E

Drummondville. En train. Tôt le matin. Direction Montréal. À droite, la gare. À gauche, l’entrepôt de fruits et légumes. Je le vois presque toutes les semaines. Un peu après 7h. Ou alors le soir, vers 19h, au retour, selon le siège qui m’a été assigné.

Je n’avais pourtant jamais remarqué ce qui m’a sauté aux yeux ce matin. Le E.

Sur l’affiche, en lettres géantes: E. Larocque & Fils Inc.

Sur les camions, seulement: Larocque & Fils Inc.

Le E a disparu.

Internet. Il  y aurait une vingtaine de Larocque à Drummundville. Aucun dont le prénom commence par E.

Il y a aussi un Larocque-Poisson et une Larocques, avec un S. Et une foule de doublons dans Canada 411.

Selon L’Express du 20 mai 2008, le président de Larocque et Fils Inc. s’appellerait Gilles Larocque.

Apparemment pas de Gilles Larocque à Dummondville — mais quatre G. Larocque.

Un de ces G est probablement le fils du E disparu.

On peut présumer qu’il a aussi un fils. Puisque le & n’a pas disparu en même temps que le E. C’est généalogique.

Le train a repris sa route.

J’ai repris ma lecture.

Perec. La disparition.

Dernier amour

C’est l’histoire d’un compositeur. Il assiste à un concert au cours duquel son oeuvre est huée. Il sait qu’il va mourir. Il est serein. Il s’isole dans une villa, loin de celle qu’il aime, pour lui éviter sa mort. C’est un récit d’impasses, de rencontres et de révélations — de soi.

C’est l’histoire de ma fin de semaine. C’est Dernier amour, de Christian Gailly — un auteur que je découvre avec un immense plaisir depuis quelques semaines.

* * *

The Lion’s Roar, de First Aid Kit, c’est la bande sonore de ma fin de semaine. Magnifiques voix découvertes grâce à la magie de Rdio et du réseau qui l’accompagne — c’est Nicolas Langelier qui écoutait ça dans les derniers jours, j’ai été curieux et j’ai adoré. Merci Nicolas.

D’Antoine Robitaille à Nicolas Copernic

Antoine Robitaille écrit une brillante chronique dans Le Devoir de ce matin. Extraits:

« À mes yeux, le terme [périphérique] décrit bien une partie de notre état d’esprit, notre psyché. (…) Nous ne sommes pas un centre. Ni New York, ni Paris, ni Toronto. Dubaï et Shanghai sont très loin. Mais Dieux que les grenouilles que nous sommes rêvent souvent de se faire grosses comme ces boeufs. (…)

« L’esprit périphérique comporte plusieurs risques cependant. Le principal est de passer à côté de soi. Si, dans ses versions pathologiques, le nationalisme nous ferme sur le monde, le syndrome du périphérique, lui, referme le monde sur nous. (…) 

« Quand on est atteint du syndrome du périphérique, il faut invoquer l’Autre, le centre, le plus possible. (…)

« À force de regarder ailleurs, le périphérique finit par exceller dans l’art de l’imitation. 

« Périphériques, nous le sommes, c’est un fait géographique, linguistique, continental, civilisationnel. Nous le serons d’autant plus que les forces démographiques et économiques déplacent tranquillement le pôle, le centre, plus loin de nous que jamais (…) Résister au « périphérisme » sera de plus en plus difficile, diront certains. Mais l’histoire n’est jamais écrite d’avance. »

L’histoire n’est jamais écrite d’avance.

J’y vois un clin d’oeil intéressant à l’introduction de la chronique de Danielle Laurin — Soi-même, l’autre — faisant référence à la première phrase du plus récent livre d’André Carpentier: Dylanne et moi.

« Prenons les choses en feignant qu’il soit possible d’attribuer un commencement à une histoire… »

Je reviens toutefois à cette histoire, la nôtre, celle qu’Antoine Robitaille lie au périphérisme, un terme auquel il donne une connotation négative, je trouve. Alors que je crois qu’on peut s’en faire une force.

