Lire vous transporte

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C’était en février. Fin d’un des premiers jours de soleil un peu chaud. Dans l’autobus, de retour du bureau.

Kundera élégamment posé sur le genou dénudé d’une jeune femme.

L’insoutenable légèreté de l’être.

Lire dans les transports en commun, c’est parfois très sexy.

Ne rien faire

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Ne rien faire. Ou pas tout à fait.

Redécouvrir la couleur des feuilles à l’ombre et au soleil. Monter un nouveau BBQ, envier le chat qui se prélasse sous la chaise Adirondack, lire quelques pages, boire quelques gorgées. Jaser, au gré du vent.

Recommencer à écrire aussi. En commençant par quelques notes éparses, quelques souvenirs, quelques réflexions — avant de prendre le temps, dans les prochains jours, d’essayer d’organiser tout ça.

Parce qu’il y en a des choses à retenir de cette nouvelle expérience politique. De l’anecdotique et du plus essentiel.

Mais pour le moment, je retourne ne rien faire. Ou presque.

Photo: élément du parcours Où tu vas quand tu dors en marchant 2015.

Sortie de campagne 

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Je reviendrai bientôt sur les résultats de l’élection de lundi et sur les réflexions qui les accompagnent.

Ce matin, c’est le retour progressif à une vie plus normale que j’ai envie de célébrer.

Marcher au soleil, tranquillement, prendre l’autobus, avoir un peu de temps pour écrire, sans intention précise.

Ça fait du bien!

Des trains de pétrole dans nos quartiers?

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J’ai mis aujourd’hui au défi Alain Fecteau, candidat de la CAQ, et Sébastien Proulx, candidat du Parti Libéral d’adopter une position claire sur le transport de pétrole par train dans les quartiers de Jean-Talon. Pour moi, voir circuler des wagons remplis de pétrole dans des quartiers urbains, il n’en est pas question.

Communiqué de presse | Parti Québécois | 12 mai 2015

Après la tragédie de Lac-Mégantic et les accidents de train pétroliers qui se multiplient partout en Amérique du Nord, je trouve tout simplement absurde qu’on puisse envisager de faire passer des citernes de pétrole au coeur de nos quartiers, comme c’est le cas ici.

Aucune réaction de Sébastien Proulx et du Parti Libéral pour le moment.

Quant à Alain Fecteau, candidat de la CAQ, si je me fie à l’article du Journal de Québec, a simplement répondu:

«qu’il serait « tout à fait normal qu’il y ait un BAPE » [Bureau d’audience publique sur l’environnement] sur les projets du port».

C’est une bonne nouvelle, mais cela semble avoir embarrassé son chef, François Legault, qui se serait empressé de répondre que

«à l’heure actuelle, les projets du port n’ont rien à voir avec le pétrole».

Rien à voir avec le pétrole? Vraiment monsieur Legault? Est-ce que vous niez ce que rapporte cet article du Devoir, citant les documents du Port de Québec lui-même?

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Source: Vers un port pétrolier à Beauport | Le Devoir | 18 avril 2015

Je réitère que la population de Jean-Talon a le droit d’avoir l’heure juste sur les projets qui sont susceptibles d’affecter sa sécurité et sa qualité de vie.

Porter, en toutes circonstances, l’intérêt des citoyens est une dimension essentielle du travail de député. Est-ce qu’Alain Fecteau et Sébastien Proulx sont prêts à assumer cette responsabilité, comme je l’ai fait aujourd’hui?

Il ne s’agit pas d’être pour ou contre le développement du Port de Québec, comme le laisse entendre le chef de la CAQ, mais  de réaliser qu’au vingt-et-unième siècle, le développement économique ne peut plus se faire en catimini, à l’insu des populations concernées.

Le développement économique, ça se fait avec le monde. C’est une condition essentielle de la réussite.

Je le disais il y a un peu plus d’un an, je le redis aujourd’hui.

Le courage du développement économique | Le Soleil | 2 décembre 2013

À suivre sur ma page Facebook de candidat du Parti Québécois dans Jean-Talon

https://www.facebook.com/clement.laberge

Image: trajet de la voie ferrée qui permettrait d’acheminer du pétrole par train de la rive sud du fleuve vers le port de Québec. En rouge, les segments qui traversent la circonscription de Jean-Talon.

