Fatigue, écoute et prises de parole

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Troisième semaine de novembre. Une autre semaine surchargée. Au point où je me suis même offert le luxe de m’endormir devant mon ordi, vers la fin de la semaine, assis dans le divan, en écoutant Josée présenter Hikikomori à la radio. J’étais tout simplement trop crevé… pourtant, c’était passionnant, et ce sera une indispensable lecture pour le temps des Fêtes.

S’endormir écoutant la radio: une invitation à l’humilité, sans doute, alors que je faisais à mon tour de la radio dans les jours suivants. C’était à La Sphère — pour parler du livre numérique et du besoin d’arrêter les débats manichéens qui l’opposent au livre imprimé, sous la forme d’une bataille entre le bien et le mal… parce qu’il y en avait encore au Salon du livre de Montréal cette année: soupirs! J’ai beaucoup aimé l’expérience, ça faisait trop longtemps!

J’ai aussi prononcé mercredi la conférence d’ouverture du colloque des 25 ans du RISQ — j’ai d’ailleurs promis d’en publier ici un résumé… dès que possible. Une présentation que j’ai eu beaucoup de plaisir à préparer et qui a été une belle occasion de revisiter mon propre parcours depuis la fin de mes études secondaires, il y a déjà… 25 ans.

C’est aussi la semaine où a eu lieu l’Assemblée générale du Parti Québécois de Jean-Talon — où j’ai été réélu président pour un deuxième mandat. Sylvain Gaudreault y a fait une présentation la souveraineté environnementale qui a été très appréciée par les militants. Nous avons aussi fait un exercice de réflexion collective des plus intéressants.

En complément à tout ça: un premier souper relaxe en famille depuis plusieurs semaines, un souper avec mes parents, un autre avec de la famille élargie pour un anniversaire, et un dernier chez un couple d’amis (un dimanche soir!) juste pour le simple plaisir de jaser.  Toutes des rencontres qui m’ont fait le plus grand bien et qui ont renouvelé mon énergie.

Impossible de ne pas mentionner en terminant qu’Ana et moi avons enfin commencé de la deuxième saison de House of Cards, collés collés dans le divan, avec un verre de vin. Mieux vaut tard que jamais — non?

* * *

Le récit est un peu factuel cette semaine — peu éditorialisé. Je pense que c’est parce que je manque un peu de recul. Je suis trop absorbé par le réel. Je vais avoir besoin d’un peu vacance pour relier tout ça avec le reste, y intégrer un soupçon de fiction — faire de ces quelques événements une étape dans une plus vaste aventure.

Monument invisible

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Avenue Mont-Royal. Station-service abandonnée. Premier jour de décembre.

Tout le monde passe devant la surface asphaltée sans tourner le regard. L’espace n’existe plus.

Quelqu’un est pourtant passé par là. Manifestement.

Je le vois. C’est la première fois que je passe là depuis très longtemps.

Stonehenge sur le Plateau.

Et ces vêtements, ce soulier. Un souvenir? Un sacrifice? Un hommage?

Et ces chaises. Invitation au dialogue.

Je prends une photo. Les passants ne semblent pas comprendre ce que je trouve beau, ou touchant.

Pourtant.

Dialogues

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Deuxième semaine de novembre. Bigarrée. Surchargée.

Défis professionnels nombreux et complexes liés à la planification de l’année 2015… que j’imagine s’éloigner rapidement de la simple continuité. Dîner très agréable avec une amie. Ne jamais oublier que partager un défi c’est déjà commencer à le relever.

De nombreuses heures d’engagement politique aussi. Dispersion? Non, tout le contraire: renforcement! J’ai la ferme impression que boulot et politique se répondent avec une pertinence inédite et contribuent à donner une nouvelle trempe à mon caractère qui sera utile pour les prochaines étapes de ma vie.

Deviens-tu ce que t’as voulu? demande Daniel Boucher — je le deviens, je le deviens.

Tout ça entre la première neige sur Québec et la rencontre de Philae et Tchouri — le plus émouvant exploit scientifique auquel je me souviens d’avoir assisté. Ah, que ça fait du bien de voir ce que les êtres humains peuvent accomplir ensemble quand il s’agit de réaliser patiemment l’impossible.

« Philae is now talking to us, sitting on the ground of a comet! »

Quasiment au même moment, je voyais sur Facebook une référence à L’Espèce fabulatrice, de Nancy Huston:

« …les histoires dont sont faites nos vies ne sont pas différentes de celles de personnages de roman. […] ce livre présente l’histoire humaine sous l’angle de la fabrication d’identités collectives imaginaires […] situe la construction et le partage de fictions personnelles et collectives au cœur de ce qui constitue notre humanité. »

La réalité et la fiction établissent parfois un dialogue particulièrement fascinant. C’était le cas cette semaine.

