Télémentorat, knowledge building, Jane Jacobs et la cité éducative

Eric Baumgartner a piqué ma curiosité, plus tôt cette semaine, en signalant l’existence d’un logiciel de télémentorat, complémentaire à Knowledge Forum (KF), réalisé par l’équipe de Kevin O’Neill à Simon Fraser University.

«Telementoring Orchestrator is a server-side web application, designed to aid any sort of organization (a corporation, university, school or nonprofit society) in efficiently organizing and monitoring on-line mentoring relationships… »

Développé dans une perspective de knowledge building très proche de celle d’IKIT (largement inspirée par les travaux de Marlene Scardamalia et Carl Berieter ), l’outil semble intéressant même si, en se greffant à KF, il se trouve à servir un environnement de travail relativement fermé, dont l’utilisation risque de se répandre relativement peu. Heureusement, Telementoring Orchestrator est pour sa part développé dans un environnement largement ouvert (open source). En plus, il est disponible gratuitement.

Je retiens particulièrement du site du On-line Learning Relationships Lab, la section qui regroupe les publications de D. K. O’Neill sur le télémentorat. La présentation faite en 2001 à l’AERA (la seule que j’ai eu le temps de lire en entier ce soir), notamment est fort intéressante. Elle s’intitule Building social capital in a knowledge-building community: Telementoring as a catalyst.

J’en retiens quelques extraits…

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Foules éclair: du surréalisme au politique

Fascinant le mouvement des Flash Mobs (foules éclair) qui s’est manifesté cet après-midi à Montréal. À quand Québec?

Encore plus fascinant de penser aux développements et aux applications plus politiques de ces nouveaux modes de mobilisation. Même si, pour le moment, j’apprécie particulièrement les airs surréalistes des opérations proposées.

Rappelons que Michel Dumais faisait référence au sujet, sous un autre angle, la semaine dernière.

ePortfolios

Découverte grâce au carnet de Jeremy Hiebert, voilà une nouvelle source de bonnes lectures pour alimenter la réflexion en cours avec l’équipe d’iXmédia et de l’Institut St-Joseph au sujet du cyberportfolio.

Vraiment plusieurs personnes suivent des pistes semblables par les temps qui courent. Les prochains mois seront passionnants avec la mise en commun des expériences de chacun.

D’ailleurs… un autre exemple de cela, encore plus près de l’avancement de nos travaux, tiré du site de Will Richardson, reprenant les mots de John Robb:

« A portfolio published as a K-Log is automatically syndicated as a newsfeed. This makes it easy for a parent to subscribe to their children’s portfolio withtheir newsreader of choice (like Radio). So, in this case I could get news headlines from the NYTimes along with updates on what my kids have been doing at school. Nice. »

Very nice, indeed! N’est-ce pas Mario!

Apprentissage, innovation et développement communautaire

Gilles portait à notre attention il y a quelques jours un certain nombre de documents trouvés sur le site de l’Institut Caledon. J’ai donc pris le temps ce soir de lire celui sur l’apprentissage communautaire (community learning), qui a été rédigée par Sherri Torjman pour le compte du Bureau des technologies d’apprentissage de Développement des ressources humaines Canada.

Rien d’extraordinaire dans ce texte, tout ce qu’il y a de plus conventionnel, sinon une série de références à des projets qui ne sont pas sans intérêt… et que je me promets d’explorer au cours des prochaines semaines.

Je retiens néanmoins deux extraits, pour usage futur, notamment dans le contexte du projet de faire de Québec une cité éducative.

Apprentissage et soutien à l’innovation

« Le meilleur moyen de soutenir les capacités d’innovation d’un milieu est de partager, à l’échelle régionale, un tronc commun de connaissances. Le niveau régional a toute son importance parce que l’espace et la proximité sont deux facteurs qui contribuent à l’acquisition du savoir, aux capacités d’apprentissage et à l’innovation. L’innovation est par conséquent un processus, une démarche ancrée dans les régions et elle en émerge. Elle est générée par le regroupement de divers intervenants établis dans une même région. »

L’éducation est une forme de développement communautaire

« L’apprentissage est beaucoup plus qu’un simple processus éducatif permettant aux individus et aux organismes d’acquérir de nouvelles connaissances. Il s’agit également d’une forme de développement communautaire. Les membres d’une collectivité prennent une part active au chapitre des enjeux qui les touchent. En groupe, ils apprennent à circonscrire les problèmes, trouver des solutions et prendre les mesures nécessaires pour mener à terme des projets.

La résolution collective de problèmes est une forme d’apprentissage en vertu de laquelle les personnes jonglent avec les diverses possibilités, les compromis et les solutions de rechanges qui s’offrent à elles.»