Périphériques, nous le sommes. Pas de doute.  Je pense qu’on peut s’en faire une force. Je pense même que c’est une partie du sens de notre histoire: de découvrir l’avantage d’être périphériques — la force qu’on peut y trouver, les atouts que cela nous procure.

Réfléchissant à tout cela ce matin, après la lecture du texte d’Antoine Robitaille, je me suis trouvé à repenser à Nicolas Copernic, qui nous a fait réaliser, il y a quelques siècle, que la Terre n’était pas le centre du monde, qu’elle tournait autour du soleil — qu’elle était périphérique — entraînant par conséquent l’humanité dans une sorte de périphérisme cosmique. On a depuis compris que tout dans l’univers tourne autour de quelque chose d’autre, quelque chose de plus grand, d’un autre centre.

La vie telle qu’on la connaît dépend en quelque sorte de ce périphérisme, parce que c’est au mouvement de la planète autour du soleil qu’on doit les conditions propices à son apparition. Ni trop grosse, ni trop petite, la terre se trouve à une distance du soleil qui lui procure une température favorable.

Bien sûr, la lune tourne autour de la Terre. Et dans ce système, la Terre est au centre. Elle est le centre.

Il y a bien sûr des gens pour regarder ce petit système et crier bien fort qu’il faut être fiers que la lune tourne autour de la Terre. Mais ils oublie généralement de dire qu’il n’y a pas de vie sur la lune. Et à part les marées, la lune n’est responsable de bien peu de choses dans notre écosystème. Même la lumière poétique qui éclaire nos nuits n’est en fait que le reflet du soleil sur sa surface. Ces gens sont des périphériques obtus — ils nient ce qu’ils sont préférant regarder ailleurs.

S’il y a encore des gens pour croire  que le soleil tourne autour de la Terre. Ce sont des ignorants.

Mais il y a heureusement bien plus de gens qui savent très bien que la terre tourne autour du Soleil et que, quoi qu’on fasse, cela restera ainsi — et que c’est cela qui a rendu la vie possible ici. Et que ce qui accompagne le périphérisme, c’est le mouvement. La dynamique.

Pour le Québec, et pour la ville de Québec, c’est pareil. La question n’est pas de savoir si nous sommes périphérique — c’est de savoir de quoi nous le sommes? Quelles conditions particulières cela nous procure? Et à quoi ces conditions sont-elles favorables? Quelles réalisations permettent-elles d’imaginer? De quel mouvement nous pouvons profiter, de quelle dynamique?

J’ai passé la semaine à parler affaires avec des gens de New York et de Paris et nos échanges ont maintes fois évoqué certains des avantages que nous avons d’être ici, en périphérie. Pas de doute possible dans mon esprit: le périphérisme comporte de nombreux avantages quand il est clairement assumé — qu’il ne se vit pas comme un complexe d’infériorité, comme quelque chose contre quoi il faudrait lutter par de répétitives manifestations de grandeur.

Il n’est sans doute pas inutile de rappeler les fondements de la révolution copernicienne à certains de nos leaders, à Québec et au Québec en général — mais il faudrait surtout, il me semble, écrire rapidement un texte sur l’avantage d’être périphérique, de manière à compléter l’indispensable réflexion à laquelle nous conviait ce matin Antoine Robitaille autour de l’inconvénient d’être « périphérique ».

Il ne faut pas résister au périphérisme. Il faut s’en faire une force.

Martine et Alberte

 

« …j’ai appris que les modes, comme les gens, vont et viennent. Les attentions se dispersent, s’essoufflent, cherchent à se reconcentrer, puis se dispersent de nouveau… »

Fin de journée. De journée folle! Vraiment.

Je reprends mon souffle en lisant un peu, en faisant le tour de quelques blogues, de quelques sources d’inspiration — pour me nourrir l’esprit avant d’aller reposer mon corps…

… avant une autre journée folle — sans doute plus folle encore.