Beaucoup de bon temps avec les enfants aussi, dans toutes sortes d’activités, alors qu’Ana participait aux Rencontres Champlain-Montaigne, à Bordeaux.

C’est finalement avec une fondue au fromage que nous avons célébré la conclusion de nos six épisodes de monoparentalité alternée de l’automne.

L’hiver peut maintenant arriver.

Y’é toujours plus tard qu’on pense

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Première semaine de novembre. Lendemain d’Halloween avec douze ados dans la maison — et l’incomparable plaisir de voir les amis de ses enfants se mêler les uns aux autres, partager un repas, rire ensemble. J’aime croire que c’est l’écho de ces rires qui a donné envie à Mikado d’adopter notre logis. Bienvenu le chat!

Semaine où je me suis aussi fait couturier le temps d’ajouter le C du capitaine sur le chandail de hockey du fils. Un carré de tissu cousu d’une grande fierté. Voir ses enfants démontrer des capacités de leadership ça donne confiance en l’avenir!

Ça aide à passer par dessus les quelques déceptions, les bris de confiance et les obstacles plus difficiles à surmonter que prévu. Et il le faut: il y’a tellement à faire! On a un pays à bâtir. Par tous les moyens.

Des réunions politiques à la maison, des personnalités qu’on voit à la télé qui viennent s’asseoir au bout de la table de la cuisine pour débattre — ça aide aussi les enfants à comprendre le monde dans lequel on vit… et ce qu’il y a à faire pour le changer.

Vendredi la ministre de la Culture soulignait le succès de la plateforme prêtnumérique.ca — dont j’ai contribué à la mise en place, et dont je suis très fier. Dimanche, elle soulignait l’importance de Muséomix pour l’avenir des musées québécois — un projet dont Ana est une des principales responsables. Nos engagements et nos efforts ne sont pas vains. Il faut prendre le temps de le savourer.

* * *

C’est aussi la semaine où on a choisi de tourner une nouvelle page dans le livre des saisons en rendant visite aux oies posées sur le bassin Beaudet, à Victoriaville. Les plumes et les panaches de fumée de l’usine Lactancia se répondaient sur un impeccable ciel bleu.

Apprécier les contrastes. Se nourrir des paradoxes. Cultiver les nuances. Rester optimiste. Se retrousser les manches. Toujours.

Tous les jours.

Parce qu’il est toujours plus tard qu’on pense — comme, le rappelle le titre de l’extraordinaire nouvel album de Fred Pellerin (disponible en primeur sur Ici Musique jusqu’au 18 novembre).

Quidam

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C’était le 18 septembre, en fin de journée. J’avais une heure pour me balader dans le quartier Porta Nuova, de Milan, avant de reprendre la direction de l’aéroport.

Cette intersection a capté mon attention. Est-ce à cause de cette belle voiture blanche au premier plan? Plutôt à cause des flèches bien visibles sur la chaussée? Ou de l’étonnante géométrie des fenêtres de ces trois immeubles? Je ne sais pas.

Je me souviens de m’être appuyé sur la rambarde pour observer, longuement.

J’ai d’abord vu un premier jongleur au pied des feux de circulation, tout près des deux flèches blanches sur un cercle bleu. Les quilles dans la main gauche.

Puis j’en ai vu un deuxième, sur un unicycle, un peu plus loin, devant la voiture noire qui se trouve devant la file de voitures immobilisées.

Mais je n’ai jamais remarqué cette bannière de Quidam — le spectacle du Cirque du Soleil, pourtant là, tout près de moi.

Je l’ai vue seulement ce soir… alors que je cherchais une photo qui pourrait spontanément m’inspirer l’écriture d’un court texte avant d’aller me coucher.

Ceci est une pancarte

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La dernière semaine d’octobre a été marquée par un déplacement à Londres et Paris.

J’arrivais le dimanche à Londres — avec le besoin de faire le vide. À bord de l’avion, j’avais lu Meurtre à Westmount avec beaucoup de plaisir. J’avais aussi écouté, à répétition, Dusty Rainbow From The Dark.

Une idée se précisait dans mon esprit depuis quelques jours: 2015 sera une année pour apprendre à avancer dans l’adversité. «Il faut que j’apprenne à avancer malgré les désaccords, à bien vivre avec ça, à ne pas trop douter — à consulter, sans pour autant me remettre chaque fois en question sur le fond. C’est un apprentissage que je dois faire pour réaliser mes aspirations professionnelles et politiques.»