The Reusability Paradox

Le carnet d’Eric Baumgartner m’a récemment permis de découvrir un groupe de recherche intéressant installé à Utah State University: The Reusability, Collaboration, and Learning Troupe.

Dans un texte intitulé The Reusability Paradox, les membres du groupe soumettent à notre analyse une démonstration selon laquelle l’assemblage automatisé de certains types « d’objets d’apprentissage » (learning objects) s’avère impossible.

« As we have demonstrated, the method learning object proponents have evangelized as facilitating reusability of instructional resources may in fact make them more expensive to use than traditional resources. […] the more reusable a learning object is, the harder its use is to automate. Identically, the less reusable a learning object is, the easier its use is to automate. »

Une proposition qui semblera bien provoquante pour plusieurs personnes que je connais au moment où les « learning objects » sont tellement à la mode… (même si, bien installés autour d’une bière, ces mêmes personnes admettent sans trop de peine que tout ne peut évidemment pas être aussi simples que le soutiennent les plus ardents défenseurs de l’approche « objets »).

Leur analyse s’ouvre néanmoins sur quelques pistes intéressantes:

« If a more constructivist view of learning is admitted, small, highly reusable objects can be brought to bear on instructional problems without suffering from scalability issues. This could be accomplished by creating learning environments in which learners interact directly with the small objects, manipulating and combining them to construct meaning for themselves. Computer Supported Intentional Learning Environments (Scardamalia, et al., 1989), Open-ended Learning Environments (Hannafin, et al, 1999), and other computer-based constructivist environments provide models of ways in which these small objects might be used by learners. »

Voilà qui n’est pas très loin des sujets de discussions qu’auront sans doute ceux et celles qui se rendront à Toronto la semaine prochaine pour IKIT Summer Institute 2003.

Communautés intelligentes?

Il est intéressant de constater que le gouvernement ontarien s’intéresse au modèle des « smart communities ». Selon Bénéfice.net:

« Seize municipalités et régions ontariennes ont obtenu du gouvernement provincial jusqu’à 1,1 millions chacune pour développer leur présence sur la Toile. Articulés autour du concept de communauté intelligente, ces sites Internet permettront aux municipalités et régions qui s’en sont prévalues, d’établir une relation privilégiée avec les citoyens et entreprises de leur coin de pays.

[…] ces communautés intelligentes devront pouvoir permettre à ses utilisateurs de pouvoir utiliser de services qui normalement nécessitaient un déplacement de la part du citoyen ou de l’entreprise.

De plus, ces communautés intelligentes devront à moyen terme offrir des outils autorisant un dialogue entre membres d’une même communauté ».

Il est toutefois déplorable que l’interaction entre les citoyens semble bien secondaire dans les priorités du gouvernement ontarien.

Avec un peu de cynisme on pourrait traduire ainsi le projet: « Prenez connaissance de ce que nous avons à vous dire, utilisez les services que nous mettons à votre disposition et nous vous autoriserons peut-être ensuite à discuter entre vous ». Comme si on croyait que « l’intelligence » débutait par une bonne dose de docilité.

Je me fais une idée beaucoup plus « interactive » et beaucoup moins unidirectionnelle de ce que l’organisation technologique d’une communauté devrait être pour être jugée « intelligente ».

D’ailleurs, dans un cas comme celui-là, il me semble qu’il serait beaucoup mieux parler de « communauté apprenante » que de « communauté intelligente », un concept qui suppose un jugement de valeur préalable.

Une communauté est-elle plus « intelligente » qu’une autre simplement parce qu’elle décide d’investir dans sa présence sur Internet? Je ne crois pas. L’inverse pourrait aussi être vrai. Tout est une question de ressources, de valeurs et de priorités.

Le meilleur et le pire de l’urbanisme ici et ailleurs

Via Gilles en vrac, via Le Monde: Suggestion d’un carnet intitulé Beyond Brilliance, Beyond Stupidity, qui répertorie de façon très originale les bons et les mauvais coups de l’urbanisme international.

À conserver. Fil XML ajouté à mes abonnements.

Autre bonne initiative, à laquelle je compte bien participer… l’open de Photographies citadines proposé par Québec Urbain.

Un simple téléphone? Vraiment?

Wow. Texte remarquable de Michel Dumais sur son carnet (et dans Le Devoir de demain sans doute):

« …l’impact des communications sans fil sera même beaucoup plus important que celui qu’a eu l’ordinateur dans nos vies au cours des années 1980-2000. L’espace d’un coup de fil, d’une communication, de l’envoi d’un message textuel ou la réception d’une photo numérique, ces nouveaux appareils risquent de changer le tissu social et de bouleverser les relations humaines telles que nous les connaissons.

