Lire devant un rack de pneus en laissant voir pour grand titre: Roulez pour la vie… ça ne s’invente pas!
Auteur : Clément Laberge
Célébrer la jeunesse…
C’était beau de voir tout le monde louanger Xavier Dolan la fin de semaine dernière… pour son audace, son intrépidité et même sa prétention. Voilà une nouvelle génération qui s’affirme, qui bouscule les conventions, qui prend enfin sa place envers et contre tout. Patrick Lagacé a bien résumé tout cela dans sa chronique Xavier Dolan, fuck yeah!
C’était beau de voir les commentateurs espérer que le prestigieux jury de Cannes allait célébrer cette jeunesse, lancer un message: aux jeunes maintenant de prendre le relais et de poursuivre l’aventure du cinéma. C’était beau d’entendre tous ces plaidoyers pour la nécessité d’ouvrir grandes les portes pour ces jeunes qui interpellent, bousculent, réinventent — par delà les conventions.
C’est évidemment plus facile de plaider ainsi en ayant pour exemple quelqu’un dont l’univers est loin du nôtre, qui plus est s’il oeuvre dans un monde d’extravagance comme le cinéma. C’est autre chose de le faire au sujet de ceux et celles qui sont plus près de nous et dont les gestes nous interpellent directement.
Il n’y a pourtant pas que dans le monde du cinéma qu’il est plus que jamais essentiel d’envoyer un message aux jeunes, de tendre la main à une autre génération — et d’accepter les ruptures qui l’accompagnent parfois.
Vous les célébrez vous les Xavier Dolan dans votre milieu?
Casse-tête
J’ai lu plusieurs journaux français la semaine dernière. On voyait bien que le risque que le Front national remporte l’élection européenne était réel. Des lectures qui m’avaient laissé profondément perplexe; une impression renforcée par les résultats annoncés aujourd’hui.
Vote de protestation, disent certains — pour se rassurer, comme si cela n’était qu’un résultat circonstanciel. Malheureusement, cela me semble un peu simpliste comme interprétation. Le mal me semble bien plus profond. Je suis de ceux qui pensent que cela s’explique plutôt par un désenchantement massif pour la classe politique — que cela reflète une grave perte de confiance.
Dans ce contexte, il me semble bien inutile de condamner les citoyens qui se tournent vers des partis marginaux (le Front national l’est encore). Il faut plutôt prendre acte (une fois de plus) qu’ils ont perdu confiance dans la capacité des « partis de gouvernement » à porter leurs valeurs, à les incarner dans des projets et à les réaliser lorsqu’ils sont au pouvoir.
La responsabilité est lourde aujourd’hui pour l’UMP et pour le Parti socialiste, qui ne peuvent que constater une réelle déconnexion avec les électeurs (qui plus est, je pense qu’ils ne comprennent même pas vraiment pourquoi). Ce sont ces partis, sur lesquels repose depuis longtemps l’équilibre républicain, qui doivent être condamnés pour leur aveuglement — bien plus que les citoyens qui cherchent (même maladroitement) à être entendus.
Les jeunes français ont apparemment voté plus fortement pour le Front national que les autres groupes d’âge. Faut-il vraiment s’en surprendre? Je crains que non étant donné l’incapacité des autres partis à leur proposer des projets qui correspondent à leurs besoins et à leurs aspirations (et même si plusieurs des propositions du Front national sont simplistes et trompeuses).
Rappelons-nous par ailleurs que nous avons eu depuis plusieurs années, ici aussi, des signes de désenchantement à l’occasion d’élections fédérales, provinciales et municipales. Est-ce que les partis politiques les ont véritablement entendus? Est-ce qu’ils en ont tiré des conséquences? Je crains que non. Le Parti québécois ne les avait manifestement pas entendus (jusqu’à tout récemment en tout cas). Les autres? Ça reste à voir.
Il n’y aura certainement pas de solution simple pour faire face à ces défis. . Il ne s’agit pas d’un problème de communication. Ce sont les fondements de l’action politique et la manière de la conduire qui sont remis en questions. Il faudra beaucoup de courage pour aller au bout de ces réflexions. L’heure est grave.
* * *
Deux éléments en parallèle à cette courte réflexion:
Du côté de ce qui contribue à nous plonger dans ce marasme politique: la lecture absolument sidérante de Nulle part où se cacher, de Glenn Greenwald — sous-titré « l’affaire Snowden par celui qui l’a dévoilée au monde » (la photo que j’ai choisie pour coiffer ce texte est d’ailleurs un clin d’oeil au moment, invraisemblable, où le journaliste rencontre pour la première fois Edward Snowden, dans un hôtel de Hong Kong). Un livre à lire pour saisir à quel point les racines du mal sont profondes.