J’ai marché presque 20 km dans Londres. En plus de courir 5 km dans Hyde Park avec Christian. C’est mardi qu’avait lieu la présentation qui justifiait notre présence à Londres… et elle s’est très bien passée. On croise les doigts.

Ensuite, direction Paris par l’Eurostar. J’étais ravi de pouvoir saluer pour une deuxième fois cette année la statue de John Betjeman à la gare Saint-Pancras. Deux jours de rencontres avec des clients et des partenaires, actuels et potentiels. Un peu de temps avec des amis aussi.  Je me suis également accordé le temps d’un repas dans le petit restaurant indien de la rue du Père-Guérin qui est devenu au fil des ans mon lieu de prédilection pour réfléchir à mes défis professionnels.

À quelques mètres de l’entrée du restaurant, un bout carton m’attendait au sol, sous la lumière d’un lampadaire: « Ceci est une pancarte ». Quand Magritte s’invite chez MissTic…

C’est ravi de ma semaine que j’ai repris l’avion pour Québec le vendredi matin. À mon arrivée, c’était l’Halloween… et il y avait douze ados dans la maison.

C’est vraiment un pur bonheur de voir les amis de ses enfants s’intégrer les uns aux autres autour d’un bon repas ponctué d’éclats de rire.

Éditorialiser…

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Il y a quelques jours j’ai signalé sur Facebook que j’avais rédigé ma 1000e note dans DayOne — un outil pour faciliter la tenue d’un journal personnel quotidien.

Depuis le 21 septembre 2012, fréquence d’utilisation croissante — au moins une entrée par jour depuis près d’un an.

1000e entrée rédigée au cours de la fin de semaine.

À ce jour: 127 600 mots, soit l’équivalent d’un peu plus de 500 pages.

Et un plaisir toujours croissant à utiliser DayOne. C’est fou tout ce que cet exercice personnel d’écriture (destinée à aucun autre lecteur que moi-même) permet de réaliser…

J’ai aussi écrit, dans un autre contexte que je m’interrogeais encore sur quoi écrire dans DayOne (privé), Facebook (portée restreinte, rétroaction instantanée) ou mon blogue (totale ouverture, moins de rétroaction, plus longue portée).

Or, François Bon a eu la générosité de me faire part d’une réaction très intéressante:

« je t’avais déjà lu sur cette utilisation de Day One – pas réussi à accrocher de mon côté, peut-être à cause de l’utilisation « pour soi » […] tu as pensé à (éditorialisation) reprise mensuelle dans ton blog ? »

C’est une perspective stimulante. D’autant que j’écris avec spontanéité et particulièrement librement dans mon journal — ce que je ne fais autant ni sur Facebook ni sur mon blogue. Quand je suis en voyage, par exemple, je reste très discret sur mes déplacements — avec pour résultat, je ne partage souvent presque rien à mon retour… alors que c’est chaque fois une expérience dont bien des éléments pourraient faire l’objet de texte ou de partages photographiques.

Une éditorialisation mensuelle me semble un peu exigeante, mais l’idée de faire une brève synthèse de la semaine-précédente-ou-à-peu-près sur mon blogue, à partir d’une sélection de ce que j’ai écrit dans mon journal… ça, ça me parle.

Je pense que je vais essayer ça dans les prochaines semaines.

Un appui à Pierre-Karl Péladeau

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Divers médias font référence ce matin au fait que je suis cosignataire d’une lettre en appui à la candidature de Pierre-Karl Péladeau dans la course à la chefferie du Parti Québécois. Je reprends la lettre ci-dessous, en ajoutant préalablement quelques éléments en rapport avec la réflexion qui m’a amené à signer cette lettre.

D’abord un rappel: j’ai été candidat du Parti Québécois à la dernière élection. J’ai bien vu (vécu!) les difficultés du parti dans la région de Québec.

Quelques événements dans cette campagne m’ont particulièrement marqué, plusieurs en présence de Pierre-Karl Péladeau — et notamment une rencontre organisée avec un groupe d’entrepreneurs, homme et femmes, pour lequel j’avais convaincu Mme Maltais et M. Péladeau de se mettre, avec moi, «en mode écoute», pour prendre le temps d’entendre ce que ces entrepreneurs avaient à dire au lieu de leur faire un discours à saveur électoral.

