Par-delà Netflix

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Je ne sais pas vous, mais on a souvent mentionné Netflix dans les discussions du temps des Fêtes. Parfois pour parler des séries que chacun avait appréciées dans les derniers mois et parfois comme phénomène en tant que tel — avec les enjeux culturels, économiques et sociaux qui l’accompagnent.

Certains ont même évoqué la possibilité de se désabonner bientôt du câble pour ne garder que Netflix.

— Si ce n’était pas du hockey, c’est certain que ce serait fait depuis longtemps.

— Sauf qu’on ne regardera plus aucune émission québécoise quand ce jour-là sera venu…

Silence.

Un silence que j’ai interprété comme l’admission qu’il y a forcément là un problème, mais que c’est peut-être inévitable. La tendance serait trop forte.

Eh ben non! Il faut absolument trouver moyen que ce ne soit pas une fatalité. Sauf qu’il faudra pour cela que la politique s’en mêle. Qu’on redevienne capable de formuler clairement un projet de société — un projet au coeur duquel notre culture et nos créateurs auront un rôle déterminant à jouer. Il va falloir qu’on retrouve du courage pour poser des gestes forts, audacieux.

On pourrait commencer par suggérer la lecture de La guerre des arts, de Francis Desharnais, à tout le monde. Une bande dessinée minimaliste qui pose un regard lucide, et sévère, sur notre rapport à la création artistique.

Éditions Pow Pow | Francis Desharnais | La Guerre des arts

Et il n’y a pas que Netflix — dont il ne faudrait pas non plus faire le seul grand méchant loup. C’est l’arbre qui cache la forêt. Le défi est encore bien plus large.

Pendant que je vous écris, il y a trois ados dans le sous-sol de la maison qui sont en train de terminer le visionnement des derniers épisodes d’une série sud-coréenne, sur YouTube, en langue originale, sous-titrée en anglais.

Wikipédia | 미남이시네요 |You’re Beautiful

On est très loin de Lance et compte. C’était une tout autre époque.

De l’air chaud sur le coude

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Il devait avoir à peine plus de vingt ans. Les cheveux bleu clair, peignés de façon extravagante. Un regard perçant aussi, avec des sourcils abondants et une barbichette d’une vingtaine de centimètres, taillée en pointe. Plus quelques boucles d’oreille. Il aurait très bien pu être un personnage tout droit sorti de l’univers de Lemony Snicket.

Le coiffeur avait certainement plus de soixante-dix ans, l’air conservateur. Il commençait tout juste la coupe quand je suis arrivé.

Les cheveux bleus sur la cape noire et sur le plancher de tuiles blanches.

Les doigts ridés dans la tignasse colorée.

Et leur échange que j’avais grand plaisir à écouter. Si différents, et pourtant.

Dernier petit coup de séchoir, j’observe que le vieux coiffeur teste la chaleur de l’air en la dirigeant d’abord à l’intérieur de son coude.

Ce jour-là, l’expérience rencontrait l’audace.

31 jours de photo

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Je ne me souviens plus très bien comment j’avais découvert l’existence de ce groupe Facebook appelé 31 jours de photo. Si je me souviens bien, c’était quelque part en octobre. Je l’avais rejoint aussitôt, observé les participants jusqu’à la fin du mois, j’ai laissé passé novembre et je me suis lancé une première fois avec le défi de décembre.

31 jours — 31 photos, et seulement quelques instructions très ludiques:

« Les lignes de conduite sont les suivantes:

  • Vous devez être l’auteur de la photo.
  • Identifiez bien le thème du jour dans votre titre.
  • Tentez de poster une seule photo par jour.
  • Si possible, pas de photo d’archives personnelles, mais bien des photos prises expressément pour le challenge.
  • Encore meilleur : prenez la photo le jour même.

Ceci n’est qu’un jeu, et les règles peuvent être enfreintes en tout temps! »

Je suis très fier d’avoir tenu tout le mois. J’ai pris les photos pour chaque thème au cours de la journée indiquée, toujours avec mon iPhone.  Chaque fois avec le plaisir renouvelé d’un défi qui aiguise le regard et force à voir autour de soi ce que le quotidien nous amènerait autrement à négliger.

