Coïncidence de navigation

Au hasard de mon exploration de la blogosphère, je passe par le Carnet de Denis Vaugeois. J’y trouve deux textes:

Le premier, en rapport avec le décès de Jean Pelletier, ancien maire de Québec, à qui on doit notamment le choix de l’emplacement de la Bibliothèque de Québec, qui a contribuer à poser les bases de la renaissance du quartier Saint-Roch. Une bibliothèque qui sera d’ailleurs profondément rénovée et réaménagée dans les prochains mois.

Le second, en rapport avec le talent de journaliste de celui qui fait réagir la blogosphère depuis hier, Christian Rioux, du Devoir. Voici le texte remarquable qui lui a valu le prix Judith Jasmin remis par la FPJQ l’an dernier: L’art du kidnapping.

Pure coïncidence.

Écrire à l’oral

J’ai bien vu poper dans mon univers informationnel, hier, une foule de réactions à un texte de Christian Rioux, publié dans Le Devoir. Mais ce n’est que ce matin que j’ai pu lire le texte en question: La société des blogs. Un texte qui remet en cause la qualité de ce qui s’écrit pour le Web — c’est ce qui a choqué une partie de la blogosphère. Pas moi.

Non pas que je pense que Christian Rioux a raison, mais je lui accorde tout à fait le droit de secouer les puces de ceux qui écrivent pour le Web s’il le juge nécessaire.

Bien sûr, je trouve qu’il fait preuve d’une généralisation abusive et je trouve qu’il parle un peu trop à travers son chapeau, mais je sais qu’en un millier de mots il faut parfois faire quelques raccourcis. Je pense aussi qu’il a choisi la provocation et je ne lui reproche pas puisque j’ai toujours apprécié l’écriture pamphlétaire. Et puis, de toute façon, je me fous un peu de ce que Christian Rioux pense de la blogosphère. Tant mieux pour lui s’il trouve ailleurs tout ce dont il a besoin pour alimenter sa vie sociale et intellectuelle (dont ses textes témoignent bien de la richesse). Pour ma part, j’ai besoin de ma blogosphère pour y arriver.

La lecture de ce texte m’a surtout fait penser à deux autres textes qui m’ont meublé l’esprit au cours de la semaine — le premier m’est arrivé par le Web, de Montréal, l’autre par mon iPod, des banlieues de Paris.

D’abord un texte de Sébastien Provencher, intitulé A New Year’s Resolution: More Blogging, Less Tweeting, dans lequel il aborde le rôle des différentes formes d’écriture Web dans sa vie intellectuelle — personnelle et professionnelle (Sylvain Carle a publié un complément intéressant à ce texte). Ce texte m’est revenu à l’esprit parce que j’il me semble évoquer, d’un autre point de vue, certaines des idées développées par Christian Rioux, notamment le fait que chaque espace d’écriture a ses forces et ses faiblesses, auxquelles sont associées des contraintes qu’on accepte ou non, comme scripteur.  Une différence importante toutefois: Sébastien Provancher peut parler à la première personne, il a essayé les deux types d’écriture sur lequel il porte son regard; alors que Christian Rioux ne s’est pas aventuré dans la blogosphère, son point de vue est celui d’un observateur.

Le deuxième texte qui m’est revenu à l’esprit est celui d’une chanson de Grand Corps Malade, intitulée J’écris à l’oral, dans laquelle il raconte sa découverte de la poésie, un soir d’octobre sans histoire sur le macadam fatigué du trottoir en pente de la rue des Dames.

Je pense que pour plusieurs jeunes et moins jeunes, la blogosphère est un remarquable espace de découverte de l’écriture — un lieu semblable à ce bar qui a permis à Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, de découvrir les vers et la musique. Et je ne peux que m’en réjouir.

Moi j’oublierai jamais l’année où j’ai choppé le virus,
Quand tu trébuches sur un hasard et que tu tombes sur un bonus
Ces soirées où l’on se livre, ces moments où l’on se lève
(…)
Ces soirées sont toujours là mais le mieux c’est quand tu fais
connaissance.

On peut écouter cette remarquable chanson en suivant ce lien…

Le Cabaret de la Ligue d’improvisation musicale de Montréal

snapz004Wow! J’ai passé une superbe soirée au Lion d’or avec le Cabaret de la Ligue d’improvisation musicale de Montréal. Une belle surprise parce que j’y allais sans aucune attente particulière… du moins jusqu’à 16h — moment où j’ai pu voir cette trace de la première édition du Cabaret.

Nous avons eu droit au cours de la soirée à presque trois heures d’improvisation musicale remarquablement scénarisées. Du vrai cabaret — avec cinq musiciens hors pair, trois comédiens, un animateur, du talent à revendre, des idées vraiment originales et beaucoup de plaisir. Surtout du plaisir!