Fête des mères

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Ma mère a étudié en sociologie et en éducation. Elle s’est ensuite tournée vers les arts visuels et l’écriture.

Elle est pour beaucoup dans le regard que je pose aujourd’hui sur mon milieu de vie. Je lui dois aussi la profonde conviction que c’est en travaillant avec les personnes concernées par un défi, un problème, qu’on peut trouver les meilleurs solutions — pas en réfléchissant à leur place. La valeur que j’accorde à l’autonomie et à l’indépendance, elle y est aussi pour beaucoup…

Je pense que c’est aussi en la voyant faire des choix audacieux dans la vie que j’ai développé ma confiance en moi et une profonde confiance dans l’avenir.

Si j’aime les arts aujourd’hui, si je suis entrepreneur, si je suis parti trois ans avec ma famille pour travailler à l’étranger… et si je suis engagé politiquement aujourd’hui, c’est beaucoup grâce à elle.

Merci Geneviève! Bonne fête des mères!

Bonne fêtes aussi à Ana-Laura, mère de mes trois enfants, à ma soeur — et à toutes les mères!

Photo: Altitude, sculpture de fil de fer.

Hors course? Vraiment?

Bonjour Monsieur Salvet,

Je vous écris ce matin parce que je trouve que vous tournez les coins un peu ronds dans un passage votre texte d’aujourd’hui en page 18 du Soleil.

Pierre-Karl Péladeau: un politicien atypique | Le Soleil | 9 mai 2015

Je ne comprends pas que vous puissiez dire dans ce texte que: « Le Parti québécois est hors course dans les partielles déclenchées mercredi » et que vous parliez de « circonscriptions qui lui sont réfractaires ». Revenons-en aux faits, si vous le voulez bien, spécifiquement pour Jean-Talon, où je suis candidat.

Je vous rappelle que le Parti Québécois est arrivé deuxième dans Jean-Talon aux trois dernières élections générales ainsi qu’à la précédente partielle (et je ne remonte pas plus tôt, la réalité politique ayant bien changée depuis 2007).

Élection partielle du 29 septembre 2008: 

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Élection générale du 8 décembre 2008:

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Élection générale du 4 décembre 2012:

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Élection générale du 7 avril 2014:

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Données: Directeur Général des Élections du Québec.

Par conséquent, s’il est possible d’émettre l’opinion que je ne pars pas pas favori, il n’est absolument pas possible de dire que Jean-Talon est réfractaire au Parti Québécois.

Aucune donnée objective ne peut étayer le fait que le Parti Québécois est hors course dans Jean-Talon.

Cordialement,

Clément

Le quartier de l’aréna

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Me revoilà en campagne électorale! À peine plus d’un an après ma première expérience. Cela s’annonce déjà très différent, notamment parce que le contexte d’une élection partielle donne aux enjeux locaux une importance beaucoup plus grande — et c’est très bien ainsi, d’autant que je souhaite être un député particulièrement actif dans ce genre de dossiers et près des préoccupations des citoyens!

Lors de ma présentation comme candidat, le journaliste Simon Boivin, du quotidien Le Soleil, m’a demandé quelle était ma position au sujet de l’Aréna Jacques-Côté: « êtes-vous d’accord ou pas avec sa démolition annoncée? ». Comme le Plan particulier d’urbanisme (PPU) de la ville de Québec pour le site patrimonial de Sillery et ses environs n’avait été annoncé que la veille, j’ai répondu que je prendrais le temps d’en prendre connaissance et d’étudier un peu plus le dossier, mais que je m’engageais évidemment à prendre clairement position sur le sujet avant la fin de la campagne électorale.

Et je me suis mis au travail — comme je le ferai comme député.

J’ai lu ou relu tous les documents pertinents, bien sûr, mais j’ai aussi parlé avec des citoyens et je suis aussi allé sur le terrain. J’ai fait un tour complet du quartier avec une résidente ce matin et nous avons discuté longuement des enjeux associés à la présence de l’aréna dans ce secteur.

Il me reste encore quelques informations à obtenir et quelques personnes à rencontrer avant de compléter mon travail et inscrire tout ça dans une perspective un peu plus large, mais je peux déjà dire que je vais être prêt à prendre position dans ce dossier. Ce sera fait dès la semaine prochaine.

[Photo: Google Maps]

Ici, dans Jean-Talon?