Pour le mois de décembre, les thèmes quotidiens étaient les suivants:

  1. Autoportrait
  2. Rouge et blanc
  3. Paysage
  4. Soir
  5. Motif
  6. Écriture
  7. Souvenir d’été
  8. Cuisine
  9. Reflet
  10. Confort
  11. Ancien temps
  12. Météo d’aujourd’hui
  13. Jouet
  14. Vert
  15. Brillant
  16. Neige
  17. Carré
  18. Noir & Blanc
  19. Bokeh
  20. Ce que je porte
  21. Là-bas
  22. Rose
  23. Abstrait
  24. lutin
  25. Noël
  26. Cadeau reçu
  27. Étoile
  28. Affichage
  29. Fourrure
  30. De près
  31. Mouvement

J’ai regroupé mes 31 photos dans un album sur Flickr — si vous avez envie de les découvrir, il est ici:

31 jours de photo | Album | Flickr

Le cassoulet du nouvel an

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C’est devenu une tradition.

Dans les jours précédents, trouver des lingots. C’est chaque fois l’occasion de redécouvrir plusieurs petites épiceries, passant d’une à l’autre pour trouver les indispensables fèves. Cette année j’ai trouvé à l’Épicerie européenne, sur la rue Saint-Jean.

Le 30 décembre, avant d’aller se coucher, mettre à tremper. Le bruit des fèves qui tombent dans le fond du pot de terre cuite (je fais exprès pour les laisser tomber de haut: c’est plus mélodieux). Et dans celui du chaudron métallique. Plus grave, en accord. Couvrir abondamment d’eau froide, sans se priver du plaisir de passer les mains dans l’eau froide et les fèves.

C’est dans le bouillon qu’Ana a fait avec les restes de la dinde du réveillon de Noël que les fèves cuiront le lendemain après-midi. Relation étonnante entre les deux fêtes.

Le 31, pendant que la maison reprend l’odeur de Noël: faire dégraisser les pattes de canard confit, faire revenir le porc et, très rapidement, la saucisse. Vers 15h, monter tout ça, en laissant dépasser les os du canard. Recouvrir de bouillon et d’un peu de gras de canard, au moins sept fois, dans les trois heures suivantes.

Très important de libérer le four avant que les invités arrivent. Pour leur permettre de réchauffer leurs plats. Parce que bientôt il y aura un banquet sur la table de la cuisine. Ce sera un délice pour tous les sens.

J’espère que quand ils auront mon âge, au moment de raconter un souvenir de la maison familial — en dix minutes pas plus! — mes enfants repenseront à cette journée où, tous les ans, leur père passait la journée aux fourneaux, dans des odeurs de dinde et de cassoulet.

De la lumière aux odeurs

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Martine a répondu à mon invitation lancée sur Facebook, pour faire faire des ronds dans l’eau à ces courts textes écrits en dix minutes pas une de plus. Et tant mieux si d’autres se joignent à leur tour: l’écriture est aussi un jeu.

Jeux de mots et d’images | 28 décembre | Été 2011

Ni vu ni connu | 28 décembre | Été 2014

Liés par la lumière de Chicago, nos textes étaient marqués par les souvenirs de voyage.

C’est l’évocation « des odeurs de pizza » dans le texte de Martine qui me ramène au clavier ce matin. Parce qu’en lisant cela, j’ai été immédiatement transporté dans le marché du vieux port de Montevideo.

C’était une journée un peu plus calme d’un voyage très dense. Nous avions déambulé  dans la ville avec Betto en direction du vieux port. Une des promenades au cours de laquelle j’ai pu voir le plus de Street Art. Et de très belles choses — très originales et très variées.

Une fois au marché, impression de remonter dans le temps. C’est sombre, les affiches ont toutes un look vieillot, le mobilier aussi. Il y a foule, partout. De petits comptoirs, des restos dans tous les recoins. Et des effluves gourmands. Les parilla sont pleines. Les odeurs d’asado se confondent avec les vapeurs de sucres des pâtisseries.

Nous avons mangé des milanesas et diverses assiettes d’entrées — pour goûter à un peu de tout. L’ambiance est bonne. Betto a un don pour parler avec les gens. C’est très convivial.

