Points de vue… vers 2020

Un peu de déception ce matin. Je savais que Le Soleil devait publier un dossier sur 20 leaders économiques de demain pour la région de Québec. J’avais rencontré un journaliste au début de l’été à ce sujet. J’avais aussi vu les publicités annonçant le dossier plus tôt cette semaine.

Les gens qui me connaissent savent que je cherche rarement la visibilité médiatique. J’étais d’ailleurs beaucoup plus excité à l’idée de lire le dossier dans son ensemble, que de me voir la bette dans le journal. J’avais hâte de voir ce que « ceux qui seront à leur apogée en 2020 » ont dans le corps (et dans le coeur!). Et c’est là que la déception est grande. Parce qu’à près de chose près, le dossier est constitué d’encadrés qui présentent en quelques phrases, très courtes, les 20 personnes qui ont été retenues par Le Soleil.

Le contenu des encadrés est aussi parfois un peu curieux… si je me fie à ce que je lis à mon sujet: sur la formation, sur la nature des activités d’Opossum, sur mes projets et ambitions (bon, c’est certain qu’il aurait été un peu surprenant d’écrire « changer le monde », mais quand même…!). Ce qui est un peu plate quand on constate ça dans sa propre fiche, c’est qu’on doute aussi de celles des autres.

La lecture du journal de ce matin me laisse donc avec un sentiment partagé. Je suis ravi de l’initiative du Soleil — que j’encourage à répéter régulièrement ce genre d’expérience — mais je suis déçu parce que j’avais rêvé d’un dossier plus inspirant.

Tout ça me laisse un peu sur l’impression d’une génération (celle qui fait Le Soleil) qui écoute celle qui la suit… mais un peu distraitement, en essayant sans grande conviction de témoigner de sa perspective sur le monde. Le résultat n’est pas mauvais… juste nettement insuffisant.

Logiciel libre et accompagnement

Plusieurs pistes de réflexions puisées dans la blogosphère m’interpellent depuis quelques jours. Assez pour prendre une pause et réfléchir ici un peu à voix haute — en particulier au sujet de la philosophie et du logiciel libre — en réaction aux textes de Pascal Lapalme et de Pierre Lachance.

D’entrée de jeu, je dois dire que je suis un très grand partisan du logiciel libre. C’est une question de valeur, de principe… et d’efficacité. Je crois dans le projet du libre, je me nourri de l’utopie qui le porte et je veux contribuer à sa réalisation. J’appuierai toujours, dans la mesure du possible, les gens qui s’y engagent.

Je place toutefois le pragmatisme très haut dans mon échelle de valeur quand il est temps de réaliser un projet concret, avec des gens qui ont un besoin particulier et qui poursuivent des objectifs précis. Et je respecte trop les gens pour croire que je peux tracer la route sans eux, choisir pour eux les outils qui leur permettront d’avancer, présumer des compromis qui seront acceptables pour eux dans cette démarche. Mon rôle est de les aider à se faire un chemin, en marchant quelques pas seulement devant eux. Avec eux.

C’est cette façon empathique de voir les choses qui fait qu’au moment d’initier un projet personnel ou le projet d’un client, je privilégie toujours les avenues libres (tant pour un logiciel que pour du contenu), mais je refuse de m’enfermer dans cette voie. Je tiens à garder à l’esprit que je suis au service des gens qui font appel à moi et je dois composer avec les contraintes qu’ils m’amènent (de temps, d’argent, etc.). Avec un profond respect aussi pour leur façon de voir les choses, pour leurs compétences… et leurs incompétences — qu’il me serait trop facile de nier. Alors, je dois admettre qu’il est possible que les solutions libres ne fassent pas l’affaire. Pas le souhaiter. Mais admettre cette possibilité. Ma crédibilité d’expert m’apparaît liée à cet engagement d’écoute, à cet engagement de faire passer la poursuite de l’objectif avant ma préférence pour l’un ou l’autre des outils disponibles.

