À la recherche de l’intelligence collective… à partir d’Ottawa!

J’ai toujours cru que l’utopie était nécessaire pour faire avancer la réflexion d’un groupe. Cela constituera sans doute une partie des occupations de Pierre Levy à l’Université d’Ottawa. C’est du moins ce que nous laisse entrevoir cet article du journal Le Monde. [via Michel Dumais]

Je reste toutefois préoccupé par la formulation de ces utopies. Encore faut-il qu’elles soient bâties à partir d’exemples, d’idées et de concepts qui s’inscrivent dans la zone proximale de développement des gens qui sont susceptibles de s’y intéresser.

Improving our ability to improve | Le défi de l’imagination

Habile copier-coller synthètique de Sébastien Paquet sur un texte absolument remarquable de Douglas Engelbart intitulé Improving our ability to improve: A call for investment in a new future.

Une lecture qui accompagne tout naturellement celle du livre dans lequel je me suis plongé dans les derniers jours: Le Défi de l’imagination ‹ comment résoudre les problèmes de l’avenir?, de Thomas Homer-Dixon. Il faut d’ailleur voir à quel point la quatrième de couverture du livre et la section About Bootstrap Alliance du site de Douglas Engelbart sont semblables!

Synthèse: Lilia Efimova au sujet de Knowledge work as craft work de Jim McGee

Lilia Efimova nous a offert au cours de la fin de semaine une courte synthèse de quelques interventions lues ici et là dans la blogosphère au sujet d’un article de Jim McGee que je souhaitais commenter depuis longtemps: Knowledge work as craft work.

Parmi les éléments qu’elle retient, et qui méritent à mon avis d’être mis en relation autant avec le phénomène du blog (dans une perspective de knowledge management) qu’avec les discussions en cours sur le portfolio numérique (dans une perspective un peu plus scolaire):

« …with the advent of purely digital methods of working, only the finished product survives. This implies that it is only the finished item, and not how it was derived, that has value. But we know that’s wrong, our experience tells us that seeing the production is how we learn. » (Matt Mower)

Les commentaires qui suivent le texte de Lilia valent également la peine d’être lus puisqu’ils reflètent très bien, et de façon concrète, cela même dont il est question.

Weblogs: pourquoi et quoi ne pas faire selon Jim McGee

Dans un texte un peu peu plus fourretout qu’il en a l’habitude, Jim McGee nous offre deux angles intéressants pour analyser les enjeux qui entourent le monde des weblogs.

Le premier angle met habilement le doigt sur la principale force des weblogs: « To plug someone into the conversation ».

« The key to plugging into the conversation in the virtual world is the same as it is in the real world: a friendly guide. A guide can point out where the best rides are and introduce you to all the other friendly people in town. »

Ça me fait penser à « l’art de la rencontre » qu’Albert Jacquard propose comme finalité du système éducatif.

Le second angle, attire notre attention sur les risques qui sont associés à un trop grand focus sur le contrôle de la sécurité lorsqu’on souhaite favoriser l’émergence d’un réseau de weblogs.

« The natural tendency for managers introducing k-logging into organizations will be to worry about boundaries, security, and control. Worrying too much about those issues will limit the value of k-logging and risk marginalizing it. Better to address these issues from the starting point of connectivity and flow that needs to be channeled instead of walls that need to be knocked down. The sooner that k-loggers face the fundamentally public nature of knowledge work, the sooner they will find the value of k-logging for the organization »

…une réflexion qui ressemble beaucoup à la critique que je formulais récemment à l’endroit du ministère de l’Éducation du Québec en rapport avec son document sur le portfolio numérique.

Logiciels dans les écoles: ouverts ou fermés?

Carrefour-Éducation me demandait l’an dernier de rassembler dans un bref dossier « ce qu’il faut savoir pour être en mesure d’évaluer le coût des logiciels pour les écoles ». Ça n’avait pas été une mince affaire, mais voilà le résultat que ça avait alors donné.

Six mois plus tard, j’ai préparé pour Carrefour-Éducation une suite à ce dossier, dans le but d’explorer un peu plus les raisons qui pourraient motiver le choix de logiciels à codes sources ouverts (aussi dits, « libres ») par rapport à des logiciels à codes sources fermés (aussi dits « propritétaires ») dans le contexte du système scolaire.

Dans le même ordre d’idées, je me permets de signaler la publication récente d’une synthèse de plusieurs des études sur Linux dans le réseau scolaire québécois qui m’ont été utiles dans la préparation de ces dossiers. C’est sur le site du Réseau de télématique scolaire québécois (RTSQ). Aussi, cette carte de l’utilisation de Linux dans les écoles du Québec, qui nous est fournie par LinuxÉdu Québec.

Forced blogging = flogging?

« Although I decided early on in the design of TEC924 to require students to maintain a weblog as part of their individual course work I elected to be fairly non-directive about how and when to use the weblogs in the context of the course. On reflection, that was a mistake. (…) »

« There are four hurdles to pass to move from willing volunteer to competent blogger: learning the technology environment, developing an initial view of blogging, plugging into the conversation, and developing a voice. These are not so much discrete phases as they are parallel tracks that can be managed. « 

Source: McGee’s Musings

School Blog or Not

« Should Bryant Elementary implement its new web presence using Web log tools? » Good question – and what better forum for addressing the topic than to post research and ideas on the topic in blog form as they occur. I really like the
genuine uncertainty with which the author, an involved parent, approaches the topic. The author has also « created a school site review blog for deconstructing other school web sites. Purely my own opinionated views but I wanted to keep track of them. I think I’m now seeing some patterns and uncovering some best practices. Overall the best sites also are the sites with most prominent news – at least, I don’t think I’m imagining
this correlation. »
(copié-collé de Stephen’s Downes OLDaily, October 16, 2002)

Télé-université: une vision qui fait du bien

Voilà ENFIN l’intervention que j’attendais dans le dossier de la Télé-université. Ça me convient… si c’est ça le projet, ça vaut le coup d’essayer. Reste à savoir pourquoi c’est un employé de la Télé-université qui la formule dans le courrier des lecteurs plutôt que les dirigeants de l’Université du Québec qui, s’ils avaient été aussi clairs dès le début, se seraient possiblement évité tout le quiproco médiatique.

