Huitième vendredi sandwich

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Je me suis accordé le droit d’un peu plus de sommeil ce matin. Quand je me suis réveillé, seul dans la maison, j’avais en tête une phrase:

«Pour que la résistance soit efficace, il faut être optimiste.»

Matinée relaxe, puis j’ai pris la route de l’Assemblée nationale pour un huitième vendredi — animé par cette phrase, qui va guider mes prochaines semaines.

Nous étions huit, dont un nouveau participant encore cette semaine. L’actualité avait été un peu plus calme dans les derniers jours alors nous avons discuté, de façon très détendue, pendant une petite demi-heure. La température était parfaite.

Nous avons reparlé du texte à venir — de son contenu et de la forme qu’il prendra. J’ai promis de transmettre une première version dans le groupe Facebook privé que nous partageons, d’ici jeudi prochain — pour que nous puissions échanger de premières réactions la semaine prochaine.

Le calendrier de publication se confirme aussi. Nous allons essayer de nous inviter dans la rentrée politique.

Note: Pour voir les autres textes en lien avec les rendez-vous sandwich, on peut cliquer ici.

Sandwich #7

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Vendredi dernier, c’était déjà le septième rendez-vous sandwich du vendredi. Le premier à se dérouler par grand froid.

Arrivé un peu trop, j’ai dû marcher dans les environs de l’Assemblée nationale pour ne pas grelotter. Je suis monté jusque sur les Plaines d’Abraham et dès que les grands vents m’ont frappé le visage, je suis redescendu retrouver les collègues.

Nous étions quatre (dont un nouveau participant). Il faut aouter une dizaine d’autres personnes qui ont participé virtuellement en publiant une photo de leur sandwich (ou de leur lunch!) sur Facebook (svp, la prochaine fois le faire sur votre mur, publiquement, et pas que dans notre groupe — afin de mieux faire connaître le sandwich du vendredi).

Malgré le froid, nous avons échangé une vingtaine de minutes sur l’actualité de la semaine et sur le projet de texte qui est en gestation à travers le groupe Facebook qui regroupe les participants. Notre souhait est d’avoir une première version du texte d’ici la fin de l’année. Nous avons aussi précisé le calendrier de publication. Pour participer aux échanges, il faut avoir participé au moins une fois — en personne, ou virtuellement.

Nous nous sommes  laissé en souhaitant bien sûr qu’il fasse un peu plus chaud la semaine prochaine. Mais dans tous les cas, on sera là!

C’est un rendez-vous: 23 décembre, 12h à 12h30, devant l’Assemblée nationale. Apportez votre sandwich!

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Sandwich #6

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C’est l’hiver. Il n’y a plus de doute. Malgré ça, nous étions une dizaine de personnes pour le sixième rendez-vous du sandwich du vendredi, dont deux nouveaux participants! Il faut aussi mentionner les premiers participants virtuels, qui ne pouvaient pas être avec nous, mais qui ont publié sur Facebook une photo du sandwich qu’ils ont mangé par solidarité, où ils étaient retenus (je pense que c’est un mode de participation qui va bien se développer!)

Mine de rien, ça fait certainement une trentaine de personnes qui sont venues à l’un ou l’autre des rendez-vous… et une forme de relais se met en place, parce que ce n’est évidemment pas possible pour tout le monde d’être là chaque semaine. C’est l’fun.

Comme c’est devenu notre habitude, nous avons fait un rapide survol de quelques événements de la semaine qui continue de justifier que nous poursuivions cette présence symbolique du mécontentement des citoyens devant l’Assemblée nationale. Selon les préoccupations de chacun: prétention de sauveur incompris du premier ministre, dysfonctionnement du système de justice, évaluation du système scolaire, loi sur les hydrocarbures (particulièrement choquant/odieux, avec l’imposition du bâillon, ce soir), etc.

Nous avons ensuite repris nos échanges sur le texte dont nous avons fait le projet la semaine dernière. Pour rappel:

Vendredi sandwich, 5e rendez-vous

Ça avait manifestement été une semaine chargée pour tout le monde… nous n’avons pas beaucoup avancé dans les derniers jours, mais j’ai confiance que nous ferons de grands pas d’ici la semaine prochaine (et nous savons maintenant quand nous le publierons!).