C’est à cet endroit que j’ai appris que la tradition en Uruguay veut qu’on mange des ñoquis (gnocchis) les 29e jours du mois.  C’est ce qui explique que sur presque tous les menus de restaurant là-bas il y a une parenthèse après la ligne de ñoquis: (29 de cada mes).

Et comme nous sommes le 29 décembre, c’est ce qu’on mangera ce soir, à Québec, deux ans plus tard et 10000 km plus au Nord.

Été 2011

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Ce devait être la Gaspésie. Ç’a été Chicago. À cause de la météo.

Seize heures de route pour découvrir une ville extraordinaire. Celle que je préfère de toutes celles que j’ai vues aux États-Unis.

Partout il y à voir: du beau, du vieux, du neuf, de l’espace, des oeuvres d’art.

La lumière adore Chicago. Tout y est plus beau.

On a beaucoup marché: le matin, l’après-midi, le soir — parfois jusqu’à très tard.

Chicago est un merveilleux terrain de jeu pour le regard.

Quand est-ce qu’on y retourne?

Le quai

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J’avais commencé il y a quelques mois une série de textes intitulée dix minutes pas une de plus. Un exercice d’écriture spontanée. Objectif: prendre une photo, spontanément, écrire à partir de celle-ci, aussi spontanément, et publier, dix minutes plus tard. Pas plus. Pas de zèle. Pas de perfectionnisme.

Je réactive aujourd’hui cette série — avec cette photo, prise le 20 juillet 2011. Sur la rue Saint-Paul, en face de la Gare du Palais, à Québec.

On y voit le choc des époques. Les vestiges d’un des quais de bois du premier chantier naval de la Nouvelle-France, conservés grâce aux hasards de la géologie. Des blocs de béton de remblayage. Une pelle mécanique tout ce qu’il y a de plus moderne. D’un jaune violent pour l’histoire.

Je passais par là tous les jours depuis 2008. L’année du 400e anniversaire de Québec. Pendant trois ans il n’y avait rien là. Seulement terrain vague, sans intérêt en surface.

Puis un grand trou, quelques vestiges, quelques protestations et le cours normal des choses.

Je passe toujours par là tous les jours, devant un immeuble pas laid, mais pas très beau non plus. Anonyme.

De la plomberie à la photographie en passant par Saint-Gabriel-de-Brandon

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La deuxième semaine de décembre, c’est de la plomberie et de la menuiserie à la maison, deux réunions politiques, des gestes importants à poser dans mon nouveau rôle de directeur général — vraiment un peu de tout! Une très grosse semaine.

J’ai aussi passé un après-midi au Cégep Sainte-Foy où j’ai accepté d’être mentor dans un programme de développement de l’entrepreneuriat. Les différentes équipes d’étudiants présentaient pour la première fois leur projet. J’étais très fier de l’équipe dont je suis mentor: un projet simple, efficace, réaliste, bien préparé. Bravo! J’ai toutefois été surpris par le conservatisme de l’ensemble des propositions: rien qui s’appuie sur les technos, les réseaux sociaux, etc., ni même indirectement — alors qu’il y avait de très belles occasions.

Tout cela sans compter que la fin de semaine se passait en tournoi de hockey avec le fils. L’écho que j’en laissais sur Facebook:

Partir pour un tournoi de hockey du fils à Saint-Gabriel-de-Brandon… Faire une crevaison… réparée chez Pierre et Pierre sur la rue principale en dix minutes sans attente:

— Monsieur, ça fera 18,40$… Monsieur? Monsieur?

— C’est à moi que vous parlez?

— Oui, c’est terminé.

(me demande si je me suis endormi? Pourtant, non…) Eh ben… Merci infiniment!

Constater au retour la présence de la Roulotte de Paul Buissonneau devant l’aréna… saupoudré d’une belle petite neige.

Il y a de la magie dans l’air.

Nous avons perdu la demi-finale contre Mascouche. 4-3. Les gars étaient désappointés, mais ils ont beaucoup appris pendant ces trois jours.

Et à travers tout ça, le plaisir d’avoir recommencé le décompte fantaisiste du nombre de minutes avant Noël sur Facebook — qui est presque devenu une tradition.