« L’Université du Québec aurait pu être une université très contemporaine, innovatrice, différente des anciennes universités, Laval et Montréal. Comme il arrive bien souvent, on a voulu imiter fièrement et bêtement les universités notoires au lourd passé en choisissant un régime seigneurial, une université classique pour chaque région, un réseau d’universités et non une université en réseau. (…)

L’université est en crise de modèle et de finalité. Cette fois-ci, par une chance inouïe liée à notre mission, la Télé-université peut être au c¦ur de cette réorientation. (…)

Nous sommes appelés à changer pour un nouveau modèle, à la fois campus et à distance; un nouveau centre va se créer. (…)

Allons maintenant négocier férocement un statut juridique qui va respecter la mission de la Télé-université et lui donner un campus à Québec et du télé-enseignement à Montréal, avec enthousiasme et détermination pour faire entrer le cheval de la médiatisation dans l’ancien monde de l’université et transformer, au cours de la prochaine décennie, cette jeune université publique, l’Université du Québec, en vrai leader universitaire. »

Freinet: l’imprimerie, bien sûr, mais aussi la politique!

Il est de bon goût aujourd’hui de faire référence à l’oeuvre de Freinet lorsqu’on parle de réforme scolaire, de pédagogie du projet ou d’utilisation des nouvelles technologies à l’école. On signale souvent que « l’imprimerie à l’école » devrait inspirer l’usage pédagogique d’Internet.

Toutefois, il me semble que cette association entre l’imprimerie à l’école et la publication de pages Web par les élèves ne prend pas suffisamment en compte l’importance que Freinet accordait aux liens entre l’école et son milieu, à l’autonomie des élèves dans leur démarche d’apprentissage et au caractère politique de l’enseignement.

Pour tenter de comprendre ce que Célestin Freinet aurait pensé des technologies de l’information, de la communication et de la collaboration dont nous disposons aujourd’hui, j’ai lu ce soir, avec beaucoup de plaisir, les premiers chapitres du mémoire de maîtrise de Delphine Lafon, intitulé Célestin Freinet ou la révolution par l’école. En voici un collage d’extraits…

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Le portfolio numérique selon le MEQ

Le ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) vient de rendre public un document de 55 pages portant sur le portfolio sur support numérique.

Une première lecture m’a laissé un peu perplexe parce que, d’une part, le document aborde la question du portfolio de façon très institutionnelle et que, d’autre part, on y donne l’impression qu’avant de pouvoir faire appel au porfolio numérique, une école devra nécessairement faire le choix d’une plateforme de gestion de portfolio numérique ‹ comme s’il s’agissait nécessairement d’une solution clé-en-main préparée par les bons soins d’une entreprise comme Microsoft. J’exagère à peine.

Pour moi, un portfolio doit avant tout être vivant, flexible et source de fierté pour celui ou celle qui l’a constitué. Dans un contexte scolaire, le portfolio doit également (surtout?) permettre aux élèves de saisir que l’apprentissage est un phénomène social ‹ dont la valeur et la portée dépendent largement de l’étendue et de la richsse du réseau dans lequel il s’opère. Le portfolio devrait par conséquent servir d’interface entre quelqu’un qui apprend et un vaste ensemble de personnes qui s’inspirent et s’entraident mutuellement (et des personnes qui ne sauraient être uniquement situées dans l’école!) Ce sont des préoccupations malheureusement très diffuses dans le document ministériel (au mieux sont-elles sous-entendues)… qui ne donne pas beaucoup le goût de se lancer dans l’aventure du portfolio.

Ce n’est quand même pas un document sans intérêt, notamment parce qu’il présente une typologie pratique du portfolio qui pourra aider de nombreux intervenants à préciser les besoins auxquels ils souhaitent répondre en privilégiant une telle approche.

Salmigondis autour des weblogs et de l’apprentissage

Depuis un mois je me passionne littéralement pour le potentiel éducatif des weblogs (éducatif au sens large, évidemment! surtout pas uniquement dans le sens de scolaire).

Sans trop savoir de quelle façon, je sens que plusieurs des idées et des concepts qui me sont chers depuis de nombreuses années se rejoignent dans la maîtrise technique actuelle des personnal knowledge publishing tools (pour lesquels je suis d’ailleurs toujours à la recherche d’une traduction satisfaisante). Comme si ces outils allaient enfin me permettre de voir des concepts puissants prendre forme alors qu’ils étaient jusqu’à présent demeurés relativement abstraits. Parmi ces idées et ces concepts ‹ dans le plus grand désordre:

– Les arbres de connaissances;
– L’intelligence collective;
– Les communautés de pratique;
– La participation périphérique légitime;
– La zone proximale de développement;
– Le portfolio d’apprentissage;

Les mots de Freinet, Freire, Vygotsky, Lave et Wenger, Authier et Levy me trottent dans la tête chaque fois que je m’émerveille du potentiel éducatif des weblogs. J’aimerais donc savoir ce que chacun d’eux ferait de ces extraordinaires outils!

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