Daniel Boucher était de passage à Paris il y a une dizaine de jours. Trois soirs de spectacle. J’y suis allé une première fois, le mardi; une seconde, le samedi.
J’ai déjà eu l’occasion d’y faire référence ici, Daniel Boucher est étroitement associé à mon arrivée en France. Je lui ai déjà écrit pour lui dire à quel point, sans qu’il ne le sache, il m’avait accueilli à Paris. Ce sont ses chansons que j’avais dans les oreilles, en novembre 2005, quand je déambulais dans la grisaille du petit matin, ma famille au loin, dans un mélange d’envoûtement et d’angoisse, à l’aube d’une aventure merveilleusement imprévue.
Des matins et des soirs; sur la rue, dans le métro, dans mon minuscule appartement temporaire, puis dans l’appartement familial, avec les miens, mes amours. Les mots, la musique — avec bonheur, mon pays dans les oreilles.
Cette fois il était là, au Zèbre de Belleville, à Paris. Et moi aussi.
Le mardi j’y étais avec l’ami Marc.
La salle était presque vide une quinzaine de personnes — des conditions difficiles pour un artiste, à plus forte raison lorsqu’il est hors de chez lui. Mais il a été bon. Très bon. Malgré l’inconfort. Show intimiste où toutes les personnes présentes ont eu droit à des remerciements personnels en fin de spectacle. Difficile pour Daniel Boucher, certes, mais pour ma part, je n’aurais pu rêver de mieux. Curieuse expérience — proche de la communion. J’y ai revécu avec émotion mes premiers matins dans Paris — bien plus intensément que je ne l’aurais cru, même si je le souhaitais — et j’y suis retombé en amour avec le parlé québécois, la musicalité de ma langue et la culture qu’elle révèle. Un coup de foudre que je ne suis pas prêt d’oublier. D’autant plus qu’Ana avait eu l’amoureuse idée d’une complicité avec le chansonnier, qui m’a dédié la chanson Deviens-tu ce que t’as voulu et que nous avons eu la chance de discuter, relaxe, avec lui en fin de soirée. Hey toi!
Le samedi j’y étais avec toute la famille.
La salle était comble — des québécois, bien sûr, mais aussi des français (heureusement!), des suisses, des italiens. Et là, Daniel était à son aise. Un grand spectacle, plein d’énergie, que les enfants ont dévoré des yeux et des oreilles. Je souhaitais qu’ils puissent s’imprégner de cette musique qui sera pour moi, pour toujours, associée à notre vie en France — et que nous pourrions ainsi, pour la vie, partager du fond du coeur. Étienne avait mis son gilet des Canadiens pour Boule à mites, Béatrice et Capucine préparé ensemble un dessin que celle-ci est allé lui porter, sur scène, à la fin du spectacle.
Une soirée vraiment merveilleuse.
Merci Daniel! Après m’avoir accueilli en France, tu m’as fait redécouvrir le son des mots de mon pays, chez-moi, à l’autre bout du monde. Merci.
Note: Paroles de la chanson Le poète des temps gris ici et représentation magique de celle-ci là.