Du côté de ce qui nous suggère des voies pour se sortir du bourbier, ou qui nous donne à tout le moins confiance qu’il sera possible d’y arriver, le discours fantastique de Xavier Dolan recevant le Prix du Jury à Cannes. J’en profite pour lui dire un très grand merci! pour cela — en plus du bravo! de circonstances.
Jouer aux mousquetaires avec papi
Victime de l’économie
Conan Doyle
Croquis
J’ai toujours fait des photos — souvent à partir de mon iPhone. Partout. Particulièrement lors de mes déplacements: dans les gares et les aéroports, les transports et commun, les lieux publics.
J’ai toujours eu une grande pudeur à publier des photos dans lesquelles des gens pourraient être reconnus, mais il y a parfois des personnes (des personnages!) et des instants tellement magiques, que je trouvais cela dommage de ne pas les partager.
J’ai trouvé une solution dans les derniers jours: en faire des croquis, dans l’instant, directement à partir du iPhone. Un clic, quelques traits du bout des doigts… exit la photo, voici plutôt croquis de ce que j’ai voulu partager…
Ces croquis trouveront dorénavant leur place sur mon blogue, comme mes textes et certaines de mes photos.
C’est aussi un peu pour ça que j’ai revu le look de mon blogue. À cette occasion.
Comment choisir un chef? (exercice de réflexion)
Imaginons un instant qu’un parti politique doive se préparer pour une course à la chefferie.
Si on pense que les débats auxquels un tel exercice doit donner lieu méritent mieux qu’une série d’événements super scénarisés où des hommes et des femmes debout derrière un pupitre prennent tour à tour la parole en évitant surtout de ne pas commettre d’erreurs devant les caméras.
Si on croit que les habiletés essentielles pour être un bon leader aujourd’hui ne sont pas celles qui se manifestent dans ce type de mascarades.
Si on croit qu’en 2014, il est plus que temps de repenser radicalement la démarche par laquelle on souhaite identifier un nouveau chef.
Si, si, si… alors, on fait comment? On propose quoi comme démarche?
Faudrait bien y penser…
Du mieux qu’on peut…
Train vers Montréal. Soleil matinal. Les champs ont pris une petite teinte de vert qui témoigne du retour du printemps — c’est pas trop tôt!
Ornithologie, la nuit — de Philippe B. dans les oreilles. Magnifique, ça fait du bien.
On va briller de tous nos feux
Du mieux qu’on peut
Comme des lucioles dans un pot Mason
C’est pas mal ça qui est ça.
Univers parallèles
Nous étions tous rassemblés — après plus deux ans de travail. Elle s’adressait à nous par un message préenregistré au contenu très prévisible, sorte de langue-de-bois-aux-accents-de-lendemains-qui-chantent.
— Merci pour votre bon travail (cela a été très utile pour justifier mon inaction jusqu’à présent), je vais maintenant étudier votre rapport (pendant plusieurs mois) et formulerai éventuellement (allez savoir quand?) des recommandations à mes collègues (en vous rappelant que plusieurs autres dossiers sont évidemment prioritaires). Dans tous les cas, soyez certains que tout cela n’aura pas été fait en vain (mais qu’il n’y aura probablement aucun budget additionnel pour répondre à vos recommandations — beaucoup trop nombreuses, de surcroît).
Sur le coup, j’avais trouvé que la scène, à la limite du fantastique, avait des allures de 1984 — mais avec le recul c’est un autre livre que cela me rappelle aujourd’hui: Le matin des magiciens, de Louis Pauwels et Jacques Bergier.
Dans la préface, Louis Pauwels dit:
« …le fantastique, à nos yeux, n’est pas l’imaginaire. Mais une imagination puissamment appliquée à l’étude de la réalité découvre que la frontière est très mince entre le merveilleux et le positif, ou, si vous préférez, entre l’univers visible et l’univers invisible. Il existe peut-être un ou plusieurs univers parallèles au nôtre. Je pense que nous n’aurions pas entrepris ce travail si, au cours de notre vie, il ne nous était arrivé de nous sentir, réellement, physiquement, en contact avec un autre monde. »
C’était à cela que j’avais assisté cet après-midi là, je pense: un instant de contact, absurde, avec un autre monde, inavouable.
Et je ne peux pas me sortir ce souvenir de la tête en relisant le texte de Michel Dumais Leaders numériques recherchés.
Je suis dubitatif ce soir, mais il faut continuer d’y croire… alors, il faudra bien se retrousser les manches encore une fois — avec une nouvelle approche et une conviction renouvelée — parce que notre avenir en dépend.
Cent fois sur le métier…
Récits de voyages
Il y a à Prague un hôtel qui invite ses clients à raconter des histoires. À se raconter des histoires.
Tous les lundi, de 16h et 17h, la plus magnifique salle de l’hôtel est réservée à ceux et celles qui ont des histoires à partager. On leur offre un verre aussi, probablement.
