Un regard collectif sur l’assermentation d’Obama

Des millions de personnes sont attendus mardi à Washington pour la cérémonie d’assermentation de Barack Obama.

On imagine aisément que des dizaines de millions de photos seront prises à cette occasion — sur divers appareils photo et téléphones cellulaires.

Et si on en faisait une ouvre collective?

Et si on arrivait à recombiner toutes ces photos pour immortaliser dans un regard collectif ce moment historique? — pour nous permettre de plonger dans l’événement, de l’observer sous tous ces angles, au fil de la journée. Pour permettre à chacun de profiter de l’événement sous tous ses angles — comme si notre cerveau disposait de centaines de milliers d’yeux et d’une mémoire infinie — d’un regard omniscient, presque divin?

J’exagère un peu… mais si peu… puisque c’est le défi que CNN et Microsoft tenteront le 20 janvier sur ce minisite consacré à l’événement.

Tout cela sera possible grâce à la technologie Photosynth? De quoi s’agit-il? Découvrez-le dans cette vidéo d’un peu plus de sept minutes: Photosynth Obama’s inauguration.

Très impressionnant.

Lectures inspirantes dans La Presse: Obama et l’hiver

Survol rapide de La Presse ce matin. Très rapide. Néanmois, deux articles retiennent immédiatement mon attention. J’ai le goût de les partager avec vous:

  • En prélude à la semaine qui sera marquée par l’arrivée de Barack Obama à la présidence des États-Unis, un très beau récit de Stéphane Laporte: Le conte de fées ne finira pas.
  • Parce qu’il a fait froid toute la semaine et que, malgré cela, il faut l’aimer notre climat: Vivre l’hiver, par Nathalie Collard.

Le déni de l’hiver, c’est partout au Québec, et encore plus à Montréal, c’est vrai. Mais en ce qui me concerne: vive l’hiver! …je m’en étais beaucoup ennuyé à Paris!

Effrayant portrait d’un inconnu à partir des traces qu’il a laissées sur le Web

Un twit de Martin Lessard attire ce matin mon attention sur un texte publié dans Le Tigre qui est absolument renversant. L’auteur y fait le portrait d’un internaute inconnu, Marc L***, à partir des traces qu’il a laissées ici et là sur le Web… ouf! L’effet est effrayant.

« Bon annniversaire, Marc. Le 5 décembre 2008, tu fêteras tes vingt-neuf ans. Tu permets qu’on se tutoie, Marc ? Tu ne me connais pas, c’est vrai. Mais moi, je te connais très bien. C’est sur toi qu’est tombée la (mal)chance d’être le premier portrait Google du Tigre. Une rubrique toute simple : on prend un anonyme et on raconte sa vie grâce à toutes les traces qu’il a laissées, volontairement ou non sur Internet. (…)

Je préfère te prévenir : ce sera violemment impudique, à l’opposé de tout ce qu’on défend dans Le Tigre. Mais c’est pour la bonne cause ; et puis, après tout, c’est de ta faute : tu n’avais qu’à faire attention. »

J’y reviendrai certainement, mais il faut le lire. Et le faire lire, aux ados, dans les écoles, notamment.

Pas pour condamner; pour faire réfléchir.

Une pensée pour mes ex-collègues

Aïe, je lis ce matin dans Le Monde que ça brasse fort pour mes ex-collègues: Le groupe Editis à l’heure de l’austérité.

La situation d’Editis illustre bien l’inquiétude dans laquelle se trouve l’édition française. Car, après avoir sauvé les meubles en 2008, le secteur s’attend à traverser une année de crise, avec une baisse des ventes, une augmentation du nombre de retours des libraires aux éditeurs, et donc des restructurations et des coupes dans les effectifs.

Bon courage à tous et à toutes — je pense à vous!

