Écrire

Des projets personnels aux échanges avec les amis, en passant par le blogue d’Éric Chevillard (texte repéré par René: merci!), jusqu’au coffre de Pierre Gagnon dans Mon vieux et moi*, tout m’invite à écrire plus ici.

Je l’ai déjà dit. Je ne l’ai pas toujours fait. Cette fois peut-être.

C’est pourquoi : tout homme sera tenu désormais de fixer dans un livre la forme de son esprit ; au programme de toute existence désormais, cette obligation contractuelle, un livre…

Source: 1030, Éric Chevillard.

 

* * *

 

* Mon vieux et moi, de Pierre Gagnon, publié chez Autrement. J’ai adoré ce court roman: beau, triste et drôle à la fois. Un véritable coup de coeur. Pour le découvrir, visionner ceci, ou lisez ces textes, presque tous enthousiastes.

 

Mise à jour: Oups… on me souligne que le livre a précédemment été publié au Québec, aux Éditions Hurtubise. On peut donc se le procurer facilement dans toutes les librairies, notamment ici.  L’éditeur parle d’ailleurs du succès du livre en France ici.

Neuf ans plus tard

(photo complète)

J’aurais pu y être.

C’est l’amour qui m’a sauvé.

J’y étais avec Ana. Elle était enceinte de notre troisième enfant.

Nous avons paressé au lit ce matin-là. Jusqu’à 8h.

Et nous sommes descendus déjeuner au resto de l’Intercontinental — à deux pas des Twin Towers.

C’est là que nous avons vécu notre 11 septembre.

Si nous n’avions pas paressé, par amour, j’aurais été au dernier étage d’une des tours à l’heure du drame — pour voir la ville se réveiller. C’était mon programme initial — Guillaume m’en avait fait la suggestion, la veille, au terme d’une longue marche dans la ville. Il habitait New York depuis quelques années — je découvrais la ville, pour la première fois.

* * *

J’ai vu la destruction, les regards hagards et la peur. Une extraordinaire solidarité entre les gens aussi.

Ça me trotte toujours un peu dans la tête. Pas comme un traumatisme, au contraire: comme une expérience unique qui me pousse à voir les choses autrement, à croire profondément que tout est possible — le meilleur et le pire.

Je constate avec un certain étonnement que j’ai réussi à ranger cette journée parmi les événements positifs de mon histoire personnelle — c’est le moment où j’ai le plus intensément vécu la dynamique complexe entre le moi, le nous familial et l’humain.

J’ai véritablement compris ce jour-là que l’histoire ne s’écrit jamais sans nous. L’histoire, c’est ce qu’on en fait — ensemble. Même l’histoire avec un grand H. Surtout l’histoire avec un grand H.

* * *

Livres et Internet

Un texte court, mais important, de Hugh McGuire, sur O’reilly Radar — The line between book and Internet will disappear:

The secret […] is that an .epub file is really just a website, written in XHTML, with a few special characteristics, and wrapped up. It’s wrapped up so that it is self-contained (like a book! between covers!), so that it doesn’t appear to be a website, and so that it’s harder to do the things with an ebook that one expects to be able to do with a website. EPUB is really a way to build a website without letting readers or publishers know it.

But everything exists within the EPUB spec already to make the next obvious — but frightening — step: let books live properly within the Internet, along with websites, databases, blogs, Twitter, map systems, and applications.

Double pagination

Peux-être un jour imprimerons-nous deux numéros de page sur chaque page d’un livre ? L’un indiquerait sa place dans ce livre particulier, l’autre son identifiant dans le Livre des Livres.

— Extrait d’un texte de Frédéric Kaplan qui, partant du Livre de sable, de Borges, réfléchit sur le livre dans un espace culturel de plus en plus numérique.

À lire particulièrement dans le contexte de la première édition de Québec en toutes lettres…

Viva España

J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre la Coupe du monde au cours des dernières semaines. Cela été vraiment très agréable de suivre la compétition à travers des journées de travail très — parfois trop — bien remplies. Je regrette que cela soit déjà terminé.

Mes équipes favorites au début de la compétition étaient, dans l’ordre: l’Uruguay (pays d’origine de ma belle-famille), le Ghana (mon équipe africaine fétiche), la France (comment faire autrement après y avoir vécu la Coupe du monde de 2006?) et l’Espagne.

La France a terriblement déçu — n’en parlons plus.

Le Ghana a fait un superbe parcours — quelle fin de match extraordinaire contre les États-Unis!

L’Uruguay: wow! Ça été extraordinaire de suivre l’Uruguay — tous les joueurs, mais Forlàn surtout, qui s’est vu décerner aujourd’hui le ballon d’or!): E-X-T-R-A-O-R-D-I-N-A-I-R-E. Inoubliable.

Et pour l’Espagne — eh bien: viva España! Bravo — rien à ajouter! C’est une première Coupe du monde très bien méritée!

Nous avons craint il y a quelques jours avoir un problème de voisinage — au moment où il était encore possible que l’Uruguay affronte l’Espagne en finale (ou en petite finale), mais finalement, tout est bien qui finit bien… les deux équipes n’auront pas eu à s’opposer, et nous avons pu conclure le tournoi avec les voisins autour d’un bon repas: pain, chorizo, sangria, paella et vins espagnols.

Il a été amusant de réaliser, au cours du repas, qu’il y a dans un périmètre de deux minutes de marche autour de la maison des voisins qui sont originaires d’Espagne, des Pays-Bas, d’Allemagne et d’Uruguay… les quatre pays finalistes de la compétition.

Ça été une bien belle fin de mundial.

Rendez-vous au Brésil en 2014… à quelques kilomètres de l’Uruguay! Et cette fois, ce sera la bonne pour la Celeste… je le sens!