Après l’élection, j’ai mis beaucoup de temps à réfléchir à cette première expérience comme candidat — et j’en ai beaucoup parlé autour de moi. On m’a évidemment interrogé très souvent au sujet de la course à la chefferie qui s’annonçait.

Pendant plusieurs semaines j’ai répondu que j’allais prendre le temps d’écouter les propositions de chacun des candidats et candidates et que je déciderais à la fin de la course pour qui je voterais.

C’était jusqu’à ce qu’un ami et mentor politique me fasse douter de cette approche. Je paraphrase:

« Comment crois-tu qu’un aspirant-chef devient un bon chef? par lui-même? par magie?

Un chef devient chef par l’entourage qu’il constitue autour de lui qui porteront son attention sur des enjeux particuliers, grâce aux propositions qui lui sont faites, etc.

Est-ce qu’il y a des enjeux que tu juges essentiels d’amener dans cette course à la chefferie? Est-ce qu’il y a des idées ou des valeurs que tu crois essentielles d’intégrer dans le programme d’un des aspirants-chefs?

Est-ce que tu as envie de prendre part à l’exercice, à jouer un rôle actif dans l’élaboration des idées d’un candidat ou te poser en observateur et choisir à la fin? »

Je raconte ça simplement, c’est évidemment un peu plus complexe, mais cela a beaucoup influencé la suite de ma réflexion et guidé ma façon de voir la course à la chefferie. Cela m’a amené à faire un choix, celui d’encourager Pierre-Karl Péladeau à poser sa candidature, et de l’appuyer s’il la confirmait.

C’est un choix personnel dont je témoigne en signant cette lettre. Je le fais bien sûr à titre de président de l’exécutif du Parti Québécois de la circonscription de Jean-Talon, mais cela n’engage pas mes collègues de l’exécutif ni les militants de la circonscription. Et j’ai assuré les émissaires de tous les autres candidats qui ont communiqué avec moi au cours des dernières semaines que tout serait fait pour faciliter leur rencontre avec les membres de l’exécutif et les militants de Jean-Talon.

La démocratie existe grâce aux débats et aux échanges.

* * *

Pierre-Karl Péladeau pour sortir du « mystère Québec »

Il y a deux façons d’aborder une course à la chefferie quand on est membre d’un parti politique.

On peut écouter les candidats débattre pendant quelques mois et choisir ensuite à qui on accordera son vote. On peut aussi choisir un candidat rapidement en fonction du contexte et joindre son équipe dans le but de participer à l’élaboration de son discours et insister sur des éléments particulièrement importants à nos yeux.

Nous avons choisi la seconde option, pour trois raisons.

Pierre-Karl Péladeau pour retrouver la région de Québec

Nous avons d’abord choisi d’appuyer la candidature de Pierre-Karl Péladeau parce que nous croyons qu’il est le plus apte à refaire du Parti Québécois une véritable force politique dans la Capitale nationale — et que c’est une condition préalable pour réussir à faire du Québec un pays.

Nous sommes tous engagés depuis plusieurs années dans les différentes instances du Parti Québécois. Nous croyons qu’il est urgent d’arrêter de s’abriter derrière le très commode « mystère Québec » et de consacrer enfin tous les efforts nécessaires pour regagner la confiance des citoyens de la Capitale nationale.

Pour cela, il est important de poser un regard nouveau sur l’économie de notre région, qui s’appuie aujourd’hui davantage sur le développement des petites et moyennes entreprises technologiques et sur l’apport de l’économie sociale que sur la croissance de la fonction publique. Il faut un plan sur plusieurs années pour se reconnecter avec les forces vives de l’économie régionale. Il faut pouvoir répéter que l’efficacité et la rigueur dans la gestion des affaires de l’État sont au coeur de nos préoccupations et que c’est le développement économique bien plus que l’austérité qui permettra aux citoyens d’en avoir pour leur argent. La légitimité de Pierre-Karl Péladeau sur ces questions ne fait aucun doute.

Il est aussi essentiel de reprendre contact avec les artistes qui sont en train de redéfinir la personnalité de notre Capitale nationale, parce que leur créativité est plus que jamais essentielle à la redéfinition de notre avenir collectif. Monsieur Péladeau a déjà fait la démonstration de ses convictions dans ce domaine.