Apprendre à attendre

J’ai fait référence hier au texte Je tire ma langue au chat, de Mario Asselin, pour parler de notre relation à l’école. Un autre passage de son texte avait attiré mon attention:

« Je reviendrai plus tard sur la notion « d’éducation au délai » qui me paraît être une autre variable négligée dans les causes possibles des problèmes (s’ils existent) rencontrés. Cette dernière variable est cependant plus liée aux usages éclatés des TIC par les jeunes. »

J’aurais bien sûr pu attendre qu’il revienne effectivement sur le sujet (accepter un délai!), mais j’ai plutôt envie d’alimenter dès maintenant sa réflexion, de lui proposer quelques pistes — parce que je crois moi aussi que « l’éducation au délai » est une dimension fondamentale de l’apprentissage et du développement de l’autonomie intellectuelle… et que la vie dans la cité, pour reprendre mes termes d’hier soir, ne nous aide pas beaucoup à faire cet apprentissage — c’est le moins que l’on puisse dire!

Donc, Mario, je ne sais pas trop à quoi tu pensais en évoquant « l’éducation au délai », mais pour ma part, cela m’a d’abord rappelé l’expérience de la guimauve — the marshmallow experiment [présentation par une journaliste, analyse, référence au texte d’origine, commentaire sur un blogue]:

« Who would ever guess that a brief observation of a four-year old alone with a marshmallow would be an excellent predictor of college entrance exam scores — twice as good a predictor as IQ test scores? In one of the most amazing developmental studies ever conducted, Walter Michel of Stanford created a simple test of the ability of four year old children to control impulses and delay gratification.

Children were taken one at a time into a room with a one-way mirror. They were shown a marshmallow. The experimenter told them he had to leave and that they could have the marshmallow right then, but if they waited for the experimenter to return from an errand, they could have two marshmallows. One marshmallow was left on a table in front of them. Some children grabbed the available marshmallow within seconds of the experimenter leaving. Others waited up to twenty minutes for the experimenter to return.

In a follow-up study (Shoda, Mischel, & Peake, 1990), children were tested at 18 years of age and comparisons were made between the third of the children who grabbed the marshmallow (the « impulsive ») and the third who delayed gratification inorder to receive the enhanced reward (« impulse controlled »). » (source)

Les résultats de l’expérience sont étonnants, la corrélation entre la capacité à gérer l’impulsivité (à accepter un délai) à quatre ans avec les résultats scolaires quatorze ans plus tard est presque invraisemblable:

« The third of the children who were most impulsive at four years of age scored an average of 524 verbal and 528 math. The impulse controlled students who scored 610 verbal and 652 math! This astounding 210 point total score difference on the SAT was predicted on the basis of a single observation at four years of age! The 210 point difference is as large as the average differences between that of economically advantaged versus disadvantaged children and is larger than the difference between children from families with graduate degrees versus children whose parents did not finish high school! At four years of age gobbling a marshmallow now v. waiting for two later is twice as good a predictor of later SAT scores than is IQ. Poor impulse control is also a better predictor of later delinquency than is IQ (Block, 1995). »

Je soumets cela à ta réflexion… et je suis déjà impatient de te lire (vite, la guimauve!)

Et de façon complémentaire, puisque tu fais également un lien, que je trouve à la fois valable et exagéré (les TIC aussi ont le dos large!) avec l’utilisation que les jeunes font des technologies, je te soumets aussi la lecture du Slow Blog Manifesto et de cet article du New York Time, dans lequel on présente quelques-uns de ces adeptes: Blogging at a Snail’s Pace. En voici un extrait:

« A Slow Blog Manifesto, written in 2006 by Todd Sieling, a technology consultant from Vancouver, British Columbia, laid out the movement’s tenets. “Slow Blogging is a rejection of immediacy,” he wrote. “It is an affirmation that not all things worth reading are written quickly.” (…) Ms. Ganley (…) compares slow blogging to meditation. It’s “being quiet for a moment before you write,” she said, “and not having what you write be the first thing that comes out of your head.” »

Alors la guimauve que je t’offre, tu la manges tout de suite ou tu attends?   ;-)

Aider l’école

Dans Je tire ma langue au chat, Mario Asselin nous invite à réfléchir sur les causes de la soi-disant diminution de la maîtrise de la langue française par les jeunes. Il ne la nie pas. Il plaide seulement pour qu’on ne fasse pas porter l’odieux de cette situation uniquement sur les jeunes:

