Lifestyle

Le street art de Banksy, Shepard Fairey, Roadsworth et MissTic m’ont toujours fasciné. Je ne m’en lasse pas. J’adore la rencontre de la provocation et de l’esthétisme, à plus forte raison quand elle s’incarne au coeur même de l’espace public. J’ai une profonde admiration pour ces artistes plus que jamais indispensables à la démocratie.

J’ai lu avec plaisir il y a quelques instants qu’un nouveau message de Bansky avait été trouvé dans le quartier Canary Wharf de Londres (le plus important quartier d’affaires après la City). Il y est indiqué, d’une écriture sobre:

Sorry! The lifestyle you ordered is currently out of stock

Il faut le voir! — et si vous aimez, je vous suggère de poursuivre l’exploration de son oeuvre avec Exit Through The Gift Shop, un film d’une durée d’1h26.

* * *

Tout cela m’a rappelé la photo ci-dessus, prise l’été dernier au détour d’une minuscule ruelle du Vieux-Montréal. Beaucoup moins caustique, mais tout aussi interpellante.

Avec vue

C’était en juillet. J’expérimentais Photosynth.

Beaucoup de ciel, quelques nuages, des routes qui s’entrecroisent, un large horizon et un petit bout de table pour écrire.  Mais surtout, un espace bien connecté.

Amusant de constater qu’une guérite et des flèches entrée/sortie ont pris la place du clavier.

On a déjà parlé d’inforoutes pour nommer Internet, mais c’était il y a bien longtemps.

L’entrée

Deux portes de bois noir laqué. Une pointe de lumière blanche qui s’étendait sur le trottoir. Je n’ai eu qu’à entrer.

Aucun signe de vie. Pas un bruit. Le temps semblait s’être arrêté.

Un tunnel sans fin apparente. Un repère intrigant.

Je me suis demandé s’il existait dans cette ville un réseau de routes souterraines dont cette porte aurait été une entrée discrète accidentellement révélée par la fugue d’un autorisé.

Je n’ai pas osé pénétrer davantage, mais je me suis surpris à crier.

— Il y a quelqu’un?

N’ayant obtenu pour réponse que le scintillement d’une lampe, à mi-chemin dans le tunnel, j’en ai conclu que cet espace mystérieux était plutôt une réserve de temps; de l’ancien temps.

 

Dernier cri

Ce n’est pas un orignal miniature.

Ce n’est pas non plus une fourmi qui aspire à faire partie de l’attelage du Père Noël.

C’est nous.

C’est une image. Je l’ai prise dans le National Geographic.

Cette fourmi croit que c’est le dernier cri en matière d’antennes qu’elle a sur la tête, et qu’avec ça,  elle pourra sûrement tout savoir avant tout le monde. Être une fourmi 2.0.

Mais ce n’est pas tout à fait ça.

C’est un champignon qu’elle a sur la tête. Et pas n’importe quel champignon… un champignon capable de prendre le contrôle de son cerveau pour l’amener à un endroit où ses spores pourront se développer et être efficacement dispersées. Alors, il tuera la fourmi.

Je n’invente pas, c’est écrit dans Ten Weirdest Life-forms of 2011. Ce sympathique champignon s’appelle Ophiocordyceps camponoti-balzani.

L’article ne dit pas si le champignon peut s’attaquer à l’être humain, mais on est jamais trop prudent.

Le sac

C’était il y a quelques mois — bien avant l’hiver, tôt le matin, rue Saint-Paul.

Il avait avalé toute les couleurs de la scène. On ne voyait que lui : lourd, précieux, omniprésent.

Celui qui le portait avait un air mystérieux, un parapluie à la main. Il ne pleuvait pas. C’était le parapluie du funambule.

C’était un rêve. J’en suis sûr.

La liberté

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Le livre était sur le couvercle du réservoir de la toilette. Celle du sous-sol. Celle que les enfants utilisent le plus souvent.

La liberté c’est quoi?

Y’a pas de mauvaise place pour explorer le sens de la vie — faut croire!

Un livre de recette aurait été moins à sa place, c’est certain. Mais un livre de philo, sur la toilette, ça va!

Après tout, la liberté c’est quelque chose qui nait dans la connaissance de soi, dans la solitude, et qui se développe seulement ensuite dans la rencontre de l’autre — une fois soulagé des poids de sa propre existence.

Il y a toujours eu des livres et des magazines à la toilette, depuis que je suis très jeune. Je pense qu’il est temps de rebaptiser cette pièce la petite bibliothèque philosophique.

Comme dans: « excusez-moi, je reviens, je vais juste faire un tour à la petite bibliothèque philosophique ».

Danse macabre

Incroyable ce qu’une idée saugrenue peut nous amener à trouver.

Au dîner, échange absurde avec une nièce. J’imagine un cannibale musicien qui jouerait du xylophone sur les côtes de ses victimes.

— franchement, Clément…

— ben quoi, je suis certain que quelqu’un d’autre a déjà pensé à ça.

Je sors mon iPhone, ouvre Safari, Google:

jouer du xylophone sur un squelette

Étonnant!

Je découvre les Silly Symphonies de Disney — une série de courts métrages musicaux, créés à partir de 1929 — et parmi celles-ci la Danse macabre, où à 3 minutes 45 secondes ont voit un squelette s’emparer des fémurs d’un autre squelette pour jouer du xylophone sur sa colonne vertébrale, ses côtes et son crâne. J’adore ce court film — quelle liberté!

— tu vois, je te l’avais dit! et pas n’importe qui… Walt Disney!

Je vous invite aussi à découvrir les Mélodies égyptiennes, qui sont aussi d’une extraordinaire fantaisie.

Dix minutes pas une de plus

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Toujours dans le but de multiplier les occasions d’écrire, j’inaugure une nouvelle catégorie de textes: dix-minutes-pas-une-de-plus.

Cette catégorie regroupera des textes écrits dans un temps contraint de dix minutes. Un temps qu’on peut aisément dénicher parmi les contraintes d’une journée, même très chargée.

Les textes seront inévitablement imparfaits, parfois même incomplets, mais ils auront le mérite d’être là.

2012

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La parole à Stéphane Laporte, qui formule, à mon sens, les meilleurs voeux pour 2012:

« Et si, en 2012, c’était ça, notre résolution: s’en trouver une? Une belle, une vraie, une grande. On l’accomplira en 2013, en 2014 ou en 2025, mais au moins on l’aura trouvée. Cette résolution collective sur laquelle nous pourrons bâtir.

Il n’y a que le 31 décembre, à 23heures 59 minutes et 59 secondes, que nous réalisons que l’avenir est dans une seconde. Pourtant, l’avenir est toujours dans une seconde. À nous d’en faire quelque chose. »

Source: 2012, et puis après?

Flacatoune

Gros mollet, Flacatoune, Polissonne… les noms de bières québécoises sont généralement amusants et sans prétention — comme le sera notre soirée du Nouvel an.

Rien de mieux que de tourner la page sur 2011 avec famille et amis, dans un joyeux pot luck alimentaire aux odeurs de fougasses, de cassoulet, d’épices et de gâteau au fromage (et quoi d’autre? on verra bien!).

Ont également été invitées: La Champenoise, les Trois mousquetaires (blonde et blanche), Griffintown, Place du marché, Wit de Dunham, Wan derbull et Beta #6. Elles vous saluent, tout droit sorties de la Boîte à bières.

Allez, bonne année tout le monde! Santé!