iCan: pure culture de réseau!

« iCAN (version bêta ouverte au public), présage ce qui pourrait bien être une révolution dans l’action politique : un portail pour aider les gens à organiser des actions dans leur communauté. »

iCan est le site Web le plus impressionnant de possibles que j’ai vu depuis longtemps.

Je l’ai découvert grâce à un texte brillant de François, sur Osmoze, dont voici l’introduction:

« De fil en aiguille, le socioconstructivisme, l’actualisation des apprentissages et la communauté éducative mènent inévitablement à la communauté. Et par la nature même des réseaux, les nouvelles technologies de la communication accélèrent, tout aussi inévitablement, le phénomène. De sorte que le modèle de l’école en vase clos est voué à … l’éclatement. […] L’idée d’une Cité éducative, avec ou sans majuscule, trouve ainsi tout son sens.»

système de représentation proportionnelle

« […] un autre exemple de la nécessité d’un système de représentation proportionnelle […] Aucun parti n’a reçu sa juste part de sièges. […]

Le cas le plus significatif est sans doute celui du NPD qui, malgré 15,7% des voix, n’a reçu que 6,2% des sièges. Le Bloc, quant à lui, a reçu 12.4% des voix et 17.5% des sièges: avec moins de voix, le Bloc récolte donc près de trois fois plus de sièges que le NPD! […]

Dans chacune des provinces et des territoires, le parti qui a remporté le plus grand nombre de sièges est sur-représenté. Le cas le plus flagrant de distorsions dans les provinces se retrouve en Saskatchewan où 42% des voix a donné 93% des sièges au Parti conservateur.

[…] il aura fallu 111 386 votes au NPD pour obtenir un siège, comparativement à 40 340 votes pour le Parti conservateur, 36 662 votes pour le parti Libéral et 30 925 pour le Bloc Québécois. »

Source: Communiqué de presse du Mouvement pour une démocratie nouvelle, 30 juin 2004.

Le miroir du Frère Marie-Victorin

J’ai entrepris dans les derniers jours ma principale lecture estivale: Mon miroir, journaux intimes du Frère Marie-Victorin (1903-1920). Publiée chez Fides, cette édition a été établie et annotée par Gilles Beaudet et Lucie Jasmin.

À peine amorcée, la lecture est passionnante. Ce sera un parcours délicieux: plus de 800 pages de pur plaisir… parce que suivre l’évolution de la pensée d’un homme de cette trempe entre 18 à 35 ans est une chance tout simplement inouïe. Et on pourrait dire que le Frère Marie-Victorin était un carnetier exceptionnel: par le ton, le style… et même les petits travers habituels (comme se sentir obligé de s’excuser de ne pas avoir écrit pendant quelques jours à ses « improbables lecteurs » (l’expression est du Frère).

Les Années lumière ont présenté récemment une courte entrevue avec les responsables de cette édition et avec Yves Gingras, qui devait en signer la préface… qui n’a malheureusement pas été publiée (on apprend d’ailleurs pourquoi dans l’entrevue) mais qu’on peut consulter en format pdf à partir site de l’émission. C’est un texte qui sera particulièrement intéressant pour ceux et celles qui n’auraient pas l’intention de lire l’ouvrage en entier.

Les derniers mots de cette préface me rejoignent évidemment de façon toute particulière:

« La publication de son Journal nous permet aujourd’hui de redécouvrir sa personnalité et sa pensée, qui — on ne peut en douter — peuvent encore inspirer ceux et celles qui se sentent la force de contribuer à édifier le Québec de demain. »

…parce que que je me sens cette force et que je compte bien y faire appel de plus en plus activement au cours des prochains mois et des prochaines années.

Y’a pas à dire… l’admiration que je porte à la vision et à l’oeuvre du Frère Marie-Victorin (voir notamment ce texte) ne risque pas de s’atténuer au cours de l’été!

Vivement du temps pour lire.

Le Conseil municipal des enfants

« Vingt-sept enfants de cinquième et sixième années ont présentées aux élus de la grande ville une demande voulant que soit constitué un Conseil municipal des enfants. Cette proposition, issue d’une collaboration avec les commissions scolaires de la Capitale, des Découvreurs et des Premières seigneureries, vise à sensibiliser les enfants au fonctionnement de la municipalité et à l’importance de la participation à la vie démocratique locale. [Š] La formation [d’un tel conseil] encouragerait les enfants à réaliser des projets concrets et stimulants dans leur quartier et dans leur ville, tout en sensibilisant les conseillers municipaux aux préoccupations qui leurs tiennent à c¦ur. [Š] La nouvelle instance devrait voir le jour en 2005. »

Source: Conseillers municipaux en devenir, dans L’Appel, édition du 26 juin 2004, page 2.