« il me semble que les jeunes (…) ont le dos large en s’il vous plaît quand vient le temps de chercher des coupables sur ces questions de langue et d’effort. »

Je comprends du discours de Mario que, pour lui, l’école ne peut pas non plus être tenue responsable de tout quand vient le temps de développer les valeurs « effort » et « qualité de la langue »:

« …je reste convaincu (…) qu’une communauté cohésive et conséquente (famille, équipe-école ou collectivité territoriale) est la seule «assurance» de pouvoir conserver en haut de liste ces deux valeurs. »

Je suis d’accord avec lui — l’action de l’institution scolaire ne peut pas être efficace si elle ne trouve pas un écho significatif à la maison. Les enfants n’accordent généralement pas plus de valeur aux enseignements de l’école que la perception qu’ils ont de la valeur que leurs parents accordent à ces mêmes enseignements. Heureusement, les enfants s’accrochent parfois aussi à la perception d’autres adultes importants pour eux — qu’ils côtoient réellement ou dont l’image s’avère inspirante, stimulante — et ils arrivent à développer une perception de l’école différente de celle à laquelle leur milieu immédiat les aurait normalement amenés à adhérer. En ce sens, l’éducation est forcément une mission collective.

C’est un peu, je crois, ce qu’évoque un poème africain que j’adore « il faut tout un village pour élever un enfant »; c’est ce que Seymour Papert appelle la résonance culturelle, et qui est pour lui une condition essentielle à la réussite de l’école; c’est aussi ce qui m’amène à croire autant au concept de cité éducative — et qui m’amène à m’engager avec autant de conviction, depuis plusieurs années, dans le projet de faire de Québec une cité éducative.

Parce qu’au fond, même si on peut discourir très longuement de ce qu’est une cité éducative (et j’adore le faire!), dans sa formulation la plus simple on peut dire qu’une cité éducative, c’est un milieu où les valeurs que l’école a pour mission de transmettre trouvent un écho favorable; un milieu où les citoyens comprennent qu’ils ont un rôle à jouer — une responsabilité dans la réussite de l’école. Un milieu où la vie quotidienne n’est pas contradictoire avec le message que l’école a pour mission de porter aux enfants — mieux encore, c’est un milieu dont les acteurs agissent comme des alliés de l’école — et surtout pas une école sanctuaire.

Il ne s’agit pas non plus que l’école ne soit que le reflet de la société — parce que l’école a évidemment aussi un rôle de transformation sociale. C’est plutôt l’inverse qu’il faut viser, il me semble — que l’organisation de la Cité, et les valeurs qui y sont véhiculées, soient en accord avec celles que nous avons collectivement choisi de confier à l’école.

Dans la démocratie on élit des gouvernements qui ont pour responsabilité de déterminer et de mettre à jour le programme de l’école — et d’y investir en conséquence une partie de notre richesse collective — mais on oublie trop souvent que cela restera profondément inefficace si la Cité — c’est à dire Nous, collectivement, au quotidien — n’accompagnons pas concrètement les réformes ou les renouveaux scolaires.

Depuis trente ans, je me suis fait dire, comme enfant, comme ado, comme jeune adulte, puis comme nouveau travailleur: « la société change, l’école doit s’adapter — et toi aussi, par le fait même ». C’est vrai. Mais je réalise de plus en plus que ce message est incomplet.

Ce message aura été incomplet s’il n’a pas aujourd’hui un prolongement qui continue de m’interpeller, mais cette fois pour me dire « maintenant que ta génération s’apprête à prendre les rênes de la société, n’oublie pas d’adapter aussi tes valeurs, ton comportement et ton environnement au projet de l’école — celui d’aujourd’hui; pas celui qui était en vigueur quand tu étais sur les bancs de l’école! N’oublie pas d’aider l’école, à ta façon.