Parmi les défis auxquels ont été soumis musiciens et comédiens:

  • Improviser de la musique sur des pochettes de disques inconnus;
  • Refaire la musique d’une partie de Super Mario Bros — en live!;
  • Imaginer à partir d’une photo ce qu’une personne peut écouter dans son iPod;
  • Refaire spontanément la bande sonore d’un film — paroles et musique.

Épatant. Vraiment épatant! Et tout ça dans un délicieux mélange de professionnalisme et d’amateurisme, de préparation et de spontanéité. Un vrai bon show! — j’ai adoré ma soirée.

Le Cabaret s’est terminé avec un jam construit à partir de trois thèmes fournis par l’auditoire: « années 40 », « Slovénie », « Reggae ». Un reggae slovène des années 40… et pas mal réussi d’ailleurs!

Et le plus incroyable, c’est qu’en en cherchant sur Google « reggae slovène des années 40 », alors que je pensais ne rien trouver… je suis tombé sur cette image, tout à fait dans l’ambiance du jam final… qui m’a guidé à son tour vers cette page MySpace… d’un groupe de reggae slovène. Presque invraisemblable.

–> Prochaine édition du Cabaret de la LIMM, le 5 mars, au Lion d’or.


Écrivains sur le Web et oeuvres en gestation

J’aime beaucoup la blogosphère… notamment parce qu’elle nous permet, parfois, d’adopter un autre regard sur les choses… comme sur un livre qui s’imagine, qui s’écrit et qui prend forme au moment d’être publié. Le contact avec l’écriture — la mienne et celle d’autrui — est une des choses qui me passionne.

C’est dans cet état d’esprit que j’ai eu le plaisir de lire, hier et aujourd’hui, les trois textes suivants:

Dominic Bellavance à la recherche de l’inspiration

Stanley Péan en plein processus d’écriture

Audrey Parily en dernière relecture (avec une primeur)

Stimulantes lectures qui laissent l’impression de participer, même très indirectement, au processus d’écriture. Vive la blogosphère!

Diderot: Sur ma manière de travailler

Un commentaire publié sur ce blogue au cours des derniers jours m’a amené à faire quelques recherches au sujet de Denis Diderot — l’encyclopédiste.  Pour mon plus grand plaisir, ma mère s’y est mise aussi… et je dois admettre que c’est elle qui a fait la découverte la plus intéressante — et par des méthodes plus traditionnelles que les miennes, dans sa bibliothèque personnelle de vrais livres imprimés (!). À tout seigneur tout honneur.

Dans ce texte intitulé Sur ma manière de travailler, Denis Diderot explique à Sa Majesté Impériale, Catherine II, ce qui est au cœur de sa méthode d’écriture. Il évoque aussi — surtout! — le rôle de la publication, de la consultation, du commentaire et de l’emprunt dans l’élaboration de la pensée. Et c’est là que le texte constitue, à bien des égards, il me semble, une véritable Charte pour les blogueurs.

Il m’a fallu un peu de temps pour retrouver le texte en question sur le Web, mais j’y suis arrivé (ouf!)… grâce à Google BookSearch. J’en reproduis l’essentiel un peu plus bas.

De façon plus précise, notons que le texte que ma mère avait dans un premier temps repéré dans la revue Parachute (numéro 56), était une reproduction extraite des Oeuvres complètes (Éd. Lewinter, Paris, Le Club français du livre, 1971, v. X, p. 772-775). Le texte aurait été écrit autour de 1773.

La version que j’ai trouvée, presque identique, est tirée d’un exemplaire de La nouvelle revue, publiée en 1883 — qui est détenue par l’Université d’Oxford et qui a été numérisée par Google le 6 septembre 2007 [page couverture du livre | début de la citation]

Lire la suite de « Diderot: Sur ma manière de travailler »

La longue traîne dans le domaine culturel

Lecture importante pour les prochains jours:

Longue traîne: levier numérique de la diversité culturelle?

Par Pierre-Jean Benghozi, Françoise Benhamou
Pour le Ministère de la culture et des communication, France, 12 p., octobre 2008

L’hypothèse de longue traîne, sa consistance, ses conséquences, ses liens avec les modes de prescription sont l’objet de cette étude. Elle cherche à vérifier ou confirmer la théorie de C. Anderson sur les marchés  français de la musique, de la VOD et du livre.  Au centre de modèles d’affaires d’infomédiaires et distributeurs, cette perspective concerne autant les industries culturelles d’édition que les services de médias audiovisuels, mais aussi les musées, les monuments et les festivals, par ses implications sur les modes d’information et de prescription en ligne, tout autant que les stratégies de numérisation et de valorisation des données publiques culturelles.

Trouvé à la suite de ce texte de Thierry Crouzet, grâce à un commentaire de Alexis Mons.

