Messages aux députés

Je viens de regarder le discours que François Legault vient de prononcer au terme de l’assermentation des 74 député.e.s de la CAQ. Je dis discours, mais je devrais probablement parler d’allocution tellement c’était simple et bref. Pas de triomphalisme, pas de prétentions inutiles, pas de flafla. J’ai aimé ce que j’ai entendu.

Surtout, le message qu’il a adressé à ses député.e.s était clair:

Je vous demande de rester proche des gens, parler avec eux, s’exprimer pour être compris, d’écouter ce qui les préoccupent et de le faire entendre à l’Assemblée nationale.

Cliché? Non, je n’ai pas trouvé. Ça m’a semblé sincère. Je veux le croire. Et ça m’a fait réfléchir.

Je me suis demandé ce que j’espérais que Pascal Bérubé communique comme message aux neuf député.e.s qui seront assermentés vendredi après-midi.

Je comprends évidemment que le parti n’a pas encore de plan de match pour les prochains mois. C’est normal. Il n’est toutefois sûrement pas trop tôt pour exprimer des attentes, quand à l’attitude à adopter, une ambition, une façon d’aborder les prochains mois.

Après mûre réflexion, j’aimerais que le message qu’il adressera à ses collègues soit aussi pragmatique que celui du Premier Ministre Legault (va falloir s’habituer!). Quelque chose comme:

Je vous demande de lever un peu les yeux des réseaux sociaux, de sortir de la bulle péquiste et d’aller dès maintenant à la rencontre des gens qui ont délaissé notre parti au fil des ans. Il faut les écouter, sans essayer de convaincre ou d’expliquer, juste pour mieux comprendre.

Il faut qu’on se laisse déranger un peu. Si on ne fait pas ça, et qu’on passe les prochains mois à gratter le bobo entre nous, notre analyse ne donnera rien d’autres que quand on a fait la même chose par le passé. Et si on mise sur le fait que le temps va finir par arranger les choses, on va juste continuer à mourir à petit feu. Il est urgent de s’élever un peu et d’accueillir les points de vue divergents.

Je serais très déçu que le discours de vendredi se limite à des généralités, à une forme d’optimisme convenu ou qu’il vise simplement à nous faire patienter jusqu’à la reprise des travaux parlementaires. Je souhaite y voir message clair: une invitation à sortir des sentiers battus.

Je sais qu’il y a beaucoup de monde profondément déçus par le résultat de l’élection mais qui sont encore prêts à se retrousser les manches pour le Parti québécois. Sauf que plusieurs craignent que le parti ne retombe très vite dans ses vieux réflexes et reproduisent les erreurs du passé.

Si on ne dissipe pas rapidement cette crainte, on risque de voir ces personnes se désintéresser définitivement de notre sort.

***

On m’a demandé cette semaine pourquoi j’écrivais ce genre de réflexions publiquement, plutôt que de simplement écrire des courriels à qui de droit. La raison est assez simple.

C’est parce que j’ai appris au cours des années qu’en faisant ça, je contribue aussi à nourrir la réflexion d’autres militant.e.s qui tentent, comme moi, de garder leur (fragile) motivation à poursuivre un engagement avec le Parti Québécois — et d’autres citoyens et citoyennes qui envisageraient de se joindre à nous si le parti changeait un peu, beaucoup, ou passionnément!

Aussi parce que je souhaite illustrer qu’il existe d’autres façons de réfléchir à l’avenir du PQ que de rédiger des chroniques polémiques ou de tomber dans la surenchère partisane comme on le voit trop souvent sur les réseaux sociaux.

Pour le moment, réfléchir à voix haute sur mon blogue est la meilleure façon que j’ai trouvée pour me retrousser les manches et apporter ma contribution dans l’étape difficile que doit traverser pour un parti dans lequel j’ai investi tellement de temps au cours des dix dernières années.

 

 

 

2 comments

  1. Une des dimensions que M. Bérubé devrait traiter, est celle-ci :
    Tous les citoyens de notre compté sont dorénavant sous notre responsabilité, peu importe pour qui ils ont voté.
    Profitons de notre rôle pour aller à la rencontre de tous nos concitoyens (pas seulement des membres de notre parti) et d’écouter leurs préoccupations, les aspirations, leurs revendications.
    Demandons-leur de nous conseiller dans la conduite à adopter pour bien assumer notre rôle de député. Soyons humble, sincère et intentionné et soyons leur meilleur député, celui qu’ils méritent tous.

  2. @Richard: tout à fait juste. Et ton commentaire me permet de préciser que la dimension « écouter les autres points de vue pour permettre de repenser le PQ » n’a pas qu’une dimension intéressée, partisane — c’est aussi parce que c’est important d’un point de vue démocratique, et parlementaire, d’avoir des partis en santé, dont les positions politiques sont déterminées par autre chose que des réflexes historiques.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s