Discuter les communautés d’apprentissage… d’aujourd’hui

Robert Grégoire attire aujourd’hui notre attention sur un texte intéressant de Stephen Downes. J’ai déjà commenté sur le site d’IDITAE, mais pour favoriser la discussion, je reprends ici mes premières réflexions sur le sujet…

Je trouve que l’angle proposé par Downes est très intéressant. J’aime beaucoup sa question de départ: « what should a proper – and original – article about learning communities in 2003 look like? ». On a tellement dit de chose au sujet de ce concept un peu fourre-tout de « communauté d’apprentissage » (pourtant un des plus intéressant pour explorer les relation entre l’éducation et les technologies).

Ses premiers éléments de réponses sont aussi intéressants, et j’abonde totalement dans son sens: « It should shift the focus from an institutional environment to an individual’s access to a set of services. » C’est la clé.

Par contre, je trouve très restrictive son approche centrée sur « le monde du travail ». Je ne suis pas certain de le suivre lorsqu’il affirme: « It should discuss the creation of a distributed network of interacting knowledge workers ».

J’ai une conception un peu plus large de la communauté d’apprentissage — plus proche de l’idée explorée par Levy et Authier dans Les arbres de connaissance. Pour moi, la puissance de l’idée de communauté d’apprentissage repose surtout sur l’opportunité qu’elle offre d’aborder de façon radicalement différente la manière dont on peut rendre disponible aux gens (quel que soit leur âge) des contextes d’apprentissage souple, basés sur la coopération.

En ce sens, il me semble que ça rejoint aussi quelque part ça rejoint également l’idée de Ivan Illich de « déscolariser » la société.

Dans cette perspective, la création des communautés d’apprentissage à l’intérieur des écoles, c’est bien, c’est nécessaire… mais si on le fait bien, ça aura probablement des effets que certains n’auront pas prévus! En effet… ça permettra peut-être surtout aux élèves de développer les habiletés qui leur permettront… de s’affranchir de l’école! (et peut-être beaucoup plus tôt que tard…)

Les sciences au primaire: établir nos priorités

À lire, sous la plume de Robert Cadotte, dans Le Devoir d’aujourd’hui, 17 janvier: Éducation – Les sciences au primaire: établir nos priorités. (disponible en ligne uniquement pour les abonnés).

« La science est aussi peu neutre que l’école. Toutes deux suivent la pente du système qui les engendre. »

« N’y aurait-il pas intérêt, pour le Québec, de se doter de quelques priorités scientifiques qui tiennent compte de ses ressources, de sa géographie, des forces qu’il a développées ? »

« Ne serait-il pas possible de nous fixer d’autres objectifs, par exemple former de futurs citoyens écologistes, pacifistes, généreux et solidaires ? C’est à cette réflexion qu’il faut nous attarder si nous voulons éviter que le nouveau programme ne nous mène, malgré nous, à un modèle de société que les autres auront choisi pour nous. Ne sommes-nous pas, encore une fois, en train de refaire une erreur récurrente, celle de suivre une mode définie ailleurs et qui répond à d’autres intérêts que les nôtres ? »

Rappelons que Robert Cadotte est président de la commission pédagogique de la Commission scolaire de Montréal.

Québec: le choc démographique (et l’éducation!)

Le ministère des Affaires municipales et de la métropole et la Commission de la Capitale nationale ont rendu public aujourd’hui un très important rapport intitulé Le choc démographique. Le document porte sur la population de la Communauté métropolitaine de Québec à l’aube du XXIe siècle [mise à jour du 7 janvier 2023: le document est maintenant disponible sur le site de BAnQ].

Les informations colligées par l’Institut de la Statistiques du Québec dans le cadre de cette étude sont excessivement intéressantes et soulèvent des enjeux majeurs pour le développement de la grande région de Québec.

À ma très grande (et agréable) surprise j’y ai trouvé de nombreux passages qui pourront me servir à étayer l’argumentaire en faveur d’un modèle de cité éducative. En voici quelques-uns…

Lire la suite de « Québec: le choc démographique (et l’éducation!) » →

Au coeur des sciences

« L’UQAM veut ouvrir un centre d’information et de débat sur les sciences rattaché à son campus du centre-ville. Le projet est baptisé Le Coeur des sciences. Il vise la transformation de la plus ancienne fonderie de Montréal dont les équipements survivent sur le campus, au nord de la Place des Arts. Il s’agirait de convertir le vestige industriel en lieu de vulgarisation et de débat public sur le rôle et l’utilité des recherches scientifiques et technologiques. » (Le Devoir, lundi le 13 janvier 2003)

MacOSX: Safari… et les enjeux qui s’y cachent!

Voici une lettre très intéressante du président de OmniGroup, qui réfléchi à voix haute sur les implications pour OmniWeb du lancement par Apple, plus tôt cette semaine, de Safari (merci à Sylvain pour le lien).