Parce qu’on l’a adapté l’école! Jean-Pierre Proulx le rappelle ici avec humour!  Et on ne l’a pas fait à courte vue; on l’a fait avec de la perspective — heureusement!. Mieux : on en a fait un véritable projet de société. Le projet d’une société plus créative et plus solidaire, notamment. Et je trouve que nous n’y sommes vraiment pas trop mal arrivés! Je nous félicite — et je remercie ceux et celles qui ont piloté ces changements pour nous.

Je me demande toutefois si nous avons investi suffisamment dans l’adaptation conséquente du milieu à ces changements de l’école — à ce projet de société.

Je me demande si au lieu d’ajouter des heures d’enseignement du français à l’école, nous ne devrions pas mieux outiller les familles et les milieux de travail afin que la qualité de la langue soit davantage valorisée, si on ne devrait pas investir pour faire des bibliothèques publiques lieux de rassemblement pour les jeunes (encore plus qu’elles ne le sont aujourd’hui) : pour les y accueillir vraiment. Même chose pour les musées.

Je me demande si on ne devrait pas revoir les horaires de l’école — en particulier ce délire des horaires sur neuf jours — afin de faciliter la participation de la communauté aux activités de l’école — et favoriser l’apprentissage in situ, dans la Cité, à tous les âges.

Je me demande si on ne devrait pas exiger bien davantage des médias — presse, radio, télévision — en terme d’éducation informelle et de culture.

Je me demande si nous ne devrions pas publier chaque semaine quelques textes en anglais et en espagnol dans les journaux — pour que nous côtoyons ces langues au quotidien.

Je me demande si nous ne devrions pas écrire un petit guide à l’intention des citoyens qui désirent aider l’école dans sa mission, par de petits gestes, chaque jour — un mot dit à un enfant, une exigence transformée dans son milieu de travail.

Ce ne sont que des exemples.

De la même façon que Mario nous disait qu’il trouvait que les enfants ont parfois le dos large quand on parle d’éducation, je trouve que l’école, comme institution, a aujourd’hui le dos très large. Cela me semble injuste (et inefficace, voire contre-productif) de reprocher à l’école seule une situation qui la dépasse largement — et qui tient aussi au fait que nous ne l’appuyons pas suffisamment comme citoyen — non par nos impôts, mais en mettant la main à la pâte — comme participant à la vie de la Cité.

On peut bien sûr reprocher des choses à l’école, comme institution. Mais il me semble que nous devrions nous obliger, chaque fois que nous le faisons, à formuler des propositions complémentaires qui permettraient d’incarner dans la Cité les valeurs et les exigences qu’on aimerait voir renforcées dans l’École. Des propositions qui nous concernent, comme citoyen. Des propositions formulées à la première personne.

C’est ce devoir de cohérence qui m’amènera à participer à la journée de concertation régionale sur la persévérance et la réussite scolaires, le 28 novembre prochain, à l’Espace Dalhousie.

Le milieu du livre est tellement prévisible en matière d’Internet…

Serge-André Guay prédit « l’échec prévisible de l’entrepôt numérique des éditeurs traditionnels québécois » — projet pour lequel je suis revenu au Québec; projet qui n’est même pas encore officiellement lancé; projet dont nous ne posons encore que les premières pierres. Néanmoins, pour le président éditeur de la Fondation littéraire Fleur de Lys c’est une prédiction facile parce que « le milieu traditionnel du livre au Québec est [tellement] prévisible en matière d’Internet ».

Il ne serait pas utile de m’engager dans une une polémique avec Monsieur Guay — qui a tout fait le droit d’avoir son opinion et de procéder à toutes les analyses qu’il croira pertinentes. Ce sera beaucoup plus intéressant de reparler de tout cela avec lui, éventuellement, dans une perspective plus ouverte et constructive.

Je compte d’ailleurs bien davantage sur le déploiement progressif de cette infrastructure que sur les discours pour rendre compte de nos choix et de l’efficacité des approches qui sont au coeur du projet qui uni dorénavant l’ANEL, De Marque et ses partenaires (dont Prosemedia, cité par M. Guay).