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À l’approche d’une élection, il est normal de suivre de près ce que ses adversaires disent et font — en particulier sur les réseaux sociaux. Pour essayer de mieux comprendre qui ils sont.

C’est en faisant cette veille que j’ai découvert ce soir la vidéo de présentation de Sébastien Proulx, qui sera le candidat du Parti Libéral du Québec dans la circonscription de Jean-Talon.

Être député, une vocation | Sébastien Proulx | Facebook

J’avoue avoir été plutôt surpris de constater que la vidéo a été filmée dans un décor typique de Saint-Sauveur, sur la rue Arago Est, dans la circonscription de Taschereau.

Rue Arago Est | Google Maps

Je trouve que c’est un bien drôle de choix de ne même pas avoir pris le temps d’aller faire sa vidéo de présentation dans la circonscription qu’on souhaitee représenter, surtout quand on prétend du même souffle « qu’être député ce n’est pas un métier ordinaire […] c’est faire le don de son temps ».

Renouer avec la capitale

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Il y a au moins deux façons de suivre une course à la chefferie au sein d’un parti politique: en observant et en militant. J’ai fait le choix de m’engager.

J’ai déjà expliqué pourquoi j’ai fait le choix d’appuyer Pierre-Karl Péladeau dès le début de la course.

Un appui à Pierre-Karl Péladeau | Blogue | 29 octobre 2014

L’importance — la nécessité! — de tout faire pour que le Parti Québécois redevienne une force politique dans la Capitale-nationale, est devenue mon principal cheval de bataille politique au cours des dernières années (et je ne suis heureusement pas le seul!). J’ai senti au cours des derniers semaines que cela était enfin compris.

Le grand rassemblement qui a réuni hier soir plus de 600 personnes à Québec, et les discours auxquels il a donné lieu, l’ont d’ailleurs bien démontré.

Je retiens comme exemple, cet extrait d’un texte publié un peu plus tôt aujourd’hui, sur Facebook, par Pierre-Karl Péladeau:

«Je le dis et je le répète. Il est essentiel pour le Parti Québécois de renouer politiquement avec les habitants de notre belle capitale. J’ai beaucoup d’ambition pour la Ville de Québec, qui a tout ce qu’il faut pour devenir la capitale d’un pays, au même titre que Londres, Paris et Washington. 

Pour retrouver le chemin de la victoire, nous devons dès aujourd’hui travailler tous ensemble, d’arrache-pied, afin de tisser des liens profonds et durables avec les citoyens de Québec. Je m’y engage personnellement.

Pour m’accompagner dans cette tâche, je tiens à souligner la détermination et le courage de l’homme d’affaires Clément Laberge, qui se présentera sous peu dans la circonscription de Jean-Talon. Le Parti Québécois et la politique en générale ne peuvent que bénéficier de l’apport d’un homme de sa trempe.»

Source: Québec, c’est le coeur du pays | Facebook | 30 avril 2015

Comme quoi on avance!

– – –

Photo tirée de la page Facebook de Pierre-Karl Péladeau

Lettre à Mathieu Bock-Côté

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Bonjour Mathieu,

J’ai bien lu le texte que tu as publié sur ton blogue un peu plus tôt aujourd’hui:

La région de Québec et le PQ | Blogues du Journal de Montréal | 29 avril 2015

Dans ce texte tu dis:

«Il y aura bientôt deux élections partielles dans la région de Québec et le PQ n’est pas dans la course. Il est vaincu avant même d’avoir mené bataille. Ses leaders le reconnaissent aisément. Ils ne se font pas d’illusion. Certains y voient du défaitisme. On devrait plus justement parler de lucidité.»

L’article de Jean-Marc Salvet dans Le Soleil de ce matin, faisait écho au même genre de raisonnement.

Je ne suis pas d’accord. Pas du tout.

Je ne suis tellement pas d’accord, en fait, que je suis un des candidats que tu envoies dans une bataille perdue d’avance. Et je ne suis vraiment pas le genre de gars à m’embarquer dans des causes perdues… tu le verras dans les prochains jours.

Faire preuve de leadership | Blogue | 29 avril 2015

Tu suggères plus loin que la région de Québec [serait] de plus en plus à droite alors que le mouvement souverainiste s’entête à se camper à gauche?» et que «le PQ devra se réenraciner à Québec, il devra en faire une terre de mission. Il devra s’ouvrir aux valeurs de cette région, à sa sensibilité politique aussi».