Évidemment, cela ne doit pas vouloir dire de me placer à la remorque des gens que j’aide et de composer seulement avec leurs façons de voir les choses! Je dois les interpeller, questionner ce qu’ils perçoivent comme un besoin, proposer des voies alternatives, évoquer des façons de faire différentes, remettre en question leur manière d’analyser la situation, soumettre des exemples qui dérangent et d’autres qui réconfortent, suggérer des logiciels libres où ils ne voyaient que des solutions propriétaires, etc. Accompagner, pour moi, c’est écouter beaucoup, poser quelques bonnes questions, accepter les réponses — quelles qu’elles soient — reposer quelques questions, etc. Je crois profondément que c’est par des questions qu’on aide les gens. Bien plus que par des réponses. C’est d’ailleurs un peu ce qui est au coeur du code de conduite de l’équipe dont je fais partie. C’est cette façon de voir les choses qui a toujours guidé mon cheminement personnel et professionnel. Et j’espère que ça continuera ainsi.

C’est aussi ça qui nous a amenés à développer les cyberportfolios, parce qu’après avoir exploré un grand nombre de logiciels libres disponibles, nous ne sommes pas arrivés à trouver un ensemble qui convenait aux gens qui faisaient appel à nous pour les aider à développer des outils pour apprendre à écrire en public. Cela dit, je reste absolument ouvert à toute autre solution, même libre — surtout libre! — et je ne me gênerai pas pour suggérer à des écoles l’utilisation de logiciels libres s’ils répondent mieux à leurs besoins que les cyberportfolios. J’espère d’ailleurs que les écoles, les entreprises et les personnes qui, pour une raison ou pour une autre, ne pensent pas pouvoir (vouloir?) utiliser les cyberportfolios n’hésiteront pas à communiquer avec moi, avec nous, pour que nous puissions faire un bout de chemin ensemble. Un bout d’un autre chemin. Parce que ce que j’aime le plus, c’est marcher avec les gens, déterminer avec eux la route à suivre, en évitant de leur imposer un moyen de transport particulier.

Voilà où j’en suis dans ma réflexion. Une réflexion à poursuivre, sans doute, que j’espère pouvoir alimenter grâce à vos réactions. Parce que j’aime bien aussi me laisser accompagner…

Neuf mois de septembre à parler d’éducation sur le Web!

Pour le plaisir… je me suis payé un petit voyage dans le temps, question de voir le chemin parcouru de façon un peu anecdotique!

Résultat, j’ai rassemblé quelques textes que j’ai écris en septembre 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, et 2004. Le mois de septembre 2005 est encore trop jeune pour savoir par quoi il sera marqué!

Je me suis lancé dans cet exercice il y a quelques jours, en lisant le texte de Gilles Jobin, TIC — ce que je crois, qui m’a replongé dans ma Lettre à Béatrice, écrite en 1999. Le temps passe…

Décidément, Gilles a bien raison lorsqu’il dit:

« Pourquoi les élèves doivent-ils développer une compétence TIC? Pour une raison fort complexe : parce que cela les aidera à devenir ce qu’ils sont : des êtres humains de réflexion, des êtres humains qui ont quelque chose à apporter à l’humanité. Parce que, comme l’a chanté Harmonium, « on a mis quelqu’un au monde, faudait peut-être l’écouter » et que les TIC permettent justement d’écouter l’autre. »

Rendez-vous avec la police?

François s’interrogeait il y a quelques jours sur la présence des policiers dans les écoles. Quelques personnes ont soulevé à la suite de son texte des inquiétudes au fait que les enfants puissent « s’habituer » à l’omniprésence des forces de l’ordre — et pourquoi pas l’apprécier? voire la désirer?