Comment ne pas mentionner en terminant le plaisir que j’ai à participer à un groupe Facebook qui s’appelle « 31 jours de photo » — qui est essentiellement composé des personnes que je ne connais pas… mais dont la formule est toute simple: un thème par jour, une photo, idéalement prise le jour même. Cela force à regarder autour de soi et à porter attention à son environnement. C’est très sain. Presque une question d’hygiène visuelle.


L’origine de ces notes hebdomadaires:

8 novembre | Éditorialiser

Les publications précédentes dans cette série:

8 novembre | La première semaine d’octobre

15 novembre | La première semaine de novembre

24 novembre | La deuxième semaine de novembre

7 décembre | La troisième semaine de novembre

13 décembre | La dernière semaine de novembre

20 décembre | La première semaine de décembre

Voyager dans le temps

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La machine à voyager dans le temps, c’est le blogue.

Il y a François Bon qui nous amène avec lui depuis quelques jours (sur Facebook — privé) à la rencontre d’amis rencontrés au fil des ans — avec photos et souvenirs. Je m’y suis même retrouvé, il y a six ans, comme si c’était hier.

J’ai fait ce matin un saut de deux ans pour me retrouver sur El Rio de la Plata. J’y ai entendu Roland Giguère et lu Borges.

26 décembre 2012 | Des mots flots au livre de sable

J’ai eu cet après-midi l’envie de retourner plus loin… dix ans en arrière, presque jour pour jour.

20 décembre 2004 | Déchiffrer l’indéchiffrable

À ma grande surprise, Borges y était encore! avec mon beau-frère, René, que François connaît bien.

Il n’y a pas à dire, le temps est un ruban de Moebius — comme ceux de Brent Seales.

Des mots flots au livre de sable

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26 décembre 2012

Sur le bateau qui nous amène de Montevideo à Buenos Aires j’écoute Thomas Hellman chanter les mots de Roland Giguère.

L’eau couleur de lion scintille. Le ciel est s’est éclairci jusqu’au bleu. Azul.

La poésie est là, omniprésente.

Les mots-flots s’abattent sur la plage blanche où j’écris que l’eau n’est plus l’eau sans les lèvres qui la boivent.

Les mots peints sur mon mur de chambre quand j’ai connu Ana.

Les mots flots. La plage blanche. Le livre de sable.

Aujourd’hui, je suis là. Avec Roland Giguère, à la rencontre de Borges.

Quand Kim Dotcom joue au Père-Noël

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24 décembre, tard dans la soirée, le fils reçoit une PlayStation4. Un des jeux inclus dans boîte doit être téléchargé sur le PNS Network.

Multiples tentatives: ça ne fonctionne pas. Conclusion dépitée: on réessaiera demain.

25 décembre: ça ne fonctionne toujours pas.

Une recherche sur Internet permet de confirmer que le réseau de Sony est hors service. Vagues rumeurs d’attaques de pirates informatiques (forcément puisque c’est Sony: « des Nord-Coréens, peut-être » — fous rires). Le XBox Network aussi est hors service.

Toute la journée: PNS Network Status: Offline.

26 décembre: toujours Offline. Nouvelles recherches sur le Web.

Traboulidon! Ce que je découvre est invraisemblable…

Les réseaux reviennent progressivement à la normale. Kim Dotcom a offert 3000 comptes premium de son nouveau service d’hébergement aux pirates pour qu’ils cessent leurs attaques et qu’il puisse jouer à Destiny.

L’échange entre le polémiste entrepreneur du Web est surréaliste. Extraits:

Hi @LizardMafia, I want to play #Destiny on XBOX Live. I’ll give your entire crew Mega lifetime premium vouchers if you let us play. Cool? [source]

Thanks @KimDotcom for the vouchers–you’re the reason we stopped the attacks. @MegaPrivacy is an awesome service. [source]

Remember… Lizard Squad only gets the benefit of free Mega premium accounts if they don’t attack Xbox Live & PSN again. #ThatsTheDeal [source]

Et le résumé de l’histoire… par son principal protagoniste:

A Christmas Miracle. How @MegaPrivacy saved @Xbox & @PlayStation from the @LizardMafia attack. Enjoy your games! :-)  [source]

Kim Dotcom, ne peut même pas s’empêcher de faire la morale au gouvernement des États-Unis, rien de moins:

Obviously, diplomacy works. I recommend that the U.S. Government gives it a try. #MakeLoveNotWar #UseMegaVouchers  [source]

Un remarquable coup de pub.