Voici tout de même la courte réponse que je lui ai adressée un peu plus tôt et que j’espère voir publiée sous son texte.

Monsieur Guay,

D’ici à ce que nous ayons l’occasion de reparler de tout ça — dans une perspective un peu plus constructive, j’espère — je vous signale que c’est moi qui coordonne pour De Marque le développement et le déploiement de l’infrastructure dont vous faites ici le procès.

Je ne répondrai pas point à point à votre texte — je sais bien que donne trop souvent lieu à des foires d’empoigne inutiles — mais je tiens à vous signaler que plusieurs des hypothèses sur lesquelles repose votre raisonnement sont erronées. Votre conviction que « le monde traditionnel du livre au Québec est prévisible » vous joue des tours — elle vous amène sur de mauvaises pistes. Vous pouvez très bien être dubitatif, mais je vous invite à garder l’esprit ouvert.

Je vous rassure en terminant: toutes les personnes engagées dans ce projet partagent avec vous la conviction que « dans le nouveau monde du livre, le succès repose sur une expérience ouverte, collective, internationale ».

Cordialement,

Clément

L’accidentophiliste, une nouvelle d’André Marois

J’ai récemment parlé d’André Marois, de son site Web et de ses nouvelles lues, offertes en baladodiffusion.

Je ne peux m’empêcher de vous en parler à nouveau afin de vous suggérer d’écouter L’accidentophiliste — une nouvelle qui a d’abord été publiée dans le magazine Urbania, en juin 2008.  Il vous suffit pour cela de cliquer ici…

Je ne vous en dit pas plus, ce serait vous priver d’une partie de votre plaisir — mais il se pourrait que cela change quelque peu votre perception du Web… et de ceux et celles qui déposent des vidéos sur YouTube.

Lorsque le narrateur vous y invitera, vous pourrez cliquer ici, puis ici.

Quand le logo de Google en cache un autre…

J’ai twitter hier un texte dans lequel des chercheurs affirment que faire deux recherches sur Google consommerait autant d’énergie que de faire chauffer une tasse de thé…

Christian Fauré revient aujourd’hui sur le sujet en apportant de nombreuses nuances — très intéressantes, bien que sans doute un peu techniques pour plusieurs.

Cela dit, il y a une perle dans le texte de Christian Fauré. Faisant référence à ce qui serait une découverte de Yves-Marie Pondaven, il nous apprend que si on fait un « clic droit » (ou sur un Mac, ctrl-clic) sur le logo de Google dans une page qui présente les résultats d’une recherche, et qu’on choisi l’option « afficher l’image » (ou « ouvrir l’image dans une nouvelle fenêtre ») du sous-menu qui apparaît… on peut voir le logo complet de Google… dont il s’avère que seulement une partie est normalement affichée.

Le résultat est étonnant… et sans ambiguïté sur l’étendue des activités et des prétentions de Google:

nav_logo4

Remarquez bien, c’est peut-être aussi un simple clin d’oeil de Google aussi… parce qu’on s’amuse ferme à Mountain View apparemment!


Mise à jour: il semble y avoir quelques versions du logo complet… mais on découvre dans chaque cas quelque chose de plus que sur le logo normalement affiché.

Comment écrire quand la distraction est partout?

Cory Doctorow est un journaliste canadien, également auteur de romans de science fiction et blogueur — prolifique dans les trois cas. Locus Magazine nous offre ce mois-ci un texte dans lequel il survole les trucs qui lui permettent d’écrire autant à une époque où la distraction est omniprésente: Writing in the Age of Distraction. Ses conseils me semblent très pertinents.