Bibliothèques, librairies, Amazon, etc.

Hubert Guillaud nous dit au sujet des bibliothèques, des librairies, d’Amazon… des éditeurs… des livres:

« …on préférerait entendre des voix qui pourraient dire : bon, et si maintenant on essayait vraiment de faire quelque chose, qui profite à tous (et pas seulement à notre corporation). On pourrait même imaginer que cela puisse aussi profiter aux auteurs et aux éditeurs avec une participation de tous. Finalement, ce discours très corporatiste des bibliothécaires m’étonne. Il répond au discours corporatiste du libraire certes, mais si la culture et le livre sont notre biens communs, il serait temps de les dépasser un peu pour retrousser nos manches. Ou continuer de jouer aux vierges effarouchées en attendant que le train passe. Car au final, les bibliothécaires sont confrontés aux mêmes problèmes que les libraires. »

C’est en réaction à ce texte, qui est lui-même en réaction à celui-là.

Commentaire perso: la chicane dont il est question ici apparaît aujourd’hui typiquement française — plusieurs bibliothécaires et libraires québécois, même les plus branchés, ne le comprendront même pas — mais c’est essentiellement parce qu’Amazon n’est à peu près pas présent au Québec… pour le moment — mais il faut savoir à quel point l’écosystème du livre change quand le Géant débarque… et se dire que nous ne sommes pas à l’abri de tels débats.

Maisons d’édition québécoises sur Facebook

Je tente de dresser la liste des maisons d’éditions québécoises qui ont une présence sur Facebook, sous forme de personne, de groupe, de page… etc.

Mes premières découvertes:

Epizzod.com173 membres
Hamac — 70 membres
Les Allusifs72 amis
Héliotrope84 fans

… mais cela me semble tellement faible que je dois mal m’y prendre… Vous en connaissez d’autres?

Ce qui change, jour après jour, ce sont les pratiques

Au tour de Constance Krebs de lancer l’année avec un texte remarquable, constitué d’une série de réflexions, très pertinentes il me semble, sur le monde du livre — celui des auteurs, des éditeurs et des libraires.  Extraits:

An neuf… Pour de nouvelles formes de publication, d’édition devrais-je dire. On l’espère… Ce qui change, jour après jour, ce sont les pratiques. Les modes de travail, la façon.

L’éditeur ne se contente plus de lire et relire pour éditer et rendre public; il écrit, il lie et relie. Le libraire ne se contente plus de lire et de recevoir pour vendre; il écrit, il relie. L’auteur ne se contente plus de travailler en silence, seul à sa table; il montre son atelier, ses recherches en cours. Cela n’empêche ni la rigueur, ni la vitalité, ni le commerce, ni l’échange de dons – bien au contraire. (…)

L’amateur renaît grâce à l’hypertechnologie. Le capitalisme fissuré qui, sous la forme qu’on lui connaît, s’écroule, peut désormais évoluer vers une dimension plus libre, plus humaine. Le monde change, et c’est tant mieux. (…)

L’éditeur pour entrer dans cette dimension-là doit se mettre à écrire régulièrement. (…)

L’auteur, qu’il soit artiste ou chercheur (métiers très proches), peut faire entrer le monde dans son atelier, son laboratoire, son bureau. Il est seul, mais plus comme avant. Il partage enfin ses connaissances, ses idées, ses textes avec d’autres, qu’ils soient pairs ou amis, admirateurs ou lecteurs. (…)

Le libraire doit aujourd’hui faire connaître sa librairie sur les sites de localisation, les géoportails de Google ou de l’IGN s’il veut que le client vienne à lui. Rien ne l’empêche non plus de passer 20 mn par jour à animer un blog. (…)

Bonne année!

Ne manque que le lecteur dans ce portrait… parce que si les modes de travail évoluent, les modes de lecture aussi, probablement… Peut-être Constance aura-t-elle le goût de compléter?

À la fois gratuit… et le meilleur vendeur de l’année 2008

Lu sur Framablog:

« On risque d’en parler longtemps. Imaginez-vous en effet un album de musique sous licence Creative Commons, disponible gratuitement et légalement sur tous les sites de partage de fichiers, et qui arrive pourtant en tête de meilleurs ventes 2008 sur la très fréquentée plate-forme de vente en ligne Amazon ! »

Aussi: Chris Anderson: The best selling MP3 album of the year was free

Et pourquoi pas: Actualitté: Sony reconnaît que les DRM augmentent le piratage

Quand la réalité dépasse la fiction…

J’ai adoré Fight Club, une fable violente sur la société nord américaine.