Pierre-Karl Péladeau pour changer la dynamique politique au Québec

Nous croyons que Pierre-Karl Péladeau a compris que le Parti Québécois doit se remettre à l’écoute des jeunes de tous les horizons politiques, à la grandeur du Québec, et doit renouveler ses approches pour le faire. Cette rencontre avec la jeunesse est indispensable pour changer en profondeur la dynamique politique au Québec et convaincre les jeunes que la souveraineté leur permettra de réaliser plus facilement leurs aspirations. Il en va de même avec les communautés culturelles avec qui nous devons maintenir et renforcer nos liens dans la Capitale et partout au Québec

Pierre-Karl Péladeau pour redonner confiance aux Québécois

L’engagement de Pierre-Karl Péladeau à nos côtés lors de la dernière campagne électorale à Québec nous a permis de constater à quel point il pouvait porter ces messages avec force et conviction pour redonner confiance aux Québécois dans leur avenir.

Nous l’encourageons à poser sa candidature aujourd’hui pour qu’il puisse continuer à le faire à titre de chef du Parti Québécois, lors des prochaines élections et tous les jours qui nous séparent encore du pays auquel nous aspirons.

Monsieur Péladeau, vous pouvez compter sur nous, comme nous savons que la Capitale nationale pourra compter sur vous.

SIGNATAIRES: Clément Laberge, Président de l’exécutif de Jean-Talon, Denis Martel, Président de l’exécutif de Charlesbourg, Aracéli Fraga, Présidente de l’exécutif de Louis-Hébert, Maude-Amélie Verville, Présidente de l’exécutif de La Peltrie, Réjean Bacon, Président de l’exécutif de Montmorency

Tom Pouce

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C’est un test de publication à partir du iPhone.

(quelques instants passent)

Ça fonctionne bien. Je vais donc essayer d’en faire un peu plus qu’un test.

Je conserve donc la trace ici de l’expérience hier de manger un Tom Pouce au Marie Beaupré (le Marie Antoinette original, à Beaupré — dorénavant le seul!).

Incroyable… Vingt ans plus tard (au moins!), c’était comme mordre dans un souvenir. Identique!

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Plus sérieusement, je faisais ce test dans une démarche de réflexion sur quoi publier où? — quoi sur Facebook, quoi ici, en particulier.

Réflexion à poursuivre…

Très très canadian

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Matin d’automne. Café Tim Horton, attente pour changement d’huile et pose de pneus au Canadian Tire (je ne me suis jamais senti aussi canadian).

À la télévision, un joueur de hockey invité dans une émission de cuisine. Triste de voir un gars aussi désemparé devant un couteau de cuisine et une louche — incapable de décrire son alimentation.

« Je mange surtout des petits plats préparés par ma nutritionniste ».

Note: j’ai d’abord publié ce texte comme un statut Facebook… et je me suis ensuite demandé pourquoi. Il faut  encore privilégier écrire ici que dans l’environnement fermé de Facebook… quitte à le faire aux deux endroits, mais d’abord  ici, dans un espace que je maîtrise.

Le lecteur est nu

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Très intéressant ce document partagé par Kobo pour illustrer l’intérêt des données issues de la lecture des livres.

Kobo | Publishing in the Era of Big Data

Présenté comme ça, sous forme de données anonymes, c’est fascinant. Quand on prend conscience qu’on est à ce point « espionné », comme lecteur, c’est un peu plus effrayant. Ça témoigne aussi d’une vision particulièrement mercantile de l’édition — et de la littérature, de façon générale.

Cela dit, bravo et merci à Kobo d’assumer une beaucoup plus grande transparence que la plupart de ses concurrents par rapport à ces enjeux.

Mes premières attentes à l’égard des aspirants-chefs

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À la lecture de l’actualité ce matin, j’ai spontanément publié ceci sur Facebook

« J’ai l’impression depuis quelques jours que course à la chefferie prend des allures de The Price is Right… chacun essaie de s’approcher le plus de la patience qu’il reste aux militants sur la question nationale: Participant 1: trois ans… Participants 2: huit ans… Participant 3: […] Faut être le plus proche pour gagner… mais sans jamais dépasser… parce que dans ce cas, on a perdu.

Ce n’est pas comme ça que j’avais imaginé ça.

Come on down…» 

Je me trouvais un peu audacieux, mais j’ai reçu plusieurs appuis au cours de la journée — tant sur Facebook que par courriel. Ça m’a confirmé que nous sommes nombreux à attendre autre chose de la course à la chefferie que ce qui semble vouloir s’offrir à nous. Et ça m’encourage aussi à prendre le temps de formuler un peu plus précisément mes attentes à l’égard des aspirants-chefs. Je le fais donc, presque aussi spontanément que ce matin.

