À la fois gratuit… et le meilleur vendeur de l’année 2008

Lu sur Framablog:

« On risque d’en parler longtemps. Imaginez-vous en effet un album de musique sous licence Creative Commons, disponible gratuitement et légalement sur tous les sites de partage de fichiers, et qui arrive pourtant en tête de meilleurs ventes 2008 sur la très fréquentée plate-forme de vente en ligne Amazon ! »

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Dénoncer la censure ou aider les libraires?

Le 22 décembre, François Guité (blogue temporairement inaccessible) signalait par Twitter son dégoût devant la décision d’Apple de censurer un livre sur le App Store — la boutique d’applications (et de livres numériques) du iPhone et du iPodTouch. D’autres blogueurs s’offusquaient aussi, notamment sur GalleyCat et sur Teleread.

Tout en déplorant le fait qu’Apple choisisse d’intervenir de cette manière, je ne m’en offusque pas outre mesure et je ne suis pas prêt à crier à la censure. Comme tous les libraires — et tous les commerçants — Apple peut bien décider ce qui sera vendu dans sa boutique.

Il me semble que le risque n’est pas tant qu’Apple ne vende pas tous les livres… c’est plutôt qu’il y ait trop peu de boutiques différentes sur le Web pour permettre à tous les livres de trouver leur chemin vers les lecteurs qui sont susceptibles de s’y intéresser. Le risque c’est que le App Store et/ou Amazon et/ou fnac.com et/ou Archambault.ca et/ou Renaud-Bray.ca se partagent une trop grande proportion du marché du livre numérique.Vous ne croyez pas?

Il faut souhaiter un écosystème commercial riche pour le livre numérique — avec une place pour de nombreux libraires — qui mettront en valeur des livres différents et qui sauront trouver de nouvelles façons de mettre en contact des auteurs et des lecteurs.

Et je crois que nous sommes tous un peu responsables de faire en sorte que cela arrive…

De lecture et de jeux vidéos

Virginie commence l’année en citant un texte provocateur de Adrian HonThe Long Decline of Reading — dans lequel celui-ci suggère notamment que les auteurs et les éditeurs devraient emprunter certaines méthodes des réalisateurs de jeux vidéos pour intéresser davantage les jeunes lecteurs — les digital natives. Extraits:

« Allez dans n’importe quelle conférence sur les jeux vidéo, nous entendrez les gens parler de “récompense”. Les concepteurs ont réalisé (ou décidé ?) que récompenser le joueur en permanence était le moyen de l’accrocher. Ces récompenses peuvent prendre la forme d’extraits d’histoires, de nouveaux niveaux ou de nouveaux mondes, de trophées, d’animations, de vidéos, de points… qu’importe. Quelles qu’elles soient, elles doivent revenir régulièrement et fréquemment pendant la totalité du jeu, et, le plus important, au début du jeu.

Dans les dix premières minutes de beaucoup de nouveaux jeux, les joueurs reçoivent un tel tourbillon de récompenses (…) cela peut sembler ridicule, et parfois ça l’est, mais un encouragement constant maintient le joueur en contact avec le jeu suffisamment longtemps pour qu’il entre dans l’histoire (…)

Les livres ne sont pas interactifs. Vous ne pouvez pas donner aux lecteurs des récompenses parce qu’ils ont réussi à atteindre la page 6 (bien que…) Le principe est cependant le même : vous devez donner de l’élan au lecteur. Vous devez l’aider à traverser ces dix premières minutes énervantes, pendant lesquelles il n’est pas encore immergé dans le flux, et qu’il est encore susceptible d’être distrait par la télé, la radio, son portable, son ordinateur. Après ces dix minutes, s’il est accroché, il est accroché… (…)

Et Adrian Hon d’ajouter, faisant sans doute référence au moment où les livres seront distribués sous formes numériques:

« Faire que ces premiers paragraphes, ces cinq premières pages, soient toujours plus palpitantes sera la meilleure manière d’attirer de nouveaux lecteurs. Que cela soit réalisé au moyen de texte ou d’une présentation, via des sonneries de cloches et des sifflements ou du drame, l’objectif est de capturer l’attention. et ensuite, graduellement, insidieusement, engager les gens à continuer à lire par la seule force de la narration . »

À réfléchir.

Le fil de la mémoire des lecteurs…

Après Ça sent la coupe, je suis plongé dans la lecture de Lectodôme, de Bertrand Laverdure. Mes commentaires suivront bientôt, mais, d’ici-là, voici trois extraits d’un dialogue entre l’auteur et son éditeur, trouvé sur le blogue des éditions Le Quartanier.