Il n’y a qu’à voir la popularité des messages textes (SMS) auprès des jeunes pour se rendre compte de leur impact profond. »

En plein dans mes réflexions des derniers jours… et des prochaines semaines. Parce que j’ai repris l’écriture et que, justement, il faudra savoir la canaliser cette popularité des outils de télécommunications auprès des jeunes, idéalement vers des moyens d’exercer de nouvelles formes de citoyenneté…

Ajustements

Note: Suite à quelques ennuis de serveurs qui sont sur le point d’être réglés, j’ai entrepris de procéder à une petite mise à jour esthétique du site.

C’est loin d’être terminé… pardonnez donc les couleurs criardes et les inconvénients qui pourraient accompagner les prochaines heures de travail.

Merci.

Knowledge building vs autres formes d’activités d’inspiration constructivistes

La perspective développée par l’Institute for Knowledge Innovation and Technology IKIT) sur le Knowledge Building et la Dynamics of Knowledge Building me semble très juste et particulièrement bien décrire la dynamique qui prévaut dans la carnetosphère. Un extrait:

« Knowledge building is work on the creation and improvement of ideas. The dynamic is social, resulting in the creation of public knowledge. In contrast to knowledge situated within the individual mind (the traditional concern of education) and knowledge situated in the practice of groups (the concern of situated cognition and communities of practice), public knowledge has an out-in-the-world character. »

L’aspect « empowerment » (parfois très proche du caractère politique des communauté d’apprentissage auquel je faisais référence hier) semble intrinsèque à la dynamique de « knowledge building » proposée par IKIT:

« To understand knowledge building it is essential to distinguish learning–« the process through which the cultural capital of a society is made available to successive generations » from knowledge building–the deliberate effort to increase the cultural capital. »

Worrying about content being stolen vs dialogue

Témoignage de Robert Paterson, professeur à Prince Edward Island University, en réaction aux commentaires formulés par Sebastian Fielder au sujet d’un texte portant sur les obstacles à l’apprentissage collaboratif.

« The ideas in this post are dear to my heart as I teach online at UPEI. I have found that effective teaching online demands a really different pedagogy from the sage on the stage model of content transmission. I laugh when some e of my colleagues in the faculty worry about their content being stolen when I have found that what works best is dialogue, […]

Very soon we shift gears up from the abstract to how each of us can make a difference. We leave the world of the case studies and we look at ourselves. By week 4, we have lost the academic voice and we are in Cluetrain territory where all of us are revealing a great deal about who we really are as people. The material has become an excuse to explore our lives. […]

So the content is really only a catalyst. We have gone back to the Socratic method and it is hard to tell the prof from the student. […] I have found that it is the quality of the conversation that counts the most. […] There is huge resistance to this type of approach from most faculty because they know no other way of teaching. […]

A lot more has to change before this approach is commonplace. School itself is a huge barrier as it en-cultures the kids to be passive learners. »

Fielder sur Illich, les Learning Webs, etc.

Je faisais référence hier au chapitre Les réseaux du savoir de Une société sans écoles, d’Ivan Illich.

Je découvre ce soir par hasard que Sebastian Fiedler a récemment cité à au moins trois reprises le même texte dans des contextes très semblables:

Reference services for educational objects

Learning Webs

Technologies for deschooling society?

Rien de révolutionnaire, mais ça m’encourage à poursuivre mes réflexions dans cette direction.

Et je réalise par la même occasion que la version anglaise de l’ouvrage semble être disponible en entier ici… Wow!

The Secrets of Successful Idea People

Via elearningpost, un texte que je n’ai encore eu le temps que de lire en diagonale mais qui m’interpelle beaucoup et qui décrit assez bien, je pense, plusieurs des pratiques que la carnetosphère favorise par son organisation. Tiré du Harvard Working Knowledge à lire bientôt beaucoup plus attentivement.

« What idea practitioners share is more than the ability to get excited by an idea’s potential. As they scan the horizon for new ideas to bring back to their companies, their finely honed sensibility for what it will take for an idea to overcome internal resistance serves as a filter. Only those ideas that pass this workability test get brought forward. […] Recognition is not the true measure of success‹for an Idea Practitioner, the real reward lies in seeing the idea make a difference in the life of the organization.. »

Illich, la technologie, les médias et l’éducation

En relisant ce soir le quatrième chapitre du célèbre « Une société sans école » d’Ivan Illich (dont le nom était plus juste en anglais: Deschooling Society), je m’émerveille de constater à quel point ce texte, rédigé en 1970 préfigurait l’apparition d’Internet et des carnets. Bien sûr, tout n’y était pas, et l’utilisation que nous faisons actuellement des carnets ne correspond pas tout à fait à ce que l’auteur souhaitait… mais on est quand même pas trop loin.

Je note pour réflexion ultérieure cet extrait du chapitre, intitulé « les réseaux du savoir ». Il serait particulièrement intéressant de le mettre rapport avec cette autre lecture au sujet des télévisions communautaires du Venezuela.

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