Neuf ans plus tard

(photo complète)

J’aurais pu y être.

C’est l’amour qui m’a sauvé.

J’y étais avec Ana. Elle était enceinte de notre troisième enfant.

Nous avons paressé au lit ce matin-là. Jusqu’à 8h.

Et nous sommes descendus déjeuner au resto de l’Intercontinental — à deux pas des Twin Towers.

C’est là que nous avons vécu notre 11 septembre.

Si nous n’avions pas paressé, par amour, j’aurais été au dernier étage d’une des tours à l’heure du drame — pour voir la ville se réveiller. C’était mon programme initial — Guillaume m’en avait fait la suggestion, la veille, au terme d’une longue marche dans la ville. Il habitait New York depuis quelques années — je découvrais la ville, pour la première fois.

* * *

J’ai vu la destruction, les regards hagards et la peur. Une extraordinaire solidarité entre les gens aussi.

Ça me trotte toujours un peu dans la tête. Pas comme un traumatisme, au contraire: comme une expérience unique qui me pousse à voir les choses autrement, à croire profondément que tout est possible — le meilleur et le pire.

Je constate avec un certain étonnement que j’ai réussi à ranger cette journée parmi les événements positifs de mon histoire personnelle — c’est le moment où j’ai le plus intensément vécu la dynamique complexe entre le moi, le nous familial et l’humain.

J’ai véritablement compris ce jour-là que l’histoire ne s’écrit jamais sans nous. L’histoire, c’est ce qu’on en fait — ensemble. Même l’histoire avec un grand H. Surtout l’histoire avec un grand H.

* * *

Livres et Internet

Un texte court, mais important, de Hugh McGuire, sur O’reilly RadarThe line between book and Internet will disappear:

The secret […] is that an .epub file is really just a website, written in XHTML, with a few special characteristics, and wrapped up. It’s wrapped up so that it is self-contained (like a book! between covers!), so that it doesn’t appear to be a website, and so that it’s harder to do the things with an ebook that one expects to be able to do with a website. EPUB is really a way to build a website without letting readers or publishers know it.

But everything exists within the EPUB spec already to make the next obvious — but frightening — step: let books live properly within the Internet, along with websites, databases, blogs, Twitter, map systems, and applications.

Double pagination

Peux-être un jour imprimerons-nous deux numéros de page sur chaque page d’un livre ? L’un indiquerait sa place dans ce livre particulier, l’autre son identifiant dans le Livre des Livres.

— Extrait d’un texte de Frédéric Kaplan qui, partant du Livre de sable, de Borges, réfléchit sur le livre dans un espace culturel de plus en plus numérique.

À lire particulièrement dans le contexte de la première édition de Québec en toutes lettres…

Viva España

J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre la Coupe du monde au cours des dernières semaines. Cela été vraiment très agréable de suivre la compétition à travers des journées de travail très — parfois trop — bien remplies. Je regrette que cela soit déjà terminé.

Mes équipes favorites au début de la compétition étaient, dans l’ordre: l’Uruguay (pays d’origine de ma belle-famille), le Ghana (mon équipe africaine fétiche), la France (comment faire autrement après y avoir vécu la Coupe du monde de 2006?) et l’Espagne.

La France a terriblement déçu — n’en parlons plus.

Le Ghana a fait un superbe parcours — quelle fin de match extraordinaire contre les États-Unis!

L’Uruguay: wow! Ça été extraordinaire de suivre l’Uruguay — tous les joueurs, mais Forlàn surtout, qui s’est vu décerner aujourd’hui le ballon d’or!): E-X-T-R-A-O-R-D-I-N-A-I-R-E. Inoubliable.

Et pour l’Espagne — eh bien: viva España! Bravo — rien à ajouter! C’est une première Coupe du monde très bien méritée!

Nous avons craint il y a quelques jours avoir un problème de voisinage — au moment où il était encore possible que l’Uruguay affronte l’Espagne en finale (ou en petite finale), mais finalement, tout est bien qui finit bien… les deux équipes n’auront pas eu à s’opposer, et nous avons pu conclure le tournoi avec les voisins autour d’un bon repas: pain, chorizo, sangria, paella et vins espagnols.

Il a été amusant de réaliser, au cours du repas, qu’il y a dans un périmètre de deux minutes de marche autour de la maison des voisins qui sont originaires d’Espagne, des Pays-Bas, d’Allemagne et d’Uruguay… les quatre pays finalistes de la compétition.

Ça été une bien belle fin de mundial.

Rendez-vous au Brésil en 2014… à quelques kilomètres de l’Uruguay! Et cette fois, ce sera la bonne pour la Celeste… je le sens!