Quelques extraits, suivis de courtes réactions personnelles :

Short, regular work schedule

When I’m working on a story or novel, I set a modest daily goal (…) The secret is to do it every day, weekends included, to keep the momentum going, and to allow your thoughts to wander to your next day’s page between sessions. (…)

Leave yourself a rough edge

When you hit your daily word-goal, stop. Stop even if you’re in the middle of a sentence. Especially if you’re in the middle of a sentence. That way, when you sit down at the keyboard the next day, your first five or ten words are already ordained, so that you get a little push before you begin your work. (…)

Don’t research

Researching isn’t writing and vice-versa. When you come to a factual matter that you could google in a matter of seconds, don’t. Don’t give in and look up (…) That way lies distraction — an endless click-trance that will turn your 20 minutes of composing into a half-day’s idyll through the web. (…)

Don’t be ceremonious

Forget advice about finding the right atmosphere to coax your muse into the room. (…) When the time is available, just put fingers to keyboard and write. (…)

Kill your word-processor

Word, Google Office and OpenOffice all come with a bewildering array of typesetting and automation settings that you can play with forever. Forget it. All that stuff is distraction (…)

Realtime communications tools are deadly

The biggest impediment to concentration is your computer’s ecosystem of interruption technologies: IM, email alerts, RSS alerts, Skype rings, etc. Anything that requires you to wait for a response, even subconsciously, occupies your attention. (…) leaving your IM running is like sitting down to work after hanging a giant « DISTRACT ME » sign over your desk, one that shines brightly enough to be seen by the entire world.

* * *

C’est pour Cory Doctorow. Et moi alors? Réflexions:

Écrire un peu tous les jours: je m’y suis remis depuis le début de l’année —sans perdre de vue qu’écrire et publier, ce n’est pas forcément la même chose, comme LeRoy le signalait gentiment à Sylvain Carle il y a quelques jours dans un commentaire.

Savoir suspendre l’écriture: j’ai beaucoup de difficulté à laisser ainsi un texte en plan (et à plus forte raison en plein milieu d’une phrase!) mais je suis curieux d’expérimenter.

Ne pas faire de recherche: je suis d’accord — et je pratique! J’ajouterais, pour l’écriture destinée au Web: ne pas intégrer les liens dans le texte au fur et à mesure — attendre que le texte soit terminé.

Ne pas faire de cérémonial: je suis d’accord — et je pratique! Même le iPhone peut parfois me servir de clavier pendant mes trajets de bus.

Abandonner le traitement de texte: je nuancerais… qu’importe l’outil, dans la mesure où il permet de se concentrer sur la tâche d’écriture. J’ai déjà évoqué quelque part que j’avais acheté WriteRoom afin d’avoir un espace d’écriture d’où disparaissent toutes les sources de distraction: les menus, fenêtres, etc. Pour redécouvrir l’écran blanc: comme la page blanche. Cela a été une révélation pour moi — la redécouverte de la concentration — et j’exagère à peine! Pour mon plus grand plaisir, la nouvelle version de Pages intègre aussi cette indispensable fonction.

Fermer la messagerie instantanée (et Twitter!): toujours! toujours! toujours! Je suis d’accord — même si c’est parfois difficile!

Voilà pour ma réflexion personnelle sur les trucs de Cory Doctorow.

Et vous — comment aménagez-vous votre espace-temps d’écriture? Comment évitez-vous l’omniprésente distraction?

Professionnels sans frontières, l’éducation, les rêves…

J’avais fait référence il y a déjà presque deux ans à Stéphan et Julie — et aux invraisemblables conditions médicales de l’hôpital de Dungu.

Je découvre ce soir que le premier épisode de Professionnels sans frontières leur sera consacré — et je suis ravi de vous les présenter à travers les deux extraits que nous offre le site:

« Professionnels sans frontières est une série documentaire qui va à la rencontre de coopérants canadiens, engagés dans les grandes histoires de développement humain et environnemental de notre siècle. Des hommes et des femmes, dispersés aux quatre coins du globe, qui ont décidé de mettre leurs compétences professionnelles au service des plus démunis. »

Pour faire la connaissance de Stéphan, il faut visionner l’extrait 1 du premier épisode.
Pour faire la de connaissance Julie, il faut visionner l’extrait 2 du premier épisode.

Les éducateurs et pédagogues devraient particulièrement s’obliger à écouter les propos de Stéphan jusqu’à la fin.

Stéphan, Julie, vous avez toute mon admiration. Merci! Et bon courage.