Là, je suis d’accord avec toi — sur le besoin de se réenraciner. Mais, pour moi, ce n’est pas une question de droite ou de gauche. C’est une question d’accepter réellement l’existence d’une plus grande diversité de points de vue au sein de notre formation politique.

Il faut que le Parti Québécois redevienne la grande coalition qu’il a déjà été. Il ne s’agit pas de prendre un virage à droite… il s’agit de faire plus de place à des gens qui ont des opinions plus variées et de apprendre à travailler sereinement dans cette diversité d’opinions.

On doit répéter qu’on n’est pas obligés de tous penser la même chose pour travailler ensemble et être solidaires.

C’est ça le défi auquel fait face le PQ dans la région de Québec, si tu veux mon avis. Et dans tous le Québec aussi, d’ailleurs!

Et je pense qu’il n’est pas impossible que cette transformation du Parti Québécois trouve, de façon bien imprévue, sa source à Québec (ce serait un amusant retournement de situation!). C’est en tout cas la conviction qui m’anime au moment d’entreprendre la campagne électorale dans Jean-Talon. Et c’est la conviction que j’entends continuer de défendre dans toutes les instances du Parti Québécois après l’élection, quel qu’en soit le résultat.

J’ai une demande pour toi en finissant… fais l’effort, s’il vous plaît, d’y croire avec moi. Et de travailler à bâtir la confiance des militants du Parti Québécois, et de ceux qui sont tentés de les rejoindre — ou même de voter pour nous une première fois. Intéresse-toi à la campagne que je vais mener dans Jean-Talon, et à celle qui va se dérouler dans Chauveau. Je pense que tu auras quelques surprises.

Il ne faut pas oublier que le plus grand adversaire du Parti Québécois dans la région de Québec, ce n’est ni le PLQ, ni la CAQ, ce sont nos propres doutes — une forme de manque de confiance en nous.

Je ne sais pas si le PQ va se trouver éventuellement un nouveau Jean Garon, comme tu le souhaites… mais ce que je sais, c’est que Jean Garon n’aurait certainement pas concédé la victoire avant de livrer bataille.

Moi non plus.

Cordialement,

Clément

Faire preuve de leadership

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Vous êtes plusieurs à m’écrire ce matin pour vous étonner du texte de Jean-Marc Salvet et me demander ce que j’en pense… moi qui m’apprête à mettre ma face sur les poteaux, comme on dit parfois.

Partielles dans Chauveau et dans Jean-Talon: le PQ, sans illusions | Le Soleil | 29 avril 2015

Je vais limiter mes commentaires à deux choses:

1. Ceux qui pensent que je m’embarquerais dans une bataille perdue d’avance me connaissent vraiment très très mal…

2. C’est seulement en faisant preuve de leadership, en formulant des propositions stimulantes et en se retroussant les manches qu’on peut convaincre les gens de faire un bout de chemin avec nous.

C’est ce que j’ai toujours fait dans tous mes engagements. C’est ce que je fais tous les jours comme entrepreneur. Et c’est comme ça que j’aborde la politique aussi.

Ce que les adversaires pensent de mes chances de gagner l’élection (avant même la mise au jeu!) m’importe peu.

Regardez-moi bien aller…

S’engager en politique

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Il y a des lundis où tu ouvres le journal et tu constates qu’il y a une photo de toi dans le journal. Tu t’en réjouis parce que tu es candidat à une élection et que c’est important que les gens te voient — te reconnaissent. Et même si c’est une très mauvaise photo, ben, tu te dis que c’est mieux que rien.

Il y a des mardis où tu ouvres le journal et tu vois une superbe photo de ton adversaire dans le journal et tu te dis, ben coudonc. Ça fait partie d’la game.

Il y a des vendredi où tu écoutes la radio et l’animateur déplore que quelqu’un aurait beau avoir les meilleures idées du monde et les plus grandes compétences de leader, pour se présenter en politique aujourd’hui il faut d’abord et avant tout être un visage, mieux, une vedette.

Et il y a des lundis, trois jours plus tard, où le même animateur commente ta candidature sans sans aucune recherche préalable en se moquant du fait qu’il ne te connaît pas… que t’es un gars qui n’est connu que par son père et sa mère… pis tu te dis que c’est un drôle de raisonnement, mais que la radio c’est aussi du spectacle, et que ça fait partie de la game.