Il faudra participer (ne serait-ce que virtuellement) au rendez-vous du vendredi pour prendre part à la démarche et en savoir un peu plus…

Septième rendez-vous: la semaine prochaine, 16 décembre, de 12h à 12h30, devant l’Assemblée nationale (ou en publiant une photo de votre sandwich sur Facebook accompagné du mot clic #sandwichdredi!)

Mise à jour: Martine Rioux a partagé un texte à la suite de ce rendez-vous: Il n’y aura pas de sauveur.

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Crédit photo: Annie Morin

Vendredi sandwich, 5e rendez-vous

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C’était déjà le cinquième vendredi que je me rendais au pied de la Fontaine de Tourny pour manger mon sandwich et échanger un peu avec des personnes aussi exaspérées que moi par le contexte politique (surtout!) et médiatique (aussi!). Un rendez-vous symbolique pour faire sentir la présence des citoyens devant l’Assemblée nationale — de façon non partisane, sans discours ni pancarte.

J’ai trouvé que le rendez-vous de cette semaine avait été particulièrement vivifiant. Nous étions une douzaine de personnes (9 femmes, 3 hommes — on va avoir besoin de renfort les gars!) à discuter sous une belle petite neige. Des habitués contents de se revoir et quelques nouveaux visages (ça fait plaisir!).

Nous avons fait un survol des sources de mécontentement de la semaine (l’actualité est très riche pour nous garder motivés pour nous rendre à ce rendez-vous!) — et nous avons échangé sur les façons de transformer ce mécontentement en quelque chose de  constructif.

Nous sommes repartis, pour cela, d’où nous avions laissé la semaine dernière, avec la préoccupation suivante…

Comment être des citoyens responsables et engagés si, pour cela, il faut s’informer, mais que dans le contexte actuel, plus on s’informe, plus on devient cynique et moins on a envie de s’engager.

…et nous avons évoqué un premier projet dont nous ferons un suivi lors des prochaines rencontres — et d’ici-là par le groupe Facebook privé, qui est réservé à celles et ceux qui ont participé à au moins un rendez-vous.

Prochain rendez-vous: la semaine prochaine, vendredi 9 décembre, toujours de 12h à 12h30. Et d’ici-là, la page Facebook publique du rendez-vous…

***

NOTE: J’ai reçu la photo qui accompagne ce texte d’un ami qui était présent la semaine dernière mais qui ne pouvait pas se joindre à nous cette semaine parce qu’il était hors du pays. Ça m’a fait penser: peut-être qu’on pourrait étendre le rendez-vous à Facebook… et compter comme participants virtuels celles et ceux qui publieront une photo de sandwich accompagné d’un court texte entre 12h et 12h30 le vendredi?  Qu’est-ce que vous en pensez?

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De retour du quatrième rendez-vous hebdo pour le sandwich du vendredi midi. Nous étions sept, pour toutes sortes de raisons — et la neige en plus! Beaucoup de courriels et de «je suis avec vous en pensée» aussi. Les appuis ne manquent pas.

On s’est tous dit que la persévérance est plus importante que le nombre. La présence ne sera pas toujours assurée par les mêmes personnes, le nombre de personnes variera, mais il faut inscrire notre présence devant l’Assemblée nationale dans la durée.

J’avais préparé une feuille avec quelques idées pour alimenter la réflexion sur ce qu’on souhaite progressivement faire de ce rendez-vous (je reprends le texte ci-dessous).

En gros, pour moi, ce rendez-vous doit nous aider à sortir du cercle vicieux «il faut s’informer pour être de bons citoyens engagés, mais plus on s’informe plus on est frustré/découragé et moins on a le goût de se mobiliser».

On a échangé à partir de ça et d’autres choses et on a décidé d’ouvrir un groupe privé sur Facebook pour poursuivre les échanges amorcés lors des rencontres. Un groupe qui sera réservé aux gens qui auront participé au moins une fois au rendez-vous du vendredi. Nous souhaitons utiliser ce groupe pour mettre au point des actions qui pourront concrétiser nos conversations.

Et on s’est laissé, tout sourire, en se répétant que le plus important c’est de trouver des façons de cultiver notre bonne humeur malgré la colère.