« Je suis fasciné par l’apparition d’extraits de livre ou de livres entiers dans les livres. L’univers de la littérature est un univers tautologique, une vaste entreprise de relais d’œuvres. On écrit parce que nous avons lu; nous lisons pour écrire. L’ADN du style de chaque auteur correspond à ce qu’ils ont digéré des livres qu’ils ont lus. C’est pour cette raison que je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas plus de livres mentionnés dans les romans contemporains. Nous vivons à une époque d’abondance littéraire et cet état de fait devrait se traduire par des hommages incessants aux auteurs qui nous ont frappés ou à ceux qui nous agacent. Les auteurs marchent dans une boue d’influences complexe et ils semblent avoir nettoyé leurs souliers en écrivant. »

« Je souhaite transformer chacun de mes romans en magazine contemporain de mes lectures et, incidemment, mettre de l’avant la lecture de mes collègues écrivains, mes lectures québécoises. Pourquoi? Parce que la diffusion des œuvres contemporaines fait défaut. Quelques articles sont publiés à la sortie des livres (encore, si l’écrivain est chanceux) et puis un silence de mort s’ensuit. Pourtant, la vie du livre, surtout de la fiction, repose entièrement sur le relais que peuvent en faire les praticiens ou les lecteurs. Hormis les succès internationaux ou les livres populaires (Le petit prince ou Harry Potter) le relais des œuvres littéraires issues d’un corpus à faible diffusion (comme les livres québécois) ne tient qu’au fil de la mémoire des lecteurs. »

« C’est ainsi que je me suis donné comme mission littéraire d’évoquer dans tous mes romans (Gomme de xanthane, Lectodôme et même le roman pour adolescent qui je publierai en 2009 à La courte échelle) au moins une dizaine d’auteurs québécois que je respecte, ai lus, ou admire. La curiosité intellectuelle est selon moi le premier devoir de l’écrivain. »

* * *

Quand Bertrand Laverdure dit que…

« la vie du livre (…) repose entièrement sur le relais que peuvent en faire les praticiens ou les lecteurs (…) [et que] le relais des œuvres littéraires issues d’un corpus à faible diffusion (comme les livres québécois) ne tient qu’au fil de la mémoire des lecteurs. »

…je trouve qu’il décrit très bien une des raisons qui explique que le développement de la blogosphère est aussi déterminant pour la culture québécoise — et pourquoi la dématérialisation du livre représente une opportunité extraordinaire pour la majorité des auteurs (et des éditeurs) d’ici.

ISBN | 9782923400440

Sur les bouleversements à venir dans le monde du livre…

Le Devoir a publié samedi un texte intitulé Culture : l’épreuve de la dématérialisation (réservé aux abonnés), dont l’essentiel porte sur la presse écrite et l’avenir des journaux, mais dont la dernière partie s’intéresse à l’avenir du livre. Et là, franchement, je n’ai pas de félicitation à faire à Stéphane Baillargeon: catastrophisme, approximations, erreurs factuelles. Désolant. Je me suis permis de le dire…

Fort contraste avec le ton adopté par Hugh McGuire le même jour, dans le Huffington Post (info). Son texte, intitulé What If the Book Business Collapses? explore de façon beaucoup plus optimiste les bouleversements qui se profilent à l’horizon pour le monde du livre. Quelques extraits:

« The state of the book publishing business is dire. Publishers are cutting back staff, editors are getting fired, or leaving. Amazon is putting the squeeze on everyone, and bookstores across the land are having a hard time, with major closures expected. (…)

So the rest of us, readers and writers and lovers of books, entrepreneurs and technologists (…) are going to have to come up with new and different ways to get books written, published and in the hands of readers. (…)

I’m optimistic. New technologies are coming along that change the economics of books: ebooks, ipods, print-on-demand, the web, and more to come yet. The readers are there, maybe fewer of them, but no less passionate. The writers are there. (…)

So it’s up to us — all of us who care about books — to figure out what the book business is going to look in the next decade or so.

Exciting times. »

Je partage cette excitation.

Survol des défis du numérique du point de vue des auteurs

J’ai eu la chance de m’adresser samedi dernier à une centaine d’auteurs membres l’UNEQ — une présentation qui semble avoir été appréciée. Le thème était ainsi décrit dans le programme de l’après-midi:

« … [la] présentation illustrera, à partir d’exemples concrets, l’intense bouillonnement qui secoue le monde du livre – non pas dans le but d’en tracer un portrait idyllique, ou catastrophique, mais pour aider chacune des personnes présentes à développer un regard personnel sur cette fascinante transformation culturelle. »

J’étais accompagné à cette occasion par Monsieur François M. Grenier, avocat spécialisé en litige dans le domaine de la propriété intellectuelle, chez Léger, Robic, Richard, à Montréal.

L’atelier a passé beaucoup trop vite (30 minutes chacun + période de questions)… c’est un peu frustrant, mais je suis convaincu que nous aurons d’autres occasions pour approfondir. Et, d’ici là, j’ai promis aux participants de mettre à leur disposition l’ensemble des liens auxquels j’ai fait référence (et ceux auxquels j’aurais souhaité faire référence, mais que je n’ai pu évoquer faute de temps). Les voici donc, à peu près dans le désordre — parfois suivi d’un court commentaire.

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reimpression

Dans le contexte où je travaille actuellement à cartographier le monde de l’édition au Québec, de façon générale, et de l’édition numérique, en particulier, je (re)découvre plusieurs sources d’information très pertinentes pour alimenter ma réflexion.

En plus de m’assurer qu’ils soient présents dans mon agrégateur, je tenterai dans les prochains jours de les inscrire ici afin d’apporter ma contribution réseautage des gens qui s’intéressent à l’influence des technologies sur le monde de l’édition.

À commencer ce soir par reimpression, le blog personnel de Martin Robert, responsable des services techniques et du développement à la Société de gestion de la BTLF.