Voilà une bien belle nouvelle! Un autre pas vers la mise en place d’une cité éducative. D’ailleurs, plusieurs des villes membres de l’AIVE possèdent déjà un conseil municipal des enfants.

Leadership institutionnel et cité éducative

Une cité éducative est une ville où les gens ont en commun une attitude favorable face à l’éducation, à l’apprentissage et où on cherche à multiplier les occasions d’apprendre ensemble.

Le rôle des institutions pour favoriser cette attitude est important. La ville de Québec nous en donne un remarquable exemple cette semaine en annonçant une entente avec la Société des parcs de sciences naturelles du Québec pour offrir la gratuité aux enfants de moins de douze ans au Zoo et à l’Aquarium du Québec.

Bel exemple

Voilà un bel exemple, très simple, d’un comportement exemplaire dans une cité éducative.

Comme quoi, un tel espace communautaire se construit, bien sûr, avec de beaux discours et de grands projets, mais aussi avec de petits gestes très simples… qu’il reste à multiplier. Bravo Marc.

Mario y fait référence ici… et je me dis que ce serait bien qu’on constitue une banque de noms de personnes intéressées à visiter une ou deux écoles au cours de la prochaine années scolaire. Disponible? Ou prêt à donner un coup de pouce pour mettre en place cette banque de données: écrivez moi!

Allocution au Conseil supérieur de l’Éducation

J’étais l’invité du Conseil supérieur de l’éducation, jeudi dernier, afin de répondre à la question « si j’étais ministre de l’Éducation, sur quel(s) thème(s) est-ce que je solliciterais un avis au Conseil ? ». Deux autres personnes devaient aussi répondre à la même question dans le but de lancer une journée de discussion entre les membres des différentes commissions qui composent l’organisme. Il s’agissait de Estelle Morin et de Guy Rocher (wow! quel discours et quel homme exceptionnel!).

Comme je ne disposais que d’une demi-heure, mon principal défi a été de limiter l’étendue de ma réponse. Il m’a fallut élaguer, élaguer, élager… mon principal souci demeurant de prendre un peu de recul sur le système scolaire, dans son ensemble, mais de garder un pied dans la classe, sur le terrain où se passe l’action tous les jours. Les premiers commentaires reçus au terme de la présentation me portent à croire que je n’ai pas trop mal réussi… mais d’autres me diront sans doute que j’aurais sû aller un peu plus loin, ce que je tenterai peut-être de faire dans les prochains mois, parce que je pense que ce texte constitue d’abord et avant tout le point de départ d’une réflexion.

Je dépose ici le texte, dont le titre pourrait être « (re)donner un sens aux gestes de l’enseignant » (en format pdf), parce qu’il m’a été demandé par quelques participants à l’assemblée plénière, et parce qu’il est toujours agréable de recevoir des commentaires sur ce qu’on prend autant de soin à préparer!

Mise à jour du 8 janvier 2017: le lien ci-dessous ne fonctionnant plus, je partage un nouveau lien vers le document pdf… grâce à Mario Asselin! Merci Mario. [contexte raconté ici]

Un réseau d’intellectuels

« We need people who fill the roles once filled by the Public Intellectual, but who understand that the way to have actual impact on the way people think about vital matters of public interest is no longer the preparation of a well-defended dissertation or a devastatingly annotated white paper, but the delivery of substantial thought in bloggable packages.

We’ll always need brilliantly-focused research. But that’s never been the role of the Public Intellectual. The role of the Public Intellectual has always been largely to synthesize and redefine so that the best ideas rise to the top of the debate and the people’s imagination is provoked with a sense of possibility. »

Source: Blogs and the Networked Intellectual

Tout à fait dans le sens de ce que je souhaitais exprimer dans ce texte…

Ordinateurs usagés pour les écoles

Comme point de départ, une nouvelle qui réalimente un vieux dossier qui a déjà soulevé les passions, les uns n’acceptant pas que les écoles deviennent autant de poubelles informatiques, les autres se réjouissant que les ordinateurs qui ne servent plus aux grands organismes publics et privés soient mis à la disposition des écoles.

14 165 ordinateurs et 1206 portables pour les écoles du Québec.

