Le Cluetrain Manifesto et la cité éducative

J’ai échangé quelques idées avec Sylvain Carle ce matin par courriel au sujet de la cité éducative. Il en reprend l’essentiel ici pour faciliter la poursuite des échanges.

Je vais devoir relire le Cluetrain manifesto, auquel il me renvoit, mais aussi explorer de quelle manière on peut rattacher tout ça à partir des concepts de « citoyen participant » et de « communauté d’apprentissage ». Une bien belle piste.

Des saumons dans la classe…

La première école où j’ai enseigné était située à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, une communauté que j’ai *adorée*: dynamique, solidaire, audacieuse. On y avait notamment réalisé, en 1996, un camp de jour technologique qui m’inspire encore régulièrement (les productions des enfants sont d’ailleurs toujours en ligne). L’accueil et l’appui de M. Robitaille, entre autres, nous avait alors été très précieux.

Je la reconnais bien la communauté que j’ai aimée dans cet article publié par Le Soleil ce matin. Il illustre bien l’intérêt d’adapter les activités de l’école au milieu de vie des enfants. En effet, quoi de plus naturel que de faire une place aux saumons dans la classe quand on grandi sur les rives de la Rivières Jacques-Cartier!

« Il fallait être sur place pour voir les yeux brillants de la vingtaine d’enfants émerveillés et fascinés par les ¦ufs, ces petites boules rougeâtres, qui se transformeront éventuellement en de respectables saumons. […]

Avec le saumon atlantique comme acteur principal [il est possible] rencontrer plusieurs objectifs pédagogiques en français, en mathématiques, en géographie et en sciences de la nature.»

Une belle collaboration de l’équipe-école avec la Corporation de la restauration de la Jacques-Cartier, de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique, de la Station écotouristique de Duchesnay… réalisée avec une contribution financière de la Fondation Hydro-Québec.

Défi de l’entrepreneuriat jeunesse

« …une stratégie consacrée au développement de la culture entrepreneuriale chez les jeunes et à la promotion des valeurs qui y sont liées. Les attitudes, compétences et habiletés ainsi développées seront profitables non seulement aux entrepreneurs de demain, mais également aux futurs employés et à tous les citoyens. Donner le goût d’entreprendre, voilà le véritable objectif du Défi de l’entrepreneuriat jeunesse.»

Pour en savoir plus sur le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse.

Participe présent

« Un lundi par mois, le Musée de la civilisation, la Société Radio-Canada, l’Université Laval et Le Soleil présentent la série Participe Présent transformant le hall du Musée en une véritable agora fertile en échanges intellectuels où des spécialistes de divers domaines livrent leur analyse sur le sujet du jour et échangent avec le public. Animée par la journaliste Françoise Guénette, cette série propose de multiples regards sur de grands enjeux sociaux ou politiques, d’ici ou d’ailleurs pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. »

Voilà une bien belle collaboration dans une cité éducative… qui met en valeur à la fois le rôle des médias dans l’animation du débat public le musée comme lieu d’expression de la citoyenneté.

Intrigue au musée

La Boîte à science et le musée de la civilisation offrent aux enfants de 7 à 12 ans un camp de jour muséologique:

« Il te faudra arpenter les coulisses et les entrailles du Musée de la civilisation, du Musée de l’Amérique française et de Place-Royale à la recherche d’indices pour le moins surprenants…

Le camp muséologique, c’est aussi une initiation amusante au monde de l’archéologie, de la muséologie, de l’histoire et de la science! »

La formule est simple, les transports son facilités pour les parents, des services de garde offerts le matin et en fin d’après-midi. Un bel exemple pour la cité éducative.

Relance, prise 3

Je pense que je vais finalement reprendre le dessus sur mon horaire cette semaine. Ça n’aura pas été simple de me remettre du forum économique et des RIMA. Mais quelle dose d’énergie! Et les contacts avec une foule de gens, d’horizons variés, qui souhaitent se joindre aux efforts pour faire de Québec une cité éducative sont aussi très prometteurs.

Et dire que mon agrégateur est plein de textes inspirants à commenter…

Alors un peu de discipline… je me relance!

Gee, Papert, Europe, Amérique…

Je reprends ici un commentaires rédigé à la suite de ce texte de Serge Pouts-Lajus sur les conférence de Gee et Papert aux RIMA puisqu’il ne semble pas pouvoir s’ajouter au bas de la page du Wiki…

—/ début /—

Autant je pense que tu touches certains points importants, Serge, autant je pense que tu exagères un peu sous certains aspects. Je souhaite avoir le temps de revenir articuler ma pensée un peu plus, mais pour le moment j’ai le goût de noter ici deux « nuances mais nuances importantes », pour reprendre tes mots.

Dans le cas de Gee: je ne pense pas qu’il plaide pour qu’on développe des « jeux éducatifs beaux comme des jeux vidéos »… mais qu’il nous invite plutôt à concevoir dans nos écoles des contextes d’apprentissages qui, activant certains mécanismes semblables à ceux sur lesquels reposent les jeux vidéos, pourront stimuler davantage les jeunes. Je pense qu’ils nous invite davantage, comme pédagogues, à explorer les concepts de scaffolding et d’affordance qu’à nous transformer en ingénieurs ludiciens. Voir à ce sujet les pistes ouvertes par Stéphane Allaire au cours des derniers jours: http://carnets.ixmedia.com/stephane/archives/004590.html

Dans le cas de Papert, je crois que c’est une erreur de retenir qu’il *souhaite* la mort de l’école. J’en retiens plutôt qu’il la croit inévitable et qu’il nous invite à agir en conséquence. En d’autres termes, il nous dit: « ma lecture est que l’école telle que nous la connaissons est appelée à disparaître, ce serait une erreur de s’acharner à la maintenir, vaut mieux développer une vision de ce qui pourra la remplacer et agir de manière à ce que la transition se fasse pour le mieux, dans l’intérêt des enfants ». Cela dit, on partage son hypothèse de départ ou pas. Mais ce n’est certainement pas un exercice vain de se questionner sur « ce qu’il conviendrait de faire »… si jamais il avait vu juste!