Et j’ai envie de prendre quelques minutes pour faire honneur à deux personnes. Une que j’ai la chance de connaître un peu, et l’autre seulement indirectement, par son oeuvre.

La première, c’est Martine Pagé. Elle soulignait dimanche les dix ans de son blogue — ce n’est pas rien! Et j’ai d’autant plus le goût de faire découvrir son blogue qu’elle a encore envie d’y faire des expériences… et c’est ben l’fun, parce qu’un blogue, c’est, de mon point de vue, d’abord et avant tout un atelier, un espace personnel de création.

Ne manquez surtout pas sa fiction instantanée #3, qui est particulièrement géniale à mon avis. Je ne vous en dit pas plus — je ne voudrais surtout pas vous priver du plaisir que j’ai eu à la découvrir.

La deuxième personne, c’est Francis Desharnais — l’auteur de Burquette — qui doit vivre des moments particulièrement intenses ces derniers jours avec l’avènement du site web de Burquette (et du papa d’Alberte, évidemment — quel sympathique détestable!) — un site web dans lequel son oeuvre s’anime, en vidéo… avec un résultat plus vrai que nature.

Le Papa d’Alberte avec la voie d’Yves Corbeil! — fallait quand même y penser! Bravo!

Dans les deux cas, y’a qu’un mot: j’adore! 

Aventure

Paris, Francfort, New York, Montréal, Québec, Ottawa, Drummondville. Par avion, par train, par autocar et en voiture de location. Par toutes les températures, à toutes les heures. Seul et accompagné. Les yeux ouverts et les yeux fermés. En écoutant les voisins discuter ou Martin Léon chanter.

Ce sont les cailloux du petit Poucet restés dans ma poche.

Ils racontent une aventure dont la fin reste à écrire.

S’il doit y avoir une fin à pareille aventure.

Je n’en suis pas si sûr.

La mort

Reçu d’un ami:

Tu devrais parler de la mort… J’ai perdu un employé aujourd’hui. Il me semble que la mort rôde dans notre entourage…

Pas de doute, la mort rôde. Elle a envahi notre espace toute la semaine, elle s’est immiscée dans nos conversations. La mort sale, celle qui est guidée par le ressentiment. Nous lui avons fait une place. Une trop grande place. Ça m’attriste.

Pas le goût de parler de la mort. Pas de cette mort-là. Pas envie de me prêter à la banalisation de la détresse. Le courage de dire tout haut ce que bien des gens pensent tout bas mon cul. Quel courage? On ne banalise pas la mort, ni haut ni bas. On la respecte. Parce qu’on respecte la vie.

Parlons d’amour, d’amitié, de souvenir et de compassion. Parlons de la mort à l’occasion de laquelle on témoigne. De celle qui inspire. De celle qui fait aimer. De la mort qui donne le courage de vivre.

Parlons de l’envie. De la vie. Et de l’aide qu’on se doit les uns les autres pour l’aimer, pour s’aimer, tous les jours, autant que possible.

Cher ami, je ne sais pas comment tu as perdu ce collègue, et je ne sais pas si c’est sous cet angle que tu souhaitais que je parle de la mort — mais c’est ça qui est ça, j’ai préféré parler de la vie. J’espère que ça t’ira ainsi.

Gris (et lent)

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Il faisait gris ce jour-là. Un gris d’hiver. Un gris d’après la pluie. Le gris de la gadoue. Le gris qui fait plouch plouch et qui laisse les pieds mouillés juste d’y penser.

Regard au nord, sous cette lumière, l’illusion d’un vieux Montréal. Regard au sud, la réalité du Vieux-Montréal.

En haut de la côte, le feu est rouge. Au bas de la côte, il est vert. On pourra monter, un peu, mais pas trop.

À Montréal tout est lent. C’est l’hiver.