Ça fait partie de la game. C’est sûr. Je ne découvre rien de ça aujourd’hui et je me suis engagé en politique en toute connaissance de cause.

En toute connaissance de cause — et justement pour essayer de changer ça. Cette manière d’aborder la politique.

Ce qui fait qu’on parle aujourd’hui de « faire de la politique » au lieu de « s’engager en politique ».

S’engager, par conviction, pour faire preuve de leadership dans sa communauté — comme je l’ai fait toujours fait:

Qui suis-je? Mon parcours | Blogue personnel de Clément Laberge

La vie en rose d’Yves Bolduc (eille… franchement!)

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Deux articles me fouettent, ce matin, au moment où j’aborde une nouvelle élection (partielle, celle-là) dans Jean-Talon.

Dans La Presse, d’abord — où je trouve complètement surréaliste qu’on offre à nouveau une visibilité aussi complaisante à Yves Bolduc après ses invraisemblables choix des deux dernières années.

La vie en rose | Michèle Ouimet | La Presse | 25 avril 2015

Je ne referai pas toute l’histoire ce matin, mais eille! Monsieur Bolduc a été élu en 2012. Il s’est retrouvé dans l’opposition officielle. Il a choisi de ne pas assumer ses responsabilités de député et de retourner à la pratique de la médecine à plein temps (contrairement à ce que dit l’article), tout en conservant la totalité de son salaire de député. C’est déjà inacceptable. Qui plus est, il a réclamé au cours de cette période des primes pour le moins contestables (dont il a dû rembourser une partie). Il est ensuite réélu en 2014, fait une très mauvaise année parlementaire, avant d’être démis de ses fonctions par le premier ministre, puis démissionner (parce qu’aucun autre ministère n’était assez prestigieux pour lui), forcer une élection partielle (et les coûts qui vont avec) en empochant une prime de transition… alors qu’il retourne pourtant sans aucun délai à la pratique de la médecine. Tout ça est scandaleux.

Le parcours de Monsieur Bolduc au cours des dernières années a été essentiellement guidé par ses intérêts personnels — hors de toute moralité et certainement pas dans l’intérêt des citoyens qu’il devait représenter à l’Assemblée nationale. C’est une manière de faire de la politique qui alimente un profond cynisme dans la population. Et c’est le contraire de tout ce à quoi je crois.  Madame Ouimet termine son article en disant que la politique a trahi Monsieur Bolduc, je pense plutôt que c’est Monsieur Bolduc qui a trahi la politique.

Il va falloir que le Parti Libéral reconnaisse un jour sa responsabilité pour avoir toléré, et même défendu, de tels abus.

* * *

Le deuxième article est dans la section blogues du site du Journal de Québec, sous la plume de Mario Asselin.

Le temps des partielles | Mario Asselin | Journal de Québec | 15 avril 2015

Sans être d’accord sur tous les éléments de l’analyse proposée, je partage l’avis de Mario que mon principal défi, comme candidat du Parti Québécois, sera d’obtenir l’attention des médias. Je m’y prépare et je compte bien sur l’appui des gens qui croient à une candidature comme la mienne pour m’aider à gagner cette attention.

Je me réjouis particulièrement de la fin du texte:

«…j’espère qu’on pourra […] parler un peu d’éducation et de la vision qu’on a pour la capitale, dans ces prochaines semaines.

Si on est chanceux, on pourra peut-être sortir des sentiers battus et provoquer des discussions sur des sujets inattendus.»

C’est bien pour ça que je me prépare à refaire campagne.

Parce que la démocratie, et la politique, c’est d’abord et avant tout, aller à la rencontre des gens, écouter, dialoguer, brasser des idées, proposer. C’est faire preuve de leadership.

Parce que ce n’est dans l’intérêt de personne que le Parti Libéral continue à tenir pour acquis cette circonscription. On a bien vu ce que ça donne dans ces cas-là.

* * *

…et dire qu’il me reste encore Le Devoir et Le Soleil à lire… c’est un samedi matin qui promet!