Voilà un bel exemple du génie d’Apple: baser son produit sur des technologies open source, et ne faire en mode propriétaire que la partie design d’interface, ce que peu de communautés open source n’ont jusqu’à présent réussi à très bien faire (c’est d’ailleurs une des faiblesses du concept de logiciel libre). Du coup, ils aident ceux qui développent en OSX… et créé une vague de concurrence inédite à Microsoft sur le terrain des navigateurs Web. Brillant!

Je pense, à l’instar de Michel Dumais, qu’Apple a très bien compris que les enjeux de l’année 2003 porteront sur les normes, les licenses et l’ouverture des codes source, qu’elle soit totale (comme dans le cas de Chimera, dont Apple a engagé les principaux concepteurs pour faire Safari) ou partielle (comme pour Safari, justement!).

Aucun doute, encore quelques mois et le Mac sera, de loin, l’ordinateur offrant la plus agréable et la efficace expérience du Web — si ce n’est pas déjà le cas!

Nos cégeps s’internationalisent…

Le Soleil nous apprend ce matin que les cégeps de la régions de Québec et Lévis ont signé une entente de collaboration avec quatre instituts d’Alsace dans le but d’offrir à leurs étudiants la possibilités de faire un stage outre-Atlantique dans le cadre d’une formation technique.

La fin de l’article a aussi piqué ma curiosité. On y apprend que le réseau collégial devra faire face à un problème de taille d’ici 10 ans: le départ à la retraite de 95 % des enseignants! Vous avez bien lu: 95 % !

On lit plus loin que le président de la Fédération des cégeps « avance comme solution que des enseignants pourraient demeurer en poste après l’heure de la retraite. L’immigration pourrait aussi être la planche de salut du Québec. ».

C’est quand même incroyable que, malgré les immenses efforts déployés depuis quarante ans pour scolariser la population (gratuitement ou à peu près), le Québec n’arrive même pas à remplacer les enseignants en place et, ce, malgré une baisse généralisé de la clientèles des établissements collégiaux. Incroyable. Invraisemblable!

Il reste 10 ans d’ici là, c’est assez pour former massivement des enseignants. De bons enseignants. Qu’est-ce qu’on attend? De se r’virer d’bord en catastrophe, en 2009, comme on le fait actuellement dans le réseau de la santé? (soupir)

Le p’tit bonheur de Sainte-Camille…

Wow… je pensais ma journée terminée, mais en zapant distraitement avant d’aller me coucher, je tombe sur un reportage de l’émission Le vrai monde, à Télé-Québec, portant sur le p’tit bonheur de Sainte-Camille, et son âme, Sylvain Laroche. Vraiment vivifiant. Faudra que je lui rende visite.

…et comme si ce n’était pas assez, j’ai eu droit en fin d’émission à un p’tit tour de La Barberie, la fabuleuse micro-brasserie du quartier Saint-Roch. Ouf, il ne sera pas facile de se coucher avec une soif pareille!

Culture et médias: « From Consumers to Designers and Active Contributors »

Une longue réflexion de Jim McGee sur un extrait particulièrement intéressant de Gerhard Fischer dont voici un extrait:

« The fundamental challenge for computational media is to contribute to the invention and design of cultures in which humans can express themselves and engage in personally meaningful activities. Cultures are substantially defined by their media and tools for thinking, working, learning, and collaborating. […] Unfortunately, a large number of new media are designed from the perspective of seeing and treating humans primarily as consumers. […] the possibility for humans to be and to act as designers (in cases in which they desire to do so) should be accessible not only to a small group of « high-tech scribes but rather to all interested individuals and groups. »

Se remettre ( tranquillement ? ) dans le bain…

« Après plus de deux semaines de farniente, le retour au boulot est d’autant plus agréable! Ahh, quelle belle année ce sera! » (Robert Grégoire)

Très vrai! Ce sera probablement une année mémorable. Et plus les jours passent plus je me dis qu’avec un peu de chance (et de préparation… faut parfois aider le hasard à bien faire les choses…) il serait possible de planifier trois jours et demi d’intenses discussions, en personne avec Mario, Robert, Jacques (Sébastien? Michel?) et quelques autres… au mois de mars. Quel plaisir ce serait!

Faudra voir comment, mais à force d’exprimer des réflexions semblables, et de faire références à des ouvrages complémentaires, faudra bien finir par se rencontrer! Et pourquoi pas le faire dans un autocar, vers le Maine, puis le Media Lab… à l’occasion d’un voyage spécialement organisé pour l’occasion dans le cadre des RIMA?

Ça se prépare pour le 9 au 12 mars prochain (Mario en parlait hier).

Jacques, Robert: nous avons déjà un rendez-vous pour ainsi dire confirmé avec l’équipe de Mitchel Resnick.

The most effective local leaders

« The most effective local leaders seem to be those who learn to « live in two worlds » — the world of their innovative subculture and the world of the mainstream culture […] They realise that innovative practices need « incubators » to develop and that, to some degree, these new practices must be protected. » (Seb’s Open Research).

Une bonne dose d’inspiration pour commencer la semaine… et, comme toujours, que des références de première qualité pour Sébastien. Encore merci.