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* * *

(Texte de la feuille préparée pour le quatrième rendez-vous)

Un sandwich à la fois…

Le 3 novembre, en colère après la mise au jour d’un nième scandale, Clément s’est exclamé, dans son salon:

— ben là, ça va faire! Je suis vraiment tanné! Je pense que je vais aller manger un sandwich devant l’Assemblée nationale demain midi pour le faire savoir! Et toutes les semaines qui vont suivre s’il le faut…

Et il a été surpris d’entendre aussitôt sa fille de quatorze ans lui dire:

— Ok, mais fais-le pour vrai si tu es si fâché!

Plus le choix. Il fallait le faire. Par cohérence.

Et c’est ainsi qu’après un petit mot sur Facebook, nous étions quatre le lendemain au pied de la Fontaine de Tourny pour faire sentir notre présence et notre ras-le-bol devant l’Assemblée nationale, le temps de manger un sandwich dans un rassemblement non-partisan, sans discours ni pancartes.

Nous étions onze la semaine suivante et treize au troisième rendez-vous. Tous bien déterminés à poursuivre dans les prochaines semaines, malgré l’arrivée de l’hiver — et avec l’envie naissante que des gestes encore plus concrets puissent éventuellement accompagner ces rendez-vous hebdomadaires.

Et c’est ainsi qu’à partir de ce midi — quatrième rendez-vous — nous pourrions partager, très simplement, des suggestions de gestes à poser au cours de la semaine suivante, afin de faire sentir notre présence d’autres façons, là où ça peut compter, ou en apportant notre appui à des initiatives qui mériteraient d’être encouragées.

Avec l’idée de faire de faire progressivement de ce rendez-vous hebdomadaire un moment dont on repart revigorés, avec la conviction qu’on n’est pas dépourvus de moyens pour transformer notre saine colère en quelque chose de plus constructif.

 

C’est (pas) bon pour le moral

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Voici un florilège de textes sur l’actualité québécoise qui me sont passés sous les yeux aujourd’hui. Oui, juste aujourd’hui! C’est d’une telle charge négative… Et j’aurais pu en ajouter plusieurs autres du même genre.

Il va vraiment falloir sortir de cette ambiance merdique sans trop tarder parce que le sentiment d’impuissance et le profond cynisme qui accompagnent tout ça sont pernicieux.

Il va falloir identifier des gestes concrets, réalistes pour le plus grand nombre, et dont les effets pourraient être visibles rapidement — pour que ce soit encourageant. On est plusieurs à en avoir besoin!

Alors pensons-y, partageons nos idées…

…ça pourrait aussi faire l’objet d’un remue-méninge à l’occasion de la quatrième édition du sandwich du vendredi.

***

Scandale à la SIQ: Jérôme-Forget dit ne pas avoir vu l’étude

«Mme Jérôme-Forget a déclaré par ailleurs qu’il n’est pas question qu’elle aille s’expliquer en commission parlementaire…»

Ministres manipulés par une organisation criminelle? demande Maltais

«Les révélations du Soleil sur l’existence de rapports défavorables à la vente d’immeubles de la SIQ soulèvent des questions sur l’influence d’une organisation criminelle auprès de ministres libéraux, estime la péquiste Agnès Maltais.»

La soeur de Sylvie Roy achetée par le PLQ? se demande Legault

«Un journaliste a par la suite paraphrasé ses déclarations récentes selon lesquelles les libéraux « offraient de l’argent » (…) pour attirer dans leur camp des caquistes. « Est-ce que c’est un cas comme ça ici », avec Mme Roy? a-t-on demandé à François Legault. « Il faut poser la question », a-t-il répondu.»

Sylvie Roy: Legault fait une «mise au point»

«M. Legault a simplement répondu aux journalistes qu’il fallait poser la question d’une hypothétique rémunération par le PLQ de ces personnes aux principaux concernés. M. Legault n’a jamais transposé ce questionnement à la situation de Mme Roy. Toute affirmation du contraire est sans fondement».