Photo: Section de Line Garden, une oeuvre de Julia Jamrozik et Coryn Kempster présetée aux Jardins de Métis à l’été 2014

Vision politique et réalité économique

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Le colloque étudiant du GRÉLQ/CRILCQ se tenait jeudi et vendredi à l’Université de Sherbrooke sous le thème «Les transformations du monde du livre à l’ère du numérique». Le programme de l’événement était varié. Les présentations auxquelles j’ai assisté vendredi étaient toutes très intéressantes.

Colloque étudiant du GRÉLQ | Sherbrooke | 16 et 17 avril 2015

La première présentation m’a évidemment particulièrement touché. Joanie Grenier y présentait un travail réalisé à la maîtrise au sujet de l’Entrepôt numérique, développé par De Marque en partenariat avec l’Association nationale des éditeurs de livres. Wow… l’effet de mise en perspective était saisissant. Presque huit ans de travail acharné, les mains dedans tous les jours pour inventer le chemin, une décision à la fois… et voilà une description de notre parcours décrit avec beaucoup de recul — fruit de l’analyse de toutes les traces que nous avons laissées derrière nous! Bravo à Joanie, et bravo à toute l’équipe de De Marque pour ce qui est maintenant devenu l’objet d’études!

J’avais accepté d’intervenir en fin de journée, comme conférencier, en me disant que ce serait l’occasion de formaliser un peu certaines réflexions qui me trottent dans la tête depuis quelques mois.

Ma présentation portait le titre: «De l’imprimé au numérique: l’étape du choc entre la volonté politique et la réalité économique». Elle suivait grosso modo le raisonnement suivant:

  • Mon regard est celui d’un entrepreneur engagé, pour qui l’entrepreneuriat est aussi une manière de participer à la réalisation d’un projet de société — où la culture devrait avoir un rôle prépondérant.
  • Dans de nombreux pays, comme au Québec, on considère que le livre n’est pas un produit comme les autres.
  • Dans ces pays, des lois et des règlements encadrent le marché du livre — c’est le cas au Québec.
  • Retour rapide sur la Loi 51 et ses principaux mécanismes.
  • Constat que l’avènement du livre numérique échappe complètement au cadre de la loi 51.
  • Devant ce constat, le milieu a souvent fait appel à « l’esprit de la loi 51 » — à qui j’ai donné une apparence espiègle, pour les fins de la présentation (c’était vendredi après-midi, après tout!).
  • Constat que ce réflexe du milieu a été super efficace pour franchir un certain nombre d’étapes et se donner un premier ensemble de moyens pour aborder la transformation du monde du livre.
  • Mais constat, aussi, que pour y arriver, il a fallu déployer beaucoup de ressources, faire de la place à de nouveaux intervenants, revoir les frontières des rôles et des responsabilités de chacun, prendre en charge de nouveaux coûts, etc. — et que le modèle économique, lui, n’a pas toujours pris en compte ces ajouts et modifications.
  • On a établi, par exemple, des paramètres financiers semblables pour la vente des livres numériques aux particuliers et pour la vente aux bibliothèques, alors que les structures de coûts sont très différentes dans les deux cas.
  • Résultat: on est aujourd’hui dans un modèle qui s’est construit en faisant largement appel à l’esprit de la loi 51, à partir d’une vision politique du marché, mais qui est de plus en plus inadéquat pour rendre compte de la réalité économique correspondante.
  • Ce déséquilibre économique est source de vulnérabilité pour les infrastructures qu’on a mises en place.
  • C’est un défi pressant, pour les différents acteurs de l’industrie, de trouver les moyens pour faire mieux correspondre la vision politique qu’on a du marché du livre (mais quelle est-elle, justement?) et la réalité économique qui a pris forme au cours des sept ou huit dernières années.
  • L’esprit de la loi 51 nous a rendu de grands services, mais il nous a aussi joué quelques tours et mis sur quelques fausses pistes… il est essentiel de s’interroger rapidement à leur sujet.

Je place ici le support visuel de ma présentation (en format pdf), même si sans mes propos, c’est probablement difficile d’y suivre le fil de ma réflexion.

De l’imprimé au numérique: l’étape du choc entre la volonté politique et la réalité économique | Présentation au colloque du GRÉLQ (format pdf) | 17 avril 2015

Tant mieux si la discussion peut se poursuivre ici — ou ailleurs sur le Web. Je pense que c’est nécessaire.