Et comme a beau mentir qui vient de loin, on peut penser qu’il se dit à cet endroit des choses particulièrement abracadabrantes.
J’irai éventuellement y faire un petit tour — je pense que pourrais trouver assez facilement deux trois petites choses à raconter…
—
Merci à Virginie pour l’inspiration…
Welcome back
Museum of Science and Industry. Chicago. Été 2011. Une aventure sous terre, avec les petits animaux, les bibittes et autres microorganismes.
Zouiiiiiiittttt… rétrécis à l’entrée. Exploration. Émerveillement. Y croire. Presque.
Vers la sortie, pfffffiouuuuuttt… retour à normal. Drôle d’impression. Déception. Presque.
Rien n’avait changé. Évidemment. Mise en scène. Et pourtant.
Welcome Back.
C’est pas mal comme ça que je me sentais ce soir.
Printemps
Premières réflexions post-élection
J’ai toujours utilisé mon blogue pour réfléchir à haute voix, par écrit.
Je vais continuer à le faire dans les prochaines semaines et les prochains mois — en particulier pour partager des impressions sur ma première expérience de campagne électorale et pour participer aux réflexions qui sont plus que jamais nécessaires si on veut réinventer le Parti Québécois. Le mot est fort, mais j’ose quand même l’utiliser.
Quatre éléments de réflexion pour ce soir.
Un — Ceux et celles qui sont à la fin de leur parcours politique devraient éviter de tirer des conclusions inutilement pontifiantes au sujet du projet souverainiste. Je peux comprendre que certains aient perdu confiance mais nous sommes plusieurs à vouloir poursuivre, même si cela doit prendre encore longtemps. L’idée de faire du Québec un pays n’appartient pas à une génération de militants ou d’ex-députés, ni à personne d’ailleurs.
Deux — Je suis animé depuis toujours par la conviction qu’il faut faire beaucoup plus de place à l’éducation et à la culture dans le discours politique; à la réalité des petites entreprises aussi; et des changements induits par le numérique. Je ressors de ma première campagne électorale plus convaincu que jamais de tout cela.
Trois — J’ai pu constater dans les dernières semaines la difficulté d’aborder de nombreux sujets dans un temps limité et dans un univers médiatique sursaturé — a fortiori si ce sont des sujets complexes. Je pense que pour faire mieux il faudra établir une priorité plus claire dans nos messages et remplacer rapidement la stratégie basée sur la recherche du meilleur clip par une stratégie basée sur la pédagogie.
Quatre — Tout cela m’amène à souhaiter que nous fassions une place importante à « l’entrepreneuriat éducatif et culturel » dans nos réflexions des prochaines semaines et des prochains mois. En mettant au coeur de notre projet l’éducation et la culture, en même temps que le goût et la capacité d’entreprendre, je pense que nous pourrons travailler à la fois sur l’identité personnelle et collective des Québécois et sur la confiance en soi (en nous) qui est nécessaire pour désamorcer (enfin!) le réflexe de peur sur lequel repose la force de nos adversaires. Nous cesserons aussi de rendre faussement conditionnels au développement économique les investissements en éducation et en culture alors qu’ils en sont en réalité le carburant le plus essentiel.
Un projet de société basé sur l’entrepreneuriat dans le domaine éducatif et culturel — qui pourrait s’appuyer tout spécialement sur les possibilité offertes par le numérique — il me semble que c’est une belle piste à explorer au moment de lancer un remue-méninges…
Qu’en pensez-vous?
Premières réflexions (pré)campagne
Je ne suis pas naïf, je sais bien que dans l’environnement ultamédiatique dans lequel nous baignons, la politique c’est aussi un espace où les vedettes jouent un grand rôle — où la notoriété est un atout. Mais ce n’est pas tout.
Je pense que les électeurs savent aussi reconnaître l’intérêt des candidats de terrain, issus de leur milieu, qui ont fait la démonstration de leur capacité à faire travailler les gens en ensemble sur des projets complexes. Des gens qui seront présents dans la circonscription, proches des gens, engagés.
Je fais l’hypothèse qu’ils verront l’intérêt d’élire un entrepreneur, ancré dans sa circonscription, impliqué dans le développement de la région depuis de nombreuses années.
Et je souris en lisant les textes qui déplorent depuis quelques jours la vedettisation de la politique en jouant eux-mêmes le jeu, ne nommant que des vedettes — au lieu de mettre de l’avant d’autres candidatures, peut-être un peu moins connues, mais certainement pas moins légitimes dans leur milieu et dans leur secteur d’activités.
Je n’en suis ni surpris ni victime, au contraire: ça me conforte plutôt dans la décision de faire le saut.
À suivre, la campagne sera très intéressante. J’ai vraiment hâte de commencer.