L’ascenseur

Je ne l’avais jamais vu dans le lobby. Il était jeune, je pense. Il avait un lourd passé, j’en étais certain. Ses cheveux étaient en broussailles, ses vêtements étaient abimés, mais ils étaient propres. Il avait le regard vif. Les poches de son pantalon aux motifs militaires étaient chargées de documents pliés et d’enveloppes ouvertes à leur extrémité. Je l’ai suivi dans l’ascenseur.

Une douzaine de boutons pour autant d’étages. Il hésita. C’était la première fois qu’il venait dans cet immeuble.

— bureau 335, vous savez quel étage?

— c’est au troisième, lui ai-je répondu (évitant d’ajouter évidemment).

Où pouvait-il bien se rendre ainsi, si tôt le matin? Je l’ai suivi du regard.

Bureau de l’aide juridique, section criminelle

Évidemment (j’ai pas pu retenir celui-là).

La porte s’est refermée. Je ne le reverrais plus.

Criminelle.

Criminelle.

J’ai plongé la main dans ma poche. J’ai sorti mon iPhone. J’ai mis mon index sur l’icône de iBooks. J’ai sélectionné La roue et autres nouvelles, et j’ai fait une recherche.

criminelle

Voilà! C’était ça. Je le savais. Je l’avais lu quelques jours auparavant.

« …quand de nouveau à la porte on sonna. […]

C’était deux messieurs, mais deux autres, d’une autre police, criminelle celle-ci. Je n’y suis pour rien. Je ne me permettrais pas de qualifier de criminelle une police quelle qu’elle soit. Ce sont eux qui l’ont ainsi qualifiée. […]

Vous connaissez cet homme? demanda le plus grand en me collant sous le nez sa propre figure? Oui, dis-je, je l’ai encore vu ce matin. Où ça? demanda l’autre. Dans ma salle de bains, lui répondis-je. Ah bon? s’étonna le plus grand, et que faisait-il dans votre salle de bain? Alors moi: il se rasait. »

Fantastique!

De l’étrange type, bien réel, que j’avais suivi dans l’ascenseur  jusqu’à cet homme, fictif, qui était recherché par la police criminelle, il n’y avait donc qu’un bouton d’ascenseur et mon iPhone, dans ma poche.

Comme quoi ça bouscule parfois les frontières de la fiction de lire en numérique.

C’est une histoire vraie. Pour l’essentiel.

Voyager

— Pas encore disponible, devrait paraître en janvier. 

J’avais oublié. Jusqu’à aujourd’hui.

Fin de journée. Fatigué. Je passe par le kiosque à journaux. Pour me faire un cadeau. Le Monde, édition du vendredi. À lire calmement dans le fauteuil rouge de ma chambre d’hôtel, après une longue journée de délibérations.

À la une du Monde des livres je lis: Comment parler des lieux où on a pas été? Il est donc paru. Fin janvier, ça y est!

Le titre du livre est, à lui seul, suffisant pour me faire tomber sous le charme. Je l’achète en quelques clics — hop, dans mon iPhone— après  avoir lu les deux textes qui lui sont consacrés:

Pierre Bayard, voyageur casanier — par Enrique Vila-Matas.

« … un livre où apparaît l’hypothèse qu’il est plus facile de parler savamment et avec de plus larges connaissances d’un lieu où l’on est pas allé que de parler de lui après avoir fait la bêtise de le visiter. »

Comment faire lire un paranoïaque? — par Jean Birnbaum.

* * *

Une citation me frappe particulièrement au terme de ma journée. Elle est d’Enrique Vila-Matas:

« Quant à ma manière préférée de voyager, je dirai simplement que, très souvent, sans bouger de chez moi, j’écris au préalable ce que je vais vivre dans le voyage le plus immédiat que j’ai en vue et que, arrivé à mon point de chute, j’essaie — en général avec succès — de vivre ce que j’ai écrit »

Cela correspond en effet assez bien à la conception que je me fais d’un projet de société — et du travail qui précède sa réalisation.