Et, clairement, ce conte de Noël, lui, n’est pas sans prétention.

Conte de Noël sans prétention

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Soleil levant. C’est la sonnerie qui le sortait du sommeil depuis longtemps, cinq jours par semaine. Étirer le bras. Glisser le doigt sur l’écran. Débrancher le fil. Ouvrir les yeux. Souffrir la luminosité, d’un oeil, puis de l’autre. Facebook. Like. Like. Twitter. Gmail. La routine matinale. Position horizontale.

Tous les matins: un bagel avec du fromage à la crème, une demi-banane et un verre de jus de pamplemousse. Aujourd’hui, par exception, Joe s’est servi dans une belle coupe de verre taillé. Il avait l’esprit à la fête.

Son repas négligemment déposé sur la table, il étire le bras pour saisir le iPad. Un rayon de soleil traverse la coupe et fait apparaître un petit arc-en-ciel sur le bagel.

Joe relève la tête, se lève, va chercher dans l’armoire du salon un napperon tissé par sa grand-mère, redispose son repas, balaie du revers de la main quelques graines de sésame, ouvre Instagram, choisit le filtre Mayfair: «Bon appétit tout le monde! #arcenciel #dernierejourneeavantlesvacances».

Les like et les commentaires des uns et des autres jouent le rôle de la ponctuation dans les journées de Joe. Ils lient les événements, créent le rythme, donnent un sens. Et quand ça s’essouffle, c’est qu’il faut mettre une bûche dans le poêle, publier, alimenter le réseau, susciter l’écho.

Depuis quelques jours les chats portant des bonnets de Père-Noël côtoyaient les suggestions de vins pas trop chers et les vidéos qui révèlent quelque chose de tellement incroyable qu’elles peuvent vous tordre le coeur. L’ambiance de Noël 2014. Avec Rdio en background — Joe FM Special XMas.

Une rumeur à travers ça: des hackers nord-coréens auraient piratés les serveurs de Sony et formulé des menaces suffisamment sérieuses pour que la multinationale annule la sortie de la comédie qui devait être le blockbuster des Fêtes. Le Président Obama s’en était mêlé — mais tout le monde s’en foutait pas mal. Les images truquées des collines de Los Angeles où le Hollywood était remplacé par North Korea et le selfie de Ellen DeGeneres aux Oscars avec Kim Jung Un au premier plan, étaient bien plus intéressants. Share. Like.

Heureusement, la vie suivait son cours. Le Sapin avait des boules. Les hackers nord-coréens n’avaient pas réussi à affecter notre style de vie. Grâce à Mike Zuckerberg, Noël était véritablement devenue la fête du partage.

Mais c’était sans compter sur trois hackers québécois, bien déterminés à réussir là où les troupes de Kim Jung Un avaient échoué. Convaincus que les médias pouvaient récupérer à leur avantage tous les gestes spectaculaires et que la culture occidentale se nourrissait de ces coups d’éclat, ils savaient qu’ils devaient être ingénieux et s’armer de subtilité.

C’est dans un sous-sol de Trois-Rivières qu’ils travaillaient sur leur coup depuis des mois. Ensemble, coupé des réseaux sociaux, parce que le silence est d’or. Ils mirent leur plan à exécution au moment prévu. Précisément 2014 minutes avant Noël.

Personne ne se rendit compte de rien. Jusqu’au lendemain, veille de Noël.

En ouvrant Facebook ce matin-là, Joe constata que la phrase «À quoi pensez-vous?» avait été remplacée par une autre phrase:

«Comment ferez-vous sourire quelqu’un aujourd’hui?»

Le monde avait changé.

365 nuits

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Depuis le 21 décembre 2013, j’ai noté tous les matins mon nombre d’heures de sommeil dans Daily Tracker (j’en avais parlé le 20 août).