Dans le film de David Fincher, Tyler Durden (Brad Pitt) et ses complices volent les poubelles d’une clinique de chirurgie esthétique pour récupérer des graisses de liposuccion et en faire du savon et des produits cosmétiques. Vendre dans des petits pots à de riches femmes leur propre graisse, qu’elles ont par ailleurs payé chère pour se faire retirer… c’est l’idée du provocant personnage.

Eh bien une fois de plus, il semble que la réalité dépasse la fiction… En effet, un médecin de Beverly Hills a apparemment utilisé les graisses retirées par liposuccion dans sa clinique de chirurgie esthétique… pour produire du biodiesel et faire rouler son véhicule automobile et celui de sa conjointe: Fill ‘Er Up With Human Fat (Forbes.com).

Heureusement, la loi californienne interdit cette pratique et le médecin a dû se résigner à faire le plein à la station service comme vous et moi.

Peut-être devrais-je lui faire suivre un exemplaire de Rouler sans pétrole, auquel je faisais référence il y a quelques jours.   ;-)

Dénoncer la censure ou aider les libraires?

Le 22 décembre, François Guité (blogue temporairement inaccessible) signalait par Twitter son dégoût devant la décision d’Apple de censurer un livre sur le App Store — la boutique d’applications (et de livres numériques) du iPhone et du iPodTouch. D’autres blogueurs s’offusquaient aussi, notamment sur GalleyCat et sur Teleread.

Tout en déplorant le fait qu’Apple choisisse d’intervenir de cette manière, je ne m’en offusque pas outre mesure et je ne suis pas prêt à crier à la censure. Comme tous les libraires — et tous les commerçants — Apple peut bien décider ce qui sera vendu dans sa boutique.

Il me semble que le risque n’est pas tant qu’Apple ne vende pas tous les livres… c’est plutôt qu’il y ait trop peu de boutiques différentes sur le Web pour permettre à tous les livres de trouver leur chemin vers les lecteurs qui sont susceptibles de s’y intéresser. Le risque c’est que le App Store et/ou Amazon et/ou fnac.com et/ou Archambault.ca et/ou Renaud-Bray.ca se partagent une trop grande proportion du marché du livre numérique.Vous ne croyez pas?

Il faut souhaiter un écosystème commercial riche pour le livre numérique — avec une place pour de nombreux libraires — qui mettront en valeur des livres différents et qui sauront trouver de nouvelles façons de mettre en contact des auteurs et des lecteurs.

Et je crois que nous sommes tous un peu responsables de faire en sorte que cela arrive…

Texte coup de poing à l’intention des éditeurs trop protectionistes…

Kassia Krozser lance l’année avec un texte coup de poing à l’intention des éditeurs: Out With The Old, In With The…Cranky. C’est un texte dur, très dur — peut-être injustement — mais un texte probablement utile… en ce début d’année qui promet déjà d’être celui où le livre basculera, à son tour, dans la dématérialisation..

Extraits:

« Are you trying to kill the market? Are you trying to be funny? Do you truly think outrageous prices are the way to bring in new, younger readers? Do you think we’re stupid? (…)

« …ebooks are a new, different market. You, dear publishers, have been given that rarest of gifts: a new revenue stream (think: home video for the motion picture business). These books are not competition. While there are more than a few readers who would love the luxury of choice of format/style/device when it comes to purchasing and reading books (you’re reading one), the ebook customer is different than the print book customer. (…)

«You’re dealing with a different animal, and — wahoo! — you now have the opportunity to change how you do business. Let’s start with smarter pricing. No, let’s start with the idea that you, publishers, are not the only game in town. You don’t “own” these books, your authors do. Your job is to prove that you can distribute these books better and more profitably for those authors. (…)

« I know what you’re thinking. You’re thinking you won’t be like the music industry. Too late. Already you’ve let Amazon force its vision of pricing on you. Already you’ve decided you know the market better than the market knows itself. Already you’ve let free become more desirable than paid. That is what the music business did. (…)

« You can do this, of course, and spend a fortune fighting piracy the hard way. Or you can treat your customers with respect and acknowledge that some things have changed. »

Au sujet de ce blogue: mise à jour post déménagement

J’ai passé une partie de la soirée à rédiger la page Au sujet de ce blogue (et de son auteur). Je suis reparti de zéro, sans trop savoir quelle forme cela prendrait dans un premier temps.

Le résultat est une sorte de chronologie de ma présence sur le Web en une vingtaine de dates — de mes premiers pas à mes occupations actuelles comme directeur des services d’édition numérique chez De Marque.

L’espace destiné aux commentaires, au bas de la page, permettra à ceux et celles qui en auraient envie de signaler autre chose que j’aurais pu oublier (CFD en particulier, peut-être, puisqu’il n’est jamais très loin dans ce parcours…)

Voilà qui complète pas mal la première phase du redéploiement de mon blogue. Restera éventuellement une certaine réorganisation du contenu (catégories, tags, etc.)