Je souhaite évidemment qu’on parle de la question nationale — de l’avenir politique du Québec. Et bien sûr aussi des manières par lesquelles le Québec pourrait devenir un pays. Mais plutôt en mode remue-méninges qu’en mode « moi je connais une meilleure recette ». Parce qu’il faudra bien sûr sortir des sentiers battus —  tenter une autre stratégie/démarche que celle que nous avons suivie deux fois — mais aussi parce qu’on ne connaît pas le contexte qui prévaudra la prochaine fois que nous serons en position d’agir de façon déterminante pour y arriver, et qu’il faudra forcément s’y adapter.

Il est encore plus essentiel de revenir à la base: pourquoi croyons-nous qu’il est indispensable de faire du Québec un pays? Je souhaite découvrir des propositions qui nous permettront de repartir des rêves et des aspirations des jeunes. Bâtir un nouvel argumentaire en faveur d’une révision en profondeur du statut politique du Québec. Pas seulement de nouvelles approches pour expliquer aux plus jeunes les raisons pour lesquels nous, plus vieux, avons cru nécessaire de faire du Québec un pays. Ces raisons-là n’ont pas suffi et ne suffiront probablement pas la prochaine fois non plus, alors… Il faut repartir des aspirations des plus jeunes et (ré-)apprendre à expliquer pourquoi il sera plus facile de les réaliser dans un Québec-Pays que dans un Québec-Province.

J’ai aussi besoin d’entendre parler d’éducation et de culture. Beaucoup. Et souvent. Parce que c’est forcément au coeur de tout projet de société, et qu’on en parle trop peu, depuis trop longtemps. J’espère donc entendre des discours forts et ambitieux sur l’éducation — au sens large: pas seulement au sujet de l’école — et de culture, comme une dimension essentielle de la vie quotidienne.

J’espère également être en mesure de constater que les aspirants-chefs sont en mesure de tenir compte de la place que le numérique a pris dans le fonctionnement de la société, et comment il permet d’aborder différemment plusieurs enjeux déterminants pour l’avenir de la société québécoise.  

J’espère finalement entendre parler de la région de la Capitale nationale, spécifiquement. Aspirants-chefs : j’ai besoin d’entendre ce que vous proposez comme approche/démarche pour reconquérir la région de Québec. Il faut arrêter de s’abriter derrière le très commode « mystère Québec » — et enfin consacrer les efforts nécessaires pour regagner la confiance des citoyens de la Capitale — sans lesquels nous n’arriverons jamais à faire du Québec un pays.

Parler d’économie? Évidemment! C’est essentiel — comme un moyen, puissant, au service d’un projet de société auquel j’aurai envie d’adhérer. Que ce projet soit « un peu plus à gauche » ou « un peu plus à droite » m’importe assez peu pour le moment — parce que j’assume totalement que le Parti Québécois est une coalition et parce que je crois que le débat entre la gauche et la droite se fera plus sereinement et avec une plus grande efficacité dans un Québec-Pays, que dans un Québec-Province.

 

Quand le café passe mal…

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Ça fait un petit moment que je me dis qu’il faudra que je prenne le temps de formuler, de long en large, les réflexions que mon aventure politique m’a inspirées. Des réflexions de tous ordres que je me contente pour le moment de consigner, en vrac, dans un petit carnet.

Ce ne sera pas aujourd’hui que je vais mettre de l’ordre dans tout ça — et il faudra plusieurs semaines pour le faire quand le jour sera venu, mais la lecture des journaux de ce matin m’amène quand même à réagir brièvement… parce que parfois le petit carnet déborde…

* * *

Je le dis en réaction aux questions de collègues et d’amis presque tous les jours depuis deux semaines: évidemment que l’actualité en ébullition autour d’Yves Bolduc ne me laisse pas indifférent. Je l’ai aussi répété hier soir à de nombreux papas-du-hockey — que je revoyais pour la première fois depuis le printemps — et qui me demandaient ce que je pensais de tout ce qui arrive à mon adversaire lors de la dernière élection.

J’essaie de demeurer discret… mais même si je me garde une petite gêne pour ne pas ajouter inutilement mes commentaires à tous les autres lus dans les journaux et entendus à la radio et la télévision — tout cela ne me fait pas moins réfléchir.

Alors, quand je lis un texte comme celui de François Bourque dans Le Soleil de ce matin, je ne peux pas m’empêcher de soupirer et de me dire qu’on est vraiment mal barré pour mener de grands débats sociaux. Pendant qu’on palabre sur les maladresses et les pirouettes du ministre de l’Éducation, on ne parle pas des questions de fond — sur les besoins des écoles et sur ce qui est essentiel et ce qui est accessoire dans les écoles.