Ce matériel informatique gouvernemental a été remis à l’OPEQ afin qu’il connaisse une seconde vie dans les écoles. La valeur estimée des biens redistribués est de 1 961 000 dollars. Cette estimation représente 10 % de la valeur à neuf du matériel ; il s’agit donc d’une économie de plusieurs millions de dollars pour le réseau de l’éducation.

Source : AMEQ en ligne

Ensuite, une discussion, par courriel… dont je conserve ici quelques traces (avec l’autorisation des participants).

Lire la suite de « Ordinateurs usagés pour les écoles »

Personal Information and Knowledge Infrastructure Integrator

Wow… en plein ce à quoi je réfléchis depuis quelques jours! Extrait du résumé:

« We have a vision of a universal information management system built on extending the traditional hypertext framework. In our utopian future, everyone will use tools descended from today’s blogs to structure, search and share personal information, as well as to participate in shared discussion. »

K. Andrew Edmonds, James Blustein et Don Turnbull dans A Personal Information and Knowledge Infrastructure Integrator, in Journal of Digital Information, Volume 5 Issue 1.

TIC? réforme? gauche? droite? Confusion surtout!

Audrey Miller nous rapporte dans l’Infobourg ses observations sur le colloque de l’Alliance des professeur(e)s de Montréal, qui se tenait la semaine dernière à Montréal. Mario se désole de ce qu’il y apprend. Moi aussi.

Il y aurait bien des choses à dire sur ce texte, en particulier en regard de la perception de la réforme dont il témoigne, mais je limiterai pour ce soir mon commentaire sur le volet technologique. Quand je lis…

« Tous formulent le v¦u unique que les jeunes, en secondaire 5, sachent lire et écrire. […] La révolution technologique est perçue par bien des enseignants comme un simple outil de plus dans leur métier.  » Il y a beau avoir des millions d’informations sur Internet, mais elles ne constituent pas le savoir « , observe Christiane Gohier, professeure au département d’éducation de l’UQÀM et co-auteure de Enseigner et libérer. Selon elle, l’important est d’apprendre aux jeunes à l’analyser et à la traiter »

…ça me rappelle qu’il y a une énorme méconnaissance de l’outil (c’est juste) informatique dans certains milieux. Ça me semble totalement contradictoire, en 2004, de (re)formuler le voeu que tous les enfants sachent lire et écrire correctement, qu’ils sachent analyser et traiter l’information et qu’il se libèrent grâce à l’école… et de condamner du même coup les technologies de l’information et de la communication. J’ai peine à y croire. Pour moi, les TIC servent précisément ces fins!

Je ne pense évidemment pas que tout doit dorénavant passer par les technologies… mais elles représentent certainement un outil privilégié pour apprendre à écrire, à lire, à traiter l’information et à devenir citoyen!

Mes amis connaissent mes opinions politiques, certainement plus à gauche qu’à droite… mais s’il y a une chose dont j’ai vraiment peur… c’est de l’attitude réactionnaire de plusieurs traditionnels porte-paroles de la gauche à l’égard des technologies. Parce que s’il est vrai que certaines technologies peuvent menacer la démocratie et la solidarité qui la rend possible… de plus en plus de nouvelles technologies, plus légères, plus souples et (surtout) plus ouvertes permettent de faire contrepoids, voire de changer les rapports de force. Je pense aux technologies collaboratives (xml-rss, entre autre chose) et au monde du logiciel à code source ouvert, notamment.

Mais c’est sûr que si, par principe, ou obnubilé par la peur de quelques méga-entreprises on préfère se fermer les yeux (cachez ces TIC que je ne saurais voir!) et se conforter dans la nostalgie de la craie et du tableau noir… eh bien on laissera le terrain libre à ceux qui veulent utiliser les TIC uniquement pour nous manipuler ou à des fins mercantiles.

C’est aux enseignants d’occuper le terrain des TIC! Les absents ont toujours tort…

Tout ça me rappelle ceci, écrit en juin 1999…

Et pendant ce temps, en Ontario, une nouvelle loi reconnaît les enseignantes et enseignants comme des professionnels, et le ministre de l’éducation affirme:

« qu’un système d’éducation qui aspire à faire réaliser à chaque élève son potentiel doit être un système qui permet au personnel enseignant et aux autres travailleuses et travailleurs éducatifs de réaliser le leur […] [et que] ce qui importe le plus, c’est que les enseignantes et enseignants obtiennent la formation et le perfectionnement dont ils ont besoin en temps opportun. »

Je crois rêver.