Je lis dans l’Infobourg ce matin que c’est le 16 octobre que se déroulera cette année la Journée d’identification des enfants, organisée par le Réseau Enfants Retour, la Gendarmerie Royale du Canada et la Sûreté du Québec, notamment. On peut lire dans le texte que:

« La journée s’adresse aux parents qui ont des enfants de 0 à 12 ans. Entre 10h et 15h, ils pourront rencontrer une équipe de policiers et de bénévoles qui sera sur place pour donner des conseils de sécurité. Ils pourront surtout obtenir gratuitement le carnet d’identification de leur(s) enfant(s), avec photo couleur et empreintes digitales. »

J’aimerais évidemment que le travail de la police soit facilité advenant la disparition d’un de mes enfants. Mais est-ce que je rends vraiment service à mes enfants en banalisant la prise de leurs empreintes digitales et leur photographie par la polices? En les accompagnant moi-même pour que la police rassemble un mini-dossier à leur sujet?

Si je suis mal à l’aise avec l’idée que les douaniers américains puissent prendre mes empreintes digitales par simple mesure de précaution — comme ils projettent de le faire bientôt, même (!) avec les Canadiens — pourquoi est-ce que j’aurais moins de réserves au sujet de mes enfants. Parce que je fais plus confiance à la SQ ou à la GRC qu’au FBI ou à la CIA? Hum… Décidément, c’est une idée qui me rend inconfortable.

Ce serait bien étonnant que je me rende chez McDo, le 16 octobre, pour un rendez-vous avec la police. Je prendrai plutôt le temps de revoir avec mes enfants quelques règles de prudence et de sécurité. En famille.

Citer un document « Creative Commons »

Je publiais ce matin sur le site d’Opossum l’intention de notre petite-entreprise-au-grand-potentiel (!) de publier à toutes les deux semaines une « revue des blogues en éducation » sous le modèle des traditionnelles « revues de presse ».

Notre intention en lançant ce service, est principalement de favoriser la diffusion des textes produits par les blogueurs québécois au sujet de l’éducation, particulièrement dans les milieux « un peu moins branchés » — où le papier et les documents pdf sont encore des vecteurs importants de la diffusion d’information et où les « agrégateurs de fils RSS» sont essentiellement inconnus.

Évidemment, étant donné le temps qui est nécessaire pour préparer chaque édition de cette revue des blogues, il nous faut vendre ce service, sous forme d’abonnement.

Quelques heures à peine après cette annonce, Éric Noël nous a interpellés…

Lire la suite de « Citer un document « Creative Commons » »

Rejoindre les résidents d’un quartier par courriel…

Le site Web du quartier que j’habite a été un peu en repos cet été. Mais on se relance dans les prochains jours — dans un contexte où il y a beaucoup d’activité et de réflexions autour de l’école de quartier et des élections municipales à l’horizon (les candidats commencent d’ailleurs à se manifester)

J’aimerais bien être en mesure de rejoindre facilement les résidents du quartier, par courriel, lorsque ce sera utile ou nécessaire. Mais comment rassembler, le plus simplement possible, les adresses de courriel de tous ces gens?

Lire la suite de « Rejoindre les résidents d’un quartier par courriel… »

Au sujet du calendrier scolaire (suite)

Il y a quelques jours je concluais ainsi une réflexion au sujet de modifications apportées au calendrier scolaire d’une école de l’Ontario:

« Je me demande si des écoles québécoises ont fait semblable réflexion. Je m’interroge aussi sur ce que ça implique d’un point de vue logistique. »

Les suggestions de lectures et les commentaires se sont enchaînés à la suite de mon texte… jusqu’à celui de Mario, un peu plus tôt cet après-midi.

Lire la suite de « Au sujet du calendrier scolaire (suite) »

Engagement social, éducation et politique

Je suis tiraillé depuis quelques semaines au sujet du temps et de l’intérêt que je porte au monde de l’éducation et au monde politique. Parce que pour une foule de raisons, ces deux univers convergent actuellement, au coeur même de mon quotidien. Et je ne vois pas qu’il en soit autrement dans les prochains mois. Or, dans la vie, il faut savoir faire des choix, le temps étant limité.