Le Soleil | François Bourque | Dans mon livre à moi

François Bourque n’a évidemment pas tort: les commissions scolaires sont aussi responsables de défendre leurs choix — y compris pour ce qui concerne les achats de livres. Sauf que, pour que cela fasse l’objets de débats et que cela soit suivi d’effets, il faudrait aussi que les médias s’y intéressent en dehors des périodes de crise, et que les commissaires n’aient pas l’impression de pouvoir gérer en vase clos. Il faudrait que les médias s’intéressent vraiment à l’éducation en couvrant ce qui se passe dans les commissions scolaires et dans les écoles beaucoup plus attentivement — et pas seulement lorsqu’il s’agit de parler des taxes scolaires (la démocratie ne tourne pas seulement autour de nos portemonnaies).

Or, les médias ont généralement l’attention très sélective. Même au sujet de Monsieur Bolduc ils ont eu l’attention très sélective — même pendant l’élection. J’ai dénoncé tous les jours (tous les jours!) son double emploi de député-médecin sans que cela intéresse aucun journaliste (on m’a même demandé « mais qu’est-ce qui vous choque là-dedans, je ne comprends pas »!). Il a fallu qu’apparaisse l’histoire de la prime méconnue qui s’ajoutait à son double salaire pour qu’ils s’y intéressent… et que cela devienne un scandale — bien après l’élection.

Alors on peut bien reprocher au politicien ses choix, mais il faut reconnaître que les médias ont aussi un rôle à jouer dans la définition de ce qui est acceptable ou non dans la conduite des affaires publiques et sur les débats qui entourent cette définition. J’ai d’ailleurs déjà écrit à ce sujet depuis l’élection:

À partir de quel montant doit-on commencer à s’intéresser à la moralité des moeurs politiques?

Quand, au deuxième café, je poursuis ma lecture, et que je lis un texte comme celui de Boucar Diouf, je me dis qu’il pointe effectivement un travers important de ce système dans lequel on patauge— mais je trouve qu’il néglige une dimension importante de l’affaire: un ministre n’est pas omnipotent, il a un entourage. Tout n’est pas affaire de compétence personnelle. Un ministre devrait être avant tout le chef d’une équipe — ce qu’on ne valorise pas suffisamment par les temps qui courent. Évidemment, quand même ce travail en équipe — avec le cabinet, et les fonctionnaires — apparaît dysfonctionnel… il faut s’interroger: vite et profondément.

La Presse | Boucar Diouf | Le « becquer bobo d’ego »

Quand finalement s’ajoute un texte comme celui de Simon Boivin, au sujet du Domaine Woodfield, j’ai soudainement envie de tirer ma tasse et ce qu’il reste de café sur le mur de la cuisine… mais je me contente de pousser un très très très gros soupir.

Le Soleil | Simon Boivin | Boisé Woodfield: les condos déjà en prévente

Merde! on ne se sortira donc jamais de ce bourbier? Où est / Qui aura le leadership nécessaire pour aborder enfin le sort du site historique de Sillery avec le sérieux et la sérénité que cela exige? Un vrai leadership, je veux dire. Un leadership durable — pas un leadership valsant comme celui dont fait malheureusement preuve le maire de Québec dans ce cas. Mme Saint-Pierre, comme ministre de la Culture, n’a pas été bonne dans ce dossier, c’est le moins que l’on puisse dire. M Kotto, n’a pas été particulièrement brillant non plus quand est venu son tour de porter le dossier comme ministre — à ma grande déception, d’ailleurs.

Je souhaite sincèrement à Mme David de pouvoir arriver à résoudre le fouillis qui entoure ce site historique — une fois pour toutes. Et je serai ravi de pouvoir contribuer s’il s’avérait que ce puisse être utile, parce qu’il faut vraiment qu’on y arrive. La situation doit absolument cesser de se dégrader d’année en année. Il y aura forcément des compromis à faire pour toutes les parties directement ou indirectement impliquées, mais il faut y arriver. La situation actuelle est délétère. Ce sont des lieux qui méritent beaucoup plus d’égards qu’on leur en accorde depuis vingt ans (et plus).

De plus, il ne faut pas perdre de vue que Monsieur Bolduc porte également une partie de la responsabilité de ce dossier puisqu’il est député de Jean-Talon depuis 2008.

Merci!

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J’ai couru le demi-marathon Lévis-Québec hier. Ouf! Il a fait chaud… sûrement la course la plus difficile que j’ai eu la chance (!) de faire. 