84% des personnes âgées préfèrent ne pas se faire changer la nuit selon le ministre Barrette

«Aujourd’hui on vit dans une ère de confrontation perpétuelle avec le monde syndical et je trouve ça dommage, alors qu’on devrait travailler ensemble…»

Barrette invité à passer une nuit avec une infirmière et ses patients

« »Il va voir ce que c’est d’avoir un nombre aussi élevé de patients et de ne plus être capable de dispenser les soins », a déclaré en conférence de presse Mme Laurent, qui faisait cette invitation au ministre en réponse a celle qu’il a faite la veille aux journalistes et aux élus d’aller déguster des repas de CHSLD mercredi au Centre des congrès.»

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Sandwich, prise 3 (et du nouveau pour la semaine prochaine)

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C’était le troisième vendredi qu’il y avait rendez-vous sandwich devant l’Assemblée nationale. Malgré quelques absences annoncées au dernier moment, nous étions quand même treize. Le groupe continue de croître…

On a fait connaissance de nouveau monde, on a jasé un peu (fascinant de constater la variété des raisons de vouloir faire sentir sa présence), et on s’est à nouveau dit à la semaine prochaine!

En marchant, au retour, une amie m’a dit: «il faudrait qu’on ne tarde pas trop à utiliser ce rendez-vous pour générer quelque chose de plus concret, pour garder les participants motivés à venir d’une semaine à l’autre».

Je pense que c’est une bonne idée — je suis content qu’elle émerge de nos échanges plutôt que d’avoir été planifiée.

Je propose donc qu’à partir de la semaine prochaine ceux et celles qui le souhaitent prennent quelques minutes pour suggérer aux participants un geste à poser dans les jours suivant pour transformer notre présence en actions concrètes.

Ce midi, par exemple, j’aurais pu attirer plus formellement l’attention des gens sur l’initiative de Frédéric Poitras à l’égard des femmes autochtones de Val d’Or.

Toujours pas de discours: que de courtes propositions de gestes qu’il est réaliste de poser dans les jours suivants. Chacun/e pourra se rattacher à celles qui le/a rejoindront particulièrement.

Qu’en pensez-vous?

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Crédit photo: Rémy Charest

Le sandwich hebdomadaire

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Le 4 novembre, c’est en réaction à la diffusion de l’émission Enquête (qui nous révélait un autre scandale de fraude, d’une dimension jusque-là inégalée) que nous sommes allés pour la première fois manger un sandwich, le vendredi midi, devant l’Assemblée nationale. Nous étions quatre.

Les échanges, ce midi-là, et dans les jours qui ont suivi, nous ont amenés à répéter l’expérience le vendredi suivant — parce que l’actualité ne cesse de nous fournir des raisons de le faire! Nous nous étions dit que ce serait agréable d’être huit. Nous avons été onze… et nous avons eu droit à des biscuits maison apportés par une des participantes! C’est certainement la plus agréable façon pour exprimer notre mécontentement devant la dégénérescence de la situation sociale et politique. Et nous nous sommes évidemment dit à la semaine prochaine!

Nous avons donc rendez-vous, ce vendredi, de 12h à 12h30, devant l’Assemblée nationale, tout près de la fontaine. Tout le monde est évidemment invité à se joindre à nous. Surtout qu’on annonce vraiment une très belle température: soleil et 9º Celsius. Ce serait extra d’être au moins seize personnes cette fois-ci.

Et, comme les deux dernières semaines, il n’y aura ni discours ni pancartes. Ce sera juste une autre belle occasion de discuter une trentaine de minutes avec des gens qui sont bien sûr très mécontents, mais qui ont néanmoins envie de le manifester dans la bonne humeur.

Des gens qui ont aussi envie de contribuer, par leur présence, à donner un élan à quelque chose qui pourrait éventuellement faire boule de neige. Trente-deux personnes la semaine suivante? Pourquoi pas!

Alors, on se voit vendredi?