Ce serait trop facile de simplement balayer du revers de la main sous prétexte que la pensée exprimée a un caractère trop subversif.

Dis-moi plutôt en quoi leurs propos ont pu t’interpeller? Je ne peux tout simplement pas croire qu’il n’aient suscité que du rejet.

—/ fin /—

Paul Martin et la Cité éducative

Il y avait sans doute un peu d’opportunisme dans l’introduction de la conférence prononcée plus tôt cette semaine par Premier Ministre du Canada… mais ça néanmoins été une belle surprise:

« Québec porte bien son titre de joyau du patrimoine mondial de l’UNESCO. Chaque fois que j’y reviens, j’y retrouve une partie de mes racines.

Ville francophone, Québec est une ville dont tous les Canadiennes et les Canadiens, d’un bout à l’autre de notre pays, sont très fiers. Et ce n’est pas seulement de son passé dont on peut être fier.

Le thème du treizième forum économique de la Chambre de Commerce,  » Québec, cité éducative; l’avenir par le savoir  » définit bien la vision de la ville. Et c’est une vision que je partage

Mais permettez-moi de souligner que si nous, Canadiens, voulons maîtriser ce nouveau savoir, cela implique un nouvel esprit, une nouvelle ouverture.

Le progrès n’est pas seulement la suite logique des choses. Ce n’est pas suffisant de voir les choses autrement. Il faut avoir le courage de faire les choses autrement. »

Restera à faire un suivi de cela auprès des députés de la région pour voir l’appui qui pourrait éventuellement découler de cette déclaration de Paul Martin.

Co-design pédagogique

Stéphane nous soumet une intéressante réflexion qui s’inscrit dans les suites de la conférence de James-Paul Gee, plus tôt cette semaine, dans le cadre des RIMA:

« Vite expliqué, le codesign, c’est la possibilité dont dispose un utilisateur de participer au déploiement de quelque chose, de s’y impliquer. […]

Après avoir parlé avec des enseignants et d’autres pédagogues aux RIMA, je crois encore plus que le défi des concepteurs d’outils numériques (qu’on parle du libre ou du commercial) réside, pas tant dans le fait de concevoir l’outil en lui-même, mais d’offrir la possibilité aux enseignants de le concevoir eux-mêmes, à tout le moins de le personnaliser, de le modifier et de l’adapter rapidement et facilement à leurs propres besoins. […]

L’environnement d’apprentissage que constitue la classe, lui, peut être adapté rapidement par les enseignants. Il faut qu’il en soit ainsi pour un environnement numérique. »

Je partage tout à fait ce point de vue.

La cité éducative comme un Learning Hub

J’ai redécouvert dans les derniers jours un texte rédigé par Seymour Papert et David Cavallo en 2000 et qui prend la forme d’un Call for Action at the Local and Global level. Ils y décrivent le concept de Learning Hub.

Toutes les bases du projet de cité éducative y sont remarquablement exprimées. Ce sera un texte fondamental pour guider mes actions dans les prochaines semaines. En faire une traduction ne serait pas bête non plus pour faciliter sa diffusion dans la région de Québec.

J’en retiens quelques extraits ‹ mais attention, il faut vraiment tout lire!

Lire la suite de « La cité éducative comme un Learning Hub »

Après trois mois dans l’action…

Ouf! Enfin… le Forum économique sur la cité éducative et les Rencontres internationales du Multimédia d’apprentissage sont choses du passé. Par bonheur, tout s’est bien déroulé. Deux beaux succès je crois. Quoiqu’il en soit, mon plus grand plaisir c’est de constater que les promesses sont aussi nombreuses que les efforts qui ont été consacrés à la préparation de ces événements.

Et je vais finalement pouvoir recommencer à utiliser mon carnet pour faire avancer mes réflexions. Après trois mois intensifs dans l’action, j’en ai bien besoin…

Faire ses classes…

La cinquième édition de Parole citoyenne, produite par l’ONF, porte sur l’éducation. Deux textes d’opinion y côtoient des extraits de diverses productions vidéos.

Je signe le premier des deux textes… dans lequel j’aborde un peu les fondements de l’idée de cité éducative. C’est un beau hasard que le texte soit publié aujourd’hui parce qu’il répond sous certains aspects à quelques-unes des critiques du projet Montréal Ville de Savoir qu’Antoine Robitaille rassemblait ce matin ce matin dans Le Devoir (article réservé aux abonnés).

Dans le second texte, Diane Paquet explore la dimension communautaire de l’éducation… un autre point de vue convergent. Il serait intéressant d’entreprendre avec elle un dialogue sur l’idée de cité éducative, vue sous l’angle de l’école.

Faudrait pas que j’oublie d’aller partir la discussion dans le forum…