Le premier 8km n’était pas trop pire — quartier résidentiel, un peu d’ombre jusqu’au Pont de Québec. Mais après… ouf!… le four sur le boulevard Champlain! Et la dernière petite montée juste avant le traversier (quelques pas à la marche, pour ménager mes énergies)… et le kilomètre final… c’était vraiment une enjambée à la fois! C’était très très chaud…

Et j’y suis arrivé! Avec mon meilleur temps sur cette distance. Très content.

Mais ce matin, j’ai surtout envie de dire merci à tous ceux et celles qui rendent cette course possible. L’organisation, évidemment, les milliers de bénévoles, aussi (tout est vraiment super!) et — peut-être encore plus! — les citoyens qui s’installent le long du parcours pour encourager les coureurs. Hier on avait vraiment besoin de vous!

Merci à l’homme en fauteuil roulant qui nous souhaitait bonne course, un kilomètre après le départ. Vos touchants applaudissements m’ont accompagnés jusqu’à la fin.

Merci à celui qui m’a crié « Bravo Clément, ça va bien! », à l’entrée du pont — et à tous ces inconnus qui, comme lui, lancent des encouragements personnalisés en voyant nos prénoms sur les dossards. Ça compte.

Merci aux musiciens qui égaient le parcours: ça fait du bien.

Merci au petit garçon (5 ans, peut-être) qui mouillait des éponges dans la fontaine de la Promenade Champlain pour les tendre aux coureurs avec un enthousiasme qui donnait beaucoup d’énergie.

Merci aussi aux coureurs plus rapides, qui ont le temps de franchir la ligne d’arrivée et de remonter le parcours à la marche en encourageant ceux à qui il reste de gros efforts à faire pour atteindre leur objectif.

C’est tout ça une course. C’est pour ça que c’est une expérience magique.

Chacun son exploit — dans une ambiance d’accomplissement collectif. Et tellement de beaux sourires épuisés à l’arrivée!

C’était une très belle et très chaude journée. 

À l’an prochain.

 

Mettre en lumière

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Carl-Frédéric me fait (re)découvrir ce soir, sur Facebook, le travail de Nicholas Felton. Mesures, données, représentations. Fascinant. Le mot est faible.

Nicolas Feltron | About

Cela fera bientôt deux ans que j’utilise DayOne pour prendre quelques notes de ce qui a marqué ma journée, le plus souvent sur mon iPhone. Parfois quelques mots seulement, parfois beaucoup plus. Un exercice qui est même devenu systématique, quotidien, depuis presque un an. Et j’aime beaucoup retourner en arrière — il y a un an, il y a six mois, la dernière fois que je suis allé ici ou là. C’est incroyable tout ce qu’on oublie… et les patterns qu’on découvre en retournant dans le temps. Les 1425 textes que j’ai publiés sur ce blogue au cours des douze dernières années (!) permettent aussi de mettre en perspective certains éléments de mon parcours: intérêts, défis, détours, etc.

J’utilise aussi Daily Tracker, encore sur mon iPhone, afin de noter mon nombre d’heures de sommeil et certaines caractéristiques de mon alimentation. C’est simple comme tout et cela me force à être attentif à ces dimensions de ma santé.

J’ai essayé plusieurs autres applications qui recueillaient des informations automatiquement à partir du iPhone (déplacements, lieux visités, etc.). Je les ai toutes abandonnées. Je préfère nettement les exercices qui font directement appel à la conscience de soi — et non pas seulement qui accumulent bêtement des données pour refléter passivement mes comportements.  Je n’utilise plus que des applications dont je suis directement responsable des enregistrements.

C’est avec cela en tête que téléchargé ce soir l’application Reporter, le nouveau projet de Nicholas Feltron. Parce que j’ai été immédiatement séduit par la manière dont elle est présentée:

« Reporter is a new application for understanding the things you care about. With a few randomly timed surveys each day, Reporter can illuminate aspects of your life that might be otherwise unmeasurable. » (source)

Faut voir si l’expérience sera aussi bonne qu’annoncée, mais j’aime beaucoup l’idée de pouvoir configurer l’application afin qu’elle m’amène à découvrir des aspects de ma vie dont je n’ai pas connaissance… sans pour autant devoir collectionner tout et n’importe quoi.

J’ai vraiment hâte de voir ce que cela me permettra de mettre en lumière — et sous quelle forme cela me sera présenté / révélé. J’espère que Carl-Frédéric nous fera également part de ses observations (parce que je ne doute pas qu’il fera rapidement l’expérience de Reporter)

À suivre.