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Vendredi midi

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Jeudi midi j’ai vu un extrait de l’entrevue d’une candeur hallucinante (ce sont les mots de Michel David dans Le Devoir) que Monique Jérôme-Forget a accordée à Marie-Maude Denis de l’émission Enquête. Ça m’a tellement choqué que j’ai spontanément écrit ce texte, qui a beaucoup circulé depuis:

Écoeuré | 3 novembre 2016

Jeudi soir, après avoir visionné le reportage complet, j’étais encore plus profondément dégoûté. Gilbert Lavoie aussi si on en croit le début de sa chronique dans Le Soleil de ce matin:

«La fraude immobilière sur des immeubles gouvernementaux et impliquant des collecteurs de fonds du Parti libéral est tellement scandaleuse qu’on a peine à croire que ça puisse s’être passé ici, à deux pas de l’Assemblée nationale du Québec! (…) Je me demande comment se sentent les ministres et les députés du Parti libéral à la lumière d’un tel scandale. Comment peuvent-ils se regarder dans les yeux (…) Si j’étais un des leurs, j’irais siéger comme indépendant pendant quelques mois en guise de protestation, le temps d’évacuer l’odeur de purin qui empeste encore l’héritage de ces années libérales.»

J’ai regardé Enquête avec ma fille de quatorze ans. Elle avait manifestement peine à croire l’ampleur de ce qu’elle découvrait — et particulièrement la malhonnêteté de toutes ces personnes qui abusait effrontément de notre confiance (heureusement, il y avait Jean Vézina pour servir d’exemple de probité). C’était clairement un choc pour elle de réaliser que de telles magouilles puissent exister ici, dans son pays, dans sa ville. Je n’en étais que plus dégoûté.

Ça m’a ramené à l’esprit le texte cri du coeur que j’avais écrit le printemps dernier en réalisant à quel point les jeunes qui voteront pour la première fois en 2018 auront découvert le monde politique dans un contexte déplorable:

En finir (d’abord) avec le fatalisme | 19 mai 2016

En fermant la télévision, j’ai dit en boutade à ma fille: «Je pense que je vais aller manger mon sandwich devant l’Assemblée nationale demain midi pour protester». Je l’ai aussitôt entendu répondre: «Go! Fais-le.» Il fallait donc que je le fasse.

Et comme pour m’y obliger encore un peu plus, j’ai aussitôt écrit sur Facebook:

Bon ben… j’en ai vraiment assez. Le visionnement de l’émission complète d’Enquête de ce soir, c’en est trop.

Ça fait que le citoyen Laberge va aller manger un sandwich tranquillement devant l’Assemblée nationale demain midi. Et tant mieux si j’ai de la compagnie.

J’ai complété ce message de la façon suivante le lendemain matin après avoir reçu quelques questions:

Hier soir après l’émission Enquête, j’ai dit sur Facebook que, devant son écoeurement, le citoyen Laberge irait tranquillement manger un sandwich devant l’Assemblée nationale, ce midi — et que je serais heureux d’avoir de la compagnie.

Je n’ai pas diffusé davantage cette initiative et je ne compte pas le faire. C’est un geste spontané, de nature personnelle. Ça n’a rien de partisan. Il n’y aura pas de discours. Juste la présence silencieuse de quelques citoyens qui veulent seulement être certains de bien faire sentir que la moutarde commence à leur monter sérieusement au nez.

Résultat, nous étions quatre hier midi devant l’Assemblée nationale. Fâchés, mais souriant. Il faisait beau. On a jasé calmement, sandwich à la main. Et à 12h30 on s’est dit à la semaine prochaine.

Je serai encore là vendredi prochain. Je me plais à espérer que cette fois nous pourrions être huit. Et, qui sait, peut-être seize la semaine suivante, puis trente-deux… Et que ça devienne un rendez-vous hebdomadaire, purement citoyen, sans discours ni porte-parole.

Comme une sorte de compte à rebours adressé aux élus, pour bien leur faire sentir que la patience des citoyens est dorénavant épuisée et qu’ils ont intérêt à ne pas trop attendre pour rétablir la confiance nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie.

C’est d’ailleurs un peu aussi ce pour quoi plaidait Cathy Wong dans la chronique qu’elle signait vendredi dans Le Devoir:

Démocratiser la démocratie?

On tourne la page sur une semaine qui a été très dure pour le moral. J’espère qu’on pourra dire dans quelques années que c’est au cours de celle-ci qu’on a finalement touché le fond du baril. Parce que le moment est clairement venu de se donner un swing dans le fond pour enfin commencer à remonter.

Naïf? Peut-être. J’espère que non.

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