Ma veille sur l’édition numérique

Je ne l’ai pas mentionné depuis que j’ai réaménagé mon blogue ici… et je crois que cela pourra intéresser quelques lecteurs…

Alors je rappelle qu’il est possible de recevoir, par courriel, presque tous les jours, une liste de liens vers les sites Web qui ont attiré mon attention au cours de la journée en rapport avec l’édition numérique et la dématérialisation du livre.

C’est souvent disparate, le nombre de liens varie beaucoup, l’intérêt est variable et dépend du temps que je peux y consacrer — mais c’est le fruit de ma veille quotidienne et je vous l’offre.

Pour s’y abonner, il suffit de cliquer ici et d’inscrire son adresse courriel. N’oubliez pas de valider votre inscription par l’entremise du courriel que vous recevrez ensuite en provenance de Feedburner.

Un auteur de polar à découvrir, à lire… et à écouter!

André Marois écrit des polars.

C’est le nom du blogue d’André Marois. C’est clair, précis. Comme son écriture. J’en ai fait la découverte ce matin — en poursuivant mon exploration de la blogosphère littéraire québécoise. Une très belle découverte — un dimanche matin noir, noir noir; avec des morts, des accidents et des coups de feu. Un dimanche matin comme je les aime!

J’avais déjà évoqué André Marois, parce qu’il est un des deux auteurs actuels du projet Epizzod.com avec Les Allergiks. Ce matin, c’est un commentaire laissé par l’auteur, sur le blogue de Stanley Péan, qui m’a mis sur la piste. Et j’ai remonté le cours des liens par la suite… pour trouver:

  • …mais où on trouve aussi une section consacrée à la baladodiffusion — à ne pas manquer! — où André Marois présente certain de ses livres et où il fait la lecture de certaines de ses nouvelles. J’adore! — Je l’ai d’ailleurs ajouté aussitôt à la liste des podcasts qui se mettent automatiquement à jour dans mon iPod.

Allez, offrez-vous quelques minutes d’écoute. C’est dimanche…

L’importance d’un blogue pour un écrivain

J’ai évoqué il y a quelques jours le plaisir que j’avais à voir des oeuvres prendre forme grâce au regard que la blogosphère me permet d’avoir sur le travail de certains écrivains. J’ai notamment évoqué le blogue de Stanley Péan à cette occasion. J’y reviens.

J’y reviens parce que celui-ci nous offrait hier un texte absolument remarquable où, faisant référence à une conversation avec une lectrice, il décrit la nature de son blogue, nous offre un aperçu des thèmes abordés dans son prochain roman et même quelques informations sur sa genèse. Le texte, dont le titre est inspiré de celui, provisoire, de son prochain roman, s’intitule À quoi rêve un Bizango? Extraits:

Au sujet de la nature de son blogue:

« [un] site conçu à la fois comme une extension de mon travail de création, une fenêtre virtuelle sur mon atelier, et un lieu de réflexion sur les enjeux personnels, culturels et sociaux qui ont des répercussions sur mon écriture »

Au sujet des thèmes de son prochain roman:

« Les romanciers sont en général assez mal placés pour dire ce dont parlent leurs œuvres, puisque souvent l’essentiel leur échappe. Je dirai cependant que j’aborde ici des préoccupations récurrentes: la violence urbaine, particulièrement celle faite aux femmes; la prostitution et le marchandage de l’affection et du sexe dans les rapports entre les sexes; un certain malaise identitaire qui n’est pas exclusif aux immigrants; le poids parfois accablant de la mémoire; le besoin d’exister dans le regard de l’Autre et, paradoxalement, le désir d’échapper à la geôle que construit ce regard. Un gros programme, quoi. »

Au sujet de ce que peut apporter à un auteur la conversation avec ses lecteurs, notamment à travers le blogue:

« … Ce serait peut-être à moi de vous remercier, puisque l’exercice auquel vous m’avez en quelque sorte obligé m’a permis de faire le point et de préciser ma pensée pour la suite. »

Un texte auquel il me faudra vraisemblablement revenir.