* * *

Je vous en ai parlé.

Il ne me reste donc plus qu’à le lire:

Comment parler des lieux où on a pas été?

de Pierre Bayard, aux Éditions de Minuit.

Sur rendez-vous

« Je reçois sur rendez-vous le lundi, le mercredi, et le vendredi, ainsi que le mardi, le jeudi, et le samedi, également sur rendez-vous, dimanches et jours de fête et, qu’on se le dise, je ne prends jamais de vacances. »
 *

« Il est extrêmement rare que quelqu’un vienne sonner à la porte de mon cabinet quand je suis occupé avec un client, tant mieux d’ailleurs, car n’étant pas assisté, je veux dire n’utilisant ni assistante ni secrétaire, si cela se produisait, je serais obligé de me déranger et les clients détestent ça, tant mieux d’ailleurs, car ça les oblige à tenir  compte de ma vie privée, soudain pour eux j’existe, ils s’aperçoivent soudain qu’il se pourrait que je sois quelqu’un comme eux et ils détestent ça, et de fait ça déclenche toujours quelque chose d’hostile, je dis toujours mais c’est extrêmement rare, qu’on vienne sonner quand je suis occupé, alors inutile d’en parler. C’est cependant ce qui se produisit alors que j’étais au travail avec mon client de quatre heures de l’après-midi du mercredi… »

* * *

C’est tiré de la nouvelle Mon client de quatre heures,

qu’on peut lire dans La roue et autres nouvelles,

de Christian Gailly, aux Éditions de Minuit.

C’est un livre magnifique.

Par là

L’issue. Enfin.

J’étais seul dans le labyrinthe souterrain d’un Montréal d’hiver. La nuit. Tard. Seul avec les plus seuls. L’itinérance. La misère. Seule. Plus seul encore.

Parcours erratique dans le tunnel. L’étouffement. l’écho sonore. l’escalier. l’espoir.

Vers le haut. par là. sortie. surface. le monde. les autres. moi. Enfin.

C’était demain.

Nous y voici.

Pour sortir de la fermeture de MegaUpload

Merci André Cotte qui m’a fait découvrir le texte de Lionel Maurel qui a le grand mérite de nous sortir du manichéisme auquel la couverture médiatique nous a habitué au cours des derniers jours en rapport avec la fermeture de MegaUpload.

Une autre photo de la guerre du Web

« Ce que [cela révèle] c’est avant tout un profond désarroi face aux évolutions du numérique et une difficulté à penser un modèle économique adapté aux nouveaux usages en ligne. »

Je me réjouis personnellement de la fermeture de MegaUpload. Mais je pense — surtout — que la défense de nos valeurs est plus efficace que de prendre la défense de criminels qui se drapent dans les valeurs des autres.

Je vous invite à lire ce texte, pas forcément parce que je partage tous les points de vue développés par l’auteur, mais parce qu’il nous invite habilement à la réflexion.

Je retiens aussi la pétition des fabricants de chandelles, qui est particulièrement amusante…

Bloc-note

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Huit centimètres de large. Une quinzaine de long. Les feuilles (une soixantaine) étaient reliées par le haut à l’aide d’une petite spirale de plastique noir. De cette façon, elle pouvait tourner les pages aisément.

Ce ne pouvait pas être une liste d’épicerie. Ce devait être une pièce de théâtre.

Le texte était écrit tout petit, imprimé recto verso. Aucun paragraphe apparent. Chaque phrase semblait tenir sur une seule ligne. Seulement quelques annotations écrites ici et là, d’une main maladroite — vraisemblablement pas la sienne.

Elle était assise en face de moi. J’ai pensé lui demander ce qu’elle lisait. J’ai préféré l’imaginer. Écrire.

Je descendrai au prochain arrêt. Elle a toujours le regard sur son bloc-note et moi les doigts sur mon iPhone.

Bon voyage.