Parler, parler…

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C’est normal qu’un chroniqueur puisse faire le portrait d’un député qui fait son entrée au Conseil des ministres, comme c’est le cas pour Sébastien Proulx cette semaine.

C’est normal que ce portrait soit sympathique. À plus forte raison quand le député est effectivement sympathique. On me l’a dit, et je l’ai moi-même constaté en le côtoyant, comme adversaire, pendant la campagne électorale dans Jean-Talon, le printemps dernier.

C’est normal pour un nouveau ministre de répondre aux questions par des généralités, puisqu’il n’est en poste que depuis quelques jours et qu’il n’a pas encore pris connaissance de ses dossiers.

C’est normal tout ça. Je le sais.

Sauf que ça n’a pas à aller jusqu’à accepter de se faire raconter n’importe quoi. Et c’est un peu l’impression que j’ai eu en lisant la chronique de François Bourque dans Le Soleil de ce matin. On peut — on doit! — encore savoir faire preuve d’esprit critique devant les discours lénifiants.

Il va falloir sortir du populisme monsieur le ministre!

«un service de garde, ce n’est pas [mon] projet de société. Mon projet, c’est le dialogue avec les parents. C’est que les enfants aient des outils d’éveil et d’épanouissement avant d’entrer à l’école.»

«Vous allez entendre un ministre qui veut parler aux parents. Le ministre de la Famille ne doit pas être que le ministre de l’administration des services de garde.»

Évidemment. Qui pourrait être en désaccord? Mais une fois qu’on a dit ça? Concrètement, on a dit quoi? Rien.

C’est beau le discours de la représentation directe, les «je vais te représenter, oui, toi, tu t’es bien reconnu». C’est noble les «je suis du côté des citoyens, pas avec la machine gouvernementale». C’est beau, mais encore faut-il que ce soit vrai. Parce que si ça ne sert qu’à débiter des généralités, ça ne fait pas avancer grand chose. Ce n’est qu’une forme de défense du statu quo qui se présente bien. Et ce n’est pas particulièrement ce dont on a besoin par les temps qui courent.

Il y a plusieurs dossiers dans Jean-Talon qui auraient bien besoin d’un député dont le projet repose véritablement sur le dialogue.

On en a évoqué plusieurs de ces dossiers pendant la dernière campagne électorale: le réaménagement de la tête des ponts et du boulevard Laurier (autour du projet Le Phare, notamment), le transport du pétrole par train dans des quartiers résidentiels, le sort de l’aréna de Sillery, du Faubourg Saint-Michel et du site historique de Sillery, etc.

Or, on n’a pas vu pendant la campagne un candidat particulièrement intéressé à se mêler de ces dossiers — et encore moins à prendre réellement le parti des citoyens les plus directement concernés. Mais une campagne est un contexte très particulier, il faut bien le reconnaître.

Sauf que l’heure de vérité a sonné. Il va falloir livrer maintenant: se mettre à l’action.

Et c’est là qu’on verra si le nouveau ministre sait faire la différence entre parler aux citoyens et parler avec les citoyens.

C’est beaucoup plus qu’une nuance.

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