguë le défi de la cohabitation et des valeurs qui rendent possible cette cohabitation. Ceci serait particulièrement vrai « aux latitudes méditerranéennes ».

– Il raconte habilement que dans la plupart des pays occidentaux, la culture de masse a été au XXe siècle un phénomène fortement lié à l’industrialisation et à l’existence du mouvement ouvrier. Les gens apprenaient souvent à lire dans un cadre associé à leur travail, notamment sous l’influence des syndicats. Au XXIe siècle, on se trouve dans des conditions très différentes et les formes de culture qui dominaient traditionnellement nos sociétés sont plongées dans une crise d’identité. Les médias sont en train de remplacer le mouvement ouvrier comme vecteur de la culture populaire. Or, la qualité de la cohabitation dans les villes dépend largement de la culture de base que partagent les citoyens et de la manière dont nous trouvons collectivement des solutions aux défis posés par l’urbanité… le plus grand étant sans aucun doute celui de l’intégration. Il présente cela comme une inévitable phase de transition pour les villes… une phase qui dure depuis deux décennies et qui durera sans doute encore deux autres décennies.

– Il rappelle dans ce contexte que le mouvement des villes éducatrices a été initié dans le but d’approfondir une réflexion sur comment l’éducation peut être un élément qui structure la cohabitation dans des villes qui changent. C’est pourquoi le mouvement des villes éducatrices, particulièrement par ses congrès, est un lieu exceptionnel pour discuter de l’intense phase de transition avec laquelle nos villes sont aux prises, de partager quelques idées, nos soucis et nos préoccupations. La situation actuelle est aussi intéressante que difficile.

– Il termine en émettant le souhait « que de notre rencontre puisse naître un parcours ». Belle formule.

Autre intervention dont je retiens particulièrement l’esprit, celle de Lorenzo Caselli de la Compagnie di San Paolo, une importante fondation qui oeuvre essentiellement dans les domaines culturel et éducatif dans la ville de Gênes et ailleurs en Italie.

M. Caselli souligne que dans une ère marquée par la pensée unique, le thème qui nous rassemble, « une autre ville est possible, est un thème aussi nécessaire que subversif. La tenue du congrès confirme que la ville est plus que jamais un espace d’éducation et un lieu de transformation de l’identité dans la mesure où c’est elle qui permet de « concilier la mémoire et le sens de la perspective ». L’éducation doit être la clé de voûte de tous nos raisonnements et si les jeunes sont aujourd’hui les destinataires de nos actions, il faut faire d’eux le plus rapidement possible des protagonistes à part entière.

Dans une ville fragmentée, il faut selon lui « réorganiser la liberté et la responsabilité » à partir de projets et d’expériences concrètes.

Il conclut en affirmant que « la ville, c’est l’éternel projet de vivre ensemble ».

Quelques observations

– Les intervenants font régulièrement appel à l’expression « à nos latitudes ». Intéressant… c’est sans doute une attitude ou un point de vue européen…

– L’historien Brodel suggérait que la Méditerranée est « le continent liquide ».

– À Gênes, on parle de « urban regeneration » (oui oui, en anglais!). Il me semble qu’il aurait aussi été intéressant de parler de urban generation.

AIVE 2004: Mercredi 17 novembre

Arrivée
Enregistrement

Premières observations

Il y a cette année 700 participants au congrès, venant de 209 villes (35 pays), ce qui en fait probablement la plus importante édition depuis la naissance de l’Association internationale des villes éducatrices (1990). Le thème du congrès: « Une autre ville est possible. L’avenir de la ville comme projet collectif ».

Première surprise, on retrouve Laval et Montréal parmi la liste des villes participantes (probablement à titre de villes non adhérentes). Faudra trouver rapidement qui les représentent! [précision ultérieure: il n’y avait finalement que deux personnes de Laval technopole présentes au colloque à titre exploratoire].

La délégation de Québec est dirigée par Pierre Moreau, Président de l’Université du Québec et président du Comité Québec Cité éducative. En font aussi partie: Jean-Paul L’Allier (Maire, Ville de Québec – pour un peu plus d’une journée), Odile Roy (élue, Ville de Québec), Luci Tremblay (Ville de Québec), Nicole Lacasse (Université Laval), Claude Pinault (Société du Centre des congrès de Québec) ainsi que Francine Lortie, Patrick Simard et Alain Kirouac, tous trois de la Chambre de commerce de Québec. Je me joins au groupe à titre d’initiateur du projet « Québec Cité éducative », avec l’appui de l’Office de Tourisme de Québec et de l’entreprise pour laquelle je travaille (Opossum Inc.).

Bonne idée: la plupart des employés du centre des congrès ainsi que les bénévoles de l’AIVE portent une cocarde qui indique les langues parlées par chacun.

Autre bonne idée: la cocarte remise à chaque participant donne accès gratuitement à tous les musées de la ville pour la durée de l’événement (18 musées).

L’interprétation simultanée des séances plénières, sessions et laboratoires est offerte dans les quatre langues officielles de l’Association: l’italien, l’espagnol, l’anglais et le français.

Au programme de cette première journée:

Visite de l’Aquarium de Gênes

Il s’agit du plus grand aquarium d’Europe. Très beau, très bien aménagé. J’avais fait la visite la veille. J’ai pris du temps pour lire dans la documentation.

Cérémonie d’ouverture

Session plenière 1: « Les maires des Villes éducatrices en comparaison »

Assemblée générale AIVE

Événement
« Gênes pour vous: les adolescents racontent les musées de la ville »

C’est très satisfaisant d’être ici aujourd’hui, pour marquer une autre étape du projet, quand on pense à tous les efforts qu’il y a eu en amont de l’expérience… et à ceux qui devront suivre! Il faut savourer chaque instant.