[photo: René Audet, via Twitter]

Retour sur le troisième débat

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C’est à Québec que se tenait, jeudi soir, le troisième débat officiel entre les candidats à la direction du Parti Québécois.

Grand plaisir, en arrivant sur place, de voir la longue file de personnes qui attendaient devant l’Impérial, avant de tourner sur la rue Caron, puis sur la rue Saint-François. Y’avait du monde!

Le débat de cette semaine portait sur les thèmes de l’indépendance, de l’éducation et de la recherche, ainsi que sur le parti lui-même. À certains moments les échanges ont été plus vigoureux que dans les débats précédents — ce qui est normal, je pense, à ce stade de la campagne (qui est beaucoup trop longue, à mon avis).

Ce ne sont pas les échanges sur la démarche à suivre pour accéder à la souveraineté qui m’ont le plus intéressé dans ce débat — les stratégies adoptées par chacun étant, il me semble, assez prévisibles.

C’est plutôt ce qui a été dit (ou pas) sur la Capitale nationale. C’est l’effort que les candidats ont fait (ou pas) pour ancrer leur propos dans la réalité de la région de Québec. Parce qu’on en a bien besoin! On a du travail à faire ici, comme parti politique, on le sait! Il faut commencer quelque part… et pour ça, on a besoin d’un chef qui y croit vraiment.

Ce n’est pas exprimer un caprice des militants de la Capitale que de dire ça. C’est plutôt rappeler une évidence: regagner des circonscriptions dans la région de Québec est une nécessité absolue pour le Parti Québécois.

Sans quelques députés dans la région de Québec, il sera difficile, voire impossible de former un gouvernement majoritaire et donc de réaliser notre projet de faire du Québec un pays (ni même aucun des autres projets qui nous animent, d’ailleurs).

On peut bien jaser d’éducation, de santé et d’environnement… si on ne retourne pas au gouvernement, on jase un peu pour rien.  Je pense qu’il faut le dire, le répéter aussi souvent que nécessaire, et s’attaquer à ce défi sans tarder. C’est en tout cas ce qui me motive dans mon rôle de président régional du Parti Québécois pour la Capitale nationale.

J’ai déjà fait mon choix dans la course à la direction. Je l’ai dit dès le 29 octobre. J’appuie Pierre-Karl Péladeau. J’ai aussi expliqué pourquoi.

Un appui à Pierre-Karl-Péladeau | 29 octobre 2014

Pour toutes ces raisons, j’ai évidemment été heureux d’entendre Pierre-Karl dire, d’entrée de jeu:

« Nous sommes dans une grande capitale des Amériques avec laquelle nous devons renouer au plan politique. »

Discours d’ouverture du 3e débat | PKP2015 | 16 avril 2015

J’ai aussi apprécié qu’il appuie son discours sur la confiance dans les gens de la région:

« Les citoyens de la capitale veulent qu’on fasse confiance à l’audace et à la vision qu’ils ont pour relever les défis et augmenter leur qualité de vie et celle de leur famille. »

Ça peut avoir l’air d’un voeu pieux qui pourrait être fait partout au Québec, mais je trouve que ce n’est pas banal, ici, dans une région que le parti a malheureusement un peu renoncé à comprendre en se retranchant trop longtemps derrière le fameux « mystère Québec ».

Et dans le même ordre d’idée, je me suis aussi réjouis en entendant Pierre-Karl exprimer clairement ce qui est une évidence, mais que plusieurs ont pourtant encore une certaine gêne à reconnaître: pour gagner des circonscriptions dans la région de Québec il faudra convaincre des gens qui ont voté pour la CAQ lors des dernières élections. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de renoncer à nos valeurs et à nos convictions pour y arriver.

* * *

« J’ai une grande ambition pour Québec, je veux que cette ville magnifique devienne la capitale d’un état, au même titre que Washington, Londres et Paris. »

On pourrait, certes, dire que tous les aspirants à la direction du Parti Québécois partagent cette ambition… mais je pense qu’ils n’ont pas tous réalisé que ce ne sera pas possible de la réaliser si on ne trouve pas le moyen de convaincre d’abord les citoyens de la Capitale de faire confiance à notre formation politique. Ils ne l’ont pas tous démontré jeudi soir en tout cas.

Il est possible de voir, ou de revoir, le débat à partir de ce lien:

Troisième débat officiel | PQ.org | 16 avril 2015