Je m’interrogeais particulièrement depuis quelques jours…

Lire la suite de « Engagement social, éducation et politique »

Que pensent-ils de l’éducation

Il y a quelques jours, Pier-André Bouchard Saint-Amand réfléchissait tout haut sur son carnet Web en rapport avec la présente course à la chefferie du Parti Québecois.

Comme il a été très engagé au sujet de l’éducation au printemps (il était président de la FEUQ au moment de la grève étudiante), je me suis permis de suggérer à la suite de son texte qu’il pourrait être intéressant de formuler collectivement une série de questions sur l’éducation et de l’adresser par la suite à l’ensemble des candidats. Cela nous permettrait peut-être de les forcer à aborder les thèmes qui nous sont chers… et, pourquoi pas, de faire éventuellement une grille de leurs réponses.

L’idée semble lui avoir plu, alors j’ai réactivé l’espace wiki d’Opossum (un peu fouetté par la réactivité exemplaire de Sacco, dans un autre dossier, plus tôt cette semaine!) et j’ai préparé une page destinée à recevoir les idées de chacun. C’est ici.

Ma première contribution a pris la forme d’une courte liste de thèmes qu’il me semble important d’aborder. Je poursuis par ailleurs ma réflexion au sujet des questions, parce que je souhaite que nous soyons à la fois originaux et audacieux à cet égard: il me semble qu’il faut à tout prix éviter une approche trop conventionnelle!

Modifications au calendrier scolaire

J’ai appris aux nouvelles ce soir qu’à l’instar de quelques écoles albertaines, l’école Roberta Bondar, d’Ottawa, a adopté cette année un calendrier scolaire où les vacances sont réparties autrement: un mois l’été, trois semaines à Noël, et plusieurs pauses de deux ou trois semaines en cours d’année.

La décision aurait été prise pour faciliter l’apprentissage aux enfants, qu’un congé estival de deux mois ne servirait pas (perte du rythme, oublis, etc.).

Je me demande si des écoles québécoises ont fait semblable réflexion. Je m’interroge aussi sur ce que ça implique d’un point de vue logistique.

Je fais l’hypothèse que notre calendrier scolaire est basé sur les périodes où les familles avaient besoin des enfants pour les travaux de la ferme. Est-ce correct? Est-ce encore un calendrier pertinent? Pour quelles raisons?

Priorité au développement du Québec

Un texte intéressant soumis au Devoir par les membres de l’équipe éditoriale de la publication Les Cahiers du 27 juin.

Lors de son congrès de juin dernier, le Parti québécois s’est engagé à solliciter, lors de la prochaine campagne électorale, le mandat de tenir un nouveau référendum sur l’accession du Québec à la pleine souveraineté […] les membres du comité éditorial des Cahiers ont souhaité soumettre au débat public une autre vision du développement du Québec. »

À cogiter au cours de mes prochains jours de vacances…

L’école communautaire: le défi de la souplesse…

Je continue à réfléchir sur l’école communautaire dans les suites du rapport du comité de travail dont il a été question la semaine dernière. Ma réflexion se nourrie notamment de celles de François et Stéphane (dans les commentaires de ce texte) ainsi que de Jean Trudeau, dont le texte des derniers jours me semble un peu sévère, mais assez juste.

Une chose me semble d’ores et déjà certaine: l’idée même d’école communautaire est contraire à la normalisation. Elle commande de la souplesse, de l’adaptabilité, des ajustements, des cas particuliers, etc. Et c’est là que le système scolaire, comme institution, aura les plus gros défis à relever pour apprivoiser, et mettre en application le modèle de l’école communautaire. Et ce, quelle que soit l’interprétation qu’on en donnera.

Croire dans l’école communautaire, c’est forcément accepter que le système devra pouvoir « se mettre au service des communautés » au lieu de faire en sorte que les communautés « se soumettent aux normes du système ». Est-ce que nos réflexes ultranationalisateurs en matière d’éducation (même s’ils sont un peu moins absolus que ceux de nos cousins français!) nous permettront un tel exercice? Je le souhaite.

Reste à savoir comment. Et c’est sur cette piste que je vais poursuivre ma réflexion.