La tentation marketing

Il y a encore des gens qui pensent que c’est avec une bonne job de marketing que le Parti Québécois va se redonner meilleure allure. Et je ne fais pas référence qu’à la question du nom du parti. Je parle surtout de la façon d’aborder la question nationale.

J’entends encore des gens dire qu’il va falloir trouver de nouvelles façons pour mieux expliquer aux jeunes pourquoi l’indépendance est importante.

Je pense que ce type de raisonnement est au coeur même du problème que rencontre aujourd’hui le Parti Québécois.

Je pense que pour survivre, il va falloir renverser complètement cette façon de penser.

Si les vieux indépendantistes veulent que la majorité des jeunes adhèrent éventuellement à l’idée de l’indépendance (un impératif démographique), ils devront accepter de se mettre au service des aspirations des jeunes. Et je m’inclus dans cette catégorie: je suis un jeune vieux indépendantiste.

Il va falloir qu’on accepte de tout reprendre à partir des aspirations des jeunes et arrêter d’essayer de les convaincre des bienfaits du pays auquel nous avons rêvé depuis les années soixante, soixante dix, quatre-vingts ou quatre-vingt-dix.

La priorité à partir de maintenant doit être d’aider les jeunes à prendre confiance en eux — de les aider à acquérir les compétences et les ressources pour se réaliser. Qu’ils rêvent à gauche ou à droite, n’a aucune importance du moment qu’ils développent la conviction d’avoir leur destin bien en main. Parce que personne ne prend le risque de fonder un nouveau pays s’il n’a pas d’abord confiance en lui / elle.

Si on est indépendantiste, c’est parce qu’on pense qu’il sera plus facile pour les jeunes de se réaliser dans un pays que dans une province — et qu’ils seront à même de le constater, et que c’est incontournable.

Je suis personnellement convaincu que les jeunes réaliseront rapidement qu’il faut que le Québec soit un pays pour pouvoir aller au bout de leur rêve. Mais j’accepte l’idée que si ça n’arrive pas, ça voudra dire que l’indépendance n’a plus la même pertinence qu’autrefois.

Je crois qu’il faut accepter cette possibilité pour recommencer à rassembler.

On ne fait pas l’indépendance pour se faire plaisir, on la fait pour aider ceux et celles qui nous suivent à vivre mieux — en harmonie avec leur histoire, leur culture et les enjeux de leur époque. S’ils n’en voient pas l’intérêt, on ne doit pas leur imposer.

Si on n’est pas prêt à prendre le risque de mettre l’indépendance entre les mains des jeunes, c’est parce qu’on pense mieux savoir qu’eux-mêmes ce qui sera bon, pour eux, dans le futur.

C’est une attitude qui ne donnera envie à personne de s’associer au Parti Québécois…

…et qui en décourage déjà plusieurs de s’engager à nos côtés — même pour des sujets qui les motivent et pour lesquels on a toutes les raisons de croire que notre programme est le meilleur.

One comment

  1. J’arrive du congrès du Bloc. Je dois te confesser, sans surprise, que les vieux réflexes ont dominé, malgré mes revendications maladroites. Je ne sortirai pas sur la place publique. La démocratie du parti a parlé.

    Je crois toujours qu’il faille un véhicule pour recevoir le vote des souverainistes tant au fédéral qu’au provincial. Par contre, j’appuirai Catherine et tous ceux qui tenteront par leur action d’infléchir autrement le cours de l’histoire, avec les jeunes.

    Ma seule certitude, c’est que la démocratie est le seul rempart contre le désespoir, la désolation et l’assimilation tranquille.

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