J’avais gardé cette anecdote pour la famille proche, mais ma désolation devant la tournure des discussions qui ont actuellement cours au Québec sur « les accomodements raisonnables » me donne aujourd’hui le goût de la partager avec vous.
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CONTEXTE: Nous sommes à Paris depuis douze mois. À l’école, les amis des enfants sont vraiment de toutes les couleurs. Or, il y a quelques semaines, au moment du petit-dejeuner:
BÉATRICE (qui s’était fait couper les cheveux et coiffer la veille): « Papa hier je portais une tresse africaine. »
CLÉMENT, intrigué: « ah oui, qu’est-ce que c’est une tresse africaine? »
BÉATRICE: « c’est une tresse française ! Ici ils appelent ca une tresse africaine! »
ÉTIENNE: « pourquoi ils appellent ca une tresse africaine? Il n’y a pas d’Africains ici? »
CLÉMENT, intrigé: « ben oui, il y a des Africains ici… »
ÉTIENNE: « ah bon. »
CLÉMENT: « Etienne, comment tu pourrais faire pour savoir que quelqu’un est africain? »
ÉTIENNE, perplexe: « ben, je sais pas… comment on fait pour savoir? …on ne peut pas savoir… »
Eh non… effectivement… papa était dans l’erreur… le fils avait bien raison: on ne peut pas savoir! Il faut décidément se méfier des apparences. Pour lui, tous les enfants de sa classe sont français, c’est normal! À Québec, les gens sont blancs; à Paris, de toutes les couleurs… Ça fait réfléchir.