Cela fait un an aujourd’hui. 365 jours.

Bilan:

Une moyenne de tout près de 7h de sommeil par nuit (c’était mon objectif)

La nuit la plus courte: 3h (le 9 octobre)

La nuit la plus longue: 16h (le 2 novembre)

Je dors presque 8h par nuit en moyenne la fin de semaine.

Et un peu moins de 7h par nuit en moyenne la semaine.

Le mardi étant généralement ma nuit la plus courte et le dimanche ma plus longue.

En juillet, j’ai dormi presque 8h toutes les nuits. À peine plus de 6h par nuit en février.

* * *

Est-ce que j’ai apprécié faire cet exercice? Oui. Est-ce utile? Je ne sais pas.

Je pense que c’est bien de garder une conscience de nos habitudes de vie. Et que noter ces mesures peut y contribuer.

Est-ce que je continuerai l’année prochaine? Je ne sais pas. Est-ce que je serai plus attentif à autre chose? C’est possible.

Est-ce que je suis fier de l’avoir fait? Oui — pour la discipline que j’ai maintenue. Et parce que je m’étais donné le défi de le faire.

Pourquoi je partage cela? Je ne sais pas.

Mais pourquoi pas?

Dernier droit

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La fatigue s’installe. Les moments magiques se faufilent heureusement dans l’agenda.

Endormi dans un hall d’entrée avant un rendez-vous à Montréal. Se faire réveiller par la grosse voix d’un ami pas vu depuis des années. Magie.

Une fin de journée au Marché du Vieux-Port, entouré de délices colorés, suivi d’une marche sous les gros flocons de neige. Magie.

Un souper improvisé avec une amie qui me souligne l’évolution de mon discours politique — « plus affirmé, plus confiant, plus clair » — depuis un an. Ça n’a pas été sans effort. Ouf! Le plaisir n’en est que plus grand.

J’apprivoise chaque jour mon nouveau rôle de directeur général. Bonne pression, beaux (et nombreux) défis.

Le plateau de charcuterie du vendredi soir est particulièrement savoureux.

La première semaine de décembre se termine en installant l’arbre de l’Noël… avant de m’endormir devant la télévision, un petit verre de scotch à la main.

Je ne peux pas dire que ça n’a pas été une belle semaine.

Exigeante, mais belle.

2014. Ô, 2014.

Ouf.

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« Il y a des semaines comme ça…», c’est ce qu’on dit.

C’est une expression, bien sûr: une boutade. Sauf que dans la réalité des semaines comme celle-là il n’y en a vraiment pas beaucoup.

Au coeur de la semaine, il y avait un conseil d’administration de De Marque particulièrement important dont la préparation et les suites immédiates ont été spécialement mouvementées. Une réunion au terme de laquelle nous pourrons enfin accélérer la démarche de mise à jour de la vision stratégique de l’entreprise. Une réunion dont je ressorts également avec des responsabilités élargies.

Seule courte pause dans ce maelström professionnel, une soirée avec un ami… qui en a profité pour me rappeler à quel point le temps file… On devait se voir tous les mois cette année, mais ça n’a pas été possible. La dernière fois c’était fin février: « tu te préparais à être candidat, le Parti Québécois allait former un gouvernement majoritaire… et Pierre-Karl Péladeau était un homme d’affaire. »

C’est ça qui est ça. Le temps passe. Et pas toujours de la façon la plus prévisible.

Le clin d’oeil était d’autant plus amusant que j’étais plongé quelques jours plus tard dans l’opération de signature du bulletin de mise en candidature de PKP à la chefferie du Parti Québécois. Blitz d’une fin de semaine… Presque vingt heures d’engagement, avec un petit groupe de militants hyperefficaces. Ouf! Et dire que certains pensent que la politique c’est essentiellement une affaire d’idées… y’a de ça, évidemment (et heureusement!), mais il y a tellement de travail de terrain aussi.

Souper en famille dimanche soir, vers 20h, pour souligner la conclusion d’une fin de semaine qui n’aura finalement jamais existée…

Une chance que les vacances de Noël approchent à grands pas.

Parce que c’était ça ma dernière semaine de novembre.